Dans cette section

Fiche d’information no 20 – Lutte antiparasitaire

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 novembre 1998
Dernière révision : 10 février 2006

Table des matières

 

Introduction

La présente fiche d'information complète la fiche de travail no 20 du Manuel du plan agro-environnemental (PAE). Elle décrit les mesures envisageables pour corriger les situations qui, dans votre exploitation, sont susceptibles de nuire à l'environnement. Dans la plupart des cas, avant de mettre en oeuvre une mesure, vous aurez besoin de renseignements plus détaillés : veuillez donc consulter les documents de référence indiqués dans la fiche ou un conseiller technique du MAAARO spécialiste des plans agro-environnementaux (PAE).

La majorité des options proposées sont soit des mesures correctives, soit des facteurs compensatoires. Les mesures correctives permettent de corriger les problèmes et d'améliorer la note PAE (la faire passer à 3, voire à 4). Les facteurs compensatoires sont des solutions de rechange qui permettent d'atténuer convenablement le problème, mais non d'améliorer les notes PAE sur la fiche de travail. La surveillance convient seulement dans les circonstances précises et selon les méthodes décrites dans la fiche.

À la demande de la Coalition écologique agricole de l'Ontario, regroupant la Fédération de l'agriculture de l'Ontario, la Christian Farmers Federation of Ontario, AGCare et l'Ontario Farm Animal Council, les personnes suivantes ont participé à l'élaboration de la fiche d'information no 20 :

Albert Tenuta (président), MAAARO
Gord Surgeoner, Université de Guelph
Clarence Swanton, Université de Guelph
Janice Schooley, MAAARO
Doug Morrow, MAAARO
Brent Kennedy, MAAARO

Comité de révision technique :
Brent Kennedy, MAAARO
Jim Myslik, MAAARO
Bob Stone, MAAARO

Ont participé à la révision (2004) de la fiche d'information no 20 :
Albert Tenuta (président), MAAARO
Helmut Spieser, MAAARO
Susan Kelner, Programme ontarien de formation en matière de pesticides
Lorraine Goulty, Programme ontarien de formation en matière de pesticides

Comité de révision technique:
H. J. Smith, MAAARO
Jim Myslik, MAAARO
Bob Stone, MAAARO

MAAARO = ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario

Situation - problème : 20-1 Connaissances en lutte antiparasitaire

Les producteurs agricoles doivent essayer de se tenir au courant de toutes les nouveautés en matière de types de pesticides et d'amélioration des méthodes d'application. Les méthodes nouvelles sont susceptibles d'améliorer l'efficacité d'emploi d'un pesticide, ce qui signifie qu'elles donnent des résultats équivalents, mais en exigeant moins de produit. Les pesticides de type nouveau sont susceptibles d'être moins dommageables pour l'environnement ou plus efficaces (leur action contre les ennemis des cultures est aussi forte, mais avec des quantités moindres).

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Assister à des réunions d'information au moins une fois par an ou lire des articles ou autres documents sur les nouvelles méthodes de protection des végétaux ou des animaux :

  • consultez (par exemple) le fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales (publié avec la collaboration d'Agriculture et Agroalimentaire Canada) qui s'intitule Gestion intégrée des ennemis des cultures
  • des réunions d'information sur la lutte antiparasitaire sont organisées par les compagnies de produits antiparasitaires, les groupements de producteurs agricoles et les groupes agro-environnementaux.

Option no 2 - Mesure corrective

Assister à des réunions d'information au moins deux fois par an ou lire des articles ou autres documents sur les nouvelles méthodes de protection des végétaux ou des animaux, et mettre en pratique les nouvelles connaissances : 

  • faites l'essai de ce que vous avez appris en ce qui concerne la lutte non chimique, les types nouveaux de pesticides et les méthodes d'application améliorées, de manière à trouver le plan de lutte antiparasitaire qui réponde le mieux à vos besoins spécifiques.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-2 Formation à l'utilisation des pesticides

Dans une exploitation qui a fait le choix de recourir aux pesticides pour lutter contre les ennemis des cultures, il faut qu'au moins une personne détienne le certificat délivré dans le cadre du Programme ontarien de formation en matière de pesticides.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Dans l'exploitation agricole, au moins une personne titulaire du certificat obligatoire supervise le travail des aides agricoles, eux-mêmes dûment formés, qui manipulent les pesticides; toutes les recommandations enseignées dans le cadre du cours sur l'utilisation sécuritaire des pesticides sont suivies :

  • veillez à ce que toutes les personnes qui travaillent sur votre ferme - membres de la famille, employés permanents ou saisonniers - qui manipulent des pesticides inscrits aux annexes 2 ou 5 aient reçu la formation obligatoire en tant qu'« aide agricole formé ».

Option no 2 - Mesure corrective

  • toutes les personnes qui manipulent des pesticides sur votre ferme sont accréditées, c'est-à-dire titulaires du certificat délivré à l'issue du cours sur l'utilisation sécuritaire des pesticides, et toutes les recommandations enseignées dans le cadre de ce cours sont mises en pratique.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-3 Rotation culturale utilisée

La rotation des cultures est un élément important de la lutte antiparasitaire, parce qu'elle sert des objectifs tels que la réduction de l'habitat et des sources de nutrition des ennemis des cultures et l'amélioration des sols. La rotation doit faire alterner si possible des cultures capables de concurrencer les mauvaises herbes avec d'autres qui le sont moins, des cultures qui exigent des types différents d'herbicides avec des cultures qui peuvent s'en passer ou presque. La rotation culturale réduit le risque de maladies des plantes, affaiblit la population des ravageurs spécifiques à une culture, augmente les rendements et réduit l'érosion du sol. Plus la rotation est longue, moins les ennemis des cultures ont une chance de s'installer dans le champ. En incluant une légumineuse dans la rotation, on améliore la structure du sol, la teneur en matière organique et les réserves d'azote.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Pratiquer une rotation d'au minimum trois cultures comprenant des céréales (non contre-ensemencées de légumineuses) :

  • la succession de trois cultures sur la même terre laisse moins de chances aux ennemis des cultures de s'établir dans le sol, car leur cycle biologique est rompu par le semis d'une culture non sensible dans les résidus de leur culture-hôte.

Option no 2 - Mesure corrective

Pratiquer une rotation d'au minimum trois cultures comprenant des légumineuses semées sous les céréales :

  • ce système améliorera la structure du sol, la teneur en matière organique et les réserves d'azote du sol.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-4 Surveillance des ennemis des cultures (ravageurs, maladies, mauvaises herbes)

Il est important de surveiller continuellement les cultures pour détecter rapidement tout début d'infestation ou d'infection. Une surveillance minutieuse permet de découvrir de quel ennemi il s'agit, d'évaluer l'importance des populations et l'ampleur de leurs déprédations. Les techniques de surveillance sont les inspections visuelles (comptage des ravageurs sur un plant représentatif de la culture), les pièges (qui capturent les insectes attirés par l'appât ou l'attractif), les filets-fauchoirs (qui attirent et capturent les insectes foliaires qui s'enfuient quand on passe dans la culture). Sachant quel est le degré d'infestation ou d'infection dans votre champ, vous pouvez décider de l'utilité ou non de traiter.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Inspecter les cultures pour dépister les parasites et moduler l'application des contrôles et des traitements en fonction du degré d'infestation ou d'infection :

  • il est important de surveiller les ennemis des cultures durant CHAQUE stade de développement de la culture
    • le début du développement
    • la floraison
    • la fructification

Option no 2 - Mesure corrective

Inspecter les cultures durant les périodes critiques de leur développement pour dépister les maladies ou les ravageurs et commencer les traitements pesticides seulement si le risque de dommages est élevé :

  • les traitements ne devraient être appliqués que lorsque l'ennemi est en nombre suffisant pour ravager sérieusement la culture
  • les périodes critiques du développement d'une culture sont :
    • le début du développement
    • la floraison
    • la fructification

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-5 Méthodes de lutte

Il existe de nombreuses méthodes pour lutter contre les ennemis des cultures. La mise en oeuvre combinée de plusieurs méthodes différentes retarde l'apparition d'une résistance chez les ennemis des cultures ─ contrairement à ce qui se passe quand on utilise exclusivement la même méthode de lutte ─ en diminuant le phénomène de sélection favorisant les individus résistants.

Chaque fois que possible, optez pour des méthodes de lutte à faible risque.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Évaluer toutes les options de la lutte antiparasitaire et, si le choix se porte sur les pesticides chimiques, tenir compte de leurs répercussions sur l'environnement :

  • choix du terrain : privilégiez les lieux offrant des conditions moins favorables au développement des ennemis des cultures
  • cultivars résistants ou tolérants : choisissez des cultivars moins sensibles aux attaques des maladies ou des insectes
  • rotation des cultures : certains insectes et agents pathogènes survivent à l'hiver dans les restes de culture; la rotation avec une culture non apparentée chaque fois que possible peut aider à interrompre le cycle biologique de l'ennemi
  • jeunes plants et matériel de pépinière certifiés : utilisez des plants exempts de maladies ou de virus pour réduire le pourcentage des pertes éventuelles.
  • hygiène : enlevez du champ ou du verger toutes les sources d'infection (tas de rebuts et fruits tombés)
  • éliminez les hôtes-relais : les mauvaises herbes, les arbres fruitiers sauvages, les vignes et les ronces servent souvent d'hôtes intermédiaires à de nombreux ennemis des cultures. Veillez à garder les abords de vos plantations exempts de mauvaises herbes et d'hôtes sauvages
  • cultures intercalaires : semez au milieu de votre culture principale des cultures intercalaires ayant autant que possible un complexe d'ennemis différent. Le semis ou la plantation de cultures non apparentées, les unes à côté des autres, peut stopper l'expansion des insectes et des maladies
  • modification de l'habitat : semez des cultures couvre-sol pour augmenter les populations d'organismes utiles (auxiliaires de lutte)
  • taille de formation et taille d'entretien des arbres et arbustes : supprimez les parties élaguées ou les sujets infectés pour réduire la pression de l'ennemi des cultures. La taille de formation et la taille d'entretien des arbres et des arbustes améliorent l'aération du feuillage et la pénétration des pulvérisations
  • gestion de l'eau : évitez de mettre en culture des terrains qui sont mal drainés. Un bon calendrier d'irrigation peut réduire le stress hydrique des plantes durant les sécheresses et augmenter leur tolérance aux attaques des ravageurs et des maladies
  • gestion des éléments nutritifs et santé des plantes : gérez la fertilisation pour éviter de favoriser un développement excessif des pousses terminales, ce qui rend la culture plus attirante pour certains ravageurs
  • élimination physique : éliminez les mauvaises herbes en les sarclant, en les arrachant, en étalant un paillis; pour tuer les insectes, passez une torche au propane au-dessus de la culture
  • cultures-pièges : la culture-piège attire les ravageurs et les éloigne des cultures principales
  • lutte biologique : consiste à introduire des ennemis naturels du ravageur pour en diminuer les populations
  • autres facteurs : prenez en compte des facteurs tels que les résidus, la toxicité, les effets sur les cultures non ciblées, les animaux, etc., quand vous utilisez des produits de lutte chimique
  • choix des pesticides : à efficacité égale contre un ennemi de la culture, choisissez celui qui est le moins préjudiciable à l'environnement.

Sources d'information :

  • Recommandations pour les cultures fruitières, publication 360F du MAAARO

 

Situation - problème : 20-6 Lutte contre le développement d'espèces résistantes

Les ennemis des cultures sont dits résistants lorsqu'ils survivent à des doses de pesticides qui auparavant suffisaient pour les détruire. En général, la résistance à un pesticide se développe à la suite d'expositions répétées à un produit chimique en particulier.

Les pulvérisations dirigées contre un ravageur donné peuvent influer sur le degré de résistance d'autres ravageurs faisant partie du même complexe.

La résistance aux pesticides se développe quand un petit nombre d'individus naturellement résistants survivent après chaque traitement, alors que les individus sensibles sont détruits. Les survivants se multiplient et remplacent graduellement les individus sensibles. Pour finir, la population ne compte plus que des individus résistants, contre lesquels le pesticide est devenu inefficace.

Les programmes visant à ralentir le développement de la résistance aux pesticides (fongicides, insecticides, herbicides) et aux cultivars des espèces-hôtes résistantes (résistance génétique) reposent sur une approche intégrée qui privilégie la prévention et évite l'emploi excessif d'une seule stratégie, d'un seul produit (famille chimique ou source de résistance génétique) ou d'une seule technologie. Toutes les stratégies de lutte antiparasitaire peuvent faire apparaître une résistance; par conséquent, si l'on n'applique pas de mesures intégrées pour contrer ce phénomène, on augmente la possibilité ou la probabilité de voir la résistance se développer.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Application des pesticides décidée en fonction des résultats des dépistages, rotation des pesticides, surveillance de la résistance et des dégâts, mise en oeuvre d'un certain nombre de mesures de la lutte intégrée (LI), utilisation de cultures refuges communes et rotation des cultures :

  • utilisez les pesticides dans le cadre d'un programme de lutte intégrée (LI)
  • utilisez les pesticides aux doses recommandées
  • surveillez les conditions météorologiques
  • étalonnez et réglez le pulvérisateur
  • consultez les comptes de rendus des dépistages antérieurs pour savoir quelles maladies ont posé problème dans le champ
  • cultivez des cultivars qui sont résistants ou tolérants, ou les deux, aux maladies présentes dans le champ (s'il y en a sur le marché)
  • notez par écrit les données sur la résistance de vos cultivars pour vous aider à choisir vos cultivars futurs.

Option no 2 - Mesure corrective

Application des pesticides en fonction des résultats des dépistages, identification de l'ennemi et détermination de la nécessité d'intervenir, surveillance des ennemis résistants et des dégâts, utilisation des mesures de LI, mise en oeuvre d'un programme de gestion de la résistance des insectes et rotation avec différentes cultures et gènes résistants :

  • appliquez des pesticides au moment où les ennemis visés y sont les plus sensibles (la détermination de ce moment exige des dépistages constants, l'identification des ennemis des cultures et la compréhension de leur cycle biologique)
  • surveillez les conditions météorologiques
  • étalonnez et réglez le pulvérisateur
  • mélangez dans la cuve du pulvérisateur des pesticides à plusieurs modes d'action (s'il y en a sur le marché) et employez en alternance, d'une année à l'autre, des pesticides ayant des modes d'action (sites d'action) différents
  • intégrez dans la rotation des cultures qui diffèrent par le spectre d'ennemis
  • appliquez des méthodes de lutte non chimiques
  • la mise en oeuvre attentive d'un plan de lutte intégrée axée sur la gestion de la résistance des insectes (GRI) réduira le risque de développement de la résistance chez les insectes et permettra l'exploitation durable des technologies transgéniques
  • intégrez dans la rotation des cultivars ayant des sources de résistance différentes
  • surveillez les cultivars résistants ou tolérants pour repérer les dégâts et voir si la résistance se développe
  • prenez en note les résultats de la surveillance pour vous aider plus tard dans votre choix de cultivars.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-7 Tenue de registres

Le fait de noter par écrit les renseignements détaillés sur vos méthodes de lutte antiparasitaire, les résultats de vos dépistages, les conditions météo, les pratiques culturales et les rendements vous aidera à peaufiner vos méthodes au fil des années. Les registres vous aideront à évaluer vos résultats, à planifier vos stratégies de lutte futures et à connaître les coûts des différentes mesures.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Conserver les renseignements relatifs à tous les pesticides utilisés :

  • date du traitement
  • type de produit chimique
  • doses
  • ennemi visé
  • conditions météorologiques

Option no 2 - Mesure corrective

En plus des renseignements visés à l'Option no 1, prendre en note les renseignements suivants concernant tous les pesticides utilisés :

  • le stade de croissance de la culture et le stade de développement du parasite
  • la famille chimique de chaque pesticide et/ou le numéro du groupe chimique auquel il appartient.

Sources d'information :

  • Carnet de notes sur les cultures, publication 820F du MAAARO

 

Situation - problème : 20-8 Étalonnage, réglage et entretien du pulvérisateur

Un mauvais réglage du pulvérisateur peut entraîner de nombreux problèmes. Lorsqu'il y a des manques ou des irrégularités dans la pulvérisation, le traitement peut épargner un nombre important d'individus dans la population visée; il peut en outre laisser des taux de résidus excessifs sur les parties comestibles des plantes et endommager les plants qui reçoivent trop de produit. Quand on utilise un pulvérisateur bien réglé, on peut s'assurer qu'il fonctionne correctement et qu'il applique la dose de pesticide recommandée; on peut savoir à l'avance combien il faudra de cuvées pour faire la pulvérisation et combien de temps cela prendra en tout.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Étalonner, régler et entretenir les pulvérisateurs et les épandeurs de pesticides granulaires avant le début de chaque campagne; rincer et régler à nouveau le matériel entre deux traitements avec des pesticides différents :

  • il est important d'effectuer le réglage du matériel avant le début de la campagne pour éviter de faire des pulvérisations inégales qui peuvent léser la culture.

Option no 2 - Mesure corrective

Étalonner, régler et entretenir les pulvérisateurs et les épandeurs de pesticides granulaires avant le début de chaque campagne; rincer et régler de nouveau le matériel entre deux traitements avec des pesticides différents; étalonner et régler de nouveau le matériel au moins une fois dans le courant de la campagne.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-9 Précautions à prendre contre la dérive des pesticides et pour assurer l'uniformité des pulvérisations

La dérive est le transport et le dépôt par l'air des particules et des gouttelettes de pesticides en dehors du lieu ciblé. Il y a deux types de dérive :

  1. La dérive des embruns - Il s'agit du mouvement dans l'air des gouttelettes de pesticide émises par le pulvérisateur sur la zone à traiter. Ce type de dérive est surtout imputable au vent et aux mouvements de l'air. Les grosses gouttelettes produites par un jet grossier sont en règle générale emportées latéralement sur une courte distance et tombent sur la cible, ou juste à côté. Par contre, les particules fines peuvent rester longtemps en suspension dans l'air en mouvement et se déposer, hors cible, à des distances plus ou moins importantes de l'endroit où elles ont été émises.

  2. Dérive des vapeurs- Il s'agit du mouvement des vapeurs produites par la volatilisation ou l'évaporation du pesticide et de leur transport par le vent vers des zones non ciblées. L'évaporation des gouttelettes peut commencer dès leur émission dans l'air ou après leur dépôt sur les surfaces des plantes et du sol.

La dérive des vapeurs est imputable à des facteurs souvent complexes, impliquant les conditions environnementales et les modalités de la pulvérisation. Les conditions qui jouent le plus grand rôle sont la direction et la vitesse du vent, la turbulence de l'air, la pression barométrique, et la température de l'air.

En règle générale, le matériel qui produit une pulvérisation où prédominent les grosses gouttelettes risque moins de créer des problèmes de dérive. Il est facile d'augmenter la grosseur des gouttelettes en changeant le type et le calibre des buses. On peut choisir le matériel approprié et le régler de manière à ce que le jet soit constitué d'un minimum de gouttelettes fines.

Les réglages du pulvérisateur les plus importants concernent le calibre des buses, la hauteur des buses au-dessus de la cible ou du feuillage et la pression de pulvérisation. Une fois sorties de la buse, les gouttelettes ne conservent pas une grosseur constante, mais diminuent par suite de l'évaporation et/ou de la volatilisation.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Choisir le matériel et les techniques de pulvérisation qui permettent d'obtenir une couverture maximale de la culture et de réduire au minimum la dérive :

  • choisissez les types de buses appropriées pour que la pulvérisation couvre intégralement le feuillage de la culture et que la dérive soit minime
  • réduisez la distance entre la buse et la culture visée pendant la pulvérisation
  • veillez à ce que le produit s'écoule librement dans les circuits du matériel et les buses et vérifiez fréquemment les buses du point de vue de l'usure et du colmatage
  • nettoyez ou remplacez les buses quand il le faut
  • mesurez le débit de chaque buse pour vous assurer qu'il n'y a pas d'usure excessive
  • vous pouvez choisir le matériel de pulvérisation qui vous convient (à jet porté, avec ou sans rampe, humecteurs à cordes ou à rouleaux) et l'adapter de façon qu'il émette un minimum de gouttelettes fines
  • renseignez-vous sur la toxicité, la volatilité et la formulation du produit et apprenez comment ces facteurs influent sur le potentiel de dérive du produit. Le même pesticide peut être disponible dans d'autres formulations moins volatiles que d'autres
  • effectuez les pulvérisations de préférence quand le vent ne souffle pas ou que sa vitesse est faible
  • n'effectuez pas de pulvérisations quand la température de l'air est très élevée (plus de 30 oC) ou que la météo annonce une température très élevée dans les heures qui suivent et quand l'humidité relative est basse.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-10 Précision de la pulvérisation

Il faut réaliser les pulvérisations avec minutie de manière à ce que le pesticide atteigne de façon uniforme toutes les surfaces visées, sans chevauchements excessifs entre TOUTES les pulvérisations.

Un traitement pesticide bien conduit :

  1. laisse moins de chance de survie aux ennemis des cultures et ralentit l'apparition de sujets résistants
  2. applique sur la cible la dose optimale ou adéquate de produit
  3. réduit le coût des pesticides et les risques de lésions de la culture.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Pulvérisez le pesticide selon une méthode rigoureuse pour faire en sorte que la pulvérisation atteigne toute la culture, mais en évitant les chevauchements excessifs d'un passage à l'autre :

Pour éviter les chevauchements, utilisez :

  • un traceur à mousse
  • les interlignes de roulement
  • le GPS (système de positionnement global)
  • les traces des roues des semoirs, les marques laissées par les semoirs de semis direct;
  • autres méthodes, par ex. comptez les rangs, etc.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-11 Tenue protectrice et équipement de protection personnelle

Les pesticides peuvent être extrêmement dangereux pour les humains qui les manipulent sans précautions. Durant toute manipulation d'un pesticide, l'utilisateur doit se protéger en portant des vêtements propres, un respirateur, un tablier résistant aux produits chimiques (en matériau autre que le cuir), des lunettes de sécurité, des bottes imperméables et un masque facial. Il est important de porter une tenue protectrice non seulement quand on manipule directement des pesticides, mais aussi quand on manipule des produits contaminés par des pesticides. Les gants sont les derniers éléments de la tenue protectrice que l'on enlève et on doit les rincer avant de les enlever pour éviter d'entrer en contact avec les pesticides. On doit inspecter régulièrement les vêtements de protection et les remplacer dès qu'on y découvre des trous ou des déchirures.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Toujours consulter le mode d'emploi du pesticide pour connaître les précautions à prendre et porter la tenue et l'équipement de protection personnelle :

  • chaque pesticide est doté d'une toxicité propre et il est donc important de se renseigner sur les consignes d'utilisation de façon à s'assurer de suivre les mesures appropriées pendant la manipulation et l'application du produit, puis pendant le nettoyage du matériel
  • la tenue de protection comprend des vêtements propres, des gants et un tablier résistants aux produits chimiques, des bottes imperméables
  • l'équipement de sécurité comprend un respirateur, des lunettes de sécurité, un masque facial.

Option no 2 - Mesure corrective

Toujours consulter le mode d'emploi du pesticide pour connaître les précautions à prendre, porter la tenue et l'équipement de protection personnelle, les nettoyer et les entretenir convenablement :

  • faites un essai avec le respirateur et remplacez la cartouche si nécessaire
  • faites un essai avec les vêtements pour vérifier qu'ils ne sont pas troués ou déchirés et les remplacez quand c'est nécessaire
  • portez des gants pendant que vous nettoyez les vêtements et l'équipement pour ne pas entrer en contact avec les pesticides.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-12 Conditions météorologiques (pendant les pulvérisations antiparasitaires et les sarclages)

Les pesticides ne doivent pas être appliqués quand de fortes pluies sont prévues dans les heures qui suivent, parce que leur lessivage par la pluie risque de contaminer les réserves d'eau de surface et souterraines. D'autres facteurs liés à la météo, comme la température, peuvent modifier le processus de dégradation des pesticides. L'application de pesticides quand le vent souffle fort est déconseillée à cause du risque de dérive des embruns de pulvérisation vers des zones non ciblées. Il est également déconseillé de travailler le sol par temps de grand vent, car cela augmente le risque d'érosion du sol.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Baser les plans de pulvérisations ou de travail du sol sur les prévisions des 24 prochaines heures concernant le vent et la pluie; interrompre les pulvérisations ou le travail du sol s'il se met à venter fort ou à pleuvoir.

Option no 2 - Mesure corrective

  • Ne pas effectuer de pulvérisations ou ne pas travailler le sol quand les vents soufflent à plus de 10 km/h ou quand des pluies abondantes sont annoncées dans les 24 heures :
  • à plus de 10 km/h, le vent agite les petites branches des arbres. À cette vitesse, il augmente nettement le risque de dérive de la pulvérisation ainsi que le risque d'érosion du sol
  • des pluies abondantes entraîneraient les pesticides et les sédiments dans les eaux de surface situées à proximité.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Entrepôt de pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 94-038
  • Utilisation sécuritaire des pesticides par l'agriculteur, manuel de cours
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Entreposage, manutention et application des pesticides, commande no BMP 13F; Gestion de l'eau, commande no BMP 07F; Gestion intégrée des ennemis des cultures, commande no BMP 09F.

 

Situation - problème : 20-13 Distance de retrait par rapport à une eau de surface ou un puits

Il est important de maintenir, entre la zone ciblée par la pulvérisation et une eau de surface ou un puits, une distance minimale sur laquelle il ne faut pas appliquer de pesticide.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Ne pas pulvériser de pesticides : à moins de 9 m (30 pieds) d'une eau de surface; à moins de 24 m (76 pieds) d'un puits foré à la sondeuse; à moins de 47 m (151 pieds) d'un puits ordinaire ou foré à la tarière :

  • au-delà de ces distances, le risque que les pesticides soient entraînés par ruissellement ou dérive dans les eaux de surface ou les puits est réduit.

Option no 2 - Mesure corrective

Pulvériser des pesticides uniquement à plus de 9 m (30 pieds) d'une eau de surface; respecter toutes les distances de retrait indiquées sur le mode d'emploi du produit et pulvériser à plus de 90 m (300 pieds) d'un puits de quelque type qu'il soit.

Sources d'information :

  • Contamination des sources d'approvisionnement en eau par les pesticides, fiche technique du MAAARO, commande no 00-100
  • Puits et eaux souterraines : La protection de la qualité de l'eau potable des puits forés à la tarière et des puits ordinaires - publication du MEO, 2003.
  • Puits et eaux souterraines : La protection de la qualité de l'eau des puits forés à la sondeuse - publication du MEO, 2003

Fiches d’information - Table des matières

 

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca