Manuel des Bonnes pratiques agricoles AVANTAGE

8.1 Évaluations des sols et de l'environnement

Les cultures peuvent être contaminées dans les champs par l'inondation, les utilisations antérieures du sol, l'environnement voisin ou des intrus.

Cette bonne pratique agricole concerne:

Toutes les fermes qui cultivent des champs.

Ce qu'il faut faire

Ne pas exploiter des champs ou des vergers susceptibles d'être soumis à des conditions pouvant créer un danger inacceptable pour la salubrité des denrées produites, à moins que le nécessaire ne soit fait pour limiter le risque.

Comment le faire

Contamination des champs par l'inondation

Évaluer le risque d'inondation dans les zones cultivées. Les eaux de crue peuvent charrier avec elles des eaux d'égout, des déchets animaux et d'autres contaminants. Il faut se préoccuper tout particulièrement de ce danger quand on cultive des fruits et des légumes dont la partie comestible pouvant être consommée crue est proche du sol. Si une inondation s'est produite, examiner la situation avec les agronomes provinciaux et/ou fédéraux et évaluer les répercussions possibles sur la salubrité de la culture et les options possibles.

Contamination des champs à cause d'utilisations antérieures

Si des champs sont loués, essayer d'en apprendre le plus possible sur les usages antérieurs pour s'assurer qu'ils n'ont pas servi au rejet de déchets ou à une autre activité industrielle qui pourrait y avoir laissé des résidus toxiques. En cas de doute, il est recommandé de faire des analyses de sol axées sur le dépistage des contaminants et de choisir les plantes qu'il est possible d'y cultiver en fonction des résultats.

Si des champs ont auparavant été exploités par un autre agriculteur, demander à voir ses registres sur les cultures et l'emploi des pesticides, s'il y en a de disponibles, pour déterminer si les champs ont reçu des produits chimiques persistants (p. ex. des organochlorés). En pareil cas, il faut savoir que les cultures- racines sont les plantes les plus sujettes à la contamination et que, si on en cultive sur un terrain contaminé, il faudra probablement les faire analyser pour mesurer les taux de résidus chimiques.

De façon générale, le risque de contamination des plantes par les métaux lourds (p. ex. le plomb, le cadmium) présents dans le sol est faible. Cependant, la capacité d'une plante à absorber les métaux lourds varie selon l'espèce; les cultures-racines et les légumes-feuilles sont les espèces qui en absorbent le plus. En cas de doute sur les résidus de métaux lourds laissés par des utilisations antérieures de la terre ou apportés depuis les terrains environnants, faire analyser le sol avant d'y semer ou planter des cultures à risque élevé. On peut réduire le risque que les plantes absorbent les métaux lourds en élevant le pH du sol, car ces derniers sont moins mobiles et moins facilement absorbés par les plantes dans un sol neutre, par comparaison avec un sol acide. Pour plus de détails à ce sujet, voir les Normes pour les métaux dans les engrais et les suppléments (Tableau II) sur le site Web de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Contamination par les terres environnantes

Inspecter les champs pour voir s'ils sont susceptibles d'être contaminés par des facteurs biologiques ou chimiques provenant des terres adjacentes. Si les champs cultivés jouxtent des installations d'élevage ou des champs recevant du fumier ou des pesticides, il faut être conscient du risque que des contaminants arrivent dans les cultures par l'intermédiaire des ruissellements, des inondations ou du vent (dérive). Si l'on soupçonne une contamination, faire une analyse du sol ou de l'eau.

S'il y a lieu, évaluer le risque que les légumes ou les fruits de votre ferme subissent une contamination croisée à cause des fuites, des lixiviats ou des débordements des sites d'entreposage de fumier.

Contamination par des intrus

Empêcher autant que possible les animaux d'entrer dans les aires de production de légumes et de fruits frais, surtout pendant les récoltes ou les jours proches des récoltes, car le risque de contamination par les excréments équivaut à celui d'un épandage de fumier frais.

Établir des dispositifs visuels, physiques ou sonores (p. ex. des clôtures ou des épouvantails acoustiques) pour effaroucher les animaux sauvages et réduire le risque qu'ils entrent dans les champs de fruits ou de légumes.

Chercher régulièrement à détecter les sources de contamination externes imputables à des intrus, y compris les détritus et les bouteilles cassées qui sont susceptibles de contaminer les fruits et les légumes frais.

Conseils d'ordre général

Parler régulièrement avec les voisins et comprendre les types d'activités qui sont exercées sur les terres contiguës. Si un risque de contamination existe à ce niveau, choisir les champs à planter et les dates de plantation de manière à réduire ce risque au minimum.

Réévaluer les risques, s'il y en a, en cas de changements dans les activités qui se déroulent sur les lieux de production ou aux alentours.

Si votre ferme doit faire l'objet d'une vérification

Attendez-vous à ce que le vérificateur :

  • veuille observer les lieux de production sous l'angle de leur vulnérabilité à l'inondation et aux risques créés par l'environnement immédiat et par les intrus;
  • pose des questions sur l'utilisation antérieure des terres.

Le saviez-vous?

La présence de zones tampons physiques, comme des haies ou des plantations brise-vent, autour des champs ou des bâtiments peut réduire jusqu'à 30 pour cent la quantité de contaminants apportés par le vent et diminue le risque de dérive des embruns de pulvérisation (entraînement par le vent).


Le saviez-vous?

Des aménagements tels que les barrières physiques, les voies d'eau engazonnées, les fossés, les levées de terre, les banquettes de détournement et les zones tampons végétalisées peuvent réduire le risque qu'une eau polluée aille contaminer les sources d'eau agricoles et/ou les cultures durant les fortes pluies ou les inondations.


Lois et règlements qui s'appliquent

Les lois sur l'agriculture qui ont une incidence directe ou indirecte sur la salubrité des aliments contiennent rarement des dispositions visant spécifiquement le sol et l'environnement. Lorsqu'elles contiennent des interdictions, celles-ci visent généralement la vente d'aliments contenant des résidus ou des contaminants inacceptables et non la présence de ces derniers dans les sols eux-mêmes. Le principe de la " diligence raisonnable " devrait orienter les décisions de gestion lorsqu'il y a lieu de craindre la présence de contaminants dans le sol.

La Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs, L.O, chap. 4, et le Règlement sur la gestion des éléments nutritifs (Règl. de l'Ont. 267/03), exigent d'évaluer les conditions pédologiques existantes au moment d'élaborer les plans de gestion des éléments nutritifs.


Passez à 8.2 Emploi de pesticides


 


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 1 Juin 2009
Dernière révision : 1 Juin 2009