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Cultures horticoles - Légumes semés ou repiqués en champ

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 19 juillet 2002
Dernière révision : 23 juillet 2009

Table de matières

  1. Gestion du sol et de l'eau
  2. Rotation des cultures
  3. Érosions éolienne et hydrique
  4. Irrigation
  5. Plasticulture

Les producteurs maraîchers de l'Ontario sont soumis à des pressions économiques et environnemen-tales. Ils sont tenus de maintenir une production efficace et de haute qualité s'ils veulent demeurer concurrentiels et doivent en même temps veiller à la préservation des ressources en sol et en eau. Pour obtenir des plants sains et productifs, il faut pouvoir compter sur un sol sain et de l'eau propre.

Gestion du sol et de l'eau

La production maraîchère intensive, qu'elle soit destinée au marché de la transformation ou au marché frais, ne retourne qu'un faible taux de matière organique au sol. Le travail du sol servant à préparer le lit des semences augmente par ailleurs la perte de matière organique. Pour maintenir ou accroître les niveaux de matière organique :

  • Intégrer des plantes couvre-sol dans la rotation. Après la culture d'un légume à cycle court, établir les plantes couvre-sol le plus tôt possible. Les cultures d'engrais vert contribuent à accroître les niveaux de matière organique en plus de briser le cycle de vie des ennemis des cultures.

  • Dans le cas des légumes à cycle long, le seigle annuel ou céréalier est normalement la meilleure plante couvre-sol. Il prospère bien dans des sols frais de fin d'automne et de début de printemps. Les fortes racines fibreuses du seigle permettent de bien retenir le sol, prévenant ainsi l'érosion. Le travail du sol ou des herbicides permettent d'éliminer le seigle avant les plantations du printemps.

  • Lorsqu'une culture céréalière précède une culture légumière, on recommande de sous-ensemencer la céréale de trèfle ou de luzerne afin d'améliorer la structure du sol et d'éviter le compactage. Comme les légumineuses produisent de l'azote, il faut en tenir compte dans les applications de fertilisants.

  • Réduire le travail du sol et ajouter du fumier, du compost fait de champignons (si le ministère de l'Environnement le permet) et d'autres déchets végétaux. Faire attention à ne pas accroître le compactage du sol. Planifier le programme de fertilisation de l'année suivante en tenant compte des éléments fertilisants que renferment ces matériaux.

Blé

Figure 1. Les cultures de céréales telles que le blé offrent un bon changement dans la rotation des cultures. Elles aident à accroître et maintenir la matière organique et la structure du sol.

Compactage du sol

Le compactage du sol constitue une préoccupation croissante pour les producteurs maraîchers. La mécanisation accrue a donné lieu à de la machinerie plus grosse plus lourdes qui permet à ce que les plantations et les récoltes puissent se faire à temps.

La préparation du lit des semences et les récoltes lorsque les sols sont mouillés sont les principales causes de compactage du sol. Le caractère périssable des cultures légumières et la maturité des récoltes sont très importants au niveau de la qualité. Comme, bien souvent, on ne peut pas se permettre d'attendre que les sols s'assèchent, la recherche se poursuit afin de trouver des solutions à ce problème.


Poids de la machinerie servant aux récoltes


Cueilleuse-batteuse à petits pois = ~ 17 tonnes

Récolteuse de tomates = 11 à 14

Remorques = 3 à 16

Récolteuse de maïs sucré = 11

Chariots à bascule = 3 à 8


Rotation des cultures

En horticulture maraîchère, la rotation des cultures fait partie des pratiques de gestion optimales. Elle contribue à compenser les pertes de matière organique, à réduire les pressions exercées par les pathogènes, les mauvaises herbes et les insectes, à enrichir le sol et à réduire les risques de compactage et d'érosion. Les deux règles d'or sont les suivantes :

  • Privilégier la rotation la plus longue possible.
  • Faire alterner des cultures appartenant à des familles différentes.

En planifiant une rotation, se poser les questions suivantes :

  • Cette rotation est-elle rentable?
  • Peut-on maintenir les rendements?
  • La séquence permet-elle l'emploi de plantes couvre-sol?
  • La culture envisagée utilise-t-elle l'azote produit par la culture précédente?
  • Permet-elle de faire les plantations et les récoltes à temps?
  • Des résidus nocifs d'herbicides sont-ils laissés en place?

Des recherches sur la culture des tomates indiquent que les rendements bénéficient d'une bonne rotation. Consolider et maintenir les ressources en sols devraient produire des résultats semblables pour toutes les productions légumières.

Les horaires de la culture de petits pois peuvent mener à l'endommagement de la structure du sol. Les semis et la récolte se font souvent lorsque le taux d'humidité du sol est élevé.

Figure 2. Les horaires de la culture de petits pois peuvent mener à l'endommagement de la structure du sol. Les semis et la récolte se font souvent lorsque le taux d'humidité du sol est élevé.

Les cultures hâtives ou de courte saison, telles que les melons, permettent le semis de plantes couvre-sol et d'engrais vert. Ces derniers augmentent et maintiennent la matière organique.

Figure 3. Les cultures hâtives ou de courte saison, telles que les melons, permettent le semis de plantes couvre-sol et d'engrais vert. Ces derniers augmentent et maintiennent la matière organique.


Familles de végétaux

Famille (nom commun) : Cruciféracées (moutarde)

  • Exemples : chou, chou-fleur, brocoli, rutabaga, choux de Bruxelles, colza, canola, radis fourrager

Famille (nom commun) : Graminacéees (herbe)

  • Exemples : blé, seigle, orge, avoine, maïs

Famille (nom commun) : Légumineuses (pois)

  • Exemples : haricot mange-tout, pois, luzerne, trèfle, soya

Famille (nom commun) : Solanacées (morelle)

  • Exemples : tomate, pomme de terre, aubergine, poivron

Famille (nom commun) : Cucurbitacées (melon)

  • Exemples : citrouille, courge, concombre, melon

Famille (nom commun) : Liliacées (lis)

  • Exemples : asperge

Famille (nom commun) : Ombelliféracées (persil)

  • Exemples : carottes, panais, céleri

Famille (nom commun) : Chénopodiacées (élusine de l'inde)

  • Exemples : betterave, épinard, bette à carde

Famille (nom commun) : Amaryllidacées (amaryllis)

  • Exemples : poireau, oignon, ail, ciboulette, échalote

Érosions éolienne et hydrique

Les sols sableux qui sont plats sont les plus fortement soumis à l'érosion éolienne, tandis que les champs en pente sont de plus soumis à l'érosion hydrique. Des brise-vent, des voies d'eau engazonnées et d'autres structures apportent une solution à long terme à ces problèmes. L'accroissement des résidus à la surface du sol et l'utilisation de plantes couvre-sol constituent des solutions à court terme.

Pour les cultures nécessitant un semis de précision, il est recommandé de choisir un champ protégé par un brise-vent, une bande boisée ou tout autre écran protecteur. La culture en bandes avec une autre culture permet également de réduire le vent. Si un champ est particulièrement vulnérable à l'érosion éolienne, on recommande de semer à la volée de l'avoine ou de l'orge avant de procéder à la plantation des légumes. Les céréales protégeront ainsi les jeunes plants. Une application au moment opportun d'herbicide de contact contre les graminées tuera les plantes couvre-sol avant qu'elles n'entrent en concurrence avec les légumes.

Suivant certains systèmes de production de légumes repiqués, un lit de plantation grossier ralentit le déplacement de l'eau, du vent et du sol. Les producteurs ont également recours aux plantes couvre-sol sur des lits de plantations grossiers pour ralentir le vent. Une autre solution consiste à utiliser d'étroites bandes engazonnées réparties sur tout le champ pour réduire la vitesse du vent et les risques de déplacement de sol.

Une plante couvre-sol

Figure 4. Une plante couvre-sol, telle que le seigle, semée sur un lit de plantation protège les cultures du vent pendant le printemps. Une application d'herbicide au moment propice contrôle la plante couvre-sol. Ce système permet aussi une diminution du travail du sol au printemps.

Irrigation

Les moyennes de précipitations varient et ne sont parfois pas suffisantes pour les légumes. L'irrigation peut être rentable pour les productions légumières de grande valeur. On utilise en Ontario à la fois des systèmes d'irrigation par aspersion et des systèmes d'irrigation goutte à goutte. Les coûts d'ensemble sont comparables. L'irrigation goutte à goutte comporte deux avantages: elle nécessite moins d'eau et permet d'obtenir un taux d'humidité uniforme dans le sol. Toutefois l'irrigation par aspersion en hauteur s'adapte à toute culture et peut être utilisée comme protection contre le gel.

L'irrigation est importante après les semis jusqu'à l'émergence des jeunes plants et au cours du développement du fruit. Il y a pour la plupart des légumes des périodes au cours desquelles un manque d'eau peut nuire au rendement et à la qualité des récoltes. On recommande de régler la fréquence des irrigations à l'aide d'un tensiomètre ou d'un modèle de l'évapotranspiration.


Irrigation goutte à goutte vs. irrigation par aspersion

Irrigation goutte à goutte : Nécessite 50 % moins d'eau que l'irrigation par aspersion.
Irrigation par aspersion : Nécessite plus d'eau en raison de l'évaporation et de l'écoulement.

Irrigation goutte à goutte : Assure une disponibilité plus uniforme d'eau pendant toute la saison.
Irrigation par aspersion : Entraîne de plus grandes fluctuations dans le niveau d'humidité du sol.

Irrigation goutte à goutte : Frais fixes plus élevés si l'irrigation n'est pas nécessaire en raison de précipitations adéquates. Frais variables réduits lorsque l'irrigation
est nécessaire.
Irrigation par aspersion : La décision d'irriguer ne se prend qu'au dernier moment; donc des frais de possession réduits sur la portion fixe. Frais variables élevés lorsqu'on irrigue, en raison des grands volumes d'eau pompés et des plus grandes exigences au niveau de la main-d'oeuvre.

Irrigation goutte à goutte : Système plus flexible, ont peut facilement irriguer un champ voisin de celui en récolte.
Irrigation par aspersion : Nécessaire de planifier les irrigation de façon à ne pas interférer avec les opérations de récolte.

Irrigation goutte à goutte : Accroît l'efficacité des engrais.
Irrigation par aspersion : Exige davantage de fertilisants.

Irrigation goutte à goutte : Certaines cultures ne se prêtent pas à l'irrigation goutte à goutte.
Irrigation par aspersion : Toutes les cultures se prêtent à cette forme d'irrigation.

Irrigation goutte à goutte : Matériel fixe. Reste au même endroit.
Irrigation par aspersion : Matériel mobile; compatible avec la location de terres et la rotation des cultures. Assure une certaine protection contre le gel.

Irrigation goutte à goutte : Technique relativement nouvelle, nécessite une période d'apprentissage.
Irrigation par aspersion : La plupart des producteurs possèdent déjà un système d'irrigation par aspersion.


Stades de croissance affectés par la quantité d'eau au sol

Culture : Haricot mange-tout

  • Stade critique : Floraison et formation de la gousse

Culture : Brocoli

  • Stade critique : Pommaison et grossissement

Culture : Chou

  • Stade critique : Pommaison et grossissement

Culture : Carotte

  • Stade critique : Expansion de la racine

Culture : Chou-fleur

  • Stade critique : Des plantations aux récoltes

Culture : Mais sucré

  • Stade critique : Floraison mâle, apparition des soies et stade de remplissage de l'épi

Culture : Concombre

  • Stade critique : Floraison et grossissement du fruit

Culture : Melon brodé

  • Stade critique : Floraison et grossissement du fruit

Culture : Pois

  • Stade critique : Floraison et formation des gousses

Culture : Poivron

  • Stade critique : Repiquage, nouaison et croissance

Culture : Citrouille, courge

  • Stade critique : Floraison et fructification

Culture : Tomate

  • Stade critique : Floraison, nouaison et grossissement

Culture : Melon d'eau

  • Stade critique : De la floraison à la récolte

Plasticulture

Cette pratique recourt à la fois aux paillis de plastique, aux mini-tunnels et à l'irrigation goutte à goutte. Elle est coûteuse et ne convient en conséquence qu'aux légumes destinés au marché frais. Les avantages comprennent la possibilité d'effectuer une récolte hâtive, d'accroître le rendement des cultures en début de saison, d'améliorer la qualité des récoltes et de réduire les mouvements du sol dus à l'érosion. Le principal inconvénient de cette méthode découle du fait qu'il faut enlever les matériaux plastiques après les récoltes et s'en débarrasser.

La production de poivron sur plastique avec un système d'irrigation goutte à goutte.

Figure 5. La production de poivron sur plastique avec un système d'irrigation goutte à goutte. Le plastique a été coupé pour montrer la ligne et un des émetteurs.


Cultures horticoles


 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca