La
prospection, la production et la réglementation des gisements pétrolifères
et gaziers sur les fermes de l'Ontario Table des matières
- Introduction
- Origine
et occurrence du pétrole et du gaz naturel
- Location
de droits miniers
- Prospection
- Certaines
inquiétudes reliées à l'exploitation d'un puits de gaz naturel
- Loi sur les ressources en pétrole, en gaz et
en sel
- Colmatage et fermeture de puits
- Résumé
et Remerciements
- Sources d'information
IntroductionLa
majeure partie du pétrole brut et du gaz naturel consommée en Ontario
provient de l'Ouest canadien, mais certains puits situés dans le sud de
l'Ontario en produisent aussi de grandes quantités. Le pétrole et
le gaz sont des ressources de grande valeur et leur exploitation peut être
une source de revenus pour les propriétaires fonciers. L'industrie
pétrolière nord-américaine a vu le jour en 1858 dans le comté
de Lambton. Des milliers de puits avaient alors été forés
dans la foulée des chercheurs de fortune. On croit que jusqu'à 50
000 puits ont été forés en Ontario, même si les registres
disponibles en recensent seulement 20 000. Actuellement, 1 100 puits de pétrole
et 1 200 puits de gaz sont en production commerciale. Il existe aussi dans certaines
parties du sud de l'Ontario des puits de gaz privés pour exploitation non
commerciale. Origine et occurrence
du pétrole et du gaz naturelLe pétrole et le gaz naturel
sont tirés de bassins sédimentaires, soit des formations rocheuses
sous le lit des anciennes mers. Il y a quatre bassins sédimentaires en
Ontario : les bassins des Appalaches, du lac Michigan, de la baie d'Hudson et
de la rivière Moose. Bien que tous ces bassins contiennent potentiellement
des gisements de pétrole et de gaz naturel, la production commerciale ne
se fait actuellement que dans le sud de l'Ontario. Il n'y a pas de pétrole
ni de gaz naturel dans les roches cristallines du Bouclier canadien. Figure
1. Les bassins sédimentaires et les régions de l'Ontario potentiellement
riches en pétrole et en sel. 
De l'eau peut être emprisonnée avec les hydrocarbures. Cette
eau de formation contient des minéraux dissous et, en Ontario, elle est
habituellement très salée. Certaines eaux de formation peuvent aussi
contenir de fortes concentrations d'hydrogène sulfuré dissous. Dans
le sud de l'Ontario, l'eau douce se retrouve habituellement dans les sédiments
glaciaires qui recouvrent le substratum rocheux ou dans les quelques premiers
mètres du substratum. Il est probable que les puits forés trop profondément
dans le substratum rencontrent des eaux de formation salées ou minéralisées.
Les
accumulations de pétrole et de gaz naturel dans la roche sédimentaire,
que la ressource soit seule ou en combinaison avec l'autre ou avec de l'eau, sont
désignées par le terme gisement (espaces emprisonnés entre
des couches de roche imperméable). La figure 2 donne une illustration de
certains types de gisements les plus communs. Dans le sud de l'Ontario, on a trouvé
des gisements pétrolifères et gaziers commerciaux dans plusieurs
strates souterraines, à des profondeurs allant de 100 mètres (328
pieds) à plus de 1 100 mètres (3 600 pieds). Figure
2. Types de gisements pétrolifères et gaziers que l'on trouve
dans le sud de l'Ontario. 
Location
de droits miniersDans la majeure partie du sud-ouest ontarien, les propriétaires
fonciers possèdent tous les droits miniers, y compris le pétrole
et le gaz qui se trouvent dans le sous-sol de leurs propriétés.
Compte tenu de la nature spéculative, des coûts élevés
et de la complexité du travail, il est rare que les propriétaires
individuels procèdent eux-mêmes au forage sur leurs terrains. Les
entreprises de l'industrie des ressources mènent la plupart des activités
de prospection. Ces entreprises louent habituellement les droits miniers du propriétaire
foncier, afin de pouvoir effectuer des recherches de gisements pétrolifères,
gaziers ou minéraux. La plupart des compagnies pétrolières
de l'Ontario font appel aux services d'entreprises spécialisées
dans la location de terrain qui agissent en leur nom. La propriété
en common law des droits miniers peut être déterminée par
une recherche de titre au Bureau d'enregistrement immobilier local. Le bail
de prospection pétrolifère et gazière permet la prospection
et la production de pétrole ou de gaz naturel ou des deux. Le bail de stockage
du gaz permet le stockage du gaz naturel, qui provient habituellement de l'Ouest
canadien, dans des réservoirs souterrains en vue d'un usage ultérieur.
Le bail de stockage est généralement différent du bail de
prospection pétrolifère et gazière. Les baux sont des documents
légaux et le propriétaire foncier peut faire appel à un conseiller
juridique familier avec les questions sur le pétrole et le gaz naturel
avant de les signer. On sait que dans certains secteurs de la péninsule
de Niagara, surtout dans les parties sud des municipalités de Haldimand-Norfolk
et de Niagara, les probabilités de trouver du gaz naturel sont plutôt
élevées. Certains propriétaires fonciers de ces régions
ont foré leurs propres puits de gaz ou ont repris la propriété
et l'exploitation de puits de gaz commerciaux qui n'étaient plus rentables
sur le plan économique. Ces propriétaires fonciers sont responsables
du colmatage adéquat des puits lorsque la production de gaz est terminée
et ils doivent se conformer aux normes et aux règlements gouvernementaux
en vigueur. ProspectionLa
prospection pétrolière et gazière est une entreprise très
risquée, coûteuse et complexe sur le plan technique. En Ontario,
il en coûte habituellement de 100 000 $ à 500 000 $ pour forer et
construire un puits de gaz ou de pétrole commercial. Les puits de
pétrole et de gaz forés en Ontario doivent être conformes
aux règlements et aux normes d'exploitation énoncés dans
la Loi sur les ressources en pétrole, en gaz et en sel. La marche à
suivre pour soumettre une demande de forage et les exigences en matière
de forage, de production, de suspension et de fermeture des puits de pétrole
et de gaz en Ontario sont résumées dans ces règlements. Il
faut prendre des mesures de sécurité, de protection de l'environnement
et de gestion de la ressource au moment du forage d'un puits. Parmi ces mesures,
on note l'utilisation de l'équipement adéquat, la conception du
forage et la construction du puits. Lorsque l'on rencontre un gisement pétrolifère
ou gazier exploitable commercialement, on termine la construction du puits en
vue de la production en y installant le cuvelage, le tubage, le ciment et la tête
de puits comme le montre la figure 3. Figure 3. Construction type d'un
puits.
L'installation
de surface, ou tête de puits dans le cas d'un puits de gaz, est constituée
d'une série de valves permettant de contrôler le débit du
gaz du gisement. Un pipeline de petit diamètre achemine le gaz vers un
pipeline de transmission plus gros exploité par la compagnie de gaz naturel.
On installe un chevalet de pompage et un ou plusieurs réservoirs pour le
stockage de la production sur la plupart des sites de puits de pétrole.
Le pétrole est ensuite acheminé aux terminaux pétroliers
par de gros camions citernes. Certaines
inquiétudes reliées à l'exploitation d'un puits de gaz naturelLe
gaz naturel issu d'un gisement est habituellement incolore, inodore et insipide.
On ajoute du thiol au gaz naturel vendu sur le marché afin de lui donner
son odeur particulière. Il arrive parfois que de l'hydrogène sulfuré
(odeur d'ufs pourris) soit présent. L'hydrogène sulfuré
est un poison qui doit être manipulé avec beaucoup de précautions,
car même de faibles concentrations sont mortelles pour les humains et il
entraîne la corrosion rapide des tuyaux. Comme la pression initiale
d'un gisement peut atteindre plusieurs milliers de kilopascals, tous les raccordements
et le choix des matériaux selon la situation doivent être faits par
des personnes bien formées et qualifiées. La plupart des gisements
de gaz naturel en Ontario contiennent de petites quantités d'eau. On doit
éliminer cette eau avec précaution afin de ne pas contaminer les
formations aquifères douces ni les sources d'eau de surface, et de ne pas
créer de danger ni de problème pour les autres citoyens. Loi
sur les ressources en pétrole, en gaz et en selLes exigences réglementaires
en matière de puits de pétrole et de gaz, d'élimination des
liquides des champs pétroliers, de stockage des hydrocarbures et d'exploitation
des gisements salifères en Ontario sont énoncées dans la
Loi sur les ressources en pétrole, en gaz et en sel. Cela inclus les puits
de gaz privés qu'utilisent certains propriétaires fonciers à
des fins non commerciales, c.-à-d. pour le chauffage résidentiel.
La Loi, ses règlements et ses normes sont entrés en vigueur le 27
juin 1997. Il est illégal de forer un puits, de l'exploiter ou d'y exercer
toute activité qui ne serait pas en conformité avec les conditions
d'un permis émis par le ministère des Richesses naturelles (MRN).
Les exploitants de puits commerciaux doivent payer des droits de permis annuels
et constituer un fonds d'affectations spéciales pour le colmatage éventuel
du puits et l'assainissement du site. Tous les puits non colmatés
doivent être enregistrés au MRN. La demande d'enregistrement doit
comprendre les renseignements suivants : le nom et l'état du (des) puits,
l'emplacement du (des) puits sur le lot, la concession et le canton géographique,
ainsi que le nom, l'adresse et le numéro de téléphone de
l'exploitant (du propriétaire). La demande d'enregistrement doit aussi
comprendre une carte à l'échelle illustrant l'emplacement du puits
et des ouvrages connexes, comme les déshydrateurs et les pipelines, par
rapport aux limites du lot et de la concession et aux immeubles où le gaz
est utilisé. En plus de l'enregistrement, tous les puits doivent
faire l'objet d'un permis. Les permis émis en vertu de l'ancienne Loi sur
les richesses pétrolières sont reconnus et le propriétaire
foncier n'a qu'à inscrire son numéro de permis sur la carte à
l'échelle qui accompagne sa demande d'enregistrement. Si le propriétaire
n'a pas de numéro de permis, une demande d'enregistrement doit être
soumise pour chacun des puits. Les droits de permis et les normes de sécurité
ne s'appliquent pas aux puits de gaz privés. Un puits de gaz privé
est un « puits de gaz avec permis, situé sur un terrain dont l'exploitant
est propriétaire à la fois des droits de superficie et des droits
miniers et dont la production est réservée exclusivement à
l'usage privé de l'exploitant, n'est pas utilisée au profit d'une
entreprise ou d'un commerce de l'exploitant et n'est pas vendue par ce dernier.
» Colmatage et fermeture
de puitsLes puits qui ne servent plus aux fins pour lesquelles ils avaient
été forés ou qui n'ont pas produit de pétrole ni de
gaz doivent être colmatés conformément aux normes provinciales
énoncées dans la Loi sur les ressources en pétrole, en gaz
et en sel, et il faut assainir le site. Le colmatage devrait se faire le plus
tôt possible après la mise hors service du puits. Les délais
risquent de faire grimper les coûts du colmatage en raison de la détérioration
de l'équipement du puits et des problèmes liés à la
chute de débris dans le trou de forage. Le ministère des Richesses
naturelles a le pouvoir d'ordonner le colmatage d'un puits. Le colmatage
consiste à couler des bouchons de ciment à intervalles dans le trou
de forage afin de prévenir tout mouvement de liquide vers le haut ou vers
le bas et ainsi éviter la contamination des nappes d'eau souterraines et
les éruptions potentiellement dangereuses à la surface. Figure
4. Puits colmaté type. On peut enlever
et récupérer certaines parties du cuvelage des puits au moment du
colmatage. Il existe un autre type de colmatage, qui nécessite une plus
grande quantité de ciment mais qui est parfois plus simple sur le plan
technique, et qui consiste à injecter du ciment sous pression dans la totalité
du trou de forage, à partir du fond vers le haut du puits. La
coloration du sol, la mort de la végétation, une humidité
inhabituelle du sol et peut-être une odeur d'hydrogène sulfuré
émanant d'une fuite d'eau sulfureuse sont des indices visibles en surface
de la fuite du puits. S'il n'y a pas de fuite, il arrive souvent qu'il n'y ait
aucune trace de l'ancien puits et des recherches plus approfondies ne sont pas
justifiées. Si le site est destiné au développement immobilier,
les travaux d'excavation révéleront la présence de tout ancien
puits que l'on pourra reconnaître par le vieux cuvelage laissé dans
l'ancien trou de forage. Un puits bien colmaté et fermé ne
constitue aucun danger pour les terrains qui ne sont pas destinés à
l'érection de structures. On recommande toutefois de ne pas construire
d'immeubles directement sur un puits colmaté sans au préalable procéder
à une évaluation technique plus poussée. RésuméDans
le sud de l'Ontario, les droits miniers appartiennent au propriétaire des
droits de superficie. Si la propriété renferme du pétrole
ou du gaz naturel, le propriétaire peut en tirer profit en louant ses droits
et en percevant des redevances sur la production ou, dans le cas du gaz naturel,
il peut extraire le gaz pour son propre usage sur la propriété.
