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Entreposage à long terme des carottes

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 258/64
Date de publication : 02/99
Commande no. 98-074
Dernière révision : 02/99
Situation :
Rédacteur : Hugh W. Fraser - ingénieur agricole vulgarisateur/MAAARO; Jim Chaput - spécialiste de la gestion intégrée des ennemis des légumes/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Culture et récolte de carottes de bonne qualité
  3. Entreposage dans des caisses de bois à claire-voie ou en vrac
  4. Refroidissement au moyen d'un système de réfrigération ou de l'air extérieur
  5. Utilisation d'un système de réfrigération
  6. Refroidissement au moyen de l'air extérieur
  7. Distribution de l’air
  8. Ventilateurs à serpentins d’évaporateur
  9. Plénums à air forcé
  10. Maintien d’une humidité relative (hr) de plus de 95 %
  11. Renouvellement de l'air de l'entrepôt
  12. Contrôle de la température et de l’humidité relative
  13. Nettoyage et assainissement
  14. Maladies et problèmes causés par l’entreposage
  15. Autres

Introduction

L'Ontario compte parmi les rares endroits au monde où l'on entrepose des carottes aux fanes coupées. On y consacre environ 3 000 ha (7 400 acres) à la culture des carottes, dont environ 60 %, c'est-à-dire 81 000 tonnes métriques (89 000 tonnes courtes) sont entreposées. Les carottes sont entreposées pendant deux à douze mois. La culture et l'entreposage se font surtout dans la région de Bradford, au nord de Toronto, et dans le sud-ouest de la province pour les carottes destinées à la transformation. On trouve également de nombreux entrepôts de carottes au sud de Montréal, au Québec.

En Ontario, on entrepose de 100 à 1 000 tonnes métriques par pièce (110 à 1 100 tonnes courtes). Il est ainsi possible de commercialiser les carottes tout au long de l'année. L'entreposage à long terme élargit les possibilités de commercialisation des producteurs, répartit les besoins de personnel et améliore la viabilité financière. Les carottes ontariennes sont vendues surtout au Canada et dans l'est des États-Unis.

La présente fiche technique traite de neuf aspects de la gestion :

  • Culture et récolte de carottes de bonne qualité;
  • Entreposage dans des caisses de bois à claire-voie ou en vrac;
  • Refroidissement au moyen d'un système de réfrigération ou de l'air extérieur;
  • Distribution de l'air au moyen de ventilateurs à serpentins d'évaporateur, de plénums à air forcé, ou de conduites de plafond;
  • Maintien d'une humidité relative de plus de 95 %;
  • Renouvellement de l'air de l'entrepôt;
  • Contrôle de la température et de l'humidité relative;
  • Nettoyage et assainissement;
  • Maladies et problèmes causés par l'entreposage.

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Culture et récolte de carottes de bonne qualité

Pour obtenir des carottes saines et de bonne qualité, il faut suivre un programme intégré de gestion des cultures prévoyant tous les aspects de la production. Une surveillance attentive de l'équilibre nutritif du sol, des insectes, des maladies et des autres problèmes ainsi que le choix judicieux des cultivars sont des étapes essentielles en vue d'obtenir une récolte de qualité qui se conservera bien en entrepôt. Les carottes destinées à l'entreposage doivent être récoltées lorsqu'elles sont bien mûres, car elles sont alors moins vulnérables au brunissement oxydatif. Les carottes sont récoltées mécaniquement, au moyen d'une arracheuse de plants entiers ou à socs souleveurs (voir la figure 1). En outre, on fait souvent le décolletage des carottes destinées à la transformation avant de les arracher. L'arracheuse doit être en excellent état de fonctionnement et ne comporter aucun résidu provenant d'autres champs, afin d'éviter la propagation des maladies. Le plus souvent, les carottes ne sont pas lavées avant l'entreposage, car elles semblent mieux se conserver lorsqu'elles sont couvertes d'un peu de terre. Cependant, pour l'entreposage en vrac, les carottes sont généralement lavées; le lavage doit être effectué le jour de la récolte pour être utile. Plus les carottes entreposées sont saines, moins elles seront susceptibles de présenter des problèmes de qualité pendant l'entreposage. Les carottes de mauvaise qualité doivent être triées et jetées avant l'entreposage car elles sont de peu de valeur et pourraient causer des problèmes. Il peut s'agir de carottes coupées, brisées, difformes et altérées.

Figure 1. Un bon entreposage repose sur une récolte mécanique délicate de carottes bien mûres. La récolte se fait généralement au rythme de 17 000 à 20 000 kg (37 000 à 44 000 lb) à l'heure.

