Dans cette section

Cultures horticoles - Les cultures en terre noire

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 19 juillet 2002
Dernière révision : 04 mai 2004

Table de matières

  1. Gestion du sol
  2. L'érosion éolienne
  3. Travail du sol
  4. Gestion de l'eau
  5. Gestion des éléments nutritifs
  6. Lutte antiparasitaire
  7. Sommaire

Les sols organiques sont une grande richesse et se doivent d'être protégés afin de produire continuelle-ment des légumes de haute qualité et de bons rendements. Ces sols sont très vulnérables à l'érosion causée par le vent. Ils sont également sujets à l'affaissement, phénomène résultant du travail des microorganismes qui ingèrent la matière organique à mesure que les champs sont drainés.

Pour réussir à suffire à la demande des consommateurs en produits légumiers, l'agriculteur est obligé d'utiliser des pesticides. Encore une fois, un certain nombre d'étapes vont réduire le besoin de recourir à de tels produits. De plus, étant donné que les pesticides sont dispendieux, l'emploi restreint sera plus rentable. Il est entendu que les pratiques de gestion optimales, en plus d 'être intégrées dans les exploitations actuelles, doivent être réalisables des points de vue économique et physique.
Pièces horizontales indiquant les différent niveaux

Figure 1. Pièces horizontales indiquant les différent niveaux

L'affaissement est un problème des sols organiques. Le piquet à droite avec des pièces horizontales indiquant les différent niveaux, illustre le taux d'affaissement dans le marais de Bradford.

Gestion du sol

L'affaissement du sol - Les sols organiques comme la terre noire ou les sols tourbeux contiennent beaucoup de matières organiques, soit entre 30 et 98%. La matière organique commence à disparaître dès que le sol est exposé à l'air. Lorsqu'un sol organique est mis en culture ou est drainé, il commence à perdre de sa matière. Pour atténuer les pertes de sol, nous avons le choix entre deux possibilités, soit:

  • Des apports de cuivre - Le cuivre est un élément requis dans des cultures telles que l'oignon et la laitue; de plus, le cuivre aide à réduire les problèmes d'affaissement en ralentissant la multiplication des microorganismes. Ajouter du cuivre aux nouveaux sols organiques au taux annuel de 14kg par hectare ( 56 kg/hectare de sulfate de cuivre) pendant trois années consécutives. Par la suite, réduire le taux à 5 kg par hectare (20 kg par hectare de sulfate de cuivre) et l'épandre à la volée à tous les deux ou trois ans avec d'autres engrais.

  • Contrôle de la nappe d'eau - Le drainage des sols organiques expose ces derniers à l'air et en augmente les pertes. On peut réduire l'affaissement en conservant la nappe phréatique le plus près de la surface possible. Vous trouverez ci-dessous, un diagramme quant aux recom-mandations sur les différents niveaux de la nappe phréatique. On peut arriver à contrôler la nappe d'eau du sol en conservant l'eau de drainage dans les drains souterrains, les fossés ou les réservoirs. Toute cette eau peut retourner dans les drains et accroître la nappe d'eau au besoin (voir diagramme). En plus, l'eau devient ainsi disponible aux racines des plantes, ce qui peut éliminer les besoins d'irrigation et conséquemment diminuer les coûts et les risques de transmission de certaines maladies (comme la brûlure septorienne du céleri).

Nappe d'eau

Figure 2. Maintenez la nappe d'eau au bon niveau pour chaque culture.

Texte correspondant

L'érosion éolienne

L'érosion cause également des pertes de sol. Les particules de sol en mouvement peuvent recouvrir les semences de façon excessive, couper les jeunes plantules et enterrer les fossés. Des vents forts peuvent soulever les semences et les transporter avec le sol. Pour réduire les problèmes d'érosion, semer de l'orge ou une autre plante céréalière le même jour que vous semez la culture légumière.

Un ensemencement d'orge à la volée procure la meilleure protection possible contre l'érosion éolienne. Toutefois, il faut s'assurer de détruire l'orge avant qu'elle ne nuise à la culture principale. Un semis en rangs donne aussi de bons résultats si le vent souffle généralement dans la même direction. Il faut semer les rangs à angle aux vents dominants. Un rang d'orge pour chaque bande de 4 à 8 rangs d'oignons est suffisant.

