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Entreposage, manutention et application des pesticides - Introduction

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 24 mai 2002
Dernière révision : 16 juillet 2009

Table des matières

  1. Lutte culturale
  2. Lutte chimique
  3. Lutte biologique
  4. Lutte physique
  5. Amélioration génétique
  6. Avantages des pesticides
  7. Risques liés aux pesticides
  8. Sort des pesticides dans l'environnement
  9. Contamination des ressources en eau par les pesticides
  10. Disponible dans la version imprimée du fascicule intitulé Entreposage, manutention et application des pesticides

Les pesticides sont très utiles à la production agricole; leur usage adéquat permet d’augmenter la productivité et la qualité de nos cultures. En protégeant les cultures contre les ennemis des cultures, les pesticides permettent de produire une variété d’aliments économique, sûre et nutritive pour la consommation.

Malgré leurs avantages, les pesticides présentent certains risques pour les humains, le bétail, la faune et l’environnement. Pour éviter les problèmes possibles, il faut comprendre ces risques et savoir comment les gérer.

Ce livre vise à vous aider à apprendre comment entreposer, manipuler et appliquer les pesticides d’une manière sûre et rentable. Les deux chapitres suivants traitent des structures d’entreposage et de manutention ainsi que des pratiques de gestion optimales pour assurer leur efficacité. Le dernier chapitre énumère les principes d’application des pesticides, du choix et de l’entretien de l’équipement d’application et explique les pratiques de gestion optimales pour appliquer les pesticides au bon endroit, loin des richesses naturelles.

Dans ce livre, un ennemi des cultures se définit comme tout organisme nuisible ou ennuyeux qui entraîne des pertes inacceptables quant au rendement ou à la qualité des cultures. On considère les mauvaises herbes, les insectes, les maladies ou même les animaux comme les rongeurs ou les cerfs comme des ennemis des cultures. Un pesticide est un produit chimique conçu pour éliminer ou lutter contre un ennemi des cultures. Ce livre met l’accent sur les insecticides, les fongicides et les herbicides.

Lutte culturale

La rotation des cultures et l'utilisation de variétés résistantes aux maladies sont des exemples de lutte culturale.

Figure 1. La rotation des cultures et l'utilisation de variétés résistantes aux maladies sont des exemples de lutte culturale.

Lutte chimique

L'application de pesticides à l'aide de pulvérisateurs est une méthode de lutte chimique. Les pesticides sont des produits de lutte contre certains insectes ou certaines insectes ou certaines mauvaises herbes et maladies.

Figure 2. L'application de pesticides à l'aide de pulvérisateurs est une méthode de lutte chimique. Les pesticides sont des produits de lutte contre certains insectes ou certaines insectes ou certaines mauvaises herbes et maladies.

Lutte biologique

On se sert de parasites dans les serres pour lutter contre la mouche blanche. Il s'agit de la lutte biologique contre les ennemis des cultures, où l'on se sert d'un organisme vivant pour en éliminer un autre (l'ennemi des cultures). Les prédateurs des ennemis des cultures son introduits dans la culture.

Figure 3. On se sert de parasites dans les serres pour lutter contre la mouche blanche. Il s'agit de la lutte biologique contre les ennemis des cultures, où l'on se sert d'un organisme vivant pour en éliminer un autre (l'ennemi des cultures). Les prédateurs des ennemis des cultures son introduits dans la culture.

Lutte physique

La lutte physique élimine l'ennemi des cultures ou l'empêche d'atteindre la récolte. L'aspiration, le brûlage au propande et les tranchées doublées de plastique ont été testés pour lutter contre le doryphore de la pomme de terre. La culture de mauvaises herbes est un autre exemple de lutte physique.

Figure 4. La lutte physique élimine l'ennemi des cultures ou l'empêche d'atteindre la récolte. L'aspiration, le brûlage au propande et les tranchées doublées de plastique ont été testés pour lutter contre le doryphore de la pomme de terre. La culture de mauvaises herbes est un autre exemple de lutte physique.

Amélioration génétique

Selon des méthodes plus modernes, on soumet la culture à des améliorations génétiques afin de la rendre naturellement résistante à un ennemi des cultures. Des exemples de cette méthode sont le lâcher d'insectes stériles et la culture de variétés végétales résistantes aux maladies et aux herbicides (comme celles-ci).

