Fiche dinformation no 23
Forêts et faune sauvage
Table des matières
- Introduction
- Forêts et terres boisées
Introduction
La présente fiche d'information complète la fiche de travail
no 23 du Manuel du plan agro-environnemental (PAE). Elle décrit
les mesures envisageables pour corriger les situations qui, dans votre
exploitation, sont susceptibles de nuire à l'environnement. Dans
la plupart des cas, avant de mettre en oeuvre une mesure, vous aurez besoin
de renseignements plus détaillés : veuillez donc consulter
les documents de référence indiqués dans la fiche
et un conseiller technique du MAAARO spécialiste des plans agro-environnementaux
(PAE).
Toutes les options proposées sont soit des mesures correctives,
soit des facteurs compensatoires. Les mesures correctives permettent de
corriger les problèmes et d'améliorer la note PAE (la faire
passer à 3, voire à 4). Les facteurs compensatoires
sont des solutions de rechange qui permettent d'atténuer convenablement
le problème, mais non d'améliorer les notes PAE sur la fiche
de travail. La présente fiche d'information ne porte pas sur la
gestion des plantations ni sur le Programme d'encouragement fiscal pour
les forêts aménagées (PEFFA); ces sujets sont traités
dans d'autres publications.
À la demande de la Coalition écologique agricole de l'Ontario,
regroupant la Fédération de l'agriculture de l'Ontario,
la Christian Farmers Federation of Ontario, AGCare et l'Ontario Farm Animal
Council, les personnes suivantes ont participé à l'élaboration
de la fiche d'information no 23:
Ted Taylor, MAAARO (président)
Ed Reid, Ontario Federation of Anglers and Hunters
John Irwin, MRNO
Peter Doris, OCA
Jim Magee, OCA
Martin Neumann, GRCA (Office de protection de la nature de Grand River)
Comité de révision technique :
Brent Kennedy, MAAARO
Jim Myslik, MAAARO
Bob Stone, MAAARO
Ont participé à la révision (2004) de la fiche d'information
no 23 :
Peter Roberts/Elin Gwyn (coprésidents), MAAARO
Bill Rose, MRNO
Cathy Nielson, MRNO
Ed Reid, Ontario Federation of Anglers and Hunters
Peter Jeffery, Fédération de l'agriculture de l'Ontario
Todd Leuty, MAAARO
Dave Chapeskie, MAAARO
Dave Pridham
Janet Fraser, AgCARE
John Oatway, MRNO
Peter Jeffery, Fédération de l'agriculture de l'Ontario
Lyle Friesen, Environnement Canada - Service canadien de la faune
Comité de révision technique :
H.J. Smith, MAAARO
Jim Myslik, MAAARO
Bob Stone, MAAARO
MAAARO = ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des
Affaires rurales de l'Ontario
MRN = ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
MEO = ministère de l'Environnement
Forêts et terres boisées
Situation - problème : 23-1 Gestion
Les terres boisées remplissent plusieurs fonctions qui sont bénéfiques
pour l'environnement : production d'oxygène, transfert du
carbone dans le sol, maintien des nappes phréatiques et réduction
des ruissellements d'eau chargés de terre. La culture d'arbres
peut aussi faire partie intégrante de vos systèmes d'exploitation
agricole (agroforesterie) et vous permettre de produire des produits comme
le bois de placage, de charpente ou de chauffage, des piquets et des poteaux,
du sucre d'érable et ses produits et des fruits à coque.
L'implantation des bandes boisées fournissant protection et produits
du bois, etc., présente un intérêt certain pour la
ferme et au-delà de la ferme.
Les terres boisées, en particulier les marécages boisés,
peuvent constituer un des habitats les plus importants pour la faune au
sein des terres agricoles.
Les terres qui sont déboisées et converties en terres agricoles
exploitées intensivement sont fragilisées et peuvent se
dégrader à cause de leur exposition à l'érosion
hydrique et éolienne. Dans les zones sèches, la coupe des
arbres peut entraîner une perte de sol et l'abaissement de la nappe
phréatique; dans les zones humides, elle peut faire affleurer la
nappe phréatique.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
Élaborer et mettre en application un plan d'aménagement
forestier permettant tout à la fois d'avoir un revenu, de préserver
l'habitat faunique et de protéger l'environnement :
- faites le point sur les potentialités de toutes vos surfaces
boisées - parcelles boisées, plantations de résineux,
marécages boisés et parcelles mixtes (arbres et herbages)
- et misez sur les potentialités qui répondent à
vos besoins et à vos attentes
- déterminez les espèces (animales et végétales)
qui vous intéressent, ainsi que le but global de votre plan de
gestion des surfaces boisées (par exemple, production de bois
de charpente, sirop d'érable et/ou bois spéciaux); veillez
à protéger les espèces à risque, il est
interdit de les endommager ou de les tuer (Loi de 2002 sur les espèces
à risque)
- déterminez un marché pour les produits qui seront tirés
du boisé ou une façon de les utiliser à la ferme
- organisez la récolte des arbres conformément à
votre plan de gestion et à un contrat de vente de bois sur pied
de façon à en tirer le meilleur rendement économique
- engagez un technicien forestier agréé pour vous aider
à sélectionner et à marquer les arbres à
couper et faites appel à des entrepreneurs de confiance pour
abattre et débarder les arbres et en tirer le juste prix
- choisissez les essences d'arbres à exploiter en fonction des
objectifs de votre plan de gestion : abattez les arbres de valeur, les
arbres matures ou les arbres qui ont des défauts - ne coupez
pas plus de 30 % d'arbres.
Option no 2 - Mesure corrective
Réduire au minimum les dommages à l'environnement et aux
arbres des terres boisées :
- aménagez les chemins d'accès, les traverses des cours
d'eau, les chantiers de façonnage (parcs à bois) et les
pistes de débusquage ou de débardage de manière
à faire le moins de dégâts possibles (érosion
et compaction du sol); évitez de toucher aux terres humides et
aux bordures des lacs et des cours d'eau, suivez les courbes de niveau
si possible et remettez en état les secteurs qui ont été
endommagés par le débusquage et le débardage
- évitez les pentes raides (12 % de pente pour les chemins, 20
% pour les pistes de débusquage). Le franchissement des cours
d'eau doit se faire à angle droit pour réduire les dommages
aux rives et empêcher l'eau de ruissellement d'emprunter les pistes
de débusquage pour s'écouler dans les eaux de surface.
Maintenez des zones tampons couvertes de végétation naturelle
entre les secteurs déboisés et les eaux de surface et
les habitats fauniques importants
- pratiquez des méthodes de récolte responsables - limitez
le plus possible les dommages aux arbres qui sont conservés pour
reconstituer le peuplement. Installez les chantiers de façonnage
et autres aménagements nécessaires aux activités
de récolte, tels que les pistes, aussi loin que possible des
eaux de surface.
Option no 3 - Facteur compensatoire
Devenir membre d'une association de propriétaires de boisés
ou d'un organisme de certification forestière de votre région.
Approfondir les connaissances sur la valeur de votre boisé, suivre
des cours sur la gestion des boisés ou un cours sur le marquage
des arbres. Demander à la municipalité où se trouve la terre
boisée s'il existe un règlement municipal sur l'abattage
des arbres et en obtenir une copie. Les infractions à ce type de
règlement peuvent être sanctionnées par une ordonnance
de reboisement, des amendes, etc. Les professionnels du secteur des forêts
se doivent d'être au courant de l'existence des règlements
municipaux sur l'abattage des arbres.
Sources d'information :
- Wood: Take a Stand and Make it Better, MRNO
- Woodburners Manual: Manage the Woodlot for Profit, MRNO
- Introduction to Agroforestry, P.A. Williams, directeur de publication,
Université de Guelph
- A Silvicultural Guide to Managing Southern Ontario Forests, MRNO,
Peterborough 1 800 667-1940
- Programme d'encouragement fiscal pour les forêts aménagées,
s'adresser au ministère des Richesses naturelles ou à
l'Association forestière de l'Ontario (416-493-7565)
- La publication A Landowner's Guide to Selling Standing Timber est
disponible auprès des coordonnateurs de l'intendance environnementale
ou de l'Ontario Woodlot Association
- Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales :
Gestion de l'agroforesterie
et de l'habitat, commande no BMP 01F, pages 30-32; Gestion
de l'habitat du poisson et de la faune, commande no BMP
10F; Bandes tampons,
commande no BMP 15F, pages 126 - 129
Situation - problème : 23-2 Structure du peuplement boisé
Une forêt naturelle comportant plusieurs étages (strates)
d'arbres et de végétation, un tapis forestier et un sous-bois
composés d'espèces arbustives et herbacées, où l'on
trouve des arbres de plusieurs espèces qui sont de hauteur et d'âge
différents, fournit habituellement des possibilités d'habitats
à de nombreuses espèces d'animaux sauvages.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
- faites en sorte qu'au fil des années, vos méthodes
de production et de récolte du bois de chauffage, du bois de
charpente et/ou de sirop d'érable contribuent au développement
de plusieurs étages de végétation dans le boisé
et créent des possibilités d'habitat pour la faune
- travaillez avec des forestiers de métier pour choisir un mode
de gestion forestière, obtenir des recommandations sur le calendrier
et les méthodes des coupes d'éclaircie qui sont les mieux
adaptés aux caractéristiques de votre boisé
- avec l'aide de biologistes, élaborez un plan de gestion de
la faune qui fasse partie intégrante de votre plan de gestion
de la forêt.
Option no 2 - Mesure corrective
- consultez un forestier pour vous aider à évaluer le
sol et le site, à déterminer quelles espèces d'arbres
devraient de préférence être plantées, la
densité de plantation par hectare (p. ex. 2 400 plants à
l'ha), le rythme de croissance des arbres, le taux de survie et les
intervalles moyens entre les coupes d'éclaircie.
Situation - problème : 23-3 Calendrier des travaux forestiers
Tenez-vous en aux buts et objectifs de votre plan de gestion, limitez
le plus possible les dommages au milieu naturel, favorisez la diversité
des espèces et préservez les habitats fauniques importants.
Les dommages au milieu naturel hypothèquent la valeur économique
future du boisé et les arbres blessés se développent
moins vite.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
Protéger l'investissement dans la terre boisée - négocier
un contrat de vente de bois sur pied avec un entrepreneur d'abattage et
de débardage et stipuler dans les contrat les conditions dans lesquelles
doit se faire la récolte et le prix de vente du bois.
Option no 2 - Mesure corrective
- réfléchissez aux conditions à intégrer
dans le contrat de vente de bois : éviter les pentes raides (12 %
pour les chemin, 20 % pour les pistes de débusquage) durant
les récoltes
- franchissez les cours d'eau à angle droit pour limiter la
dégradation des rives et empêcher l'eau de ruissellement
d'être canalisée par les pistes de débusquage pour
s'écouler dans les cours d'eau
- entretenez des zones tampons de végétation naturelle
entre les secteurs déboisés et les eaux de surface et
les habitats fauniques importants.
Option no 3 - Mesure corrective
- en collaboration étroite avec l'entrepreneur d'abattage, veillez
à ce que les travaux de récolte causent le moins de dommages
possibles aux arbres restants, au sous-étage de végétation,
au sol, aux chances de régénération des arbres
et aux espèces fauniques
- refusez que l'abattage commence ou continue au moment où la végétation
redémarre au printemps, pendant une période de dégel
anormale ou quand les travaux causent des dommages, même si l'entrepreneur
insiste.
Option no 4 - Mesure corrective
Viser un taux de dommages aux arbres restants de 0 %. Dans le contrat
de vente de bois sur pied, inclure une clause d'indemnisation par l'entrepreneur
pour les arbres très endommagés. Utiliser le modèle
de contrat proposé dans le Landowners Guide to Selling Standing
Timber (guide du propriétaire sur la vente de bois sur pied)
Option no 5 - Mesure corrective
Inspecter le boisé durant et après la récolte pour
constater les dommages aux arbres restants. Rencontrer l'entrepreneur
d'abattage régulièrement, et dès le début
des travaux. Selon la recommandation générale, il faut qu'à
la fin de la récolte 90 % des arbres restants qui sont de qualité
acceptable pour reconstituer le boisé ne présentent aucun
dommage important et qu'au plus 10- 15 % du terrain ait été
perturbé par les travaux (p. ex. construction des pistes).
Sources d'information :
- Bulletins de diffusion publiés par le MNRO à l'intention
des propriétaires de boisés : La vente de bois sur pied;
Vos boisés sont-ils en santé?; Promouvoir la santé
des forêts avec le marquage des arbres.
- Livret et/ou brochure publiée par l'Ontario Woodlot Association
et/ou publication du MRNO - A Landowner's Guide to Selling Standing
Timber
Situation - problème : 23-4 Santé du boisé
Un boisé où l'on trouve des strates multiples de végétation,
un tapis forestier et un sous-bois composés d'espèces arbustives
et herbacées et toutes sortes d'arbres de hauteurs et d'âges
différents est généralement un boisé qui est
en bonne santé et qui peut résister aux intempéries
et aux maladies.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
- favoriser la bonne santé du boisé en appliquant des
méthodes de gestion axées sur la diversité des
essences et des classes d'âge
- inspectez le boisé pour déceler les effets des insectes,
des maladies, des espèces envahissantes et des conditions météorologiques
(sécheresses, tempêtes de verglas), des feux de forêt
et des activités humaines (activités récréatives
non autorisées).
Option no 2 - Mesure corrective
Inspecter le boisé après chaque récolte pour constater
les dommages causés aux arbres restants. Les blessures favorisent
la pénétration des agents pathogènes et peuvent augmenter
les risques de pourritures et de caries des arbres de plus de 50 %
dans les vingt années qui suivent la récolte.
Option no 3 - Facteur compensatoire
Réduire de beaucoup les dommages aux racines et aux troncs des
arbres ainsi que la compaction du sol en confiant l'abattage à
un bûcheron qui travaille avec des chevaux ou des petites machines
plutôt que des gros matériels.
Sources d'information :
- Consultez l'Ontario Woodlot Association ou le bureau du MRNO de votre
région pour avoir les coordonnées des entrepreneurs qui
utilisent le matériel convenant à l'exploitation des boisés
du sud de l'Ontario.
Situation - problème : 23-5 Accès des animaux de la ferme
au boisé
Les boisés livrés à un pâturage intensif pendant
10-20 ans subissent des dommages irréversibles. Le broutage des
animaux détruit les plantules d'arbres, le sous-bois, le tapis
forestier et les habitats de la faune. Les animaux endommagent les racines
des arbres par leur piétinement, les troncs des arbres par leur
frottement répétitif, le feuillage des arbres par le broutage;
ils font disparaître le sous-étage de végétation
qui est appelé à devenir la future forêt et le futur
habitat faunique.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
Empêcher les animaux de rentrer sur les terres boisées et
éliminer les parcs ou enclos (zones de confinement extérieures)
existants, ou laisser les animaux accéder à des zones restreintes
du boisé (moins de 10 % de la superficie) qui ne sont pas
fragiles (p. ex. éviter les zones marécageuses) :
- plantez des arbres d'ombrage dans les pâtures et entourez-les
d'une clôture de protection contre le bétail
- clôturez les boisés ou envisagez des solutions alternatives
- approvisionnez le bétail en eau, en pierres à lécher
et en aliments à une bonne distance du boisé.
Option no 2 - Mesure corrective
Établir un plan de gestion du pâturage prévoyant
:
- l'implantation d'une pâture permanente ou de longue durée
à l'écart des boisés de valeur
- l'approvisionnement en eau, en pierres à lécher et
en aliments à l'écart des boisés et autres zones
sensibles.
Option no 3 - Mesure corrective
Laisser les animaux accéder au boisé pendant l'hiver (si
l'élevage est de faible densité, par exemple, des vaches
de boucherie et leurs veaux), lorsqu'il n'y a pas d'autre abri disponible :
- permettez l'accès au boisé seulement après que
le sol a gelé
- sortez les animaux du boisé avant que le sol ne dégèle.
Option no 4 - Facteur compensatoire
Aménager des zones-abris spéciales pour les animaux de
ferme :
- convertissez en boisé une parcelle agricole marginale en y
plantant des résineux et/ou des feuillus
- plantez autour des terres pâturées des bandes boisées
où les animaux pourront s'abriter
- attendez que les arbres soient bien établis dans ces zones-abris
(qu'ils mesurent 5 pieds ou plus) pour laisser les animaux y accéder
- sachez que vous sacrifiez la valeur des arbres à maturité
pour fournir un abri aux animaux.
Sources d'information :
Situation - problème : 23-6 Aménagement du boisé
axé sur l'habitat faunique
La forêt est indispensable à la vie d'un grand nombre d'espèces
fauniques. En apprenant quels sont leurs besoins en matière d'habitat,
vous pourrez choisir les travaux de gestion de la forêt qui protègent
leurs habitats sans compromettre la perspective de tirer un revenu des
produits de la forêt.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
- veillez à intégrer à votre plan d'aménagement
forestier un plan de gestion de la faune qui reconnaisse l'importance
des caractéristiques clés des habitats fauniques, tels
que les étangs naturels, les terres humides, les arbres et les
branches tombés (chablis), les arbres à cavités
et les arbres produisant des faines, les zones bordant les cours d'eau,
les sources
- tracez des sentiers de promenade permettant de profiter pleinement
de l'intérêt récréatif de votre propriété
(y compris le plaisir d'observer la faune)
- ne détruisez pas par mégarde les habitats et les espèces
(végétales et animales) qui sont protégés
par les lois fédérales et provinciales (Loi sur les espèces
à risque (administrée par le gouvernement fédéral
- Loi sur les espèces en voie de disparition (administrée
par le gouvernement provincial).
Option no 2 - Mesure corrective
- atténuez les dommages causés par les espèces
nuisibles dans les zones agricoles en autorisant des activités
de chasse contrôlées sur vos terres
- planifiez soigneusement vos pratiques culturales, surtout dans les
terres qui longent le boisé - encouragez vos voisins à
faire de même.
Sources d'information :
- Consultez un biologiste pour savoir comment intégrer à
votre plan d'aménagement forestier un cadre général
de protection de l'habitat faunique.
- Consultez la publication : Quand l'habitat est-il suffisant?
Cadre d'orientation pour la revalorisation de l'habitat dans les secteurs
préoccupants des Grands Lacs, 2e édition, Environnement
Canada, 2004.
- Consultez la publication Birds on the Farm: A Stewardship Guide, de
la Federation of Ontario Naturalists;
téléphone : 1 800 440-2366
Situation - problème : 23-7 Habitat faunique à l'intérieur
des corridors constitués par les vaines clôtures, les bandes
boisées et les brise-vent
Les animaux sauvages ont besoin de trouver des corridors qui sont protégés
par une végétation permanente pour passer d'une aire naturelle
à une autre, par exemple d'un boisé à une terre humide.
Les ravins boisés, les bandes boisées, les vaines clôtures
arborées, les brise-vent, les bandes tampons et les chemins de
ferme bordés d'arbres sont autant de lieux utilisés par
la faune dans ses déplacements.
Quand il n'y a pas de corridors entre les aires naturelles, les animaux
sauvages restent confinés dans de petites aires ou sont contraints
de s'aventurer - en terrain découvert - pour atteindre l'aire naturelle
la plus proche. Les espèces fauniques qui sont emprisonnés
dans des petites aires naturelles (p. ex. les oiseaux chanteurs) courent
plusieurs risques : épuisement de leurs besoins en habitats,
surpopulation et maladies, vulnérabilité face à leurs
prédateurs, appauvrissement de leur patrimoine génétique.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
Planifier, planter et entretenir un réseau de brise-vent, de bandes
tampons, etc., de manière à fournir à la faune des
corridors (un large éventail d'habitats avec de la diversité):
- maintenez les corridors existants ou, lorsque c'est possible, reliez
entre elles les aires naturelles telles que les vaines clôtures,
les bandes boisées ou les zones tampons bordant les boisés
- tenez compte des besoins de la faune quand vous planifiez l'implantation
et l'aménagement de nouveaux brise-vent et de nouvelles bandes
tampons
- installez dans ces zones des arbres et des arbustes à croissance
rapide
- favorisez la croissance rapide des arbres et des arbustes en luttant
contre les mauvaises herbes - arrosez au besoin
- laissez pousser les autres arbustes et plantes de sous-bois qui ne
sont pas nuisibles seulement lorsque les arbres et arbustes plantés
ne peuvent plus être gênés dans leur croissance ((>6
pieds ou 2 m de haut)
- placez des tas de pierres et de débris de bois dans les corridors
pour créer des refuges supplémentaires pour la faune,
laissez les arbres morts restés debout (chicots) comme perchoirs
pour les oiseaux de proie ou installez des plates-formes de nidification
pour les attirer.
- veillez à ce que les corridors ne contiennent pas d'espèces
envahissantes comme le nerprun, l'érable de Norvège et
l'herbe à l'ail (alliaire officinale)
- rappelez-vous que les corridors doivent si possible contenir la même
végétation que les zones qu'ils relient.
Sources d'information :
Situation - problème : 23-8 La faune dans les bandes tampons
Les bandes tampons qui sont entre les champs et les eaux de surface interceptent
et absorbent les sédiments et autres matières s'écoulant
en provenance des champs cultivés; elles aident à prévenir
l'érosion, à améliorer la capacité de rétention
d'eau du sol et à réduire les impacts des inondations et
des sécheresses. Elles peuvent aussi améliorer l'éventail
de l'habitat faunique.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
- installez des bandes tampons le long des terres humides et des champs
cultivés, et plantez-y des espèces ligneuses et des plantes
herbacées
- veillez à ce que les bandes tampons soient protégées
durant les travaux qui ont lieu dans les champs adjacents à une
eau de surface, par exemple, pendant l'épandage de fertilisants
ou de pesticides.
Situation - problème : 23-9 Les animaux nuisibles (posant problème)
et leurs dommages
Les animaux nuisibles causent des préjudices aux cultures, aux
animaux de la ferme, aux biens, et aux personnes. Ils peuvent causer des
pertes directes en diminuant les rendements des cultures, mais aussi des
pertes indirectes en propageant des maladies (p. ex. la rage) et en détruisant
l'habitat (p. ex. les castors, les porcs-épics) ou en dégradant
les bâtiments de ferme. Quand leurs besoins en habitat ne sont pas
satisfaits, certaines espèces fauniques peuvent s'en prendre aux
cultures, aux animaux de ferme ou aux bâtiments agricoles pour les
combler.
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
Veiller à ne pas détruire les habitats et les espèces
(végétales et animales) qui sont protégés
par les lois fédérales et provinciales (Loi fédérale
sur les espèces à risque - Loi provinciale sur les espèces
en voie de disparition). S'assurer d'obtenir les permis réglementaires
pour éloigner ou tuer les espèces sauvages nuisibles.
Option no 2 - Mesure corrective
Identifier les espèces susceptibles de poser problème,
évaluer les dommages aux cultures/animaux de ferme et essayer des
mesures de prévention appropriées :
- faites en sorte qu'il y ait des prédateurs sur la ferme pour
aider à limiter la présence et les incursions des espèces
nuisibles
- identifiez les espèces qui occasionnent des dommages - à
partir des observations de leur présence, de leurs traces ou
pistes, de leurs excréments
- si le problème ne se pose pas souvent et n'entraîne
pas de perte notable, tolérez-le
- essayez de prévenir le problème - clôturez le
champ, utilisez des irritants (p. ex. aérosols répulsifs,
lumière, sons), déménagez votre troupeau ou bouchez
les trous dans les bâtiments
- contre les espèces sauvages, appliquez un programme exhaustif
de gestion qui élimine leurs sources d'aliments et qui modifie
leurs habitats (enlevez les branches ou les arbres, etc.) et/ou utilisez
des répulsifs pour les éloigner.
Option no 3 - Mesure corrective
Si les mesures ci-dessus ne donnent rien, utiliser des méthodes
de lutte comme les pièges non mortels, les cultures de diversion,
la chasse, les pièges à appât empoisonné ou
mortels, conformément à la Loi sur la chasse et la pêche
de l'Ontario :
- identifiez les espèces qui occasionnent des dommages - à
partir des observations de leur présence, de leurs traces ou
de leurs pistes, de leurs excréments
- examinez le problème à l'échelle de la concession
- en luttant contre une espèce nuisible dans votre ferme, vous
pouvez l'inciter à aller un peu plus loin pour faire ses dégâts
- si les méthodes employées pour éliminer les animaux
nuisibles tuent des animaux non visés, d'autres problèmes
peuvent se poser
- obtenez les permis pour abattre les animaux nuisibles et/ou engagez
des chasseurs/trappeurs agréés pour vous débarrasser
des espèces qui posent problème
- si des coyotes tuent des agneaux et qu'on tue tous les coyotes, on
risque de voir pulluler les rongeurs (les marmottes dans les sojas).
Ceci peut être plus grave quand les prédateurs sont en
fait de gros « coyo-chiens » - et les agneaux
sont toujours en danger. Souvent de nouveaux coyotes ne tardent pas
à prendre possession d'un territoire laissé vacant par
les coyotes qui ont été éliminés (tués).
Sources d'information :
- Pour ce qui concerne les espèces sauvages ou pouvant poser
problème sur la ferme, consultez les fiches techniques de l'Association
pour l'amélioration des sols et des cultures de l'Ontario :
Probing Problem Wildlife, 2004, et Wildlife Wise; communiquez avec le
Service canadien de la faune (SCF) pour en savoir plus sur les permis
d'effarouchement/abattage en appelant au 905 336-4464.
- Probing Problem Wildlife: An Update on the Wildlife Action Project,
Association pour l'amélioration des sols et des cultures de l'Ontario,
Conseil d'adaptation agricole, Coalition écologique agricole
de l'Ontario, Ontario Agricultural Commodity Council, avril 2004
- Options for Controlling Beaver on Private Land, bulletin de diffusion
du MRNO
- Fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales :
Gestion de l'habitat du poisson
et de la faune, commande no BMP 10F
Près des bâtiments de ferme
Situation - problème : 23-10 Bandes boisées et végétation
autour des bâtiments de ferme
Les fermes qui n'ont pas été embellies par la plantation
d'arbres et d'arbustes non seulement offrent de médiocres possibilités
d'habitats, mais présentent aussi des inconvénients, notamment :
- des frais d'énergie plus élevés, p. ex. à
cause du refroidissement éolien en hiver, de l'absence d'ombrage
en été
- des frais élevés de déneigement, à cause
des congères que le vent accumule à des endroits où il
faut déblayer la neige
- l'abaissement de la valeur de la ferme sur le marché immobilier.
Option no 1 - Mesure corrective
Planifier et créer un aménagement paysager autour des bâtiments
de la ferme (en utilisant des espèces indigènes autant que
possible) de manière à réduire la facture énergétique,
à empêcher l'accumulation de neige et à fournir un
habitat à de nombreuses espèces :
- planifiez les plantations de manière à ombrager les
côtés sud et ouest des bâtiments
- planifiez les plantations de manière à protéger
les bâtiments contre les vents dominants
- accroître la couverture du sol en plantant des végétaux
persistants
- plantez en premier les brise-vent et les bandes boisées, en
deuxième les arbres d'ombrage et les arbustes; pour finir, plantez
les plantes couvre-sol et les autres petites plantes vivaces
- veillez à ce que les plantes de jardin et les espèces
non indigènes, comme l'érable de Norvège et l'herbe
à l'ail, n'aillent pas s'implanter dans les vaines clôtures
et les boisés
- installez des boîtes de nidification, des mangeoires et des
bains pour les oiseaux
- aménagez un étang près du corps de ferme si
c'est faisable
- empêchez les chiens et les chats de la maison d'attraper les
oiseaux chanteurs et les petits mammifères
- empêchez les animaux potentiellement nuisibles de se faufiler
dans les bâtiments de ferme - réparez et bouchez les fissures
et les petites ouvertures avec un matériau de calfeutrage, du
grillage, des enduits pâteux
- veillez à ne pas laisser traîner des matières
ou des détritus pouvant être une source de nourriture attirante
pour les animaux nuisibles.
Sources d'information :
Situation - problème : 23-11 Ressources mises à disposition
de la faune
Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesure corrective
Si l'on veut jouir de la présence de certaines espèces
fauniques, le corps de ferme et ses diverses structures fournissent d'excellentes
possibilités. Voici quelques suggestions d'aménagement qui
contribueront à attirer la faune vers la maison, la pelouse et
les jardins, les granges, les remises à machines et les chemins
:
- pour attirer les oiseaux en quête de nourriture, choisissez
des arbustes indigènes comme le cornouiller stolonifère,
le sureau, la viorne trilobée, l'alisier, l'amélanchier
à feuilles d'aulne, le cerisier de Virginie ou le cerisier rouge
de Pennsylvanie, etc., comme plantes d'ornement au pied des murs de
la maison
- plantez des espèces à feuillage persistant (résineux)
ainsi que des arbres à bois dur (chênes, érables
à sucre) comme arbres d'ornement, ainsi que des arbustes, pour
offrir à la faune une protection contre le vent et une source
de nourriture
- empêchez les chats domestiques qui se promènent en liberté
de s'approcher des mangeoires et des nichoirs des oiseaux - on sait
qu'ils tuent environ 12-14 oiseaux par an
- placez des boîtes de nidification à l'intention des
oiseaux qui nichent dans des cavités, comme les merles bleus,
les hirondelles et les chouettes, grands consommateurs d'insectes et
de souris
- encouragez les animaux sauvages et les oiseaux à fréquenter
la ferme en pratiquant la lutte antiparasitaire intégrée
(LI) non seulement dans les champs, mais dans les pelouses, le jardin
d'agrément et le jardin potager.
Sources d'information :