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Fiche d’information no 17 – Utilisation et gestion du fumier

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 novembre 1998
Dernière révision : 10 février 2006

Table des matières

 

Introduction

La présente fiche d'information complète la fiche de travail no 17 du Manuel du plan agro-environnemental (PAE). Elle décrit les mesures envisageables pour corriger les situations qui, dans votre exploitation, sont susceptibles de nuire à l'environnement. Dans la plupart des cas, avant de mettre en oeuvre une mesure, vous aurez besoin de renseignements plus détaillés : veuillez donc consulter les documents de référence indiqués dans la fiche et un conseiller technique du MAAARO spécialiste des plans agro-environnementaux (PAE).

Toutes les options proposées sont rangées en trois catégories : mesures correctives; facteurs compensatoires; surveillance. Les mesures correctives permettent de corriger les problèmes et d'améliorer la note PAE (la faire passer à 3, voire à 4). Les facteurs compensatoires sont des solutions de rechange qui permettent d'atténuer convenablement le problème, mais non d'améliorer les notes PAE sur la fiche de travail. La surveillance convient seulement dans les circonstances précises et selon les méthodes décrites dans la fiche.

MAAARO = ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario

 

Valorisation des aliments par les animaux d'élevage

Situation - problème : 17-1 Outils permettant d'améliorer l'indice de conversion alimentaire

Un mauvais indice de conversion des aliments par les animaux (rapport aliments/gain animal) signifie non seulement un plus grand coût de production, mais aussi un plus grand risque d'effets néfastes sur l'environnement. L'incorporation d'additifs et de médicaments dans les aliments du bétail est cruciale pour assurer la santé animale et l'efficacité de la conversion alimentaire, mais elle demande à être utilisée avec précaution.

L'adoption de stratégies de gestion de l'alimentation, l'utilisation d'un matériel bien conçu et le recours aux analyses de fumier sont les autres outils qui permettent d'améliorer l'indice de conversion alimentaire.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

Mettre en œuvre au moins deux des recommandations suivantes :

  • quand on ajoute des additifs ou des médicaments, on doit observer scrupuleusement le mode d'emploi qui figure sur l'étiquette des produits ou l'ordonnance du vétérinaire
  • des stratégies de conduite d'élevage, comme le regroupement des animaux selon le sexe et la phase de croissance de façon à leur distribuer des rations spécialement formulées, aident également à améliorer l'indice de conversion alimentaire
  • le matériel doit être bien conçu et entretenu pour que les stratégies d'alimentation puissent être appliquées avec exactitude
  • le fumier doit être analysé avant et après l'incorporation des additifs (telle la phytase) ou des médicaments dans les aliments du bétail. Cette analyse aidera à valider l'efficacité de l'additif.

Sources d'information :

  • Stratégies nutritionnelles de réduction des teneurs en éléments nutritifs du fumier de porc,
    fiche technique no 04-036 du MAAARO

 

Situation - problème : 17-2 Analyse des aliments, formulation équilibrée des rations et étalonnage du mélangeur

Il faut réfléchir à la formulation des rations sous l'angle du fumier qui sera produit. Les stratégies nutritionnelles comptent parmi les méthodes les plus efficaces et les plus économiques pour réduire la quantité d'éléments nutritifs non assimilés et rejetés dans le fumier. De nombreuses stratégies nutritionnelles permettent d'abaisser les coûts de production, parce qu'elles réduisent le coût direct des aliments ou parce qu'elles améliorent la conversion des aliments par les animaux et la production.

La distribution de rations équilibrées permet de répondre aux besoins nutritionnels des animaux de la manière la plus économique et la plus efficace possible.

Les éléments nutritifs qui ne sont pas assimilés par les animaux sont excrétés dans le fumier. Quand on sépare les animaux par âge et/ou stade de production et qu'on sert une ration formulée spécifiquement pour chaque groupe, on réduit les quantités d'éléments nutritifs non assimilés qui sont rejetés dans le fumier.

La tenue de registre d'inventaire des aliments et les analyses d'aliments sont utiles pour composer des rations équilibrées. Une qualité constante des rations est importante pour le maintien de la production.

Des étalonnages réguliers du mélangeur aident à garantir que les animaux reçoivent effectivement la quantité requise d'aliments.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

Mettre en oeuvre au moins trois des recommandations suivantes :

  • formuler les rations en suivant les toutes dernières recommandations en matière d'alimentation du bétail; la plupart des fabricants d'aliments du bétail emploient des spécialistes de la nutrition qui aident les éleveurs à améliorer l'indice de conversion alimentaire
  • le regroupement des animaux par âge, sexe et/ou cycle de production permet d'améliorer l'indice de conversion, puisque chaque groupe reçoit exactement la ration qui répond à ses besoins spécifiques
  • les denrées fourragères, et plus particulièrement celles que l'éleveur récolte sur sa ferme, doivent être analysées régulièrement; la ration doit être corrigée en fonction des résultats de ces analyses; les fluctuations dans la valeur nutritive des rations peuvent abaisser l'indice de conversion alimentaire
  • il est indispensable d'étalonner régulièrement le mélangeur/distributeur pour s'assurer que les ingrédients de la ration sont mélangés selon les proportions voulues.

Option no 2 - Facteur compensatoire

  • si tous les aliments que vous servez à vos animaux sont livrés directement par le fabricant, mélangés dans un appareil étalonné et « prêts à distribuer », vous pouvez considérer cette pratique comme équivalant à la note 4 (« excellente »).