Figure 5. Selon des méthodes plus modernes, on soumet la culture à des améliorations génétiques afin de la rendre naturellement résistante à un ennemi des cultures. Des exemples de cette méthode sont le lâcher d'insectes stériles et la culture de variétés végétales résistantes aux maladies et aux herbicides (comme celles-ci).

Avantages des pesticides

S’ils sont utilisés correctement, les pesticides constituent une façon économique de lutter contre les ennemis d’à peu près toutes les cultures produites en Ontario. Voici leurs avantages :

  • ils protègent les cultures contre les dommages et les pertes de rendement attribuables aux organismes concurrents
  • ils constituent une méthode de contrôle à coût modéré à faible
  • ils assurent une meilleure qualité des produits
  • fruits sans taches
  • légumes sans insectes
  • meilleur rendement des céréales
  • ils empêchent les ennemis des cultures nuisibles, dont certains sont porteurs de maladies humaines et de toxines dangereuses, de pénétrer dans la chaîne alimentaire
  • ils améliorent les récoltes si le nombre de mauvaises herbes et d’autres ennemis des cultures est contrôlé
  • ils améliorent le rendement des terres productives
  • ils offrent un plus grand nombre de choix quant à la culture agricole
  • ils font partie d’une approche intégrée à la lutte antiparasitaire.

Pommier 

Figure 6. Pommier

Chou

Figure 7. Chou

Les consommateurs veulent des fruits sans taches et des légumes sans insectes. Les pesticides permettent de limiter les dommages aux cultures de grande valeur.

En général, les gens ne sont pas conscients de l’incidence des ennemis des cultures sur la disponibilité des aliments. Les ennemis des cultures causent des pertes importantes dans le monde; on estime que 40 p. 100 des cultures sur pied et entreposées sont perdues malgré le grand choix de méthodes de lutte antiparasitaire.

Risques liés aux pesticides

Certains pesticides, s’ils ne sont pas entreposés, manipulés ou appliqués convenablement, peuvent avoir les effets suivants :

  • l’exposition humaine à des substances toxiques, qui peut entraîner des blessures, des effets à long terme sur la santé (p. ex. cancer, asthme) ou la mort
  • la contamination de l’eau, de l’air, du sol et des habitats
  • l’exposition directe de la faune à des substances toxiques, qui peuvent nuire aux prédateurs naturels, aux pollinisateurs, aux organismes utiles du sol, aux poissons, aux oiseaux et aux autres animaux, surtout en cas de déversement, mais également en cas d’entraînement ou de lessivage des produits dans les masses d’eau
  • la bio-accumulation de certains produits dans les tissus organiques, qui présente un risque pour la chaîne alimentaire
  • la surabondance de résidus dans les aliments en raison de la surutilisation ou de la mauvaise synchronisation de l’utilisation des pesticides sur des produits alimentaires comme les fruits et les légumes. Ceci peut entraîner la saisie de la culture.
  • la résistance des ennemis des cultures aux pesticides, qui se produit lorsque l’on utilise constamment les mêmes produits du même groupe chimique
  • les pertes économiques en raison des dommages subis par les cultures ou d’une lutte antiparasitaire inefficace
  • le dérèglement des agents de lutte naturels. De nombreux pesticides sont non sélectifs et bouleversent l’équilibre entre les prédateurs et les parasites. L’élimination de la lutte antiparasitaire naturelle augmente la dépendance envers les pesticides chimiques.
Risque = toxicité x exposition

Certains pesticides qui protègent les cultures sont des dangers directs pour la faune. Choisissez des produits chimiques moins toxiques. Cette carcasse de canard colvert a été trouvée dans un champ de choux traité aux insecticides.

Carcasse de canard

Figure 8. Carcasse de canard

Sort des pesticides dans l'environnement

Les pesticides se dissipent à différentes vitesses. Les produits chimiques simples disparaissent souvent plus rapidement que les produits chimiques complexes. Les propriétés physiques et chimiques des pesticides déterminent s’ils peuvent être nocifs pour l’environnement. Voici les propriétés les plus importantes :

