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Fiche d’information no 19 – Gestion des grandes cultures

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 novembre 1998
Dernière révision : 10 février 2006

Table des matières

 

Introduction

La présente fiche d'information complète la fiche de travail no 19 du Manuel du plan agro-environnemental (PAE). Elle décrit les mesures envisageables pour corriger les situations qui, dans votre exploitation, sont susceptibles de nuire à l'environnement. Dans la plupart des cas, avant de mettre en oeuvre une mesure, vous aurez besoin de renseignements plus détaillés : veuillez donc consulter les documents de référence indiqués dans la fiche et un conseiller technique du MAAARO spécialiste des plans agro-environnementaux (PAE).

Toutes les options proposées sont rangées dans deux catégories : mesures correctives; facteurs compensatoires. Les mesures correctives permettent de corriger les problèmes et d'améliorer la note PAE (la faire passer à 3, voire à 4). Les facteurs compensatoires sont des solutions de rechange qui permettent d'atténuer convenablement le problème, mais non d'améliorer les notes PAE sur la fiche de travail.

À la demande de la Coalition écologique agricole de l'Ontario, regroupant la Fédération de l'agriculture de l'Ontario, la Christian Farmers Federation of Ontario, AGCare et l'Ontario Farm Animal Council, les personnes suivantes ont participé à l'élaboration de la fiche d'information no 19 :

Neil Moore, MAAARO (président)
Rob Templeman, MAAARO
Gilles Quesnel, MAAARO
Bill Curnoe, Collège de Kemptville
Tony Vyn, Université de Guelph

Comité de révision technique :
Brent Kennedy, MAAARO
Jim Myslik, MAAARO
Bob Stone, MAAARO

Ont participé à la révision (2004) de la fiche d'information no 19 :
Gilles Quesnel, MAAARO (président)
Brian Hall, MAAARO
Neil Moore, East Central and Quinte Soil & Crop Improvement
Rita Vogel, représentant du programme des PAE
Frank Hoftzer, AGCare

Comité de révision technique :
H.J.Smith, MAAARO
Jim Myslik, MAAARO
Bob Stone, MAAARO

MAAARO = ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario

 

Rotations culturales

Situation - problème : 19-1 Rotations axées sur la protection du sol (couverture du sol, dans tous les champs)

Le sol qui est laissé à nu, surtout pendant tout l'hiver, est très vulnérable à l'érosion. La meilleure défense consiste à laisser le sol couvert le plus longtemps possible par une culture sur pied ou des résidus.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Intégrer davantage de cultures vivaces (graminées et légumineuses) dans la rotation :

augmentez la proportion des champs qui portent des plantes fourragères, dont les pâturages - le sol y reste couvert pendant plus longtemps et est donc protégé - cette option est particulièrement importante dans toutes les situations oł le potentiel d'érosion est élevé, comme les pentes raides ou les sols très sensibles à l'érosion

  • chaque champ devrait être occupé par des cultures gazonnantes vivaces ou des cultures d'automne au moins deux années sur cinq
  • si la culture fourragère vivace ne peut pas servir à engraisser vos animaux, cette option n'est acceptable que si vous trouvez un marché pour l'écouler.

Option no 2 - Mesure corrective

Semer des plantes couvre-sol qui restent sur pied pendant l'hiver :

  • choisissez des espèces qui ne gêneront pas la levée de la culture le printemps suivant
  • semez assez tôt pour que la plante se développe avant les froids, mais assez tard pour qu'elle ne monte pas en graines
  • au moins deux années sur cinq, chaque champ devrait être occupé par des cultures gazonnantes vivaces ou des cultures d'automne
  • choisissez des plantes couvre-sol que vous pouvez cultiver avec le matériel existant.

Option no 3 - Mesure corrective

Semer des céréales d'automne :

  • les céréales d'automne (p. ex. le blé d'automne) peuvent offrir une bonne protection du sol, à condition qu'on les sème assez tôt pour leur donner le temps de se développer suffisamment.

Option no 4 - Facteur compensatoire

Mettre en oeuvre des systèmes de gestion des résidus (travail réduit du sol, semis direct) :

  • visez un taux de recouvrement du sol par les résidus d'au moins 20 %, après les semis.

Sources d'information

  • Guide agronomique des grandes cultures, publication 811F du MAAARO
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Grandes cultures, commande no BMP 02F, pages 22-30; Gestion du sol, commande no BMP 06F, pages 55-56.

 

Situation - problème : 19-2 Rotations axées sur l'amélioration de la structure du sol

Certaines cultures restituent au sol plus de matière organique que d'autres. Les cultures améliorantes comprennent les plantes fourragères et les cultures qui produisent de gros systèmes racinaires et dont on récolte seulement les graines.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Inclure des cultures améliorantes dans la rotation (sur au moins 50 % de vos terres) :

  • faites une rotation culturale avec des cultures améliorantes, par ex. des céréales d'hiver et des plantes fourragères vivaces - vous pouvez aussi améliorer le sol en cultivant du maïs-grain et des céréales de printemps si la moissonneuse éparpille les tiges ou la paille sur le sol
  • alternez les cultures améliorantes et les cultures épuisantes de manière à entretenir la structure du sol et sa teneur en matière organique.

Option no 2 - Facteur compensatoire

Restituer au sol la matière organique :

  • si vous ne compensez pas les exportations de matière organique par des résidus de cultures ou du fumier, la fertilité du sol baissera et sa structure se dégradera
  • vous pouvez restituer au sol de la matière organique en laissant les résidus de culture sur le champ, en épandant du fumier ou en labourant un engrais vert comme le trèfle rouge, le sarrasin, etc.

Option no 3 - Facteur compensatoire

Appliquer des techniques culturales simplifiées (TCS) comme le semis direct, le travail réduit du sol et le travail du sol sur billons :

  • ces pratiques ralentissent la décomposition des résidus de culture
  • il restera néanmoins important d'épandre des matériaux riches en matière organique.

Sources d'information :

  • Guide agronomique des grandes cultures, publication 811F du MAAARO
  • L'agriculture biologique en Ontario, fiche technique du MAAARO, commande no 03-064
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Grandes cultures, commande no BMP 02F, pages 25-27; Gestion du sol, commande no BMP 06F.

 

Situation - problème : 19-3 Rotations axées sur la lutte contre les ennemis des cultures (mauvaises herbes, maladies, insectes)

La population d'un ennemi des cultures diminue dans un champ oł il ne trouve pas de culture-hôte. L'expansion des mauvaises herbes peut être réduite par des rotations incluant des cultures plus compétitives. Les mauvaises herbes sont plus faciles à détruire quand l'espèce cultivée est d'un type différent de celui des mauvaises herbes présentes (graminées/dicotylédones).

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Pratiquer une rotation des espèces cultivées :

  • sur une terre oł quatre cultures se succèdent, trois des cultures au moins doivent être de type différent, par exemple : haricots - céréale à paille - culture fourragère
  • adoptez une rotation culturale qui évite autant que possible que la même culture soit semée deux fois de suite sur la même sole.

Option no 2 - Facteur compensatoire, Pour les cultures fourragères vivaces

Agir sur l'environnement de la culture pour tenir en échec les mauvaises herbes, les insectes et les maladies :

  • effectuez aux moments opportuns les récoltes, la fauche des refus dans les pâturages, la surveillance des ravageurs et des maladies.

Source d'information :

  • Fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales : Grandes cultures, commande no BMP 02F, pages 32-34

 

Gestion des résidus de cultures

Situation - problème : 19-4 Matériel de semis et de travail du sol

Les résidus forment une couverture sur le sol; il faut les éparpiller de façon uniforme pour éviter des difficultés au moment de semer. Un programme de conservation du sol reposant sur le travail réduit du sol exige que les résidus occupent au moins 20 % de la surface du sol.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Modifier le semoir pour qu'il puisse travailler à travers un taux accru de résidus :

  • moyennant de légères modifications, vous pouvez utiliser les semoirs classiques et les semoirs/planteurs de précision existants pour semer dans un sol couvert à 20-30 % de résidus
  • vérifiez la facilité avec laquelle les résidus passent entre les organes ouvreurs (disques ou dents), entre les organes semeurs (semences/engrais) ou entre le bâti et les roues, et améliorer les écartements si nécessaire.

Option no 2 - Mesure corrective

Acheter un nouveau semoir capable de travailler/semer un sol couvert de résidus :

  • si vous achetez un nouveau semoir, vérifiez qu'il peut travailler dans un sol couvert de résidus à 20 % ou plus.

Option no 3 - Facteur compensatoire

Réduire le nombre de façons culturales avant le semis/plantation :

  • après chaque passage d'un outil aratoire, une certaine proportion de résidus rentre dans le sol, laissant plus de surface exposée aux forces érosives
  • en limitant le nombre de passages, vous laissez plus de résidus en surface.

Option no 4 - Facteur compensatoire

Adopter une rotation culturale axée sur la protection du sol :

  • au moins deux années sur cinq, chaque champ devrait être occupé par des cultures gazonnantes vivaces ou des cultures d'automne.

Sources d'information :

  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Grandes cultures, commande no BMP 02F, pages 42-110; Gestion du sol, commande no BMP 06F, pages 55-56.

 

Situation - problème : 19-5 Gestion des résidus de culture au moment de la récolte

La récolte est la première étape d'un système de gestion des résidus de culture. Le matériel de récolte doit être réglé de manière à laisser derrière lui une couche uniforme de résidus.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Éparpiller la paille uniformément à la moisson :

  • la moissonneuse devrait rejeter la paille et la balle uniformément sur la même largeur que la coupe
  • la plupart des moissonneuses neuves peuvent être équipées d'un éparpilleur de paille; on peut aussi s'en procurer en service après-vente.

Option no 2 - Mesure corrective

Ramasser les résidus déposés en andain :

  • si le matériel de récolte n'éparpille pas les résidus, ceux-ci doivent être mis en balles et ramassés
  • il faut dans ce cas inclure dans la rotation des cultures qui enrichissent le sol en matière organique.

Option no 3 - Facteur compensatoire

Changer de rotation culturale en vue de protéger le sol :

  • deux années sur cinq, cultivez des plantes couvre-sol vivaces ou des cultures d'automne couvre-sol.

Sources d'information :

  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Grandes cultures, commande no BMP 02F, page 18; Gestion du sol, commande no BMP 06F.

 

Méthodes culturales de conservation du sol

Situation - problème : 19-6 Perturbation de la surface du sol par l'enfouissement des semences et/ou de l'engrais

Dans un système de semis direct (semis « sans labour »), les organes du semoir ouvrent le sol juste assez pour y déposer les semences et l'engrais. Plus on limite la largeur de la bande de sol qui est physiquement perturbée par cette opération, plus on réduit l'érosion par le vent et/ou l'eau, la perte d'humidité du sol, la germination des mauvaises herbes et la consommation de carburant.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Modifier l'outil pour que les organes ouvreurs du semoir ne remuent qu'une mince bande de la surface du sol originale, pour perturber le moins possible le sol et les résidus en surface :

  • équipez le semoir de coutres ondulés ou à cannelures étroites qui passent plus efficacement à travers les résidus et rejettent en général moins de terre hors de la ligne de semis que les coutres plus larges
  • décalez les coutres de travail les uns par rapport aux autres pour réduire leur écartement
  • utilisez des organes ouvreurs à un seul disque qui attaquent le sol légèrement en biais
  • utilisez des organes ouvreurs de type soc étroits
  • utilisez des coutres circulaires droits de diamètre suffisant pour fendre les résidus devant les couteaux qui distribuent l'engrais.

 

Situation - problème : 19-7 Cultures sur les pentes longues

On peut réduire l'érosion hydrique en intercalant des bandes d'une culture qui favorise peu l'érosion avec des bandes d'une culture plus propice à l'érosion, ces bandes étant semées en travers de la pente, suivant les courbes de niveau du terrain. L'érosion augmente sur les pentes qui sont travaillées dans le sens de la pente. Sur un sol qui est travaillé dans le sens contraire à la pente, le ruissellement de l'eau est ralenti et l'érosion est minimale.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Changer de pratiques culturales pour adopter un système de cultures en bandes alternantes :

  • vous pouvez modifier vos méthodes culturales en alternant des bandes d'une culture en lignes avec des bandes d'une culture céréalière ou fourragère
  • alternez une culture fourragère avec une culture en lignes pour couper la longueur de la pente des parcelles occupées par une culture en ligne susceptible d'aggraver l'érosion
  • la largeur des bandes doit être un multiple de la largeur de votre matériel.

Option no 2 - Mesure corrective

Adopter un système de travail du sol et de semis en courbes de niveau :

  • le travail des pentes (1-8 %) effectué dans le sens des courbes de niveau du terrain, en sens contraire à la pente, fournit une bonne protection contre l'érosion
  • le travail du sol et les semis effectués en travers de la pente naturelle créent une succession de mini-barrages qui retiennent l'eau et lui laissent le temps de s'infiltrer dans le sol
  • ce système peut poser un problème de rangs écourtés dans les « pointes »
  • envisagez l'exploitation de cultures favorisant moins l'érosion.

Option no 3 - Mesure corrective

Dans les terrains en pente, opter pour un système de cultures en bandes alternantes qui épousent les courbes de niveau :

  • combinez les deux méthodes (courbes de niveau et bandes alternantes) pour cultiver une culture en lignes et une culture céréalière ou fourragère - vous profitez ainsi de la conservation du sol et de l'humidité procurée par la culture en courbes de niveau et de l'amélioration du sol procurée par la rotation culturale
  • alternez une culture fourragère avec une culture en lignes pour couper la longueur de la pente des parcelles occupées par une culture en ligne qui risque d'accentuer l'érosion
  • la largeur des bandes doit être un multiple de la largeur de votre matériel.

Option no 4 - Facteur compensatoire

Choisir des cultures favorisant peu l'érosion :

  • limitez la rotation aux cultures qui recouvrent suffisamment le sol pour réduire le potentiel d'érosion durant la saison de croissance
  • dans ce cas, les cultures à interlignes étroits conviennent le mieux.

Option no 5 - Facteur compensatoire

Adopter un système cultural fondé sur le travail réduit du sol ou le semis direct:

  • faites en sorte qu'au moins 20 % de la surface du sol soit couverte de résidus de cultures après le semis.

Sources d'information :

  • Ontario Soil Survey Reports (cartes pédologiques avec indication du potentiel d'érosion selon les cultures)
  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Grandes cultures, commande no BMP 02F, pages 112 et 113; Gestion du sol, commande no BMP 06F.

 

Gestion des pâturages

Situation - problème : 19-8 Paissance du bétail

Les pâturages sont des cultures très importantes. Les plantes constamment rasées par le bétail s'affaiblissent et peuvent mourir, laissant des zones dénudées qui sont plus vulnérables à l'érosion.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Gérer rigoureusement le pâturage ou utiliser un système de pâturage tournant, surtout dans les zones très sensibles à l'érosion :

  • la rotation des parcelles broutées laisse aux plantes le temps de repousser
  • faites en sorte que les plantes aient toujours au moins 2 pouces de haut
  • ne laissez pas de zones visiblement dénudées - resemez si nécessaire.

Option no 2 - Facteur compensatoire

Réduire la pression exercée sur le pâturage par le bétail :

  • fauchez les refus chaque fois qu'il le faut pour réduire le broutage sélectif
  • évitez le surpâturage; distribuez un aliment complémentaire s'il le faut
  • limitez le nombre d'animaux par acre à un niveau qui ne déprime pas le pâturage.

Source d'information :

  • La culture des pâturages, publication 19F du MAAARO

 

Lutte contre les mauvaises herbes

Situation - problème : 19-9 Qualité des semences

Les semences que l'on achète peuvent être une source de graines de mauvaises herbes. Les semences de catégorie Certifiée et Canada n1 sont des semences qui satisfont à des normes précises quant à la présence de mauvaises herbes. La Loi sur les semences et son règlement énoncent les exigences détaillées s'appliquant aux sources de semences inspectées et aux échantillons de semences contrôlées ou sélectionnées (Pedigree). La Loi sur la destruction des mauvaises herbes (L.R.O 1990, chapitre W.5) désigne 23 espèces comme étant des mauvaises herbes nuisibles et impose leur destruction. Les deux lois peuvent avoir un rôle à jouer.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Empêcher autant que possible l'introduction des mauvaises herbes dans la ferme :

  • utilisez des semences et des plants à repiquer exempts de mauvaises herbes pour réduire les contraintes des désherbages
  • utilisez des semences certifiées chaque fois que possible
  • sinon, utilisez des semences qui, après essais et criblages, ont été classées Canada no 1 - sauf si leur utilisation est illégale à cause d'une clause à cet effet dans une convention d'utilisation technologique ou autre restriction à caractère juridique.

Sources d'information :

  • Loi sur la destruction des mauvaises herbes, L.R.O 1990, chapitre W.5
  • Loi sur les semences.

Fiches d’information - Table des matières

 

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
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