Grandes cultures - Introduction

Table de matières

  1. Le labour traditionnel laisse moins de 30 % de la surface du sol couverte de résidus
  2. Le déchaumage au chisel laisse plus de 30% de la surface du sol couverte de résidus
  3. Disponible dans la version imprimée du fascicule intitulé Grandes cultures

Produire de hauts rendements a toujours été un aspect important de l’agriculture. Lorsque le coût des intrants était faible par rapport aux revenus générés par les cultures, la meilleure façon de cultiver étaitde fertiliser en vue d’obtenir des rendements optimaux, et même d’en remettre un peu plus. On croyait alors qu’il y avait plus à perdre à ne pas fertiliser assez qu’à trop fertiliser.

Labour traditionnel

Figure 1. Labour traditionnel

Avec l’augmentation des coûts des fertilisants, du carburant et des autres intrants, sans aucune mesure avec l’augmentation des prix de vente, l’optique s’est trouvée modifiée. Les intrants font désormais l’objet d’une surveillance très stricte qui vise à s’assurer que leur coût demeure en-deça du rendement de chaque unité de production. Les rendements les meilleurs ne s’assortissent pas nécessairement des profits les plus grands.

Le labour traditionnel laisse moins de 30 % de la surface du sol couverte de résidus

Ces dernières années, la perspective s’est élargie pour faire intervenir dans l’équation les facteurs environnementaux. Il est désormais inadmissible de ne pas tenir compte des effets hors ferme de nos pratiques agricoles.

Déchaumage au chisel

Figure 2. Déchaumage au chisel

Les pratiques de gestion optimales sont des outils pour atteindre les objectifs de l’agriculture d’aujourd’hui. Pour qu’une méthode culturale soit considérée comme une pratique de gestion optimale, elle doit maintenir ou augmenter le rendement des cultures tout en minimisant l’impact sur l’environnement. Il n’existe pas de système unique qui convienne à toutes les fermes. Les pratiques appropriées pour votre ferme dépendent des lacunes et des atouts qui lui sont propres.

Le déchaumage au chisel laisse plus de 30% de la surface du sol couverte de résidus

La première partie de ce fascicule vous aidera à comprendre les notions de base en matière notamment de gestion des sols, de gestion des résidus, de rotation des cultures, de gestion des pesticides et de gestion des éléments nutritifs. Elle propose également une manière systématique d’envisager le changement. Les trois sections suivantes portent sur différentes méthodes de travail du sol : le labour traditionnel, le déchaumage au chisel et le semis direct ou sur billons. Enfin, ce fascicule propose d’autres travaux de conservation propices à l’amélioration de l’environnement.

Loin d’épuiser le sujet, ce fascicule présente des notions de base et propose des ouvrages de référence pour qui veut en savoir plus long. Certains termes utilisés dans ce fascicule peuvent être mal connus. Aussi, afin d’éviter toute confusion, voici comment nous définissons les différents systèmes de travail du sol :

Labour traditionnel : Tout système qui a pour but d’enterrer les résidus et qui de ce fait laisse moins de 30% de la surface du sol couverte de résidus (ou de restes de cultures) après les semis. Ce système repose habituellement sur l’utilisation de la charrue à versoirs et de différents outils aratoires.

Déchaumage au chisel : Tout système prévoyant un travail du sol entre la récolte d’une culture et l’implantation d’une autre. Dans ce cas toutefois, plus de 30% de la surface du sol est laissée couvertede résidus après le semis. L’outillage courant comprend la charrue chisel, le pulvériseur déporté ou une charrue à versoirs modifiée. On appelle aussi ce système travail réduit, travail minimal ou travail de conservation du sol.

Semis direct

Figure 3. Semis direct

Semis direct : Tout système dans lequel le sol n’est pas travaillé entre la récolte d’une culture et l’implantation de la culture suivante. Un certain travail du sol peut être effectué par des outils attachés au semoir pour assurer le bon positionnement des semences.

Semis sur billons

Figure 4. Semis sur billons

Semis sur billons : Forme particulière de semis direct où les semis se font sur des billons préalablement formés. Un sarclage entre les rangs est effectué après la levée pour réprimer les mauvaises herbes et reformer les billons.

Voici différentes raisons qui justifient un changement de pratiques culturales : économiser de l’argent, augmenter les rendements, gagner du temps, réduire le besoin de main-d’oeuvre, résoudre des problèmes d’érosion ou réduire l’usage des pesticides. Quelle que soit la raison du changement, celui-ci doit passer par une réflexion sur votre situation actuelle et vos objectifs. Une fois cette réflexion faite, vous trouverez dans ce fascicule un aperçu des possibilités qui s’offrent à vous. Bonne chance!


Table 1. Avantages et désavantages des systèmes de travail du sol

Labour traditionne

Avantages

  • Système connu de la plupart des agriculteurs et machinerie facilement disponible.
  • Incorporation du fumier sans outillage spécialisé.
  • Réchauffement du sol au printemps plus rapide que lorsque le sol est moins travaillé.
  • Sol soumis au maximum à l'action du gel, ce qui brise le sol en agrégats plus petits.
  • Évaporation d'eau plus importante du fait de la moins grande quantité de résidus en surface, d'où la possibilité d'un semis plus hâtif dans les sols mal drainés.

Désavantages

  • Exigence accrue au niveau de l'outillage comparativement aux systèmes de travail réduit.
  • Vulnérabilité du sol à sol l'encroûtement et aux érosions éolienne et hydrique du fait de la faible quanitité de résidus laissés à la surface du sol.
  • Stimulation des mauvaises herbes et abaissement du niveau de matière organique en raison du travail du sol.
  • Risques de compactage et de formation de semelles de labour si le sol est travaillé lorsqu'il est mouillé.
  • Risques de baisse de rendement causée par la forte évaporation pendant la saison de croissance du fait du manque de résidus.

Déchaumage au chisel

Avantages

  • Essentiellement les mêmes avantages que ceux du labour traditionnel.
  • Réduction de l'érosion et du ruissellement grâce aux résidus laissés à la surface du sol.
  • Economies de main-d'oeuvre et de temps par rapport au labour traditionnel.
  • Réduction des coûts grâce à la diminution du nombre de passages de la machinerie.
  • Même niveau de compétence exigé que pour le labour traditionnel.

Désavantages

  • Stimulation des mauvaises herbes du fait du travail du sol.
  • Ralentissement du réchauffement du sol au printemps à cause de l'épaisse couche de résidus.
  • Inefficacité du travail primaire du sol si le sol est mouillé.
  • Obligation de modifier le semoir afin qu'il puisse négocier les résidus.

Semis direct ou sur billons

Avantages

  • Diminution des intrants et des dépenses en immobilisations.
  • Importante réduction de la main-d'oeuvre et du temps par acre.
  • Amélioration de la structure du sol par l'apport de matière organique près de la surface.
  • Réduction considérable de l'érosion en raison de l'épaisse couche de résidus.
  • Amélioration de la structure du sol et accélération de la dégradation des pesticides par une plus grande activité biologique dans le sol.

Désavantages

  • Ralentissement du réchauffement du sol du fait de l'épaisse couche de résidus.
  • Variabilité des résultats selon les caractéristiques du sol.
  • Difficulté de travailler avec le fumier.
  • Compétence en gestion supérieure à la moyenne.

Disponible dans la version imprimée du fascicule intitulé Grandes cultures

  • Raisons justifiant un changement de systeme
  • Indice de rendement du maïs - graphique
  • Besoins énergétiques des différents systèmes - graphique
  • Facteurs extérieurs à la ferme
  • Coûts d'apprentissage

Les pratiques de gestion optimales - Grandes cultures


 


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Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 30 octobre 2002
Dernière révision : 04 mai 2004