Les exigences reliées aux puits de pétrole et de gaz naturel sont
énoncées dans la Loi sur les ressources en pétrole, en gaz
et en sel. Cette loi stipule aussi que tous les puits non colmatés doivent
faire l'objet d'un permis et que tous les ouvrages reliés à un puits
doivent être enregistrés auprès du ministère des Richesses
naturelles. Les puits qui ne sont plus exploités doivent être colmatés
conformément aux normes de la Loi sur les ressources en pétrole,
en gaz et en sel. Remerciements Le présent document
a été rédigé par Jug Manocha, ing. et Terry Carter,
géologue du Centre des ressources en pétrole du ministère
des Richesses naturelles. Nous tenons à remercier spécialement les
membres de la Fédération de l'agriculture de l'Ontario pour leur
lecture et leurs commentaires. Le texte a été révisé
par James P. Myslik, ing., spécialiste de la gestion des eaux, Division
de l'agriculture et des affaires rurales, MAAARO, Fergus. Sources
d'informationMinistère des Richesses naturelles de l'Ontario
Centre des ressources en pétrole 659, ch. Exeter London (Ontario)
N6E 1L3 Téléphone : (519) 873-4633 Télécopieur
: (519) 873-4645 Le Centre des ressources en pétrole du ministère
des Richesses naturelles emploie du personnel opérationnel, des géologues,
des ingénieurs, des inspecteurs et du personnel de soutien. Outre leurs
fonctions liées à la réglementation, les employés
fournissent des informations pertinentes en matière de ressources en pétrole,
en gaz et en sel de la province, notamment des cartes montrant l'emplacement des
puits de pétrole et de gaz existants. Ontario Petroleum Institute
555, ch. Southdale Est, bureau 104 London (Ontario) N6E 1A2 Téléphone
: (519) 680-1620 Télécopieur : (519) 680-1621 L'Ontario Petroleum
Institute est un organisme sans but lucratif fondé en 1964 pour encourager
et promouvoir les intérêts des personnes engagées de façon
directe ou indirecte dans les industries du pétrole et du gaz et du stockage
du gaz. Bibliothèque sur les ressources en pétrole, en
gaz et en sel 669, ch. Exeter London (Ontario) N6E 1L3 Téléphone
: (519) 686-2772 Télécopieur : (519) 686-7225 La bibliothèque
est un dépôt d'information publique sur le stockage du pétrole,
du gaz et des hydrocarbures, sur l'exploitation des réserves salifères
et sur les puits en Ontario. On y trouve des échantillons de forage (coupes
et carottes), des dossiers de renseignements sur plus de 20 000 puits, des cartes
de l'emplacement des puits et une vaste collection d'articles et de rapports publiés
sur la géologie souterraine et sur les ressources en pétrole, en
gaz et en sel de l'Ontario. La bibliothèque est ouverte de 8 h 15 à
16 h 30 du lundi au vendredi. On demande une contribution monétaire modeste
aux utilisateurs. Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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