Sources d'information :

  • Analyse de la valeur nutritive des aliments, fiche technique no 03-008 du MAAARO
  • L'alimentation des bovins laitiers en vue de réduire l'excrétion azotée, fiche technique no 03-056 du MAAARO

 

Situation - problème : 17-3 Plan de gestion des éléments nutritifs

Un plan de gestion des éléments nutritifs (PGEN) est un document « vivant » qui examine la totalité des éléments nutritifs produits dans la ferme sous l'angle des besoins des cultures et de l'environnement. Un PGEN détaillé (sans « signal d'alarme ») aide l'agriculteur à obtenir des récoltes optimales en qualité et en quantité et à protéger les ressources en sol et en eau. L'agriculteur qui ne s'est pas doté d'un PGEN risque, sans s'en rendre compte, d'épandre trop d'éléments nutritifs, ce qui entraînera une contamination des eaux de surface et/ou souterraines et une concentration excessive d'éléments nutritifs dans le sol. Le PGEN aide à garder une trace de la façon dont les éléments nutritifs sont utilisés sur la ferme et, souvent, à réduire les besoins en engrais commercial.

Un « signal d'alarme » symbolisé par un drapeau rouge signale qu'une pratique envisagée dans le plan élèvera le risque de contamination de l'environnement, tandis qu'un « drapeau jaune » est une mise en garde qui signale une augmentation du risque pour l'environnement ou une question d'ordre économique.

Parce qu'elles avaient épandu trop souvent du fumier par le passé, de nombreuses fermes d'élevage se sont retrouvées avec des sols où les concentrations de phosphore (P) dépassant 30 mg/L (soit 30 ppm). En pareil cas, de nouveaux apports de P sont inutiles pour répondre aux besoins des cultures; en outre, plus il y a de P dans le sol, plus cet élément a des chances de rejoindre une eau de surface. Pour ne pas élever la concentration de P dans le sol, il faut que les épandages apportent seulement la quantité de phosphore qui sera assimilé par la culture.

Un PGEN permet aussi de faire le point sur les pratiques de gestion et de voir si elles cadrent avec les recommandations en matière de fertilisation des terres et de protection de l'environnement. Il peut aussi servir de registre de données.

Que pouvez-vous faire?
Option no 1 - Mesures correctives

Établir un plan de gestion des éléments nutritifs (PGEN) :

  • qui utilise les résultats des analyses de sol et des analyses de fumier
  • qui détermine les taux d'épandage en fonction de la pente et de la texture du sol, de manière à ce que les matières épandues ne ruissellent pas jusqu'aux eaux de surface
  • qui détermine les taux d'épandage en fonction des besoins des cultures
  • qui contient un plan d'urgence pour faire face à un déversement de fumier ou à une défaillance des installations de stockage ou de manutention du fumier
  • qui ne contient pas de « signal d'alarme » ni autre indicateur d'un risque accru pour l'environnement.

Établir un PGEN conforme aux critères ci-dessus :

  • lorsque le sol contient déjà plus de 30 ppm de phosphore, les apports de P ne doivent pas dépasser les prélèvements des cultures sur toute la durée de la rotation
  • sur une terre qui reçoit du fumier annuellement, les apports de P sous forme de fumier doivent correspondre aux prélèvements des cultures durant l'année
  • sur une terre qui reçoit du fumier une année sur deux, les apports de P doivent correspondre aux prélèvements des cultures des deux années, de manière à maintenir ou à abaisser à terme les niveaux de fertilité du sol
  • suivre des cours et participer à des ateliers ou à des réunions annuelles pour être au courant des toutes dernières recommandations en matière de gestion des éléments nutritifs.

Observer le PGEN et noter dans les registres toutes les données utiles

  • un plan de gestion des éléments nutritifs (PGEN) est un document qui évolue
  • suivez d'aussi près que possible tous les aspects de votre PGEN
  • prenez en note les changements et mettez le plan à jour régulièrement.

Remarque : Le participant qui a établi un PGEN (sans aucun drapeau rouge), qui tient tous les dossiers et applique toutes les mesures qui y sont prévus) peut passer directement à la question 8.

Sources d'information :

  • NMAN/MSTOR - un logiciel de l'Ontario conçu pour élaborer les plans de gestion des éléments nutritifs et calculer les dimensions des structures de stockage de fumier
  • L'office de protection de la nature (OPA) de votre région - pour les questions ayant trait aux plaines inondables.

 

Situation - problème : 17-4 Nombre d'animaux par unité de superficie

Remarque : Pour calculer combien votre ferme produit d'unités nutritives (UN), utilisez le tableau de la fiche de travail 17 aux pages 175 à 178. Plus on concentre d'animaux sur une superficie donnée, plus on s'expose à des problèmes de bruits et d'odeurs. Les exploitations à forte densité d'animaux produisent d'énormes quantités de fumier; certaines n'ont pas les superficies nécessaires pour épandre le fumier correctement. Le risque de plaintes pour cause d'odeurs et/ou de contamination du sol et de l'eau augmente lorsque de grandes quantités de fumier sont stockées sur la ferme et/ou épandues sur une superficie restreinte.

Un bon nombre des fermes qui se sont dotées d'un PGEN comptent environ 1 UN/acre de terres cultivables. En ce qui concerne les fermes qui comptent 2 UN/acre, il devient nécessaire d'épandre le fumier à forte dose sur des terres portant des légumineuses ou sur des terres où le maïs est cultivé continuellement.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

Abaisser le rapport nombre d'animaux/unité de superficie :

  • si votre rapport UN/acre est inférieur à 0,6, cela veut dire que vous disposez d'une superficie suffisante pour épandre correctement votre fumier. Que vous soyez propriétaire ou locataire de ces terres, ou que vous vous soyez entendu avec d'autres agriculteurs pour qu'ils prennent votre fumier, ce rapport permet des taux d'épandages qui favorisent un bon rendement économique des cultures
  • si votre rapport UN/acre est supérieur à 1, vous avez intérêt à louer des terres ou à signer des conventions d'épandage; certains céréaliculteurs de l'Ontario sont prêts à payer pour recevoir des éléments nutritifs sous forme de fumier ou, dans certains cas, parce qu'ils veulent enrichir leurs sols en matière organique.

Sources d'information :

  • Règlement de l'Ontario 267/03 pris en application de la Loi sur la gestion des éléments nutritifs 2002, dans sa version la plus récente
  • Spécialiste de la gestion des éléments nutritifs

 

Situation - problème : 17-5 Taux d'épandage du fumier et détermination des doses d'engrais de complément (organiques et minéraux)

Taux d'épandage : voir le tableau des taux d'épandage de la fiche de travail 17 (page 179).

L'épandage de fumier et de déchets organiques à de fortes doses ou sur les mêmes terres année après année peut entraîner des concentrations excessives d'éléments nutritifs et un risque accru de ruissellement contaminé. Il est important que les apports d'azote ne dépassent pas ce que les cultures peuvent assimiler, puisque l'azote (surtout dans les sols sableux) est sujet au lessivage et peut contaminer l'eau souterraine. Le phosphore excédentaire peut se retrouver dans l'eau de surface et stimuler une croissance excessive de la végétation aquatique.

Dans l'idéal, une ferme doit disposer d'assez de terres pour ne pas avoir à épandre du fumier sur toute la superficie année après année. Elle peut ainsi opter pour de meilleures rotations culturales et équilibrer plus facilement les apports fertilisants.

Correction des doses d'engrais commerciaux

Il est important de se rappeler qu'il faut déduire des besoins nutritionnels de la culture les quantités d'éléments nutritifs apportés sous forme de fumier ou de matières organiques. Si l'on ne détermine pas la dose d'engrais commercial en fonction de la composition nutritive du fumier, on risque de surfertiliser les cultures, d'augmenter les coûts de production et de réduire la marge bénéficiaire.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

Épandre le fumier à des doses faibles ou moyennes sur moins de 50 % des terres cultivées et calculer les doses d'engrais commerciaux en conséquence :

  • n'épandez pas, sous forme de fumier, plus d'azote que la culture ne peut en assimiler durant la saison où le fumier est épandu
  • n'épandez pas, sous forme de fumier, plus de phosphore que les cultures de la rotation pourront en assimiler durant l'intervalle qui sépare les épandages
  • n'épandez pas à des taux qui laissent le fumier s'amasser par endroits ou glisser le long des pentes.

Épandez du fumier, chaque année, sur moins de 50 % des terres que vous cultivez. Il s'agit d'une règle importante pour tirer le meilleur parti économique des éléments nutritifs du fumier/matières organiques et réduire votre facture globale d'engrais commerciaux tout en réduisant le risque de hausser les niveaux de fertilité du sol au point d'accroître le risque pour l'environnement.

Réduisez les doses d'engrais commerciaux en tenant compte de la composition des fumiers et/ou des matières organiques que vous avez épandus.

Autrement dit : Besoins de la culture en éléments nutritifs - (éléments nutritifs apportés par le fumier + reliquats (« crédits ») d'épandages antérieurs) = éléments nutritifs à apporter sous forme d'engrais commerciaux.

Sources d'information :

  • Manuel sur la fertilité du sol, publication 611F du MAAARO
  • Guide agronomique des grandes cultures, publication 811F du MAAARO
  • Fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion des éléments nutritifs; commande no BMP 05F

 

Situation - problème : 17-6 Distance par rapport à l'eau de surface

Le fumier contient des substances qui peuvent devenir des contaminants quand elles se retrouvent dans une eau de surface. Il s'agit de l'ammoniaque, du phosphate, des bactéries et de la matière organique. Pour réduire le risque de contaminer les eaux de surface du voisinage, il faut éviter d'épandre le fumier sur une certaine largeur au bord des eaux de surface et des entrées de drains souterrains. En outre, les taux d'épandage doivent correspondre aux besoins de la culture et, s'il s'agit de lisier, les taux doivent être moins élevés que la normale pour éviter la formation de ruissellements.

Quand on épand du lisier, on doit déterminer les taux d'épandage en fonction de la pente du champ et de la texture du sol. Plus la pente est raide et plus le sol est argileux, et plus on doit réduire les taux pour limiter le risque de ruissellement du lisier.

Quand on épand du fumier près d'une eau de surface, on doit respecter une distance de retrait, mesurée à partir du haut de la berge, qui varie selon le type de produit épandu, le degré de la pente, les caractéristiques du sol et la méthode d'incorporation. La présence d'une bande filtrante de végétation au bord des eaux de surface contribue à réduire la quantité de sol et de contaminants qui risquent de rejoindre l'eau de surface.

On doit aussi éviter les secteurs des champs où les ruissellements concentrés peuvent se déverser dans une eau de surface, surtout au printemps, quand la neige fond, que les sols sont gorgés d'eau et que les pluies sont fréquentes, ce qui augmente le ruissellement et l'érosion pouvant contaminer l'eau de surface.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

Respecter une distance de séparation minimale près d'une eau de surface :

  • n'épandez pas de lisier à moins de 16 m (51 pi) d'une eau de surface; n'épandez pas de fumier solide à moins de 9 m (30 pi) d'une eau de surface
  • implantez et entretenez une bande tampon de végétation d'au moins 3 m (10 pi) de large le long de l'eau de surface et respectez les distances de retrait recommandées par rapport à l'eau de surface quand vous épandez du fumier ou des matières organiques
  • si la teneur en phosphore du sol dépasse 30 ppm, les apports de phosphore (toutes sources confondues) doivent, sur les parties du champ situées à moins de 200 pi d'une eau de surface, être inférieurs aux quantités que la culture peut assimiler (valeurs moyennes calculées sur la durée de la rotation culturale).

Option no 2 - Mesures correctives

Respecter la distance de retrait par rapport à l'eau de surface :

  • épandez le fumier en respectant les distances de retrait indiquées dans le tableau 15 du logiciel NMAN ou du cahier de gestion des éléments nutritifs
  • maintenez le long de l'eau de surface une bande tampon permanente de végétation d'une largeur d'au moins 3 m (10 pi) (calculée à partir du haut de la berge)
  • si la teneur en phosphore du sol dépasse 30 ppm, les apports de phosphore (toutes sources confondues) doivent, sur les parties du champ situées à moins de 200 pi d'une eau de surface, être inférieurs aux quantités que la culture peut assimiler (valeurs moyennes calculées sur la durée de la rotation culturale).

Sources d'information :

  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion des éléments nutritifs, commande no BMP 05F; Gestion du fumier, 2005 commande no BMP 16F

 

Situation - problème : 17-7 Migration des nitrates jusqu'à l'eau souterraine

Notions fondamentales concernant l'azote C'est en automne, en hiver et au début du printemps, quand les cultures ne poussent pas, que le risque de percolation des nitrates au-dessous de la zone racinaire est le plus élevé. Les sources de nitrates incluent l'azote subsistant dans le sol après la récolte (les apports d'azote ont dépassé les besoins de la culture) et l'azote apporté par un épandage de fumier en automne.

L'azote du fumier est principalement de l'azote ammoniacal et et de l'azote organique. Sous sa forme ammoniacale, l'azote se transforme rapidement en nitrates durant l'époque où les conditions de croissance sont bonnes (à la fin de l'été).

Le risque que les nitrates descendent dans le sol jusqu'à la nappe d'eau souterraine est le plus élevé lorsque le fumier est épandu après la récolte des céréales, à la fin de l'été et au début de l'automne, sur les sols sablonneux non occupés par une culture (sans plantes couvre-sol).

Le fumier épandu l'automne sur les sols argileux et les loams argileux est peu susceptible d'être entraîné par lessivage au-dessous de la zone racinaire; par contre la perte due à la dénitrification (N2 ou N20) augmente.

L'azote (N) est présent dans le sol et les matières organiques sous trois formes principales : azote ammoniacal, azote nitrique et azote organique.

Le plus gros de l'azote ammoniacal se transforme en azote nitrique dans le sol avant d'être assimilé par les plantes.

L'azote est surtout présent dans le fumier sous forme organique; avant d'être assimilable par les plantes, l'azote organique doit se transformer en azote ammoniacal. Le rythme auquel il passe d'une forme à l'autre dépend de la température, de l'humidité et de la dégradabilité de la matière organique.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

  • si vous épandez des éléments nutritifs en automne, semez des cultures couvre-sol qui assimileront de l'azote et le maintiendront dans le sol sous une forme organique; exemples de couvre-sols : le trèfle rouge, le radis oléagineux, l'avoine ou l'orge, une levée uniforme de blé spontané, un blé d'automne, etc.
  • si vous voulez que le blé spontané tienne lieu de couvre-sol et que vous récoltiez le blé avec une moissonneuse-batteuse à large coupe, pensez à éparpiller les andains de paille pour rendre la levée plus uniforme
  • les mauvaises herbes ne doivent pas servir de plantes couvre-sol parce qu'elles risquent d'infester les cultures suivantes.

Option no 2 - Mesure corrective

  • quand vous épandez en automne, épandez si possible à la fin de l'automne (avant que le sol ne soit pris par le gel)

Option no 3- Mesure corrective

  • épandez le fumier au printemps, dans toute la mesure du possible, au moment le plus rapproché de celui où la culture pourra assimiler l'azote; cette pratique est optimale tant du point de vue du rendement de la culture que de celui de l'utilisation de l'azote.

Sources d'information :

  • Fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion des éléments nutritifs, commande no BMP 05F

 

Situation - problème : 17-8 Distance par rapport aux puits

Les puits peuvent devenir contaminés à la suite de deux processus différents :

  • le puits a été mal construit et les eaux contaminées qui ruissellent à la surface du sol s'écoulent en direction du puits et parviennent à s'y frayer un chemin;
  • les eaux contaminées qui ruissellent à la surface du sol s'infiltrent dans le sol et descendent jusqu'à la nappe d'eau qui alimente le puits.

Plus le puits est superficiel ou mal construit, plus le risque est grand que les contaminants entrent dans la nappe d'eau qui alimente le puits.

Les puits qui ont été abandonnés sans avoir été convenablement obturés constituent une voie de passage directe vers l'eau souterraine. Si du fumier est épandu directement au-dessus d'un puits abandonné caché sous la surface du sol, le risque que les contaminants entrent dans l'eau souterraine est élevé.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

  • aucun épandage d'engrais commercial dans un rayon de 3 m (10 pi) autour d'un puits foré à la sondeuse ou d'un puits creusé (puits ordinaire)
  • aucun épandage d'éléments nutritifs, de quelque sorte qu'ils soient, dans un rayon de 100 m (330 pi) autour d'un puits municipal; une distance de retrait de 330 pi couvre l'essentiel de la « zone de captage des eaux de 2 ans », en d'autres termes, la zone où l'eau qui s'infiltre dans le sol au-dessous de la rhizosphère met deux ans pour atteindre l'eau souterraine
  • aucun épandage de fumier dans un rayon de 15 m (50 pi) autour d'un puits foré à la sondeuse qui descend à au moins 50 pi et dont le tubage étanche descend à au moins 20 pi sous le niveau du sol
  • aucun épandage de fumier dans un rayon de 30 m (100 pi) autour d'un puits privé dont le type est différent de celui qui est visé au point précédent (par exemple, puits creusé, pointes filtrantes, puits foré de faible profondeur, etc.)
  • aucun épandage de matières de source non agricole dans un rayon de 90 m (300 pi) autour d'un puits creusé (puits ordinaire) ou de 15 m (50 pi) d'un puits foré à la sondeuse.

Sources d'information :

  • Fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales : Pour garantir la salubrité de l'eau de votre puits (Trousse de documentation pour vous aider à prendre soin de votre puits), commande no BMP 12KF (disponible auprès du MEO ou du MAAARO)

 

Situation - problème : 17-9 Analyses des fumiers et étalonnage des équipements d'épandage

Analyses des fumiers

Il existe de nombreux types de fumiers et d'autres matières organiques qui diffèrent beaucoup du point de vue de la valeur nutritive; d'ailleurs, celle-ci varie aussi pour un même type de fumier ou de matière. Quand on fait analyser le fumier pour titrer des éléments en particulier, dont l'azote, on peut se faire une idée plus exacte de la quantité d'éléments nutritifs que l'on épand sur les terres. On peut alors déterminer s'il faut épandre des engrais complémentaires pour la culture projetée et, si oui, à quelle dose. Les données précises sur les éléments nutritifs du fumier (exprimées en équivalents engrais commerciaux) sont également utiles lorsqu'on désire conclure des conventions d'épandage ou vendre du fumier à d'autres agriculteurs.

Réglage et étalonnage des épandeurs

Il est également important de mesurer le débit d'épandage et d'assurer l'uniformité des épandages en réglant le matériel. On peut ainsi mieux éviter d'épandre insuffisamment ou trop d'éléments nutritifs. L'uniformité du débit et de l'éparpillement est importante pour que toutes les parties des champs reçoivent des taux constants d'éléments nutritifs.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

  • commencez en supposant que votre fumier a une valeur nutritive qui se situe dans la moyenne. Durant les épandages, prenez un échantillon composite représentatif (chaque fois que vous videz une fosse, pendant deux ans ou jusqu'à ce que vous ayez la conviction que les résultats de l'analyse représentent bien le fumier épandu). En ce qui concerne le lisier, remplissez un bocal à échantillon en plastique à moitié (en prévision d'une expansion possible, sans risque de fuite). Gardez l'échantillon au frais jusqu'au moment de l'envoyer au laboratoire par service de messagerie. Les résultats des analyses vous aideront à voir comment vos pratiques d'élevage influent sur les teneurs en éléments nutritifs du fumier. Vous serez probablement amené à corriger les doses d'engrais commercial pour répondre aux besoins des cultures
  • l'analyse du fumier doit porter sur l'azote total, l'azote ammoniacal, le phosphore, la potasse et la matière sèche. Ce genre d'analyse peut être fait dans n'importe quel laboratoire de l'Ontario accrédité pour faire des analyses de sol
  • le rapport d'analyse du fumier vous donnera des indications quant à la teneur en azote; toutefois, le fumier perd beaucoup de son azote dès qu'il est épandu s'il n'est pas enfoui rapidement et s'il est épandu en dehors de la saison de végétation ou durant une période prolongée de temps pluvieux
  • seule une petite proportion (environ 20 %) de l'azote organique du fumier est biodisponible pour les cultures. Cette proportion varie selon le type d'animal, la litière, les conditions météorologiques et la teneur en matière organique du sol. Le reste de l'azote organique deviendra assimilable au fil du temps
  • mesurez le débit d'épandage du fumier/matière organique. Un bon point de départ consiste à régler l'épandeur en suivant les instructions du manuel fourni par le fabricant, mais ensuite, un étalonnage au champ vous donnera la mesure la plus exacte du débit auquel l'appareil distribue effectivement le fumier/matière organique. Les étalonnages du matériel associés aux analyses du fumier et/ou de la matière sont les meilleures options pour pouvoir tenir de bons registres sur les taux d'épandage et les matières épandues.

 

Situation - problème : 17-10 État du sol au moment de l'épandage du fumier ou de la matière organique

Il vaut mieux éviter d'épandre du fumier ou des matières organiques quand le sol est détrempé à cause du risque accru de compaction du sol. La compaction du sol ralentit l'infiltration, augmente le risque de ruissellement et diminue l'état de santé global du sol. Les cultures semées sur des sols compactés ont souvent de moins bons rendements et sont plus prédisposées aux maladies des racines.

Éviter d'épandre à la surface du sol du fumier ou des matières organiques sur les champs en pente raide, surtout s'ils bordent une eau de surface. Le risque de contamination de l'eau de surface causée par le ruissellement augmente avec la pente.

Éviter d'épandre du fumier quand la météo annonce des intempéries, car le fumier sera lessivé par la pluie et contaminera les ruissellements qui iront se déverser dans une eau de surface. Dans toute la mesure du possible, incorporer le fumier dans le sol avant l'arrivée de la pluie.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Autant que possible, épandre seulement quand toutes les conditions suivantes sont réunies :

  • pour réduire le risque de compaction, le sol est suffisamment sec pour subir un travail préalable et/ou un sarclage
  • le sol ne présente pas de crevasses en surface
  • le champ a été préalablement travaillé (si la matière est du lisier) moins d'une semaine avant l'épandage et/ou on épand le lisier selon un taux moindre
  • des intempéries (fortes pluies) ne sont pas prévues dans les 24 heures, au moins. S'il y a un risque de très mauvais temps (orages), il convient d'incorporer immédiatement le fumier/lisier.

Sources d'information :

  • Guide agronomique des grandes cultures, publication no 811F du MAAARO
  • Fascicule des Pratiques de gestion optimales : Gestion du sol, commande no BMP 06F, p. 34-39

 

Situation - problème : 17-11 Délai entre l'épandage et l'incorporation

Dans le lisier, le plus gros (50 % à plus de 75 %) de l'azote total est sous forme ammoniacale. Or, cette forme d'azote se perd facilement dans l'atmosphère par volatilisation. Quand on n'incorpore pas immédiatement le fumier, le risque d'odeurs s'élève et la forme ammoniacale de l'azote risque davantage de se dissiper dans l'atmosphère sous forme gazeuse. Ce risque est à son plus haut niveau par temps très chaud et sec. Dans ces conditions, le lisier épandu à la surface du sol peut perdre jusqu'à 90 % de son azote ammoniacal en seulement quelques jours.

Quand le fumier est épandu sur des champs portant une culture sur pied ou une bonne quantité de résidus de cultures, les pertes par volatilisation peuvent être importantes, mais moins que sur les sols nus.

Quand le fumier est épandu durant une période où la température du sol et de l'air est inférieure à 10°C, l'activité des organismes microbiens du sol est ralentie, ce qui réduit aussi le taux de volatilisation.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Incorporer le fumier dans le sol après l'épandage :

  • incorporez le lisier ou les autres matières organiques liquides moins de 24 heures après l'épandage, pour limiter la production d'odeur et la volatilisation de l'azote ammoniacal
  • incorporez le lisier ou les autres matières organiques dans le sol préalablement travaillé, avant que la pluie n'arrive.

Option No 2 - Mesure corrective

  • sur les pâtures, les prairies de fauche (pour la récolte de foin) ou les champs cultivés sans labour, épandez le fumier ou les autres matières organiques en tenant compte des besoins de la culture et des caractéristiques du terrain.

Sources d'information :

  • Manuel sur la fertilité du sol, publication 611F du MAAARO
  • Guide agronomique des grandes cultures, publication 811F du MAAARO
  • Fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion des éléments nutritifs, commande no BMP 05F

 

Situation - problème : 17-12 Se renseigner sur les méthodes d'épandage responsables

Il est important que les exploitants agricoles et les entrepreneurs de travaux agricoles suivent des cours de formation sur la gestion des éléments nutritifs. En préparant des plans de gestion des éléments nutritifs et en les appliquant, les exploitants et les entrepreneurs réduisent les risques associés aux épandages de fumier/matières organiques. Une bonne connaissance de la composition de la matière qu'ils épandent, de l'état de fertilité du sol, des besoins nutritionnels des cultures et des pratiques de gestion optimales leur permettra d'épandre le fumier de manière responsable du point de vue du sol et de l'environnement.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

S'informer sur les pratiques de gestion optimales :

  • Fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales (publiés en collaboration avec Agriculture Canada)
    • Gestion des fumiers
    • Gestion des éléments nutritifs
    • Planification de la gestion des éléments nutritifs
    • Bandes tampons
  • Fiches techniques publiées par le MAAARO

Suivre des cours de formation offerts par le MAAARO :

  • Cours sur les principes fondamentaux de la gestion des éléments nutritifs
  • Cours sur l'utilisation du logiciel de gestion des éléments nutritifs (NMAN)
  • Cours sur le Règlement sur la gestion des éléments nutritifs et les protocoles connexes
  • Cours sur les épandages (2005)

Mettre en pratique le savoir acquis durant les cours

Sources d'information :

Spécialiste de la gestion des éléments nutritifs du MAAARO

 

Situation - problème : 17-13 Épandage de fumier en hiver

En hiver, il se présente parfois des périodes où les conditions permettent des épandages de fumier avec incorporation immédiate. Toutefois, l'épandage de fumier en hiver ne doit jamais faire partie d'un plan de gestion, mais être envisagé comme solution de dernier recours en cas d'imprévus. Quand le sol est gelé et/ou enneigé, le fumier qui est épandu en surface a peu de chances de pouvoir s'infiltrer dans le sol. Les périodes de fonte des neiges coïncident souvent avec un temps pluvieux, ce qui donne lieu à des ruissellements d'eau contaminée par le fumier qui s'écouleront jusque dans les eaux de surface (cours d'eau, etc.), ou à la concentration d'éléments nutritifs du fumier dans les creux de terrain.

Quand les épandages d'hiver font partie des mesures à mettre en œuvre en cas d'urgence pour pallier un manque de capacité de stockage, on doit évaluer les risques que cela entraîne et déterminer lesquels des champs présentent le plus faible risque de contamination des eaux de surface.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

  • si l'on se trouve dans l'obligation d'épandre du fumier à la surface du sol, alors que le sol est gelé ou enneigé, on doit choisir les terres qui sont le plus loin possible d'une eau de surface et dont la partie située à moins de 100 m du haut de la berge a une pente inférieure à 3 %, s'il s'agit de lisier; s'il s'agit de fumier solide, choisir des champs dont la pente est inférieure à 6 %.
  • si l'on se trouve dans l'obligation d'épandre du fumier, choisir des champs qui ont moins de 6 pouces de neige
  • incorporer le lisier (fumier liquide) moins de six heures après l'épandage.
  • incorporer le fumier solide le jour même de l'épandage

Option no 2 - Mesure corrective

  • quand il faut vider une fosse qui menace de déborder, essayez de trouver une capacité de stockage de secours
  • peut-être y a-t-il dans le voisinage des exploitations qui ne gardent plus d'animaux ou qui ont une capacité de stockage excédant leurs besoins.

Sources d'information :

  • Fascicule de la série des Pratiques de gestion optimales : Gestion des éléments nutritifs, commande no BMP 05F

 

Situation - problème : 17-14 Transport et transfert de fumier depuis l'installation de stockage jusqu'au champ

Il est extrêmement important de prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter les fuites ou les déversements de fumier. Le fumier répandu ou déversé peut s'écouler sur le sol pour rejoindre une eau de surface ou s'infiltrer à travers le sol pour rejoindre les nappes d'eau souterraine, ce qui pourrait contaminer l'approvisionnement en eau potable et détériorer les habitats aquatiques. Les déversements peuvent aussi contaminer le sol à l'endroit touché en y élevant fortement les teneurs en éléments nutritifs, ce qui sera néfaste au développement des cultures.

Pendant le transport du fumier jusqu'au champ, on doit penser à ménager la route ou le chemin en limitant le poids du véhicule (charge à l'essieu). On ne doit jamais répandre du fumier sur la chaussée.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Signaler immédiatement tout déversement au ministère de l'Environnement :

  • mettez fin immédiatement aux petites fuites en réparant le matériel et en ramassant le fumier qui s'est répandu
  • ayez en place un plan d'urgence qui décrit la conduite à tenir en cas de déversement de fumier
  • signalez immédiatement tout déversement au Centre d'intervention en cas de déversement du ministère de l'Environnement, en appelant au 1 800 268-6060
  • éliminez la source du déversement en arrêtant le fonctionnement de la pompe, en bouchant les sorties de drains, en colmatant les fuites et en réparant les raccords ou conduits défectueux
  • endiguez le matériau qui s'est répandu avec des levées de terre, des balles de paille ou des sacs de sable
  • ramassez le fumier ou la matière organique répandue et épandez-les sur les champs selon les taux recommandés
  • pour éviter que le fumier recouvre le chemin ou la route, pensez à épandre sur la zone située près de l'entrée du champ seulement avec le dernier voyage de fumier
  • prolongez l'orifice de chargement de l'épandeur par une cheminée ou un manchon de manière que le lisier ne se répande pas sur la route chaque fois qu'il ballotte à l'intérieur de la cuve au moment où le tracteur s'arrête et repart
  • tenez compte de l'époque de l'année pour épandre et respectez les barrières de dégel que la municipalité peut imposer (restriction de la circulation avec des véhicules lourds lorsque le dégel fragilise les routes).

Sources d'information :

  • Plans d'urgence à la ferme, 2005

 

Situation - problème : 17-15 Utilisation d'un système d'épandage de lisier à écoulement direct

Le dysfonctionnement d'une installation de pompage laissée sans surveillance peut aboutir au déversement d'énormes quantités de fumier qui contamineront le sol et l'eau.

Pour éviter les déversements, il faut pouvoir être en mesure d'arrêter le fonctionnement d'un système à écoulement direct dans un délai très court. Pour cela, soit deux personnes surveillent le fonctionnement du système et sont en communication radio constante, soit le système est équipé d'un dispositif permettant d'en commander l'arrêt à distance.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

Pouvoir arrêter le pompage en moins d'une minute :

  • une personne fait fonctionner le système : elle doit avoir une vue dégagée du champ où se trouve le matériel d'épandage et elle doit être assez près des fosses et de la pompe pour pouvoir interrompre le système en moins d'une minute si elle constate un problème.

Option no 2 - Mesure corrective

Pouvoir arrêter le pompage au premier signe de problème :

  • deux personnes font fonctionner le système : elles demeurent en contact radio tout au long de l'épandage de manière à pouvoir interrompre le pompage dès le premier signe de problème.

Option no 3 - Mesure corrective

Pouvoir arrêter le pompage au premier signe de problème :

  • une personne fait fonctionner le système : elle a la possibilité d'interrompre le pompage au premier signe de problème, à l'aide d'une télécommande.

Sources d'information :

  • Dispositifs d'arrêt automatiques et télécommandés des systèmes d'épandage par écoulement direct de fumier liquide, fiche technique no 04-092 du MAAARO

 

Situation - problème : 17-16 Épandage de lisier/matière organique liquide sur des champs drainés direct

Les terres drainées par réseau souterrain présentent bien des avantages; par contre, quand il s'agit d'y épandre du lisier, il faut prendre encore plus de précautions pour éviter que le lisier n'emprunte les macropores du sol (écoulement préférentiel) pour rentrer directement dans les drains.

Il convient de briser les macropores et les crevasses du sol avant d'épandre pour que le lisier ne puisse pas s'y infiltrer. Les organismes pathogènes et les éléments nutritifs, dont l'azote ammoniacal et le phosphore, sont les éléments qui sont les susceptibles de contaminer les eaux de surface.

Généralement, plus le taux d'épandage est élevé, plus le risque d'écoulement préférentiel par les drains souterrains augmente. Quand un épandage de fumier solide ou de lisier est suivi d'une pluie, le risque d'écoulement préférentiel s'élève également. Il est conseillé de reporter l'épandage ou d'incorporer le fumier aussi vite que possible après quand la météo annonce de la pluie.

Si vos terres sont drainées par drains souterrains, il est important de faire en sorte que les drains ne puissent pas recueillir les éléments nutritifs du fumier et les évacuer dans l'eau de surface. Si de l'eau contaminée par du fumier pénètre dans les drains souterrains, il faut faire le nécessaire pour régler le problème.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesures correctives

Surveiller les drains et intervenir immédiatement si du fumier en sort :

  • voici comment procéder pour faire un essai d'épandage sur un endroit du champ situé au-dessus d'un drain « représentatif » et observer si du lisier sort du drain, ou pour surveiller les drains durant l'épandage :
  • observez les drains 1 à 10 minutes après le début de l'épandage
  • observez les drains une fois par heure si le taux d'épandage >20 000 gal/h
  • observez les drains chaque fois que 20 000 gallons ont été épandus
  • le cas échéant, utilisez les systèmes automatisés de détection continue
  • cessez l'épandage si vous observez du fumier dans les drains
  • bouchez les sorties de drains
  • si le fumier se déverse dans une eau de surface (cours d'eau, fleuve, rivière, etc.), appelez en premier le Centre d'intervention en cas de déversement. Le plan d'urgence qui fait partie du PGEN ou le plan d'urgence qui fait partie du PAE contient les numéros de téléphone des personnes et organismes à appeler
  • éliminez l'eau contaminée du réseau de drains. Pour cela, vous pouvez utilisez une citerne à vide (tonne à lisier) et épandez le liquide ainsi récupéré sur une terre où il y a peu de risque que celui-ci trouve un chemin jusqu'à un drain souterrain.

Option no 2 - Mesure corrective

  • sarclez ou travaillez le sol préalablement (moins d'une semaine avant l'épandage) pour éviter que le fumier s'écoule dans les crevasses du sol asséché ou dans les galeries creusées par les vers de terre ou laissées par d'anciennes racines.

Option no 3 - Mesure corrective

Quand on ne sait pas où se trouvent les sorties de drains, épandre avec prudence pour éviter l'écoulement du lisier dans le réseau de drains souterrains :

  • épandez le lisier à faible dose - moins de 3 600 gal/ac - en restant à bonne distance des entrées de drains, surtout dans les champs où vous pratiquez le semis direct.

Sources d'information :

  • La Loi sur la gestion des éléments nutritifs, 2002, le Règlement de l'Ontario 267/03, dans sa version la plus récente, et les protocoles associés

 

Matières nutritives de source non agricole

Situation - problème : 17-17 Biosolides : boues de stations d'épuration ou de fosses septiques, déchets de la transformation d'aliments, composts et déchets municipaux ou industriels.

On peut fertiliser des terres cultivées avec des matières nutritives produites ailleurs que sur des fermes. Avant de les épandre cependant, il est obligatoire d'obtenir un certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement. Les matières nutritives de source non agricole sont visées par des restrictions et/ou des limites en ce qui concerne leurs teneurs en métaux, les taux d'épandage, l'époque des épandages et les distances de séparation, qui sont plus sévères que celles qui visent les épandages de fumier.

Que pouvez-vous faire?

Option no 1 - Mesure corrective

S'assurer d'obtenir tous les permis exigés, de respecter toutes les dispositions réglementaires et d'observer les distances de séparation pendant les épandages :

  • avant d'épandre une matière de source non agricole sur vos terres, vous devez avoir obtenu un certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement
  • vous déterminez les doses d'engrais complémentaires dont vos cultures ont besoin en tenant compte des quantités d'éléments nutritifs qui sont apportés par les matières de source non agricole. S'il y a eu un ou des épandages de matières nutritives de source non agricole, comme des boues de station d'épuration, au cours des 5 dernières années, vous devez tenir compte des quantités d'éléments nutritifs que ces matières ont laissés dans le sol (reliquats) et qui seront utilisables par les cultures des années suivantes
  • pendant les épandages au voisinage d'une eau de surface, vous respectez les distances de retrait spécifiées dans le PGEN et/ou le certificat d'autorisation, le minimum étant de 20 mètres (66 pi); vous n'épandez pas sur un rayon minimum de 15 m (50 pi) autour d'un puits foré à la sondeuse, de 90 m (300 pi) d'un puits creusé (puits ordinaire) et de 100 m (330 pi) d'un puits municipal.

Sources d'information :

  • Guidelines for the Utilization on Agricultural Lands of Biosolids and Other Wastes (lignes directrices sur l'utilisation de biosolides et autres déchets sur les terres agricoles, publiées conjointement par le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario et le ministère de l'Environnement de l'Ontario
    http://www.ene.gov.on.ca/envision/gp/3425e.pdf (en anglais seulement)

 

Fiches d’information - Table des matières

 

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca