Dans cette section

Cultures horticoles - Légumes

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 19 juillet 2002
Dernière révision : 23 juillet 2009

Table de matières

  1. Gestion des éléments nutritifs
  2. Lutte antiparasitaire
  3. Crucifères
  4. Tomates
  5. Poivrons
  6. Légumes semés en plein champ
  7. Sommaire

Gestion des éléments nutritifs

La gestion des fertilisants repose avant tout sur des analyses de sol effectuées avant toute application. L'application d'une trop grande quantité de fertilisants coûte cher et peut nuire aux eaux de surface et aux eaux souterraines. Les fertilisants appliqués en trop faible quantité peuvent par contre amener des réductions de rendement. Chaque production légumière exige un programme de fertilisation qui lui est propre. Il faut toujours partir de la fertilité de base du sol. Au moment de prélever des échantillons de sol, il faut s'assurer de prendre des échantillons qui sont représentatifs de l'ensemble du champ. De bons registres donnent une idée de l'évolution de la fertilité du champ et facilitent la prise de décisions.

Lutte antiparasitaire

La lutte intégrée permet de réduire l'emploi de pesticides tout en maintenant les rendements et la qualité des récoltes. Se reporter à la section consacrée à la lutte antiparasitaire sous Notions de base pour plus d'information.

Lutte culturale

  • Choisir les variétés les plus résistantes.
  • Choisir l'emplacement qui comporte le moins de risques d'infestation.
  • Réduire le stress et les blessures causés aux cultures afin de ne pas donner prise aux insectes.
  • Mettre en place de bonnes pratiques d'assainissement. Enfouir les résidus et les déchets de triage.
  • Éliminer les mauvaises herbes qui peuvent abriter des parasites.

Lutte chimique

Avant de choisir un pesticide, il faut toujours consulter l'étiquette du produit et tenir compte des points suivants:

  • Délai à respecter avant la récolte.
    Impact des insectes auxiliaires. Par exemple, faire plus attention lorsque les abeilles sont le plus actives. Il y a moins de risques que les Bacillus thuringiensis (Bt) nuisent aux insectes auxiliaires parce qu'ils sont spécifiques à chaque type d'insecte. Bien que les pyréthrinoïdes agissent sur une courte durée, ils affectent une grande variété d'espèces.
  • Stratégies visant à réduire les risques de développement de résistances. Alterner les familles de produits chimiques utilisés.

Les conditions atmosphériques - Certains pesticides agissent mieux sous certaines conditions environnementales. Par exemple les pyréthrinoïdes sont plus efficaces par temps frais, tandis que d'autres produits comme les carbamates et les organophosphorés sont plus efficaces par temps chaud.

Le cycle de vie des ennemis des cultures - Il est plus difficile de se débarrasser d'insectes au stade adulte qu'au stade larvaire. Pour ce qui est des mauvaises herbes, il est plus difficile de réprimer celles qui sont plus grosses et bien établies.

Crucifères

La Station de recherche de Simcoe s'emploie à mettre au point un programme de lutte intégrée pour les crucifères. On porte une attention spéciale à l'identification des cultivars résistant aux attaques des insectes et on évalue certaines pratiques culturales telles que les cultures-appât.

Surveillance des insectes dans les champs de crucifères
Parasite
Mode de surveillance visuelle
Piège jaune d'eau
Piège sexuel (ne fait que révéler la présence des insectes)
Mouche du chou Oeufs dans le sol à la base de la plante Adultes
Altise Dénombrement sur les feuilles et observation du broyage des feuilles
Thrips Sur les feuilles ou entre les feuilles
Fausse-arpenteuse du chou Dénombrement des larves sur les feuilles X
Pucerons Observation des dommages sur les feuilles ou entre les feuilles
Fausse-teigne des cruciferes Dénombrement des larves sur les feuilles X
Piéride du chou Dénombrement des larves sur les feuilles
X = Applicable     – = Ne s'applique pas

Bien qu'on tolère sur les choux de légers dommages causés par les insectes, les consommateurs ne tolèrent aucune présence d'insectes sur les brocolis, les choux-fleurs et les choux de Bruxelles. Le dépistage des parasites dans ces cultures doit être fait avec beaucoup de vigilance.

Larve de fausse-arpenteuses du chou

Figure 1. Larve de fausse-arpenteuses du chou.

Feuilles et tête de chou-fleur atteintes de la maladie de la tache

Figure 2. Feuilles et tête de chou-fleur atteintes de la maladie de la tache.

Pratiques culturales pour la production de crucifères
Solution proposée
Maladies de la tache

Nervation noire jambe noire

Hernie
Mildiou
Pourriture sclérotique
Maladies virales
Variété tolérante ou résistante X X
Semences et plantules exemptes de maladie X X X X
Lit de semence propre X X X X X
Bonne circulation d'air X X X X
pH approprié X
Arrosage excessif à éviter X X X X
Élimination des mauvaises herbes X X X X
Élimination du travail du sol lorsque le feuillage est mouillé X
Manipulation soignée des têtes lors des récoltes X X
Incorporation immédiate des résidus de culture X X X X X
Nettoyage de tout l'équipement X X
Rotation des cultures X X X X X X
X = Pratique culturale applicable    – = Ne s'applique pas

Tomates

Lutte contre la maladie - TOM-CAST est un service téléphonique qui aide aux producteurs de tomates à déterminer le meilleure moment pour pulvériser un fongicide. On évalue quotidiennement, à partir d'un système d'accumulation de points, le potentiel d'évolution de la maladie à partir de la température moyenne pendant les heures où le feuillage est mouillé. Une fois que le nombre de points atteint un seuil déterminé, on recommande l'application d'un fongicide. Environ 80% des producteurs de tomates destinés à la transformation ont recours à TOM-CAST pour déterminer le moment de la première application et 50% d'entre eux continuent d'utiliser le système pendant toute la saison de croissance. Pour une saison entière, cette technique permet habituellement aux producteurs d'éviter entre 1 et 3 pulvérisations. Ce système fait actuellement l'objet de recherches.

Lutte contre les insectes - Le doryphore de la pomme de terre peut causer des dommages graves aux tomates, particulièrement lorsque les insectes deviennent adultes et s'attaquent aux jeunes plants repiqués. Bien qu'un certain nombre d'insecticides soient disponibles, le doryphore de la pomme de terre est résistant à plusieurs d'entre eux, ce qui pose un problème, notamment dans les grandes régions productrices de tomates et de pommes de terre. La rotation des cultures peut contribuer à réduire les pressions exercées par cet insecte.

Des cultures-appât peuvent réduire l'emploi de pesticides. On recommande de planter des bandes de pommes de terre ou d'aubergine, cultures que les insectes préfèrent, en bordure des champs de tomates afin d'y attirer les insectes adultes. Une fois que les insectes sont concentrés sur ces cultures, on pulvérise les insecticides. On réduit ainsi le nombre de pulvérisations et celles-ci se trouvent limitées à des zones plus restreintes.

Des cultures-appât peuvent réduire l'emploi de pesticides.

Figure 3. Des cultures-appât peuvent réduire l'emploi de pesticides.

Les producteurs de tomates peuvent réduire le nombre d'arrosage en semant une culture-appât, telle que les pommes de terre, pour attirer le doryphore de la pomme de terre.

Doryphore de la pomme de terre

Figure 4. Doryphore de la pomme de terre

Des recherches prometteuses sont en cours au niveau des prédateurs naturels, du paillage et des cultures-appât.

Parmi les autres insectes qui s'attaquent aux tomates, mentionnons:

  • l'altise
  • le puceron
  • la punaise terne
  • le sphinx de la tomate
  • la drosophyle
  • la fausse-arpenteuse du chou
  • le criquet
  • le grillon
  • le ver-gris panaché (fait l'objet d'une surveillance à l'échelle régionale par le MAAARO et les transformateurs)

Ces ravageurs justifient rarement des traitements. Consulter la publication 363F du MAAARO pour connaître les mesures de lutte préconisées.

Pathogènes présents dans le sol - Des niveaux élevés de nématodes parasites et de Verticillium dahliae donnent des plants de tomates rabougris, flétris et peu productifs, particulièrement dans les sols sableux. Pour remédier à ce problème:

  • Pratiquer une rotation, pour ne pas encourager l'accroissement des populations de parasites.
  • Semer des plantes couvre-sol, comme par exemple du ray-grass pérenne et annuel, de la luzerne, des tagètes non florifères ou enfouir du radis fourrager ou de la moutarde pour réduire les populations. Les céréales de seigle, d'avoine et de blé d'hiver ont peu d'effets sur les populations. Le trèfle, le maïs et de nombreuses productions légumières entraînent un accroissement des populations de nématodes.
  • Améliorer la teneur en matière organique, le drainage et la structure du sol afin de promouvoir une bonne croissance des racines.
  • Faire des analyses de sol en veillant à ce que les échantillons soient représentatifs.
  • Si des seuils d'infestation sont atteints, faire des applications de fumigants. Recourir ensuite aux autres mesures de contrôle visant à prévenir de nouvelles infestations.

Nématode des racines

Figure 5. Nématode des racines

Des taux élevés de nématodes parasitaires, comme le nématode des racines en combinaison avec le verticillium dahliae, peuvent causer des pertes de rendements importants dans la culture de tomates.

Poivrons

La pyrale du maïs est le principal insecte nuisible. Les pièges sexuels capturent les mâles. Les pièges sont surveillés dans différentes régions et les déplacements des adultes sont notés dans le cadre du programme d'alerte du MAAARO. Il suffit d'appeler un numéro d'Agriphone pour obtenir plus de renseignements. Les producteurs peuvent aussi installer des pièges pour surveiller les populations dans leurs champs. Les insectes comme les pucerons et les mouches du poivron justifient rarement des traitements, mais les punaises ternes causent de plus en plus de problèmes.

La tache bactérienne est la maladie la plus menaçante. On peut réduire le nombre de lésions à l'aide d'un bactéricide à base de cuivre si les conditions atmosphériques ne sont pas très favorables.

Légumes semés en plein champ

Comprennent les pois, le maïs sucré, les haricots mange-tout, les concombres à mariner, les carottes, les betteraves, les citrouilles, les épinards, les radis et le rutabaga.

Les principaux ravageurs dans ces cultures sont les organismes qui attaquent les racines. Pour limiter les dégâts :

  • Maintenir et accroître les niveaux de matière organique dans le sol.
  • Pratiquer la rotation des cultures.
  • S'assurer que toutes les semences sont traitées avec un fongicide.
  • Veiller à fertiliser adéquatement les cultures.
  • Améliorer le drainage.
  • S'assurer d'une bonne structure de sol. Réduire ou éviter le compactage.

Une tendance vers le marché du maïs très sucré accentue le besoin des conditions de germination et de croissance rapide favorable.

Maïs sucré

Figure 6. Maïs sucré

Sommaire

Il suffit qu'un maillon d'une chaîne soit faible pour affaiblir toute la chaîne. Cela est également vrai de toute production légumière. Chaque décision doit en conséquence tenir compte à la fois de la viabilité à court terme et de la durabilité à long terme.


Cultures horticoles


 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca