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Fiche d’information no 23 – Forêts et faune sauvage

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 novembre 1998
Dernière révision : 10 février 2006

Table des matières

 

Introduction

La présente fiche d'information complète la fiche de travail no 23 du Manuel du plan agro-environnemental (PAE). Elle décrit les mesures envisageables pour corriger les situations qui, dans votre exploitation, sont susceptibles de nuire à l'environnement. Dans la plupart des cas, avant de mettre en oeuvre une mesure, vous aurez besoin de renseignements plus détaillés : veuillez donc consulter les documents de référence indiqués dans la fiche et un conseiller technique du MAAARO spécialiste des plans agro-environnementaux (PAE).

Toutes les options proposées sont soit des mesures correctives, soit des facteurs compensatoires. Les mesures correctives permettent de corriger les problèmes et d'améliorer la note PAE (la faire passer à 3, voire à 4). Les facteurs compensatoires sont des solutions de rechange qui permettent d'atténuer convenablement le problème, mais non d'améliorer les notes PAE sur la fiche de travail. La présente fiche d'information ne porte pas sur la gestion des plantations ni sur le Programme d'encouragement fiscal pour les forêts aménagées (PEFFA); ces sujets sont traités dans d'autres publications.

À la demande de la Coalition écologique agricole de l'Ontario, regroupant la Fédération de l'agriculture de l'Ontario, la Christian Farmers Federation of Ontario, AGCare et l'Ontario Farm Animal Council, les personnes suivantes ont participé à l'élaboration de la fiche d'information no 23:

Ted Taylor, MAAARO (président)
Ed Reid, Ontario Federation of Anglers and Hunters
John Irwin, MRNO
Peter Doris, OCA
Jim Magee, OCA
Martin Neumann, GRCA (Office de protection de la nature de Grand River)

Comité de révision technique :
Brent Kennedy, MAAARO
Jim Myslik, MAAARO
Bob Stone, MAAARO

Ont participé à la révision (2004) de la fiche d'information no 23 :
Peter Roberts/Elin Gwyn (coprésidents), MAAARO
Bill Rose, MRNO
Cathy Nielson, MRNO
Ed Reid, Ontario Federation of Anglers and Hunters
Peter Jeffery, Fédération de l'agriculture de l'Ontario
Todd Leuty, MAAARO
Dave Chapeskie, MAAARO
Dave Pridham
Janet Fraser, AgCARE
John Oatway, MRNO
Peter Jeffery, Fédération de l'agriculture de l'Ontario
Lyle Friesen, Environnement Canada - Service canadien de la faune

Comité de révision technique :
H.J. Smith, MAAARO
Jim Myslik, MAAARO
Bob Stone, MAAARO

MAAARO = ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario
MRN = ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
MEO = ministère de l'Environnement

 

Forêts et terres boisées

Situation - problème : 23-1 Gestion

Les terres boisées remplissent plusieurs fonctions qui sont bénéfiques pour l'environnement : production d'oxygène, transfert du carbone dans le sol, maintien des nappes phréatiques et réduction des ruissellements d'eau chargés de terre. La culture d'arbres peut aussi faire partie intégrante de vos systèmes d'exploitation agricole (agroforesterie) et vous permettre de produire des produits comme le bois de placage, de charpente ou de chauffage, des piquets et des poteaux, du sucre d'érable et ses produits et des fruits à coque. L'implantation des bandes boisées fournissant protection et produits du bois, etc., présente un intérêt certain pour la ferme et au-delà de la ferme.

Les terres boisées, en particulier les marécages boisés, peuvent constituer un des habitats les plus importants pour la faune au sein des terres agricoles.

Les terres qui sont déboisées et converties en terres agricoles exploitées intensivement sont fragilisées et peuvent se dégrader à cause de leur exposition à l'érosion hydrique et éolienne. Dans les zones sèches, la coupe des arbres peut entraîner une perte de sol et l'abaissement de la nappe phréatique; dans les zones humides, elle peut faire affleurer la nappe phréatique.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Élaborer et mettre en application un plan d'aménagement forestier permettant tout à la fois d'avoir un revenu, de préserver l'habitat faunique et de protéger l'environnement :

  • faites le point sur les potentialités de toutes vos surfaces boisées - parcelles boisées, plantations de résineux, marécages boisés et parcelles mixtes (arbres et herbages) - et misez sur les potentialités qui répondent à vos besoins et à vos attentes
  • déterminez les espèces (animales et végétales) qui vous intéressent, ainsi que le but global de votre plan de gestion des surfaces boisées (par exemple, production de bois de charpente, sirop d'érable et/ou bois spéciaux); veillez à protéger les espèces à risque, il est interdit de les endommager ou de les tuer (Loi de 2002 sur les espèces à risque)
  • déterminez un marché pour les produits qui seront tirés du boisé ou une façon de les utiliser à la ferme
  • organisez la récolte des arbres conformément à votre plan de gestion et à un contrat de vente de bois sur pied de façon à en tirer le meilleur rendement économique - engagez un technicien forestier agréé pour vous aider à sélectionner et à marquer les arbres à couper et faites appel à des entrepreneurs de confiance pour abattre et débarder les arbres et en tirer le juste prix
  • choisissez les essences d'arbres à exploiter en fonction des objectifs de votre plan de gestion : abattez les arbres de valeur, les arbres matures ou les arbres qui ont des défauts - ne coupez pas plus de 30 % d'arbres.

Option no 2 - Mesure corrective

Réduire au minimum les dommages à l'environnement et aux arbres des terres boisées :

  • aménagez les chemins d'accès, les traverses des cours d'eau, les chantiers de façonnage (parcs à bois) et les pistes de débusquage ou de débardage de manière à faire le moins de dégâts possibles (érosion et compaction du sol); évitez de toucher aux terres humides et aux bordures des lacs et des cours d'eau, suivez les courbes de niveau si possible et remettez en état les secteurs qui ont été endommagés par le débusquage et le débardage
  • évitez les pentes raides (12 % de pente pour les chemins, 20 % pour les pistes de débusquage). Le franchissement des cours d'eau doit se faire à angle droit pour réduire les dommages aux rives et empêcher l'eau de ruissellement d'emprunter les pistes de débusquage pour s'écouler dans les eaux de surface. Maintenez des zones tampons couvertes de végétation naturelle entre les secteurs déboisés et les eaux de surface et les habitats fauniques importants
  • pratiquez des méthodes de récolte responsables - limitez le plus possible les dommages aux arbres qui sont conservés pour reconstituer le peuplement. Installez les chantiers de façonnage et autres aménagements nécessaires aux activités de récolte, tels que les pistes, aussi loin que possible des eaux de surface.

Option no 3 - Facteur compensatoire

Devenir membre d'une association de propriétaires de boisés ou d'un organisme de certification forestière de votre région. Approfondir les connaissances sur la valeur de votre boisé, suivre des cours sur la gestion des boisés ou un cours sur le marquage des arbres. Demander à la municipalité où se trouve la terre boisée s'il existe un règlement municipal sur l'abattage des arbres et en obtenir une copie. Les infractions à ce type de règlement peuvent être sanctionnées par une ordonnance de reboisement, des amendes, etc. Les professionnels du secteur des forêts se doivent d'être au courant de l'existence des règlements municipaux sur l'abattage des arbres.

Sources d'information :

  • Wood: Take a Stand and Make it Better, MRNO
  • Woodburners Manual: Manage the Woodlot for Profit, MRNO
  • Introduction to Agroforestry, P.A. Williams, directeur de publication, Université de Guelph
  • A Silvicultural Guide to Managing Southern Ontario Forests, MRNO, Peterborough 1 800 667-1940
  • Programme d'encouragement fiscal pour les forêts aménagées, s'adresser au ministère des Richesses naturelles ou à l'Association forestière de l'Ontario (416-493-7565)
  • La publication A Landowner's Guide to Selling Standing Timber est disponible auprès des coordonnateurs de l'intendance environnementale ou de l'Ontario Woodlot Association
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion de l'agroforesterie et de l'habitat, commande no BMP 01F, pages 30-32; Gestion de l'habitat du poisson et de la faune, commande no BMP 10F; Bandes tampons, commande no BMP 15F, pages 126 - 129

 

Situation - problème : 23-2 Structure du peuplement boisé

Une forêt naturelle comportant plusieurs étages (strates) d'arbres et de végétation, un tapis forestier et un sous-bois composés d'espèces arbustives et herbacées, où l'on trouve des arbres de plusieurs espèces qui sont de hauteur et d'âge différents, fournit habituellement des possibilités d'habitats à de nombreuses espèces d'animaux sauvages.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

  • faites en sorte qu'au fil des années, vos méthodes de production et de récolte du bois de chauffage, du bois de charpente et/ou de sirop d'érable contribuent au développement de plusieurs étages de végétation dans le boisé et créent des possibilités d'habitat pour la faune
  • travaillez avec des forestiers de métier pour choisir un mode de gestion forestière, obtenir des recommandations sur le calendrier et les méthodes des coupes d'éclaircie qui sont les mieux adaptés aux caractéristiques de votre boisé
  • avec l'aide de biologistes, élaborez un plan de gestion de la faune qui fasse partie intégrante de votre plan de gestion de la forêt.

Option no 2 - Mesure corrective

  • consultez un forestier pour vous aider à évaluer le sol et le site, à déterminer quelles espèces d'arbres devraient de préférence être plantées, la densité de plantation par hectare (p. ex. 2 400 plants à l'ha), le rythme de croissance des arbres, le taux de survie et les intervalles moyens entre les coupes d'éclaircie.

 

Situation - problème : 23-3 Calendrier des travaux forestiers

Tenez-vous en aux buts et objectifs de votre plan de gestion, limitez le plus possible les dommages au milieu naturel, favorisez la diversité des espèces et préservez les habitats fauniques importants. Les dommages au milieu naturel hypothèquent la valeur économique future du boisé et les arbres blessés se développent moins vite.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Protéger l'investissement dans la terre boisée - négocier un contrat de vente de bois sur pied avec un entrepreneur d'abattage et de débardage et stipuler dans les contrat les conditions dans lesquelles doit se faire la récolte et le prix de vente du bois.

Option no 2 - Mesure corrective

  • réfléchissez aux conditions à intégrer dans le contrat de vente de bois : éviter les pentes raides (12 % pour les chemin, 20 % pour les pistes de débusquage) durant les récoltes
  • franchissez les cours d'eau à angle droit pour limiter la dégradation des rives et empêcher l'eau de ruissellement d'être canalisée par les pistes de débusquage pour s'écouler dans les cours d'eau
  • entretenez des zones tampons de végétation naturelle entre les secteurs déboisés et les eaux de surface et les habitats fauniques importants.

Option no 3 - Mesure corrective

  • en collaboration étroite avec l'entrepreneur d'abattage, veillez à ce que les travaux de récolte causent le moins de dommages possibles aux arbres restants, au sous-étage de végétation, au sol, aux chances de régénération des arbres et aux espèces fauniques
  • refusez que l'abattage commence ou continue au moment où la végétation redémarre au printemps, pendant une période de dégel anormale ou quand les travaux causent des dommages, même si l'entrepreneur insiste.

