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L’agriculture dans le bassin des Grands Lacs : Écogestion et innovation

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 18 novembre 2008
Dernière révision : 18 novembre 2008

Table des matières

  1. Dans le passé, les producteurs ontariens du bassin des grands lacs ont montré qu’ils savaient bien gérer l’environnement
  2. Innovation chez les producteurs dans le bassin des grands lacs
  3. Soutien apporté aux producteurs du bassin des grands lacs pour en faire de bons intendants et de bons innovateurs
  4. Quelques-uns des organismes partenaires (passé, actuels et futurs) du MAAARO dans le bassin des grands lacs
  5. Notes en fin de texte

L’importance de l’agriculture dans le bassin des grands lacs

Le bassin des Grands Lacs renferme 20 % des réserves d’eau douce de surface du monde et héberge environ 87 % de la population ontarienne (10,6 millions d’habitants), dont pratiquement tout le secteur agricole de la province1,2.

En Ontario, sur le tiers des terres du bassin des Grands Lacs, il existe une industrie agro-alimentaire prospère qui produit toute une gamme de denrées (céréales, oléagineux, viandes, produits laitiers, fruits, légumes, aliments et boissons) ainsi que des nutraceutiques et des bioproduits nouveaux. Ce secteur représente près de 25 % de l’ensemble de la production agricole canadienne, et la province compte presque 60 000 exploitations agricoles aux quelles 1,4 millions d’emplois sont associés.

Les agriculteurs ontariens réalisent des revenus annuels3,4,5 de l’ordre de 9,1 milliards de dollars. Dans la province, la transformation des aliments constitue le troisième secteur de la fabrication, après le transport et l’électronique. En Ontario, on estime qu’il existe au moins 3 500 entreprises de transformation des aliments qui génèrent près de 120 000 emplois et 32,5 milliards de dollars en ventes annuelles6.

Dans le passé, les producteurs ontariens du bassin des grands lacs ont montré qu’ils savaient bien gérer l’environnement

Depuis les années 1970, les agriculteurs réduisent les effets de leur activité sur le milieu naturel, comme en témoignent certaines grandes réussites en matière de gérance de

l’environnement à la ferme :

  • Travail du sol réduit et culture sans travail du sol – laisse de plus grandes quantités de résidus sur les terres; cette couverture supplémentaire constitue une protection contre l’érosion et le ruissellement, elle améliore la qualité du sol et y ajoute du carbone.

  • Structures de lutte contre l’érosion du sol (par ex. voies d’eau et canaux de dérivation gazonnés) - conjointement avec les systèmes de drainage souterrains, ces structures permettent de réduire l’érosion des terres agricoles causée par le ruissellement; bandes tampons et gestion des rives, et retrait des activités de culture et de pâturage des eaux de surface;

  • Rotation des cultures et cultures-abris – rotations comprenant des cultures fourragères qui protègent mieux le sol de l’érosion tout en améliorant la qualité des terres cultivées;

  • Épandage de fumier – amélioration de la qualité du sol par l’apport de matière organique et d’éléments nutritifs à libération lente issus du fumier solide;

  • Boisement des terres fragiles – mettre au repos les terres agricoles facilement érodables (par ex. sable d’origine éolienne et collines érodées) avec des plantations d’arbres; cette pratique contribue à rétablir la qualité du sol et à protéger sa surface ainsi que l’eau du sous-sol;

  • Emploi des pesticides – depuis 1984, réduction de l’utilisation de pesticides de 53 % en vertu du programme Production alimentaire 2002.

Depuis 1992, 34 500 agriculteurs ontariens ont participé aux ateliers de formation sur le Programme des plans agro-environnementaux (PAE).

Innovation chez les producteurs dans le bassin des grands lacs

Depuis 1992,

  • 34 500 agriculteurs ontariens ont participé aux ateliers de formation du Programme des plans agro-environnementaux (PAE);

  • Plus de 27 300 agriculteurs ont poursuivi le processus des PAE et ont produit un plan d’action à cet effet qui a été examiné et approuvé. Ces mêmes agriculteurs sont éligibles à l’aide financière sous forme de partage des coûts pour la mise en oeuvre de leurs plans.

Entre le 18 avril 2005 et le 31 mars 2008, les projets suivants ont été réalisés sous le Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) :

  • Projets volontaires d’amélioration environnementale à la ferme - par l’intermédiaire du Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) fédéral-provincial, un soutien financier partagé de 58,5 millions de dollars a été affecté à l’Ontario. L’aide financière du Cadre stratégique pour l’agriculture provient d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO). Cela a permis de réaliser plus de 13 700 projets de pratiques de gestion optimales (PGO)et de technologies connexes que les agriculteurs avaient identifiés dans leurs plans d’action du PAE d’un bout à l’autre de la province. Les exploitants agricoles de l’Ontario y ont consacré plus de 100 millions de dollars (sommes d’argent et ressources concrètes) pour mettre en oeuvre ces projets d’amélioration de l’environnement;

  • Voici les cinq principales catégories de projets de pratiques de gestion optimales mis sur pied par les agriculteurs grâce aux programmes de partage des coûts sous le Cadre stratégique pour l’agriculture fédéral-provincial :

    • Amélioration des systèmes de culture – 2 700 projets mettant en application l’agriculture de précision (amélioration de la précision de mise en place des éléments nutritifs et des pesticides, modification de l’équipement pour réduire les risques liés aux appareils pendant et après les semis, et pour réduire la perturbation lors de la mise en place des semences et des engrais);

    • Amélioration de la lutte contre les ravageurs – 1 300 projets relatifs à l’adoption de pratiques visant à améliorer l’efficacité des épandages de pesticides, à réduire le nombre d’épandages et à accroître l’efficacité de la lutte contre les ravageurs. Ces projets visaient également l’adoption de pratiques approuvées de lutte biologique et culturale menant à une réduction des quantités de pesticides employées et des risques de rejets dans l’environnement;

    • Amélioration de l’entreposage et de la manutention du fumier – 1 160 projets relatifs à l’expansion des capacités d’entreposage de fumier pour permettre un épandage en temps opportun selon les conditions météorologiques, l’état du sol et des cultures; amélioration des installations pour prévenir les fuites et les déversements, et protéger ainsi la qualité de l’eau;

    • Gestion des puits d’eau – 1 100 projets d’amélioration de puits existants et de désaffectation adéquate de puits anciens ou inutilisés pour prévenir la contamination des eaux souterraines;

    • Gestion des éléments nutritifs – 1000 projets impliquant la préparation de plans de gestion des éléments nutritifs et le développement d’outils de planification et d’aide à la prise de décision en vue d’une meilleure utilisation des éléments nutritifs et des fumiers dans les exploitations agricoles.

Soutien apporté aux producteurs du bassin des grands lacs pour en faire de bons intendants et de bons innovateurs

Comme les agriculteurs de la province, le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) appuie depuis longtemps les pratiques de gestion éco-agricoles. Pour ce faire, il forme souvent des partenariats avec des chercheurs, des organisations agricoles, des groupes de protection de l’environnement, d’autres ministères ou le gouvernement fédéral. Par exemple, dans le cadre du Programme d’aide financière en matière de gestion des éléments nutritifs (PAFGEN) de 23 millions de dollars, le MAAARO a appuyé les agriculteurs admissibles en vue de la mise en oeuvre des pratiques et technologies liées à la gestion des éléments nutritifs. De la même façon, le programme de 90 millions de dollars « Un avenir prometteur pour l’agriculture de l’Ontario » avait pour objet d’encourager le secteur agro-alimentaire en vue de :

  • améliorer l’innocuité et la qualité des produits alimentaires ontariens;
  • tirer profit des opportunités de marketing et d’exportation;
  • améliorer la qualité de l’eau des régions rurales et de faire un usage judicieux de cette eau.

Le MAAARO a investi 12 millions de dollars dans ce programme pour encourager les agriculteurs à mettre en oeuvre de meilleures pratiques de gestion visant à sauvegarder les réserves d’eau et leur qualité dans les régions rurales de l’Ontario. Voici d’autres exemples de programmes de protection de l’environnement auxquels le MAAARO a travaillé de concert avec divers partenaires depuis les 25 dernières années, notamment avec Agriculture et Agroalimentaire Canada :

  • Programme d’amélioration du milieu pédologique et aquatique (PAMPA);
  • Plan vert;
  • Programme national de conservation des sols;
  • Programme de gestion des terres.

En plus de l’appui qu’il apporte à la protection de l’environnement agricole ontarien par l’intermédiaire de programmes d’aide financière et de règlements, le MAAARO a aussi des programmes de recherche, d’éducation et de formation. Voici trois exemples récents de programmes de recherche : le Programme conjoint de recherche en gestion des éléments nutritifs (PCRGEN), le Programme de recherche sur les normes agro-environnementales et le Programme des Grands Lacs relevant de l’Accord Canada-Ontario concernant l’écosystème du bassin des Grands Lacs (ACO).

Les efforts d’éducation entrepris par le MAAARO comprennent la production de documents pédagogiques comme les ouvrages sur les Pratiques de gestion optimales et l’appui aux programmes d’éducation et de diffusion (par ex. le Programme des plans agro-environnementaux Canada-Ontario).

Voici la liste des récents programmes en matière d’environnement offerts sous le Cadre stratégique pour l’agriculture et qui demeureront en vigueur selon la continuité du volet Cultivons l’avenir pour l’année 2008-2009.

  • Programme de gérance agro-environnementale Canada-Ontario - Programme des plans agro-environnementaux (PAE) - Environ 16,6 millions de dollars iront à l’aide aux agriculteurs ontariens en matière de gérance de l’environnement, sous la forme de partage des coûts et d’appui aux ateliers de formation du PAE. Ces programmes sont offerts dans le cadre d’une entente signée entre Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO), au nom de la Coalition écologique agricole de l’Ontario. L’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario (OSCIA) administre ce programme au nom de la FAO.

  • Programme d’approvisionnement en eau Canada-Ontario (PAECO) - Environ 3 millions de dollars sont à la disposition des agriculteurs de l’Ontario pour les 3 catégories de réalisations visant à améliorer la capacité des producteurs à gérer les problèmes d’approvisionnement en eau. La catégorie 1, Projet d’infrastructures à la ferme, s’adresse aux producteurs sur une base individuelle qui désirent mettre en oeuvre des projets d’approvisionnement en eau selon la formule avec partage des coûts. Ces projets peuvent inclure un nouveau puits à usage agricole, un étang d’entreposage ou du matériel pour le traitement de l’eau à des fins agricoles. La catégorie 2 comprend les projets d’infrastructure à utilisateurs multiples, et l’aide financière accordée pourra atteindre 33 % des coûts admissibles. La catégorie 3 comprend les initiatives stratégiques d’amélioration des limites opérationnelles et de conception de l’approvisionnement en eau. Les projets de la catégorie 1 sont administrés par l’OSCIA et ceux des catégories 2 et 3 sont administrés par le Conseil de l’adaptation agricole (CAA).

  • Programme de couverture végétale du Canada (PCVC) – Environ un million de dollars en aide financière et technique ira au secteur agricole ontarien dans les domaines suivants :

    • Amélioration de la qualité de l’eau des cours d’eau, rivières et lacs;
    • Adoption de pratiques durables d’utilisation des terres;
    • Réduction des émissions de gaz à effet de serre;
    • Amélioration des habitats des poissons et de la faune.

Les projets de pratiques de gestion optimales qui font partie des 5 catégories suivantes pourront bénéficier d’une aide financière sous forme de partage des coûts de l’ordre de 50 % : gestion des rives, structures de prévention de l’érosion (des rives), plantation de brise-vent, services de consultation sur la planification de la gestion des pâturages et évaluation de l’état des rives. Dix sites de démonstration du PCVC ont reçu une aide financière en vertu du CSA pour promouvoir l’adoption de pratiques de gestion optimales. Le PCVC est administré par

l’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario dans le cadre d’une entente avec Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Projets mis sur pied avec d’autres organismes poursuivant les mêmes objectifs environnementaux :

  • Programme d’amélioration environnementale de la moraine d’Oak Ridges (ORMEEP) - La Oak Ridges Moraine Foundation a apporté une contribution complémentaire de 1,4 millions de dollars pour couvrir jusqu’à 9 des catégories de pratiques de gestion optimales prévues dans les trois programmes de partage des coûts du CSA. L’aide financière combinée du fédéral et de l’ORMEEP peut représenter jusqu’à 90 % des coûts admissibles des projets selon la formule de partage des coûts. Ce programme est administré par l’OSCIA - un programme d’action du PAE considéré comme adéquat est obligatoire.

  • Greenbelt Farm Stewardship Program (GFSP) - La Friends of the Greenbelt Foundation a apporté une contribution de 2,4 millions de dollars pour augmenter le financement offert aux producteurs vivant dans la Ceinture verte et ainsi couvrir 22 des 36 catégories de projets de pratiques de gestion optimales financées par le CSA, jusqu’à concurrence de 75 %. Ce programme a été très apprécié des agriculteurs de la Ceinture verte et a enregistré une participation maximale avec l’achèvement de ses 700 projets d’amélioration. Ce programme est administré par l’OSCIA. Un programme d’action du PAE considéré comme adéquat est obligatoire.

Les agriculteurs sont de véritables intendants de l’environnement, c’est une tradition dont ils sont fiers et qu’ils poursuivent encore aujourd’hui.

Quelques-uns des organismes partenaires (passé, actuels et futurs) du MAAARO dans le bassin des grands lacs

  • Agriculture et Agroalimentaire Canada
  • Coalition écologique agricole de l’Ontario
  • Ontario Cattlemen’s Association
  • Fédération de l’agriculture de l’Ontario
  • Université de Guelph
  • Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario
  • AgCare
  • CropLife Canada
  • Conservation Ontario

Notes en fin de texte

  1. Great Lakes Environmental Laboratory
  2. Canada-Ontario Agreement Respecting the Great Lakes Basin Ecosystem
  3. Agriculture in the Great Lakes Region
  4. Ministère du Développement économique et du Commerce de l’Ontario, novembre 2005,
  5. Statistique Canada, 2001a. Statistique Canada. 2001 Recensement de l’agriculture de 2001. Interrogation le 11 avril 2005.
  6. Overview of Ontario's Food Processing Industry

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