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Cultures horticoles - Principes de base - Lutte antiparasitaire

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 19 juillet 2002
Dernière révision : 22 juillet 2009

Table de matières

  1. Systèmes de lutte intégrée
  2. La résistance
  3. Sommaire

En horticulture, on a souvent recours aux pesticides pour lutter contre les ennemis des cultures. Toutefois, le public perçoit ces produits comme étant dangereux pour l'environnement. La lutte intégrée prône l'usage responsable et raisonnable des pesticides en combinaison avec des mesures non chimiques. Une lutte antiparasitaire fondée uniquement sur l'emploi de pesticides comporte plusieurs inconvénients :

  • Les insectes, les pathogènes et les mauvaises herbes peuvent développer une résistance aux produits chimiques.
  • Lorsque les produits employés tuent aussi les ennemis naturels des parasites, ces derniers peuvent réapparaître et voir leur population s'accroître rapidement du fait de la disparition de leurs prédateurs.
  • L'élimination des ennemis naturels d'insectes non visés par les applications de pesticides contribuent à créer des parasites secondaires dont les populations s'accroissent jusqu'à poser un problème réel.
  • Il y a risque de contamination de l'environnement notamment par l'infiltration de pesticides dans les puits.
  • Les coûts des intrants aux producteurs.
  • Les produits chimiques peuvent être nocifs pour la santé.
  • Le public se méfie des pesticides.

On crée des parasites secondaires lorsqu'un pesticide destiné au parasite "A" élimine une grande proportion des prédateurs du parasite "B". Sans prédateur naturel, la population du parasite "B" augmente au point où elle devient problématique.

Figure 1. On crée des parasites secondaires lorsqu'un pesticide destiné au parasite "A" élimine une grande proportion des prédateurs du parasite "B". Sans prédateur naturel, la population du parasite "B" augmente au point où elle devient problématique.

Systèmes de lutte intégrée

Les systèmes de lutte intégrée comportent quatre volets :

La lutte intégrée, c'est-à-dire la lutte antiparasitaire intégrée au système de gestion optimale global, permet de réduire l'emploi de pesticides tout en assurant le maintien des normes de qualité. Le système tient compte de l'environnement physique et biologique des cultures et des parasites. Les techniques de lutte antiparasitaire sont combinées aux techniques de production afin d'en arriver à des solutions économiques à long terme.

Identification des parasites

Une bonne identification des parasites permet de décider de la méthode de lutte antiparasitaire à employer. Des carences nutritionnelles ou des dommages physiques peuvent présenter des symptômes semblables à ceux que causent les parasites. Par ailleurs, la présence de parasites n'a pas toujours une incidence économique. Le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario publie des fiches techniques sur les ennemis des cultures qui facilitent leur identification.

Surveillance

Grâce à la surveillance, on peut prévoir et évaluer les risques associés aux ennemis des cultures. La surveillance permet d'identifier les parasites présents, d'en évaluer le nombre et de reconnaître les conditions propices aux infestations. La surveillance permet également de faire les applications de pesticides aux moments les plus appropriés, ce qui contribue à réduire les applications. Chaque champ devrait faire l'objet d'une surveillance distincte puisque les champs ne présentent pas tous les mêmes conditions. On recommande une inspection au moins une fois par semaine et de préférence deux fois par semaine dans les périodes où les parasites causent le plus de dommages. On peut engager des patrouilleurs à cette fin.

De bons registres sont essentiels. Des dossiers complets sur les problèmes rencontrés au cours des années précédentes et les moyens employés pour y remédier facilitent la prise de décision. On recommande donc de prendre des notes sur :

  • la santé des cultures;
  • les parasites présents;
  • les conditions atmosphériques et environnementales;
  • l'importance des populations de parasites et d'insectes auxiliaires; et
  • les épandages et autres moyens d'action employés.

La surveillance des conditions climatiques peut servir à prédire l'apparition des maladies. Le système TOM-CAST fait usage de ces informations pour déterminer le temps opportun de traitement.

Figure 2. La surveillance des conditions climatiques peut servir à prédire l'apparition des maladies. Le système TOM-CAST fait usage de ces informations pour déterminer le temps opportun de traitement.

Méthodes de surveillance - il y a plusieurs moyens de surveiller les parasites :
  • Les pièges sexuels renferment un produit chimique qui attire uniquement les espèces de parasites qu'on cherche à détruire, ce qui facilite l'identification.

  • Les pièges physiques sont visiblement attrayants pour un grand nombre d'insectes, ce qui rend l'identification des parasites plus laborieuse.

  • Le dénombrement consiste à compter les insectes ou à évaluer l'importance d'une maladie sur un certain nombre de plants. Le comptage des mauvaises herbes dans des échantillons de champ facilite la sélection d'un herbicide.

  • La surveillance des conditions atmosphériques permet de prévoir quand les insectes feront leur apparition au printemps ou quand il est plus probable qu'une maladie se déclare (ainsi, BOTCAST indique quand doit apparaître la brûlure de la feuille de l'oignon, ce qui permet de faire les applications de fongicides aux moments les plus opportuns).

Directives de lutte antiparasitaire

Les directives de lutte antiparasitaire indiquent quand appliquer des pesticides pour prévenir les pertes économiques. Le moment de ces interventions est critique. Les directives concernant les insectes sont basées sur un seuil économique selon lequel le coût de l'absence de mesures de contrôle dépasse le coût de telles mesures. Les directives concernant les maladies, les mauvaises herbes, les nématodes et les vertébrés peuvent dépendre des conditions atmosphériques, des infestations antérieures du champ ou de la région, de la phase de croissance et d'autres observations sur le terrain.

Les pommes de terre et les aubergines peuvent être utilisées comme culture-appât pour proteger les tomates.

Figure 3. Les pommes de terre et les aubergines peuvent être utilisées comme culture-appât pour proteger les tomates.

Méthodes de lutte antiparasitaire

Les méthodes de lutte antiparasitaire utilisées dans le cadre des systèmes de lutte intégrée se regroupent en trois catégories: lutte au niveau des cultures, lutte biologique et lutte chimique (emploi de pesticides). On cherche dans la mesure du possible à privilégier la lutte au niveau des cultures et la lutte biologique. Lorsque ces mesures sont inadéquates, on a habituellement recours aux pesticides. Se rappeler que le moyen le plus économique et le plus sûr d'enrayer les problèmes au niveau des ennemis des cultures est de les éviter chaque fois qu'on en a la possibilité.

On enlève les bourgeons latéraux pour réduire la population de psylles.

Figure 3. On enlève les bourgeons latéraux pour réduire la population de psylles.

Lutte culturale

Bien des pratiques culturales contribuent à réduire les dommages causés par les ennemis des cultures. Elles préviennent les problèmes et sont, en conséquence économiques et efficaces. En voici des exemples :

  • Choix d'un emplacement - Choisir les emplacements les moins vulnérables aux attaques des ennemis des cultures.
  • Choix des cultivars - Choisir les variétés les plus résistantes possibles.
  • Rotation des cultures - Pratiquer une rotation en omettant les cultures d'une même famille (c.-à-d. navet, chou et canola) afin d'éviter certains parasites et de mieux maîtriser les mauvaises herbes.
  • Culture intercalaire - Mélanger des cultures peut réduire les dommages causés par les insectes. On peut par exemple sous-ensemencer les choux de Bruxelles de trèfle. Toutefois, la concurrence peut dans certains cas réduire les rendements.
  • Plantes couvre-sol - Permettent d'offrir un abri aux insectes auxiliaires.
  • Culture-appât - Consiste à cultiver des plants qui attirent les parasites loin de la culture principale. On peut ainsi éliminer les parasites par des épandages localisés. Par exemple, dans les cultures de tomates, on peut se servir de la pomme de terre et de l'aubergine comme culture-appât pour lutter contre le doryphore de la pomme de terre.
  • Travail du sol - Permet une répression des mauvaises herbes et peut détruire certains insectes et pathogènes.
  • Temps et méthodes de plantations - Peuvent permettre d'éviter une génération de parasites.
    Désinfection - Retirer aux parasites les déchets, les fruits tombés et les plants qui leur servent d'abri. On sait par exemple que des pathogènes responsables de la brûlure passent l'hiver à l'abri dans les tas de déchets de triage des pommes de terre.
  • Élagage - Enlever la source de nourriture ou le point d'infection. Par exemple, en enlevant les bourgeons latéraux du poirier, on peut réduire les populations de psylles.
  • Traitement des semences et des plantons - Éviter d'introduire des parasites en n'utilisant que de la semence certifiée exempte de maladie.
  • Santé des plants - N'utiliser que des plants sains, car ils sont moins vulnérables aux infections.
  • Irrigation - Prévenir la maladie en prévoyant des arrosages à des moments opportuns et selon des
    fréquences appropriées.

Des plants propres et sains, tels que ces poivrons, sont moins vulnérables aux infections.

Figure 5. Des plants propres et sains, tels que ces poivrons, sont moins vulnérables aux infections.