  • dégradation : capacité de se décomposer dans l’environnement
  • plus la dégradation est longue, plus le danger de contamination de l’eau est grand
  • en général, les produits chimiques complexes, comme certains composés organophosphorés, durent plus longtemps car les microbes du sol ne peuvent pas les
    décomposer à bref délai
  • les conditions du sol qui favorisent la prolifération microbienne peuvent également accélérer la dégradation
  • volatilité : capacité de se déplacer dans l’air, comme les herbicides de type hormonal
  • solubilité dans l’eau : capacité de s’infiltrer dans l’eau souterraine; par example, le métalochlore s’infiltre plus facilement que l’atrazine
  • adsoption : capacité de liaison avec les particules du sol; par exemple, les triazines se lient aux particules du sol
  • absorption : capacité de pénétrer dans certains organismes ou certaines structures
  • bio-accumulation : capacité de s’accumuler dans les tissus organiques. Ces propriétés, alliées à d’autres facteurs comme le ruissellement, l’infiltration, l’érosion éolienne et hydrique et la dérive des vapeurs, déterminent le sort d’un pesticide et sa destination après son émission dans l’environnement.

Ces propriétés, alliées à d’autres facteurs comme le ruissellement, l’infiltration, l’érosion éolienne et hydrique et la dérive des vapeurs, déterminent le sort d’un pesticide et sa destination après son émission dans l’environnement.

Une fois dans le sol, les pesticides se décomposent progressivement. Pendant la dissipation, la concentration de pesticides à un certain endroit (sol, plante, atmosphère) diminue en raison de la combinaison des activités biologiques, physiques et chimiques, comme la photodécomposition en d’autres produits chimiques.

Dégradation des pesticides : concentration moyenne/nombres de jours après le traitement

Figure 9. Dégradation des pesticides : concentration moyenne/nombres de jours après le traitement

Contamination des ressources en eau par les pesticides

Possibilités de contamination de l'eau souterraine

Les pesticides ou les produits de dégradation des pesticides dans des contenants mal entreposés peuvent contaminer l’eau souterraine.

Figure 10. Les pesticides ou les produits de dégradation des pesticides dans des contenants mal entreposés peuvent contaminer l’eau souterraine.

Les pesticides et leurs produits de dégradation peuvent contaminer l’eau de surface et l’eau souterraine dans le cycle de l’eau ou de manière artificielle. Des préAttentions doivent donc être prises si le sol est poreux, l’aquifère peu profond, le puits mal protégé ou en cas d’entreposage ou d’usage intensif de pesticides.

L’eau souterraine est alimentée par l’eau de surface, les précipitations, la fonte des neiges et les eaux d’irrigation qui s’infiltrent dans le sol et les matériaux géologiques. Plus les matériaux sont poreux ou fragmentés et moins la source d’eau souterraine (aquifère) est profonde, plus la vitesse d’infiltration est élevée.

Les étangs et les puits, même s’ils sont abandonnés, sont non seulement reliés aux aquifères, mais ils peuvent devenir des conduites directes pour les liquides qui s’infiltrent.

Pour obtenir des renseignements sur la protection des puits contre la contamination, consultez le livre Les puits de la série Pratiques de gestion optimales.

Possibilités de contamination de l'eau de surface

L’eau de surface peut être contaminée par infiltration, déversement et ruissellement en surface des pesticides.

Figure 11. L’eau de surface peut être contaminée par infiltration, déversement et ruissellement en surface des pesticides.

Toute l’eau ne s’infiltre pas dans le sol; environ 10 p. 100 de cette eau ruisselle. Le taux de ruissellement augmente selon la pente, la lenteur de l’infiltration (p. ex. dans l’argile) et l’augmentation de la quantité d’eau en raison de la fonte des neiges, d’averses ou d’orages.

Le ruissellement sur les terres agricoles atteint parfois des régions naturelles comme les cours d’eau, les étangs et les terres humides. Le risque est plus élevé dans les régions naturelles si le taux de ruissellement est élevé, si elles sont près de la source et s’il n’y a aucun obstacle pour dévier le flot. Certains pesticides suivent ce canal du cycle de l’eau; le cas est particulièrement inquiétant en cas de déversement. Certains pesticides comme les triazines s’unissent aux particules du sol et peuvent contaminer des régions naturelles s’il n’existe aucune pratique de gestion optimale pour enrayer l’érosion et limiter le ruissellement.

Les instructions que porte l’étiquette donnent toutes les propriétés connues du produit. Suivez les instructions à la lettre afin de minimiser les risques pour les humains, le bétail, la faune et l’environnement.

Disponible dans la version imprimée du fascicule intitulé Entreposage, manutention et application des pesticides

  • Un siècle d'évolution
  • Sort des pesticides dans l'environnement - graphique

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Sans frais : 1 877 424-1300
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