L'orge réduit les dommages causés par le vent
  Semis à la volée Semis en rangs
Taux de semis*
Semences/mètre de rang
50 à 75 kg/hectare
(1 1 /2 boisseaux à l'acre)
60
Hauteur de pulvérisation d'herbicide 10 cm 15 cm

*Le taux d'ensemencement dépend de la qualité des semences. Si le taux de germination est élevé, on pourra utiliser un taux de semis moindre.

L'érosion éolienne peut aussi être réduite en pratiquant des semis sur billons. Cette technique donne particulièrement de bons résultats avec la culture de la carotte, mais peut s'utiliser pour les oignons et la laitue en autant que le sol ne soit pas trop sec. Les producteurs utilisent des accessoires spécialement conçus pour façonner les billons. Les billons mesurent de 26 à 34 pouces de largeur et 8 pouces de hauteur. On peut aussi trouver des équipements pouvant façonner les billons une fois que les plants sont transplantés.

L'ensemencement d'une plante couvre-sol avant l'hiver contribue également à réduire l'érosion éolienne et hydrique. La plante couvre sol idéale pour des sols organiques est celle qui meurt complètement durant la saison hivernale et qui ne laisse pas de racines ou de tiges rigides pouvant nuire au semoir. Les choix possibles sont le radis fourrager, l'orge de printemps et le ray-grass annuel. Semer la plante couvre sol entre la mi-août et la mi-septembre. Si le radis fourrager commence à fleurir, il faut le couper ou le broyer pour l'empêcher de produire des graines.

L'ensemencement en rang d'une culture de céréale apporte une bonne protection si les vents dominants viennent d'une seule direction. L'ensemencement à la volée apporte une meilleure protection contre le vent.

Ensemencement en rang

Figure 3. Ensemencement en rang

Taux de semis pour les plantes couvre-sol
Culture Semis à la volée Semis avec semoir en rangs
Radis fourrager 20 kg/hectare 12 kg/hectare
Orge 65 kg/hectare 60 kg/hectare
Ray-grass annuel 12 kg/hectare 10 kg/hectare

Travail du sol

Il est important de ne pas trop travailler les sols organiques.

  • Au printemps, passer avec le pulvériseur à disques pour incorporer les engrais, puis travailler le sol en profondeur, jusqu'à 20 - 30 centimètres.
  • Laisser la surface aussi rugueuse que possible, tout en faisant attention qu'il n'y ait pas de grosses mottes pouvant entraver le semoir.
  • Conserver l'humidité du sol dans la mesure du possible.
  • Ne pas drainer la terre à l'excès. Toutefois, il peut devenir nécessaire de travailler les champs humides ou les baissières une seconde fois afin de les assécher suffisamment en vue des semis.
  • Ne pas déranger la terre après les semis, et ce jusqu'à ce que la culture soit bien établie. La mince croûte de surface va aider à réduire l'érosion éolienne.
  • Ne labourer qu'une fois tous les deux ou trois ans à l'automne, particulièrement suite à une culture de carotte. Cette opération va enfouir les tiges de carotte dans le sol et n'exposera qu'une faible quantité de terre noire à la surface.
  • Utiliser la sous-soleuse à tous les deux ans, s'il y a des problèmes de drainage.

Semis de carottes sur billons

Figure 4. La semis de carottes sur billons donne de bons résultats et offre une certaine protection contre l'érosion éolienne.

Gestion de l'eau

Tel que mentionné précédemment, il est important de contrôler la nappe d'eau du sol. L'irrigation souterraine est considérée comme satisfaisante dans la plupart des cas, bien qu'elle puisse accroître les concentrations en sel dans le sol. L'irrigation aérienne augmente les risques de certaines maladies et, si possible, devrait être effectuée durant la nuit.

Il faut porter une attention aux risques d'érosion hydrique dans les champs inondés. Au printemps, les surplus d'eau devraient s'infiltrer dans le sol et s'écouler dans les drains souterrains et non pas ruisseler à la surface. La mise en place de drains collecteurs à la place de fossés peut aussi contribuer à réduire l'érosion. Vérifier l'écoulement naturel de l'eau avant d'installer un drain collecteur.