Lutte biologique

Les méthodes de lutte biologique utilisent les ennemis naturels des insectes nuisibles pour en maîtriser les populations. Les ennemis naturels comprennent les prédateurs, les parasites et les maladies. On entend par "insecte auxiliaire" ou "insecte utile", les prédateurs ou les parasites des insectes nuisibles. Les systèmes de lutte intégrée tirent parti au maximum de l'action des ennemis naturels.

Les systèmes de lutte integrée font usage des ennemis naturels, tels que cette guêpe parasite.

Figure 6. Les systèmes de lutte integrée font usage des ennemis naturels, tels que cette guêpe parasite.

La lutte biologique agit de deux façons :

En encourageant les ennemis naturels - En leur fournissant des abris ou de la nourriture; ainsi, un couvert de gazon ou de mauvaises herbes dans un verger de pommes procure aux acariens prédateurs un endroit où passer l'hiver à l'abri. Ces acariens s'attaquent au tétranyque rouge du pommier et au tétranyque à deux points.

  • Choisissez des pesticides qui n'ont qu'un effet minime sur les insectes auxiliaires. Par exemple, le Bacillus thuringiensis (Bt) est spécifique à certains types de chenilles.
  • Appliquez les pesticides aux moments et selon les fréquences qui ont le moins de répercussions sur les insectes auxiliaires.
  • Ayez recours aux pesticides qu'en cas de nécessité.

En introduisant des ennemis naturels - Introduire des ennemis naturels n'est habituellement pas rentable. Toutefois cela est souvent possible dans les serres. On peut ainsi lutter contre l'aleurode des serres à l'aide d'Encarsia formosa (une guèpe parasite). Des travaux sont actuellement en cours pour créer des maladies affectant les insectes nuisibles. On doit s'attendre à ce que de plus en plus de ces produits fassent leur apparition sur le marché.

Voici un autre exemple de prédateur naturel qui se nourrit d'un aphide dans une serre.

Figure 7. Voici un autre exemple de prédateur naturel qui se nourrit d'un aphide dans une serre.

La résistance

La résistance se réfère à la capacité qu'acquiert un ennemi des cultures de survivre à des taux de pesticides qui avaient l'habitude de tuer la plupart des espèces. Cette capacité se transmet de génération en génération, rendant inutiles, à la longue, les applications de pesticides. La résistance du doryphore de la pomme de terre est particulièrement problématique. Comme il y a de moins en moins de nouveaux pesticides sur le marché, la résistance peut devenir un problème de plus en plus répandu. Les résis-tances se développent surtout lorsqu'on applique les pesticides à des taux inférieurs aux taux recom-mandés ou en faisant un usage répété d'un même pesticide ou de pesticides aux modes d'actions similaires.

Gestion de la résistance

  • N'utiliser les pesticides qu'au besoin.
  • Éviter les résidus de pesticides.
  • Utiliser en alternance des pesticides aux modes d'action différents.
  • Respecter les taux d'application recommandés.
  • Recourir dans la mesure du possible à d'autres mesures comme par exemple l'emploi de la houe rotative.
  • Faire les applications de pesticides aux moments où les parasites sont le plus vulnérables. Par exemple, dans le cas du doryphore de la pomme de terre, lorsque l'insecte est au stade larvaire plutôt qu'au stade adulte.

Développement de la résistance aux pesticides

Texte correspondant


Familles de produits chimiques et leurs noms communs

Famille de produits : Toxine bactérienne (Bacillius Thuringiensis)

  • Noms communs : Dipel, Thuricide, Trident, M-One

Famille de produits : Pyréthrinoïdes

  • Noms communs : Ambush, Cymbush, Ripcord, Pounce, Decis, Belmark

Famille de produits : Carbamates

  • Noms communs : Pirimor, Lannate, Furadan, Sevin, Temik, Vydate

Famille de produits : Organophosphorés

  • Noms communs : Guthion, Orthene, Metasystox, Parathion, Malathion, Cygon, Monitor, Lorsban, Diazinon

Famille de produits : Organochlorés

  • Noms communs : Thiodan, Methoxychlor

Sommaire

Les systèmes de lutte intégrée peuvent être efficaces et économiques en horticulture. S'il faut parfois s'attendre à plus de dommages qu'avec les produits chimiques, ces systèmes sont en revanche plus efficaces à long terme. Pour qu'elle réussisse, la lutte intégrée demande qu'on consacre beaucoup de temps et d'attention à l'identification et à la surveillance des ennemis des cultures ainsi qu'à l'étude des directives et des méthodes de lutte antiparasitaire et de prévention.


Cultures horticoles


 

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