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Grandes cultures - Principes de base

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 30 octobre 2002
Dernière révision : 09 July 2009

Table de matières

  1. Rotation des cultures et plantes couvre-sol
  2. Gestion des éléments nutritifs - Besoins des cultures
  3. Gestion des pesticides
  4. Planification des cultures et tenue des registres
  5. Disponible dans la version imprimée du fascicule intitulé Grandes cultures

Rotation des cultures et plantes couvre-sol

Rotation des cultures

La rotation des cultures est une pratique de gestion optimale pour les raisons suivantes:

  • Elle réduit les risques de maladie.
  • Elle réduit les populations des ennemis spécifiques à certaines cultures.
  • Elle permet de tirer un meilleur rendement des cultures que la monoculture.
  • Elle peut réduire l’érosion du sol et l’écoulement des eaux de surface.
  • Elle permet de mieux répartir la charge de travail, du fait que les cycles varient d’une culture à l’autre et prolongent de ce fait la saison des semis et des récoltes.
  • Elle tire avantage de la complémentarité des cultures. Ainsi, les légumineuses peuvent apporter de l’azote à d’autres cultures et les cultures qui donnent peu de prise aux mauvaises herbes peuvent succéder à des cultures qui souffrent davantage de la pression exercée par celles-ci.
  • Elle accroît les profits tirés de l’ensemble des cultures en augmentant les rendements et en réduisant les intrants.
  • Elle permet aux producteurs d’étaler les semis et le travail des champs.
  • Elle permet de mettre à profit certaines caractéristiques de la ferme, comme ses ressources en eau, sa proximité aux marchés et aux usines de transformation, les compétences du producteur et la maind’oeuvre disponible.

La rotation des cultures peut amener une augmentation du rendement net.

Figure 1. La rotation des cultures peut amener une augmentation du rendement net.

La rotation des cultures doit néanmoins faire l’objet de certaines mises en garde :

  • Il se peut que les semis surviennent au même moment que des opérations essentielles à d’autres cultures, comme la répression des mauvaises herbes ou l’épandage d’engrais pour stimuler les rendements.
  • Le producteur peut avoir à parfaire ses compétences en gestion.
  • Des problèmes avec une culture peuvent empêcher de s’occuper d’une autre culture comme on le souhaiterait.

Le maïs et le soya offrent un meilleur rendement s’ils sont en rotation. En incluant une céréale dans la rotation, on améliore les rendements ainsi que la maîtrise de l’érosion. L’addition d’une culture fourragère dans la rotation améliore encore davantage les rendements et les conditions de sol.

Si vous êtes producteur de grandes cultures et que vous hésitez à réserver une part de vos terres à des plantes fourragères, essayez de négocier avec un voisin producteur de bétail. Vous pourriez ainsi trouver preneur pour vos plantes fourragères et bénéficier de leurs avantages dans une rotation.

Gestion des éléments nutritifs - Besoins des cultures

Pour croître et produire des semences, les végétaux ont besoin de 20 éléments nutritifs différents. Certains sont nécessaires en quantité infinitésimale tandis que d’autres constituent la plus grande partie de la plante. Les principaux éléments qui composent les tissus des végétaux (carbone, hydrogène et oxygène) proviennent de l’air et de l’eau. Quant aux éléments nutritifs comme le calcium, le magnésium et le soufre, les sols de l’Ontario en sont généralement riches; bien que les plantes absorbent une quantité relativement grande de ces derniers éléments, il n’est habituellement pas nécessaire de les inclure dans un programme de fertilisation.

Les macro-éléments fertilisants (azote, phosphore et potassium) sont les éléments nutritifs dont il faut le plus souvent enrichir le sol afin d’assurer la croissance des cultures. Les plantes les absorbent tous trois en grande quantité. Ces éléments nutritifs représentent normalement la plus large part des
coûts de fertilisation.

Les oligo-éléments sont utilisés par les plantes en quantité infinitésimale. On en enrichit le sol lorsque les plantes montrent des signes de carence ou lorsque l’analyse de sol en indique le besoin.

Considérations particulières pour le fumier

Presque partout en Ontario, le fumier est appliqué sur de grandes superficies de terres agricoles. Le fumier est une ressource précieuse qui contient à la fois des macro-éléments et des oligo-éléments. S’il est géré adéquatement, il peut pourvoir aux besoins des plantes en éléments nutritifs et enrichir le sol de matière organique. Cependant, des taux qui dépassent les besoins des cultures peuvent être néfastes pour l’environnement. Ils augmentent les risques de contamination des eaux de surface et des eaux souterraines.

Injection de fumier dans des résidus de maïs

Figure 2. Injection de fumier dans des résidus de maïs.

Pratiques de gestion optimales des éléments nutritifs :

  • Harmonisez les apports de fertilisants avec les besoins de la culture et les résultats de l’analyse de sol. Si les besoins d’une culture en un élément nutritif sont faibles, n’en appliquez pas trop. Par exemple, si les légumineuses n’ont pas besoin d’azote, ne leur en fournissez pas. Incorporez ces cultures dans la rotation afin d’en faire bénéficier les suivantes. Rappelez-vous que les éléments en excès sont des polluants potentiels.
  • Tenez compte des apports des autres cultures et du fumier quand vous évaluez la quantité d’engrais commercial requise.
  • Faites des analyses de sol régulièrement pour le pH, le phosphore et le potassium. Faites-en pour l’azote lorsque vous cultivez du maïs.
  • Réduisez l’érosion du sol afin d’éliminer les pertes de phosphore et de matière organique.
  • Maintenez les niveaux de matière organique à l’aide de fumier, de plantes couvre-sol et de résidus, afin de favoriser le bilan des éléments nutritifs.

Gestion des pesticides

Les ennemis des cultures comprennent les plantes, les insectes et les maladies qui font concurrence aux cultures et qui entravent leur croissance. Les pratiques de gestion optimales consistent à prévenir les dommages qu’ils causent en pratiquant la rotation des cultures et en maintenant la fertilité et la structure du sol, le principe étant qu’une plante saine et bien nourrie est mieux armée pour lutter.

La répression des mauvaises herbes vise à éliminer les plantes nuisibles jusqu’au point où le coût des dommages qu’elles causent tombe en-deça du coût des mesures de répression.

Vous devez bien peser votre plan d’action. Les pratiques de gestion optimales visent à réduire au plus strict minimum l’emploi de pesticides, compte tenu du système de travail du sol que vous employez.

Moyens de réduire l'emploi de pesticides :

  • Donnez à vos cultures les moyens de faire concurrence aux mauvaises herbes
  • Utilisez des plantes couvre-sol et des cultures-abri comme mode de lutte biologique contre les mauvaises herbes
  • Inspectez régulièrement les champs avec minutie pour détecter les problèmes de mauvaises herbes
  • Pratiquez la rotation des cultures
  • Pratiquez la rotation des familles de pesticides
  • Gardez un registre précis
  • Travaillez le sol pour maîtriser les mauvaises herbes
  • Appliquez l’herbicide en bandes au-dessus du rang
  • Utilisez des herbicides de post-levée plutôt que ceux qui sont appliqués au sol
  • Considérez le seuil économique de répression
  • Rappelez-vous que les mauvaises herbes qui apparaissent tard dans la saison n’affectent pas autant les rendements
  • Évitez les traitements d’urgence
  • Évaluez le programme de lutte contre les mauvaises herbes

Selon les herbicides, l’enfouissement dans le sol est tantôt obligatoire, tantôt recommandé. Du fait qu’elle positionne l’herbicide sous la surface du sol, cette pratique réduit la contamination due au ruissellement. Quand vous incorporez l’herbicide, il est important que la surface soit égale afin d’obtenir une répartition uniforme. Lorsque la surface est inégale, on retrouve trop d’herbicide dans les dépressions et pas assez sur les billons comme le montre le diagramme (dessous). Lisez attentivement l’étiquette pour connaître le type d’enfouissement qui convient. Certains herbicides (Treflan et Edge) restent en place dans le sol. Bien que cette caractéristique soit bonne pour l’environnement, elle oblige à bien mélanger le sol afin de situer l’herbicide à la bonne profondeur. Un pesticide pulvérisé ne pénètre que jusqu’à la moitié seulement de la profondeur de travail du sol au premier passage.

Effectuez les traitements pré-semis avec incorporation sur des champs nivelés.

Figure 3. Effectuez les traitements pré-semis avec incorporation sur des champs nivelés.

Planification des cultures et tenue des registres

Il est important pour l’évaluation de vos pratiques de bien planifier vos cultures et de tenir des registres détaillés des résultats obtenus. Les registres permettent d’identifier les facteurs de réussite, mais surtout les facteurs d’échec. Il est bon de se reporter à des notes pour cerner un problème. La mémoire seule ne permet pas de rassembler suffisamment d’éléments d’information pour fournir les réponses recherchées.

Voici les données à conserver pour chaque champ:

  • Applications de pesticides, d’engrais et de fumier.
  • Variétés de semences.
  • Taux et dates d’application.
  • Conditions atmosphériques au moment des pulvérisations (température de l’air, vitesse du vent, humidité relative, etc.)
  • Conditions de sol au moment des opérations culturales.
  • Rendements et qualité des récoltes.

L’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario diffuse des registres à cet effet.

Figure 4. L’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario diffuse des registres à cet effet.

Évaluez le succès de votre gestion et comparez vos résultats à ceux des programmes de recherche. Il se peut que vous puissiez apporter des améliorations auxquelles vous n’avez pas pensé.

L'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de l'Ontario diffuse des registres à cet effet.

Disponible dans la version imprimée du fascicule intitulé Grandes cultures

Rotation des cultures et plantes couvre-sol

  • Principales cultures et leurs attributs
  • Avantages des plantes couvre-sol - Usage des plantes couvre-sol

Gestion des éléments nutritifs

  • Dynamique du sol et fertilité - Matière organique
  • Analyses de sol
  • Rendement économique maximal c. rendement environnemental maximal
  • Types d'engrais et modes d'application - graphique
  • Épandages - Comment et pourquoi - Épandage à la volée - Épandage en bandes

Lutte antiparasitaire

  • Moyens de réduire l'emploi de pesticides
  • Quelles sont les risques de pertes de pesticides?
  • Facteurs responsables des pertes de pesticides - graphique
  • Soyez vigilants dans l'emploi de pesticides
  • Risques de pertes associés à certains produits chimiques - graphique

Les pratiques de gestion optimales - Grandes cultures


 

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