Option no 4 - Mesure corrective

Viser un taux de dommages aux arbres restants de 0 %. Dans le contrat de vente de bois sur pied, inclure une clause d'indemnisation par l'entrepreneur pour les arbres très endommagés. Utiliser le modèle de contrat proposé dans le Landowners Guide to Selling Standing Timber (guide du propriétaire sur la vente de bois sur pied)

Option no 5 - Mesure corrective

Inspecter le boisé durant et après la récolte pour constater les dommages aux arbres restants. Rencontrer l'entrepreneur d'abattage régulièrement, et dès le début des travaux. Selon la recommandation générale, il faut qu'à la fin de la récolte 90 % des arbres restants qui sont de qualité acceptable pour reconstituer le boisé ne présentent aucun dommage important et qu'au plus 10- 15 % du terrain ait été perturbé par les travaux (p. ex. construction des pistes).

Sources d'information :

  • Bulletins de diffusion publiés par le MNRO à l'intention des propriétaires de boisés : La vente de bois sur pied; Vos boisés sont-ils en santé?; Promouvoir la santé des forêts avec le marquage des arbres.
  • Livret et/ou brochure publiée par l'Ontario Woodlot Association et/ou publication du MRNO - A Landowner's Guide to Selling Standing Timber

 

Situation - problème : 23-4 Santé du boisé

Un boisé où l'on trouve des strates multiples de végétation, un tapis forestier et un sous-bois composés d'espèces arbustives et herbacées et toutes sortes d'arbres de hauteurs et d'âges différents est généralement un boisé qui est en bonne santé et qui peut résister aux intempéries et aux maladies.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

  • favoriser la bonne santé du boisé en appliquant des méthodes de gestion axées sur la diversité des essences et des classes d'âge
  • inspectez le boisé pour déceler les effets des insectes, des maladies, des espèces envahissantes et des conditions météorologiques (sécheresses, tempêtes de verglas), des feux de forêt et des activités humaines (activités récréatives non autorisées).

Option no 2 - Mesure corrective

Inspecter le boisé après chaque récolte pour constater les dommages causés aux arbres restants. Les blessures favorisent la pénétration des agents pathogènes et peuvent augmenter les risques de pourritures et de caries des arbres de plus de 50 % dans les vingt années qui suivent la récolte.

Option no 3 - Facteur compensatoire

Réduire de beaucoup les dommages aux racines et aux troncs des arbres ainsi que la compaction du sol en confiant l'abattage à un bûcheron qui travaille avec des chevaux ou des petites machines plutôt que des gros matériels.

Sources d'information :

  • Consultez l'Ontario Woodlot Association ou le bureau du MRNO de votre région pour avoir les coordonnées des entrepreneurs qui utilisent le matériel convenant à l'exploitation des boisés du sud de l'Ontario.

 

Situation - problème : 23-5 Accès des animaux de la ferme au boisé

Les boisés livrés à un pâturage intensif pendant 10-20 ans subissent des dommages irréversibles. Le broutage des animaux détruit les plantules d'arbres, le sous-bois, le tapis forestier et les habitats de la faune. Les animaux endommagent les racines des arbres par leur piétinement, les troncs des arbres par leur frottement répétitif, le feuillage des arbres par le broutage; ils font disparaître le sous-étage de végétation qui est appelé à devenir la future forêt et le futur habitat faunique.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Empêcher les animaux de rentrer sur les terres boisées et éliminer les parcs ou enclos (zones de confinement extérieures) existants, ou laisser les animaux accéder à des zones restreintes du boisé (moins de 10 % de la superficie) qui ne sont pas fragiles (p. ex. éviter les zones marécageuses) :

  • plantez des arbres d'ombrage dans les pâtures et entourez-les d'une clôture de protection contre le bétail
  • clôturez les boisés ou envisagez des solutions alternatives
  • approvisionnez le bétail en eau, en pierres à lécher et en aliments à une bonne distance du boisé.

Option no 2 - Mesure corrective

Établir un plan de gestion du pâturage prévoyant :

  • l'implantation d'une pâture permanente ou de longue durée à l'écart des boisés de valeur
  • l'approvisionnement en eau, en pierres à lécher et en aliments à l'écart des boisés et autres zones sensibles.

Option no 3 - Mesure corrective

Laisser les animaux accéder au boisé pendant l'hiver (si l'élevage est de faible densité, par exemple, des vaches de boucherie et leurs veaux), lorsqu'il n'y a pas d'autre abri disponible :

  • permettez l'accès au boisé seulement après que le sol a gelé
  • sortez les animaux du boisé avant que le sol ne dégèle.

Option no 4 - Facteur compensatoire

Aménager des zones-abris spéciales pour les animaux de ferme :

  • convertissez en boisé une parcelle agricole marginale en y plantant des résineux et/ou des feuillus
  • plantez autour des terres pâturées des bandes boisées où les animaux pourront s'abriter
  • attendez que les arbres soient bien établis dans ces zones-abris (qu'ils mesurent 5 pieds ou plus) pour laisser les animaux y accéder
  • sachez que vous sacrifiez la valeur des arbres à maturité pour fournir un abri aux animaux.

Sources d'information :

  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion de l'agroforesterie et de l'habitat, commande no BMP 01F, pages 30-32; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F, pages 81et 82; Gestion de l'habitat du poisson et de la faune, commande no BMP 10F; Bandes tampons, commande no BMP 15F, pages 40-42.

 

Situation - problème : 23-6 Aménagement du boisé axé sur l'habitat faunique

La forêt est indispensable à la vie d'un grand nombre d'espèces fauniques. En apprenant quels sont leurs besoins en matière d'habitat, vous pourrez choisir les travaux de gestion de la forêt qui protègent leurs habitats sans compromettre la perspective de tirer un revenu des produits de la forêt.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

  • veillez à intégrer à votre plan d'aménagement forestier un plan de gestion de la faune qui reconnaisse l'importance des caractéristiques clés des habitats fauniques, tels que les étangs naturels, les terres humides, les arbres et les branches tombés (chablis), les arbres à cavités et les arbres produisant des faines, les zones bordant les cours d'eau, les sources
  • tracez des sentiers de promenade permettant de profiter pleinement de l'intérêt récréatif de votre propriété (y compris le plaisir d'observer la faune)
  • ne détruisez pas par mégarde les habitats et les espèces (végétales et animales) qui sont protégés par les lois fédérales et provinciales (Loi sur les espèces à risque (administrée par le gouvernement fédéral - Loi sur les espèces en voie de disparition (administrée par le gouvernement provincial).

Option no 2 - Mesure corrective

  • atténuez les dommages causés par les espèces nuisibles dans les zones agricoles en autorisant des activités de chasse contrôlées sur vos terres
  • planifiez soigneusement vos pratiques culturales, surtout dans les terres qui longent le boisé - encouragez vos voisins à faire de même.

Sources d'information :

  • Consultez un biologiste pour savoir comment intégrer à votre plan d'aménagement forestier un cadre général de protection de l'habitat faunique.
  • Consultez la publication : Quand l'habitat est-il suffisant? Cadre d'orientation pour la revalorisation de l'habitat dans les secteurs préoccupants des Grands Lacs, 2e édition, Environnement Canada, 2004.
  • Consultez la publication Birds on the Farm: A Stewardship Guide, de la Federation of Ontario Naturalists; téléphone : 1 800 440-2366; site Web : www.ontarionature.org

 

Situation - problème : 23-7 Habitat faunique à l'intérieur des corridors constitués par les vaines clôtures, les bandes boisées et les brise-vent

Les animaux sauvages ont besoin de trouver des corridors qui sont protégés par une végétation permanente pour passer d'une aire naturelle à une autre, par exemple d'un boisé à une terre humide. Les ravins boisés, les bandes boisées, les vaines clôtures arborées, les brise-vent, les bandes tampons et les chemins de ferme bordés d'arbres sont autant de lieux utilisés par la faune dans ses déplacements.

Quand il n'y a pas de corridors entre les aires naturelles, les animaux sauvages restent confinés dans de petites aires ou sont contraints de s'aventurer - en terrain découvert - pour atteindre l'aire naturelle la plus proche. Les espèces fauniques qui sont emprisonnés dans des petites aires naturelles (p. ex. les oiseaux chanteurs) courent plusieurs risques : épuisement de leurs besoins en habitats, surpopulation et maladies, vulnérabilité face à leurs prédateurs, appauvrissement de leur patrimoine génétique.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Planifier, planter et entretenir un réseau de brise-vent, de bandes tampons, etc., de manière à fournir à la faune des corridors (un large éventail d'habitats avec de la diversité):

  • maintenez les corridors existants ou, lorsque c'est possible, reliez entre elles les aires naturelles telles que les vaines clôtures, les bandes boisées ou les zones tampons bordant les boisés
  • tenez compte des besoins de la faune quand vous planifiez l'implantation et l'aménagement de nouveaux brise-vent et de nouvelles bandes tampons
  • installez dans ces zones des arbres et des arbustes à croissance rapide
  • favorisez la croissance rapide des arbres et des arbustes en luttant contre les mauvaises herbes - arrosez au besoin
  • laissez pousser les autres arbustes et plantes de sous-bois qui ne sont pas nuisibles seulement lorsque les arbres et arbustes plantés ne peuvent plus être gênés dans leur croissance ((>6 pieds ou 2 m de haut)
  • placez des tas de pierres et de débris de bois dans les corridors pour créer des refuges supplémentaires pour la faune, laissez les arbres morts restés debout (chicots) comme perchoirs pour les oiseaux de proie ou installez des plates-formes de nidification pour les attirer.
  • veillez à ce que les corridors ne contiennent pas d'espèces envahissantes comme le nerprun, l'érable de Norvège et l'herbe à l'ail (alliaire officinale)
  • rappelez-vous que les corridors doivent si possible contenir la même végétation que les zones qu'ils relient.

Sources d'information :

  • Manuel du Programme de participation communautaire à la gestion de la faune, MRNO, 1986, 378 pages.
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion de l'agroforesterie et de l'habitat, commande no BMP 01F, pages 11-16; Gestion de l'habitat du poisson et de la faune, commande no BMP 10F; Bandes tampons, commande no BMP 15F.

 

Situation - problème : 23-8 La faune dans les bandes tampons

Les bandes tampons qui sont entre les champs et les eaux de surface interceptent et absorbent les sédiments et autres matières s'écoulant en provenance des champs cultivés; elles aident à prévenir l'érosion, à améliorer la capacité de rétention d'eau du sol et à réduire les impacts des inondations et des sécheresses. Elles peuvent aussi améliorer l'éventail de l'habitat faunique.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

  • installez des bandes tampons le long des terres humides et des champs cultivés, et plantez-y des espèces ligneuses et des plantes herbacées
  • veillez à ce que les bandes tampons soient protégées durant les travaux qui ont lieu dans les champs adjacents à une eau de surface, par exemple, pendant l'épandage de fertilisants ou de pesticides.

 

Situation - problème : 23-9 Les animaux nuisibles (posant problème) et leurs dommages

Les animaux nuisibles causent des préjudices aux cultures, aux animaux de la ferme, aux biens, et aux personnes. Ils peuvent causer des pertes directes en diminuant les rendements des cultures, mais aussi des pertes indirectes en propageant des maladies (p. ex. la rage) et en détruisant l'habitat (p. ex. les castors, les porcs-épics) ou en dégradant les bâtiments de ferme. Quand leurs besoins en habitat ne sont pas satisfaits, certaines espèces fauniques peuvent s'en prendre aux cultures, aux animaux de ferme ou aux bâtiments agricoles pour les combler.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Veiller à ne pas détruire les habitats et les espèces (végétales et animales) qui sont protégés par les lois fédérales et provinciales (Loi fédérale sur les espèces à risque - Loi provinciale sur les espèces en voie de disparition). S'assurer d'obtenir les permis réglementaires pour éloigner ou tuer les espèces sauvages nuisibles.

Option no 2 - Mesure corrective

Identifier les espèces susceptibles de poser problème, évaluer les dommages aux cultures/animaux de ferme et essayer des mesures de prévention appropriées :

  • faites en sorte qu'il y ait des prédateurs sur la ferme pour aider à limiter la présence et les incursions des espèces nuisibles
  • identifiez les espèces qui occasionnent des dommages - à partir des observations de leur présence, de leurs traces ou pistes, de leurs excréments
  • si le problème ne se pose pas souvent et n'entraîne pas de perte notable, tolérez-le
  • essayez de prévenir le problème - clôturez le champ, utilisez des irritants (p. ex. aérosols répulsifs, lumière, sons), déménagez votre troupeau ou bouchez les trous dans les bâtiments
  • contre les espèces sauvages, appliquez un programme exhaustif de gestion qui élimine leurs sources d'aliments et qui modifie leurs habitats (enlevez les branches ou les arbres, etc.) et/ou utilisez des répulsifs pour les éloigner.

Option no 3 - Mesure corrective

Si les mesures ci-dessus ne donnent rien, utiliser des méthodes de lutte comme les pièges non mortels, les cultures de diversion, la chasse, les pièges à appât empoisonné ou mortels, conformément à la Loi sur la chasse et la pêche de l'Ontario :

  • identifiez les espèces qui occasionnent des dommages - à partir des observations de leur présence, de leurs traces ou de leurs pistes, de leurs excréments
  • examinez le problème à l'échelle de la concession - en luttant contre une espèce nuisible dans votre ferme, vous pouvez l'inciter à aller un peu plus loin pour faire ses dégâts - si les méthodes employées pour éliminer les animaux nuisibles tuent des animaux non visés, d'autres problèmes peuvent se poser
  • obtenez les permis pour abattre les animaux nuisibles et/ou engagez des chasseurs/trappeurs agréés pour vous débarrasser des espèces qui posent problème
  • si des coyotes tuent des agneaux et qu'on tue tous les coyotes, on risque de voir pulluler les rongeurs (les marmottes dans les sojas). Ceci peut être plus grave quand les prédateurs sont en fait de gros « coyo-chiens » - et les agneaux sont toujours en danger. Souvent de nouveaux coyotes ne tardent pas à prendre possession d'un territoire laissé vacant par les coyotes qui ont été éliminés (tués).

Sources d'information :

  • Pour ce qui concerne les espèces sauvages ou pouvant poser problème sur la ferme, consultez les fiches techniques de l'Association pour l'amélioration des sols et des cultures de l'Ontario : Probing Problem Wildlife, 2004, et Wildlife Wise; communiquez avec le Service canadien de la faune (SCF) pour en savoir plus sur les permis d'effarouchement/abattage en appelant au 905 336-4464.
  • Probing Problem Wildlife: An Update on the Wildlife Action Project, Association pour l'amélioration des sols et des cultures de l'Ontario, Conseil d'adaptation agricole, Coalition écologique agricole de l'Ontario, Ontario Agricultural Commodity Council, avril 2004
  • Options for Controlling Beaver on Private Land, bulletin de diffusion du MRNO
  • Fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion de l'habitat du poisson et de la faune, commande no BMP 10F

 

Près des bâtiments de ferme

Situation - problème : 23-10 Bandes boisées et végétation autour des bâtiments de ferme

Les fermes qui n'ont pas été embellies par la plantation d'arbres et d'arbustes non seulement offrent de médiocres possibilités d'habitats, mais présentent aussi des inconvénients, notamment :

  • des frais d'énergie plus élevés, p. ex. à cause du refroidissement éolien en hiver, de l'absence d'ombrage en été
  • des frais élevés de déneigement, à cause des congères que le vent accumule à des endroits où il faut déblayer la neige
  • l'abaissement de la valeur de la ferme sur le marché immobilier.

Option no 1 - Mesure corrective

Planifier et créer un aménagement paysager autour des bâtiments de la ferme (en utilisant des espèces indigènes autant que possible) de manière à réduire la facture énergétique, à empêcher l'accumulation de neige et à fournir un habitat à de nombreuses espèces :

  • planifiez les plantations de manière à ombrager les côtés sud et ouest des bâtiments
  • planifiez les plantations de manière à protéger les bâtiments contre les vents dominants
  • accroître la couverture du sol en plantant des végétaux persistants
  • plantez en premier les brise-vent et les bandes boisées, en deuxième les arbres d'ombrage et les arbustes; pour finir, plantez les plantes couvre-sol et les autres petites plantes vivaces
  • veillez à ce que les plantes de jardin et les espèces non indigènes, comme l'érable de Norvège et l'herbe à l'ail, n'aillent pas s'implanter dans les vaines clôtures et les boisés
  • installez des boîtes de nidification, des mangeoires et des bains pour les oiseaux
  • aménagez un étang près du corps de ferme si c'est faisable
  • empêchez les chiens et les chats de la maison d'attraper les oiseaux chanteurs et les petits mammifères
  • empêchez les animaux potentiellement nuisibles de se faufiler dans les bâtiments de ferme - réparez et bouchez les fissures et les petites ouvertures avec un matériau de calfeutrage, du grillage, des enduits pâteux
  • veillez à ne pas laisser traîner des matières ou des détritus pouvant être une source de nourriture attirante pour les animaux nuisibles.

Sources d'information :

  • Shrubs for Wildlife, livret publié par le MRNO
  • Landscaping for Wildlife, livret publié par le MRNO
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion de l'agroforesterie et de l'habitat, commande no BMP 01f, pages 11, 22-27; Gestion de l'habitat du poisson et de la faune, commande no BMP 10F

 

Situation - problème : 23-11 Ressources mises à disposition de la faune

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Si l'on veut jouir de la présence de certaines espèces fauniques, le corps de ferme et ses diverses structures fournissent d'excellentes possibilités. Voici quelques suggestions d'aménagement qui contribueront à attirer la faune vers la maison, la pelouse et les jardins, les granges, les remises à machines et les chemins :

  • pour attirer les oiseaux en quête de nourriture, choisissez des arbustes indigènes comme le cornouiller stolonifère, le sureau, la viorne trilobée, l'alisier, l'amélanchier à feuilles d'aulne, le cerisier de Virginie ou le cerisier rouge de Pennsylvanie, etc., comme plantes d'ornement au pied des murs de la maison
  • plantez des espèces à feuillage persistant (résineux) ainsi que des arbres à bois dur (chênes, érables à sucre) comme arbres d'ornement, ainsi que des arbustes, pour offrir à la faune une protection contre le vent et une source de nourriture
  • empêchez les chats domestiques qui se promènent en liberté de s'approcher des mangeoires et des nichoirs des oiseaux - on sait qu'ils tuent environ 12-14 oiseaux par an
  • placez des boîtes de nidification à l'intention des oiseaux qui nichent dans des cavités, comme les merles bleus, les hirondelles et les chouettes, grands consommateurs d'insectes et de souris
  • encouragez les animaux sauvages et les oiseaux à fréquenter la ferme en pratiquant la lutte antiparasitaire intégrée (LI) non seulement dans les champs, mais dans les pelouses, le jardin d'agrément et le jardin potager.
Sources d'information :
  • Birds on the Farm - A Stewardship Guide, printemps 2004, Ontario Nature, 1 800 440-2366
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion de l'habitat du poisson et de la faune, commande no BMP 10F; Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'agroforesterie et de l'habitat, commande no BMP 01F.

Fiches d’information - Table des matières

 

 

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