Gestion des éléments nutritifs

L'analyse des sols sur une base annuelle est importante. Les terres organiques nouvellement cultivées ont de faibles teneurs en éléments nutritifs, à l'exception de l'azote. Après plusieurs années de culture, les teneurs en potassium et en phosphore des sols organiques augmentent et peuvent même devenir excessives.

Une analyse complète du sol est un bon investissement, car généralement les sols organiques sont déficients en oligo-éléments. On peut ajouter les oligo-éléments requis aux engrais de printemps ou sous forme de pulvérisation foliaire. Pour des renseignements plus détaillés au sujet du temps propice et des méthodes de fertilisation, consulter la publication 363F du MAAO, intitulée "Recommandations pour les cultures légumières".

Conserver les résultats d'analyses d'une année à l'autre pour voir les changements au niveau du pH ou des éléments fertilisants. Le pH idéal pour la culture des légumes en sols organiques se situe entre 5,5 et 6,5, toutefois dans le cas des oignons, un pH entre 5,1 et 7,0 donne de bons résultats.

La meilleure pratique est de fertiliser suivant les résultats d'analyse de sol et en respectant les doses recommandées. L'utilisation de quantités excessives d'engrais diminue les rendements et augmente les coûts de production.

Sortie de drainage controlé : couvercle me métal, sol, chaine, niveau d'eau pour irrigation sous-terrainne, tuyau corrugué en acier galvanisé

Figure 5. Sortie de drainage controlé : couvercle me métal, sol, chaine, niveau d'eau pour irrigation sous-terrainne, tuyau corrugué en acier galvanisé.

Afin de permettre le drainage des sols, la trappe carrée en métal est soulevé et l'eau se vide par le tuyau de drainage. L'eau peut aussi être évacuée par pompage si nécessaire. Pour l'irrigation sous-terraine, la trappe en métal est remplacé et la citerne est remplie à un niveau plus élevé que le tuyau de drainage.

Lutte antiparasitaire

Les agriculteurs peuvent réduire l'emploi des pesticides en suivant les étapes suivantes:

  • Utiliser des variétés résistantes aux ennemis de la culture. Cette méthode est la seule qui existe contre la jaunisse fusarienne du céleri et la racine rose de l'oignon.
  • Pratiquer la rotation des cultures - La culture des oignons et des carottes est une bonne combinaison. Il faut éviter de cultiver des carottes après des pommes de terre ou de la laitue car les agents respons-ables de maladies comme la rhizoctonie et la pourriture sclérotique héberge dans les sols et peuvent aggraver la situation pour les récoltes subséquentes.

Utiliser au maximum les traitements alternatifs comme:

  • Le nématode cécidogène pose le plus de problèmes en cultures sur terres noires. Les céréales et les graminées n'habritent pas ce nématode. L'usage de graminées comme plantes couvre-sol peut contrôler la population.
  • Le radis fourrager peut réprimer les nématodes. (Incorporer au sol au stade de gousses vertes);
  • Labourer tard à l'automne, lorsqu'il y a une croûte gelée, pour réduire les populations de nématodes;
  • Pendant l'hiver, inonder avec une mince couche d'eau pour réduire la pourriture blanche sclérotique de l'oignon, la pourriture blanche sclérotique de la carotte, et possiblement le charançon de la carotte et les nématodes;
  • Éliminer du champ les tas de légumes rejetés.

Radis fourrager

Figure 6. Le radis fourrager se montre très prommetteur comme plante couvre-sol pour les terres noires. Il ne survit pas à l'hiver, n'est pas coûteux, et peut aider à réprimer les nématodes.

Il faut planifier l'horaire de pulvérisations le plus efficacement possible en:

  • Inspectant les champs régulièrement ou en ayant recours aux services d'un dépisteur de ravageurs;
  • Vérifiant le calibrage du pulvérisateur afin qu'il fonctionne le plus efficacement possible;
  • S'informant auprès de l'informateur téléphonique sur les recommandations locales;
  • Respectant les seuils de traitements permis dans la lutte contre les ennemis des cultures.

Sommaire

Les pratiques de gestion présentées ici s'avèrent des solutions aux problèmes de tous les jours. Dans la plupart des cas, les coûts sont minimes, surtout si on considère les bienfaits à long terme. Dans l'ensemble, on protège les ressources essentielles à la production culturale, soit l'eau et le sol. 


Cultures horticoles


 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca