Dans cette section |
Cultures horticoles - Principes de base - Lutte antiparasitaire
Table de matièresEn horticulture, on a souvent recours aux pesticides pour lutter contre les ennemis des cultures. Toutefois, le public perçoit ces produits comme étant dangereux pour l'environnement. La lutte intégrée prône l'usage responsable et raisonnable des pesticides en combinaison avec des mesures non chimiques. Une lutte antiparasitaire fondée uniquement sur l'emploi de pesticides comporte plusieurs inconvénients :
Figure 1. On crée des parasites secondaires lorsqu'un pesticide destiné au parasite "A" élimine une grande proportion des prédateurs du parasite "B". Sans prédateur naturel, la population du parasite "B" augmente au point où elle devient problématique. Systèmes de lutte intégréeLes systèmes de lutte intégrée comportent quatre
volets :
La lutte intégrée, c'est-à-dire la lutte antiparasitaire intégrée au système de gestion optimale global, permet de réduire l'emploi de pesticides tout en assurant le maintien des normes de qualité. Le système tient compte de l'environnement physique et biologique des cultures et des parasites. Les techniques de lutte antiparasitaire sont combinées aux techniques de production afin d'en arriver à des solutions économiques à long terme. Identification des parasitesUne bonne identification des parasites permet de décider de la
méthode de lutte antiparasitaire à employer. Des carences
nutritionnelles ou des dommages physiques peuvent présenter des
symptômes semblables à ceux que causent les parasites. Par
ailleurs, la présence de parasites n'a pas toujours une incidence
économique. Le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation
de l'Ontario publie des fiches techniques sur les ennemis des cultures
qui facilitent leur identification. SurveillanceGrâce à la surveillance, on peut prévoir et évaluer
les risques associés aux ennemis des cultures. La surveillance
permet d'identifier les parasites présents, d'en évaluer
le nombre et de reconnaître les conditions propices aux infestations.
La surveillance permet également de faire les applications de pesticides
aux moments les plus appropriés, ce qui contribue à réduire
les applications. Chaque champ devrait faire l'objet d'une surveillance
distincte puisque les champs ne présentent pas tous les mêmes
conditions. On recommande une inspection au moins une fois par semaine
et de préférence deux fois par semaine dans les périodes
où les parasites causent le plus de dommages. On peut engager des
patrouilleurs à cette fin. De bons registres sont essentiels. Des dossiers complets sur les problèmes rencontrés au cours des années précédentes et les moyens employés pour y remédier facilitent la prise de décision. On recommande donc de prendre des notes sur :
Figure 2. La surveillance des conditions climatiques peut servir à prédire l'apparition des maladies. Le système TOM-CAST fait usage de ces informations pour déterminer le temps opportun de traitement. Méthodes de surveillance - il y a plusieurs moyens de surveiller les parasites :
Directives de lutte antiparasitaireLes directives de lutte antiparasitaire indiquent quand appliquer des pesticides pour prévenir les pertes économiques. Le moment de ces interventions est critique. Les directives concernant les insectes sont basées sur un seuil économique selon lequel le coût de l'absence de mesures de contrôle dépasse le coût de telles mesures. Les directives concernant les maladies, les mauvaises herbes, les nématodes et les vertébrés peuvent dépendre des conditions atmosphériques, des infestations antérieures du champ ou de la région, de la phase de croissance et d'autres observations sur le terrain.
Figure 3. Les pommes de terre et les aubergines peuvent être utilisées comme culture-appât pour proteger les tomates. Méthodes de lutte antiparasitaireLes méthodes de lutte antiparasitaire utilisées dans le cadre des systèmes de lutte intégrée se regroupent en trois catégories: lutte au niveau des cultures, lutte biologique et lutte chimique (emploi de pesticides). On cherche dans la mesure du possible à privilégier la lutte au niveau des cultures et la lutte biologique. Lorsque ces mesures sont inadéquates, on a habituellement recours aux pesticides. Se rappeler que le moyen le plus économique et le plus sûr d'enrayer les problèmes au niveau des ennemis des cultures est de les éviter chaque fois qu'on en a la possibilité.
Figure 3. On enlève les bourgeons latéraux pour réduire la population de psylles. Lutte culturaleBien des pratiques culturales contribuent à réduire les dommages causés par les ennemis des cultures. Elles préviennent les problèmes et sont, en conséquence économiques et efficaces. En voici des exemples :
Figure 5. Des plants propres et sains, tels que ces poivrons, sont moins vulnérables aux infections. Lutte biologiqueLes méthodes de lutte biologique utilisent les ennemis naturels des insectes nuisibles pour en maîtriser les populations. Les ennemis naturels comprennent les prédateurs, les parasites et les maladies. On entend par "insecte auxiliaire" ou "insecte utile", les prédateurs ou les parasites des insectes nuisibles. Les systèmes de lutte intégrée tirent parti au maximum de l'action des ennemis naturels.
La lutte biologique agit de deux façons : En encourageant les ennemis naturels - En leur fournissant des abris ou de la nourriture; ainsi, un couvert de gazon ou de mauvaises herbes dans un verger de pommes procure aux acariens prédateurs un endroit où passer l'hiver à l'abri. Ces acariens s'attaquent au tétranyque rouge du pommier et au tétranyque à deux points.
En introduisant des ennemis naturels - Introduire des ennemis naturels n'est habituellement pas rentable. Toutefois cela est souvent possible dans les serres. On peut ainsi lutter contre l'aleurode des serres à l'aide d'Encarsia formosa (une guèpe parasite). Des travaux sont actuellement en cours pour créer des maladies affectant les insectes nuisibles. On doit s'attendre à ce que de plus en plus de ces produits fassent leur apparition sur le marché.
Figure 7. Voici un autre exemple de prédateur naturel qui se nourrit d'un aphide dans une serre. La résistanceLa résistance se réfère à la capacité qu'acquiert un ennemi des cultures de survivre à des taux de pesticides qui avaient l'habitude de tuer la plupart des espèces. Cette capacité se transmet de génération en génération, rendant inutiles, à la longue, les applications de pesticides. La résistance du doryphore de la pomme de terre est particulièrement problématique. Comme il y a de moins en moins de nouveaux pesticides sur le marché, la résistance peut devenir un problème de plus en plus répandu. Les résis-tances se développent surtout lorsqu'on applique les pesticides à des taux inférieurs aux taux recom-mandés ou en faisant un usage répété d'un même pesticide ou de pesticides aux modes d'actions similaires. Gestion de la résistance
Familles de produits chimiques et leurs noms communsFamille de produits : Toxine bactérienne (Bacillius Thuringiensis)
Famille de produits : Pyréthrinoïdes
Famille de produits : Carbamates
Famille de produits : Organophosphorés
Famille de produits : Organochlorés
SommaireLes systèmes de lutte intégrée peuvent être efficaces et économiques en horticulture. S'il faut parfois s'attendre à plus de dommages qu'avec les produits chimiques, ces systèmes sont en revanche plus efficaces à long terme. Pour qu'elle réussisse, la lutte intégrée demande qu'on consacre beaucoup de temps et d'attention à l'identification et à la surveillance des ennemis des cultures ainsi qu'à l'étude des directives et des méthodes de lutte antiparasitaire et de prévention. Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
Ce
site est mis à jour par le gouvernement de l'Ontario, Canada
© Imprimeur de la Reine pour l'Ontario,
Dernière mise à jour :