Les incendies détables
: Un problème sans cesse croissant pour les agriculteurs de lOntario
- Questions et réponses : incendies détables
et dautres grands bâtiments agricoles
- Pourquoi les incendies détables et dautres
grands bâtiments agricoles soulèvent‑ils des préoccupations
croissantes?
- Quelles sont les principales causes des incendies qui
auraient pu être évités?
- Quelles sont les principales sources dinflammation?
- Pourquoi les installations électriques constituent‑elles
une source dinflammation aussi courante?
- Quelles mesures peuvent être prises pour minimiser
ou éliminer les principales causes dinflammation dans les
nouveaux projets de construction ou dagrandissement de bâtiments
délevage?
- Quelles mesures peuvent être prises dans les bâtiments
délevage existants en ce qui a trait à lentretien
du matériel?
- Quelles mesures peuvent être prises dans les bâtiments
délevage existants en ce qui a trait à lentretien
général?
- Quelles mesures peuvent être prises dans les grands
bâtiments agricoles pour minimiser la propagation des flammes
et ainsi aider les pompiers à contenir et à éteindre
le feu?
- Le comité offrira‑il dautres renseignements?
Dans laffirmative, sur quoi portera linformation?
- Construction ou rénovation
de structures agricoles
Depuis cinq ans, les incendies détables et dautres
grands bâtiments agricoles suscitent de plus en plus de préoccupations.
Lévolution vers des exploitations agricoles de grande envergure
a davantage accru la nécessité de se pencher sur ce dossier.
À cette fin, le MAAARO a créé le Comité
consultatif technique de lutte contre les incendies à la ferme
qui est chargé dexaminer les risques des incendies pour
les travailleurs agricoles et les intervenants durgence. Le mandat
du comité est de réduire les risques de pertes de vie
ou de biens en repérant les pratiques exemplaires du secteur
et en déterminant les modifications qui devront éventuellement
être apportés à la réglementation.
Voici la composition du comité :
-
Ontario Association of Fire Chiefs,
-
Bureau du commissaire des incendies de lOntario,
-
représentants du service du bâtiment municipal,
-
entrepreneurs en construction de bâtiments agricoles et ingénieurs
en conception de bâtiments agricoles,
-
secteur des assurances,
-
Canadian Farm Builders Association,
-
Ontario Pork,
-
ministère des Affaires municipales et du Logement de lOntario,
-
ministère de lAgriculture, de lAlimentation
et des Affaires rurales de lOntario.
Le présent document, qui a été rédigé
par le Comité consultatif technique de lutte contre les incendies
à la ferme, répond à de nombreuses questions quon
se pose dans le secteur.
Question : Pourquoi les incendies détables
et dautres grands bâtiments agricoles soulèvent‑ils
des préoccupations croissantes?
À mesure que les exploitations agricoles ont pris de lexpansion,
les bàtiments quelles renferment ont gagné en taille
et en valeur. En conséquence, il est plus difficile déteindre
les incendies qui prennent naissance dans les importants bâtiments
agricoles, et les pertes pécuniaires qui en découlent sont
considérablement plus élevées. Selon les données
du Bureau du commissaire des incendies de lOntario, le nombre dincendies
de bâtiments agricoles survenues de 2004 à 2007 se sont élevés
à :
-
196 en 2004 (pertes de 30,1 millions de dollars),
-
223 en 2005 (pertes de 25,3 millions de dollars),
-
205 en 2006 (pertes de 34,4 millions de dollars),
-
241 en 2007 (pertes de 57,6 millions de dollars).
Les pertes précisées englobent le coût des bâtiments,mais
non celui du matériel, des produits agricoles et du bétail.
Heureusement, ces incendies nont causé aucune perte de vie
humaine à ce jour.

Figure 1. Bâtiment dimportance historique en flammes.
Photo : avec la permission de John Johnson.
Question : Quelles sont les principales causes
des incendies qui auraient pu être évités?
Daprès les données relatives aux causes des incendies
qui ont eu lieu de 2004 à 2007 fournies par le Bureau du commissaire
des incendies de lOntario, les principales causes des incendies
jugées évitables au cours de chacune de ces années
sont les suivantes :
-
défaillances des installations mécaniques/électriques,
-
utilisation impropre dune source dinflammation/du matériel,
-
défauts de conception/construction ou lacunes dentretien.
Question : Quelles sont les principales sources
dinflammation?
Les données révèlent que les principales sources
dinflammation se classent dans lune des catégories
suivantes :
-
sources diverses (réaction chimique p. ex.,
inflammation spontanée, éclair, etc.),
-
installations électriques (câblage du circuit, matériel
de distribution, rallonge, etc.),
-
appareils de chauffage (chauffage central, tuyaux de raccordement,
radiateur électrique portatif, etc.).
-
flamme nue (découpage/soudage, chalumeau, articles de fumeurs,
etc.).
Question : Pourquoi les installations électriques
constituent‑elles une source dinflammation aussi courante?
Le secteur des assurances ainsi que lOffice de la sécurité
des installations électriques (OSIE) se sont penchés sur
cette question. Il a été déterminé que le
milieu corrosif caractérisant les bâtiments délevage
constitue la cause première de la détérioration
ou de la défaillance du matériel électrique. La
détérioration se manifeste habituellement sous forme de
corrosion des éléments métalliques exposés,
c.‑à‑d. des fils et des raccordements électriques,
etc. La corrosion accroît la résistance, ce qui ralentit
le passage du courant électrique. En outre, et ce qui importe
davantage, la résistance accrue favorise la transformation de
lénergie électrique en chaleur. À mesure
que la corrosion augmente, la chaleur peut atteindre les températures
dinflammation des matériaux contigus aux installations
électriques.

Figure 2. Bâtiment en flammes. Photo : avec la permission
de Randy Drysdale.
Question : Quelles mesures peuvent être
prises pour minimiser ou éliminer les principales causes dinflammation
dans les nouveaux projets de construction ou dagrandissement de
bâtiments délevage?
En juillet 2008, lOffice de la sécurité des installations
électriques (OSIE) a publié le Bulletin 22-3-1 dans lequel
il exigeait que toutes les installations électriques des enceintes
fermées pour animaux dans les bâtiments délevage
satisfassent aux exigences des lieux des catégories 1 (humidité
élevée) et 2 (vapeurs et liquides corrosifs). Le bulletin
précise également le type de matériaux à
employer dans de tels milieux (p. ex., conducteurs et faisceaux
de câbles en cuivre).
LOSIE exige en outre que tout le matériel non essentiel
et les équipements dotés des dispositifs de protection
contre les surintensités soient isolés des enceintes fermées
des animaux et soient situés à des endroits alimentés
en air à température contrôlée, propre et
sec. Pour plus de renseignements à ce sujet, visitez www.esainspection.net
(seulement en anglais).
La construction de salles électriques/mécaniques distinctes
pour loger les tableaux de distribution et le matériel similaire
constitue une pratique exemplaire, car cette mesure permet :
-
de protéger le matériel contre lhumidité
corrosive des bâtiments,
-
dinstaller le matériel dans des salles résistantes
au feu de manière à minimiser la propagation des flammes
en cas dincendie.
Question : Quelles mesures peuvent être
prises dans les bâtiments délevage existants en ce
qui a trait à lentretien du matériel?
Veiller à ce quun électricien qualifié examine
régulièrement les installations électriques et
mécaniques dans les bâtiments délevage en
claustration afin dy repérer tout signe de détérioration
ou de corrosion. Tous les éléments jugés dangereux
ou dans un état douteux doivent être réparés
ou remplacés sur‑le‑champ.
Question : Quelles mesures peuvent être
prises dans les bâtiments délevage existants en ce
qui a trait à lentretien général?
Faire le nettoyage régulier des lieux aux abords des bâtiments
de manière à éliminer les matières éventuellement
combustibles : p. ex., fauchage de la végétation
entourant les bâtiments, enlèvement régulier des
déchets à lintérieur et aux environs des
bâtiments, etc. De plus, tous les arbres à proximité
immédiate des bâtiments doivent être élagués
ou coupés.
Sassurer que les installations de stockage propres de carburant
aux exploitations sont situées à bonne distance des bâtiments
et en assurer une gestion appropriée. De telles mesures permettent
de veiller à ce que les vapeurs inflammables libérées
durant le ravitaillement des véhicules ou le remplissage des
réservoirs ne soient pas entraînées à lintérieur
des bâtiments agricoles, mais quelles se dissipent dans
latmosphère.

Figure 3. Photographie infrarouge des éléments
dun tableau de distribution. Photo : avec la permission de
Randy Drysdale
Question : Quelles mesures peuvent être
prises dans les grands bâtiments agricoles pour minimiser la propagation
des flammes et ainsi aider les pompiers à contenir et à
éteindre le feu?
Linstallation de coupe-feu dans les grands bâtiments et
laménagement dun chemin carrossable en toute saison
permettant de circuler tout autour des lieux afin dy faciliter
laccès du matériel de lutte contre les incendies
constituent deux mesures initiales.
Le Code national de construction des bâtiments agricoles (CNCBA)
précise une superficie maximale à respecter dans les bâtiments
agricoles à faible charge doccupation humaine. Cette limite
est de 4 800 m2 (51 600 pi. ca.)
dans le cas dun bâtiment à un seul niveau, et de
2 400 m2 ( 25 800 pi. ca.) dans
le cas dun bâtiment à deux niveaux. Pour sy
conformer, les salles doivent être munies de séparations
coupe-feu ayant un degré de résistance au feu dau
moins 1 h.
De plus, selon le CNCBA (1995), les vides de construction dans les
plafonds, les toits ou les combles doivent être divisés
au moyen de séparations coupe-feu pour quils nexcèdent
une dimension limite de 30 m (100 pi) en aucun endroit.
En vertu du Code du bâtiment de lOntario, lisolation
des surfaces intérieures des bâtiments au moyen de matière
plastique expansée exposée est interdite. Comme cet isolant
est combustible, dans les bâtiments, il doit être recouvert
ou protégé au moyen de matériaux résistants
au feu.
Un chemin carrossable en toute saison pouvant supporter le poids du
matériel lourd doit être aménagé tout autour
des lieux des bâtiments et doit être entretenu de manière
à être utilisable tous les jours de lannée.
Dans tous les bâtiments, un extincteur de classe ABC dau
moins cinq livres doit être prévu à chacune des
sorties et dans chacune des salles mécaniques et des dépôts
à nourriture. Dans les bâtiments équipés
dun générateur de secours, la salle qui le renferme
doit être munie dun extincteur de classe ABC dau moins
dix livres.
Question : Le comité offrira‑il
dautres renseignements? Dans laffirmative, sur quoi portera
linformation?
Le comité expliquera plusieurs pratiques exemplaires en matière
de construction ou de rénovation des bâtiments agricoles
qui peuvent être adoptées aux fins suivantes :
-
minimiser les risques dincendie (p. ex., méthode
de construction, choix des matériaux et nettoyage ou entretien
régulier),
-
en cas dincendie, éviter la propagation du feu au
sein du bâtiment pour permettre aux pompiers de le combattre
plus facilement.

Figure 4. Bâtiment incendié. Remarquez la taille
de lexcavatrice par rapport au bâtiment. Photo : avec
la permission de Randy Drysdale.