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Cultures horticoles - Les cultures en serre
Table de matières
La serre est un habitat fermé dans lequel on peut contrôler l'environnement des plantes, et ce, à l'année longue. On peut ainsi pratiquer la culture intensive et obtenir des rendements plusieurs fois supérieurs à la culture en plein champ. Cependant, la culture en serres produit également beaucoup de déchets qui peuvent avoir un impact sur l'environnement. Vérification de l'environnement d'une serreLes déchets produits en serre varient d'après le type de plante, les techniques de croissance et les structures physiques du bâtiment. Le tableau suivant présente les rendements provenant d'une serre en plastique d'un hectare servant à la culture de la tomate sur laine de roche à solution non recirculée. Rendement par hectareTomates (40 kg/m 2 /année) : 400 tonnes/année Sels fertilisants perdus par lessivage : 7.5 tonnes/année Eau d'irrigation perdue par lessivage : 4,000 m3/année Laine de roche usagée (à chaque 1,5 ans) : 114 m3/hectare Débris végétaux : 40-60 tonnes/année Recouvrement de plastique de la serre (3 ans) : 4 tonnes/hectare
Figure 1. Exemple d'une vérification environnementale d'une serre de tomates sur laine de roche. Principales préoccupations environnementales
En Hollande, les procédés de recirculation deviendront obligatoires dans un avenir très rapproché i.e. entre 1994 et 2000. Gestion de l'eau et des engraisLes déchets de la serre peuvent potentiellement contaminer l'eau souterraine; citons à titre d'exemple, les engrais, pesticides, eaux de lavage et produits de blanchiment du toit et de nettoyage. Nous ne pouvons nous prononcer sur l'impact environnemental causé par ces rebuts, mais nous pouvons réduire les quantités d'eau et d'engrais perdues dans le sous-sol. Cette technologie implique un système de collecte et de réutilisation de l'eau d'irrigation fertilisée. Il est, bien sûr, nécessaire de corriger les quantités d'éléments fertilisants de l'eau avant de la faire circuler à nouveau. Dans la culture de la tomate sur laine de roche, les pertes d'engrais s'élèvent jusqu'à 6700$ l'hectare par année (1991). Tout cet argent pourrait être économisé grâce à la recirculation. Minimiser le lessivage - Les surplus d'eau et d'engrais peuvent être emmagasinés et retenus de la sorte:
Correction et recirculation - Après avoir recueilli la solution, on peut la faire circuler à nouveau ou la garder en réserve. D'une façon ou d'une autre, pour réutiliser l'eau, il peut s'avérer nécessaire de corriger la solution de diverses manières. La recirculation réduit les coûts d'engrais et d'eau; donc, elle économise les ressources. De plus, c'est un moyen de protéger l'environnement. Mise au rebut des solutions - Il arrive quelquefois qu'on soit dans l'obligation de se débarrasser de la solution fertilisante, en entier ou partiellement, en raison d'un déséquilibre au niveau des sels, de la fin d'un cycle de culture, de maladie, ou de contamination. Etant donné que la solution contient des engrais, son évacuation dans l'environnement peut être cause de pollution. Pour s'en débarrasser, on choisira d'abord les systèmes d'égouts, les bassins de retenue et sédimentation ou le système d'irrigation d'un champ adjacent. Le déversement des solutions dans les drains souterrains ou avec les eaux de surface ne devrait être envisagé qu'en dernier recours. M. Jim Lonsway de Westbrook cite ce qui suit : "Il est difficile et dispendieux de doter une vieille serre d'un système de recirculation, mais certainement pas impossible. Aucune nouvelle serre ne devrait être construite sans avoir à l'intérieur un système de recirculation. Cette composante sera obligatoire, et cela, dans un avenir rapproché". Mise au rebut des déchetsLa culture en serre produit de grandes quantités de déchets. Dans toutes les situations et quand cela est possible, réduire, réutiliser et recycler. Les trois composantes qui produisent beaucoup de déchets sont les débris végétaux, les substrats de culture et les matières plastiques. Les débris végétaux - Il faut débarrasser
la serre des débris végétaux dans les plus brefs
délais afin de minimiser les risques de maladie. La pratique de
gestion optimale consiste à composter ces débris; certains
items comme les fils de support ou les étiquettes feront l'objet
d'un traitement séparé. Dans certains cas, on pourra servir
les végétaux aux animaux ou les épandre en tant qu'engrais
verts sur des champs avoisinants.
Figure 2. Cultures en serre Les débris végétaux constituent une grande partie des déchets produits en serre. Le compostage ou l'épandage sur des champs avoisinants sont de bonnes méthodes de débarras. En Ontario, presque la moitié des serres sont construites avec du plastique. Lorsqu'il faut remplacer ce matériel, 620 tonnes de plastique sont jetées au rebut. Les substrats de culture - Les substrats peuvent être organiques ou inorganiques. De façon générale, on s'en débarrasse après un à trois ans, en raison des problèmes de maladie ou de la détérioration du matériel.
Les matières plastiques - Les matières plastiques provenant des recouvrements de serre, des couvre-plancher et des sacs de substrats sont une source importante de déchets. Il existe des procédés pour recycler les plastiques, mais ils ne sont pas disponibles au Canada. On peut jeter ces matières dans les sites d'enfouissement ou les empiler pour recyclage futur. Dans la mesure du possible, utiliser le verre de préférence au plastique pour la construction de nouvelles serres. Les autres items de plastique, tels que les pots et plateaux, sont généralement faits de matériaux remoulus et peuvent être recyclés. Toutefois, les compagnies qui recyclent les matières plastiques veulent que le produit soit sec et propre; critère assez difficile à satisfaire. La moitié des légumes de serre produits en Ontario sont cultivés sur de la laine de roche. À toutes les fois qu'on remplace ce matériel, il faut mettre au rebut l'équivalent de 83 charges de camions semi-remorque. Diminution de l'emploi des pesticidesConnaître les ennemis présents dans la serre. Dépister leur présence en inspectant les cultures ou en utilisant des pièges encollés jaunes pour attirer les insectes volants. Lutte physique
Figure 3. Vider la serre L'hygiène joue un role important dans la lutte antiparasitaire. Profitez d'un vide entre deux cultures pour stériliser le bâtiment en entier. Lutte culturaleL'hygiène - Enlever les débris végétaux. Désinfecter les outils, les instruments et le personnel. Nettoyer les allées et les surfaces. S'il y a eu de graves problèmes de maladies dans la serre, profiter d'un vide entre deux cultures pour stériliser le bâtiment en entier. Le sol ou le substrat réutilisés doivent être stérilisés à la vapeur ou fumigés. La prévention - Empêcher l'entrée de plants infestés dans la serre. La manipulation de l'environnement - Ajuster la température et la ventilation pour éviter la condensation à la surface des plantes. Contrôler la température de la solution nutritive et de la zone racinaire pour éviter certaines maladies dont les organismes responsables hébergent sur les racines. Le temps propice des semis - Si le calendrier de production le permet, allouer suffisamment de temps entre la récolte et le semis pour réduire les chances d'une infestation continue. Le temps d'attente devrait être d'au moins une semaine; un intervalle plus long est préférable. La santé et vigueur des plants - Minimiser les stress causés
aux plants (espacement adéquat, bonne nutrition, etc.). Une plante
saine et en croissance rapide est moins sensible aux ennemis des cultures. Le traitement des semences - Le traitement des semences peut prévenir certaines maladies; il peut s'agir d'un traitement chimique, à l'eau chaude ou au fongicide. Le traitement peut être fait par les fournisseurs de semences ou par le producteur. La contamination croisée - Détruire ou minimiser les plantes
étrangères, mauvaises herbes inclues, de la zone en culture.
Cette opération élimine en même temps des sources
d'ennuis graves (insectes ou maladies).
Figure 4. L'aleurode est un insecte nuisible sérieux retrouvé en serriculture. Il existe cependant un ennemi naturel pour contrôler ce dernier. Ennemis naturels des insectes nuisibles en serreInsectes nuisibles : Aleurode
Insectes nuisibles : Tétranyque
Insectes nuisibles : Thrips des petits fruits
Insectes nuisibles : Pucerons
Insectes nuisibles : Sciaride
Insectes nuisibles : Mineuse
Les régulateurs de croissanceOn se sert des régulateurs de croissance pour contrôler la croissance en hauteur de plusieurs espèces florales cultivées en serre. Les régulateurs de croissance font l'objet des mêmes préoccupations que les pesticides. Il existe une nouvelle méthode pour contrôler la hauteur des plantes sans avoir recours à des produits chimiques. On la connaît sous l'acronyme "DIF" et elle consiste à contrôler la différence entre les températures diurnes et nocturnes (i. e. qu'on favorise une température plus fraîche durant le jour). La plupart des espèces florales répondent positivement au DIF, toutefois, cette méthode ne fonctionne que durant les mois froids de l'année. La qualité des plantes est supérieure lorsqu'on utilise la méthode DIF de concert avec les régulateurs de croissance.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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