Figure 1. Un bon entreposage repose sur une récolte mécanique délicate de carottes bien mûres. La récolte se fait généralement au rythme de 17 000 à 20 000 kg (37 000 à 44 000 lb) à l'heure.

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Entreposage dans des caisses de bois à claire-voie ou en vrac

Entreposage dans des caisses de bois à claire-voie

En Ontario, les carottes sont entreposées pour la plupart dans des caisses de bois à claire-voie mesurant 122 cm x 122 cm x 91 cm, d'une capacité d'environ 570 kg (48 po x 48 po x 36 po, 1 250 lb). Voir la figure 2. Certaines comportent des entrées de fourche à deux côtés, et d'autres aux quatre côtés pour des manœuvres plus faciles. Le poids par caisse varie selon la teneur en eau et la taille des carottes. La capacité utile d'une caisse est d'environ 1,0 m3 (35 pi3) et les lames sont espacées d'environ 2,5 cm (1 po) pour une bonne ventilation. Si l'on empile les caisses en laissant une distance libre autour de la pile, une pile de 12,2 m x 24,4 m x 5,2 m pourrait contenir jusqu'à 855 caisses, c'est-à-dire 9 caisses x 19 caisses x 5 caisses, d'un poids total de 485 tonnes métriques, ou environ 1,6 t/m2 (40 pi x 80 pi x 17 pi; 534 tonnes courtes; 0,17 tonne/pi2). Voir la figure 3.

Les caisses de bois à claire-voie comportent notamment les avantages suivants :

  • Elles sont faciles à obtenir;
  • Elles sont faciles à déplacer au moyen d'un chariot élévateur à fourches;
  • Elles permettent une bonne circulation de l'air, dans la mesure où l'air est bien distribué dans l'entrepôt;
  • Elles s'empilent bien si elles sont bien conçues.

Ces caisses présentent toutefois certains inconvénients :

  • À l'état neuf, elles coûtent 50 $ CAN, soit 0,088 $/kg (0,04 $/lb) de carottes entreposées (50 $/caisse ¸ 570 kg/caisse);
  • Elles durent environ dix ans lorsqu'elles sont bien entretenues, mais elles s'empilent parfois moins bien après cette période;
  • Chacune peut absorber plusieurs kilogrammes d'eau pendant l'entreposage, asséchant les carottes;
  • Elles peuvent véhiculer des maladies.

Figure 2. Les carottes peuvent être entreposées dans des caisses de bois à claire-voie mesurant 122 cm x 122 cm x 91 cm, d'une capacité d'environ 570 kg (48 po x 48 po x 36 po; 1 250 lb).

Figure 2. Les carottes peuvent être entreposées dans des caisses de bois à claire-voie mesurant 122 cm x 122 cm x 91 cm, d'une capacité d'environ 570 kg (48 po x 48 po x 36 po; 1 250 lb).

Certains producteurs ont fait l'essai de caisses de plastique, qui n'absorbent pas d'eau, sont plus hygiéniques et peuvent être empilées plus haut que les caisses de bois. Il faut payer environ 125 $ CAN pour une caisse de 119 cm x 119 cm x 72 cm d'une capacité de 385 kg, soit 0,325 $/kg (47 po x 47 po x 28 po, 850 lb, 0,147 $/lb). Voir la figure 4. La capacité utile de ces caisses est d'environ 0,68 m3 (24 pi3). Selon une durée de vie estimative de 25 ans, le coût annuel des caisses de plastique par kg de carottes entreposées est de :

125 $/caisse ¸ 385 kg/caisse ¸ 25 ans =

0,013 $/kg/année

Pour les caisses de bois, le coût est de :

50 $/caisse ¸ 570 kg/caisse ¸ 10 ans =

0,009 $/kg/année

(En mesures impériales, ce serait 0,006 $/lb/année pour les caisses de plastique et 0,004 $/lb/année pour les caisses de bois.) Même si elles coûtent environ 50 % plus cher, les caisses de plastique durent plus longtemps et sont plus pratiques pour l'entreposage, ce qui peut les rendre intéressantes comme investissement à long terme.

Figure 3. Plan d'un entrepôt de 12,2 m x 24,4 m x 5,2 m, pouvant recevoir 855 caisses et 485 tonnes de carottes, soit 1,6 t/m2 de surface de plancher (40 pi x 80 pi x 17 pi, 534 tonnes courtes, 0,17 tonne/pi2).

Figure 3. Plan d'un entrepôt de 12,2 m x 24,4 m x 5,2 m, pouvant recevoir 855 caisses et 485 tonnes de carottes, soit 1,6 t/m2 de surface de plancher (40 pi x 80 pi x 17 pi, 534 tonnes courtes, 0,17 tonne/pi2).

Entreposage en vrac

L'expérience a montré que les carottes peuvent être empilées à des hauteurs pouvant aller jusqu'à 4,9 m (16 pi) sans meurtrissures (voir la figure 5). Un entrepôt de la même taille que celui de la figure 3 (12,2 m x 24,4 m x 5,2 m) pourrait contenir environ 690 tonnes de carottes empilées, soit 2,3 t/m2 de surface de plancher (40 pi x 80 pi x 17 pi, 760 tonnes courtes, 0,24 tonne/pi2). Voir la figure 6. Même en présence d'un plénum à air forcé d'au moins 1 m (3,3 pi) de largeur d'un côté de l'entrepôt pour aérer le dessous de la pile, l'entreposage en vrac nécessite 40 % moins d'espace que l'entreposage en caisses, car celles-ci prennent de la place, surtout lorsqu'elles sont légèrement espacées. L'entreposage en vrac présente les avantages suivants :

  • On peut remplir ou vider la pile rapidement au moyen de pelleteuses à godets, de courroies transporteuses ou de glissoires hydrauliques;
  • Le refroidissement est plus uniforme, car l'air de refroidissement est acheminé également sous la pile et doit passer autour de chaque carotte;
  • L'humidification est facile car on peut faire passer de la vapeur d'eau par le plénum;
  • Le front de refroidissement se déplace dans une seule direction.

L'entreposage en vrac présente toutefois les inconvénients suivants :

  • Il peut causer plus de meurtrissures pendant la manutention;
  • En cas de problème au milieu de la pile, il est difficile, voire impossible, de retirer les carottes touchées;
  • Il ne doit y avoir ni fanes ni déchets afin d'assurer une bonne circulation de l'air; la terre ne cause généralement aucun problème, et les carottes destinées à la transformation sont rarement lavées;
  • Il faut prévoir des murs porteurs plus solides, qui peuvent supporter les fortes pressions exercées par les carottes.

Figure 4. Certains producteurs font l'essai de caisses de plastique, qui n'absorbent pas d'eau, sont plus hygiéniques et s'empilent bien droit. Elles coûtent plus cher que les caisses de bois à claire-voie.

Figure 4. Certains producteurs font l'essai de caisses de plastique, qui n'absorbent pas d'eau, sont plus hygiéniques et s'empilent bien droit. Elles coûtent plus cher que les caisses de bois à claire-voie.

Figure 5. Carottes transportées vers une pile d'entreposage en vrac pouvant aller jusqu'à 4,9 m (16 pi) de hauteur.

Figure 5. Carottes transportées vers une pile d'entreposage en vrac pouvant aller jusqu'à 4,9 m (16 pi) de hauteur.

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Refroidissement au moyen d'un système de réfrigération ou de l'air extérieur

La température des carottes devrait être portée à 0 oC (32 oF) peu après la récolte. Idéalement, pour réduire les risques de maladie, la durée de refroidissement aux 7/8 devrait être d'un ou de deux jours. Il s'agit du temps nécessaire pour porter les carottes à 7/8 de la différence entre leur température de départ et la température de l'air de refroidissement. Ainsi, si la température du sol était de 12 oC (54 oF) à la récolte et si les carottes sont refroidies avec de l'air à 0 oC (32 oF), la durée de refroidissement aux 7/8 est la période nécessaire pour atteindre 1,5 oC (34,7 oF). La température du sol peut aller d'environ 15 oC (59 oF) à 0 oC (32 oF) pendant la période de récolte.

En réalité, la durée de refroidissement aux 7/8 nécessite plus de temps qu'un ou deux jours car les entrepôts sont remplis rapidement, il est trop coûteux de disposer d'un système de réfrigération de haute capacité pour la période de récolte, et il est difficile d'obtenir un débit d'air suffisamment élevé. C'est le refroidissement initial de quelques degrés qui compte le plus. Plus le temps de remplissage est long, et plus la récolte a lieu tard, lorsque le temps est plus froid, moins on a besoin de refroidissement. Quand on a des cultures importantes et peu de temps à sa disposition, la récolte a lieu rapidement, sans égard à la température extérieure.

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Utilisation d'un système de réfrigération

On utilise deux types de systèmes de réfrigération dans les entrepôts de carottes. Le premier, et le plus courant, est un système conventionnel doté de serpentins d'évaporateur suspendus au plafond le long d'un mur, ou de deux murs opposés. Les ventilateurs intégrés aspirent l'air « chaud » entourant les carottes à travers les serpentins, puis soufflent l'air refroidi vers le plafond et par-dessus les caisses de carottes (voir la figure 7).

Figure 6. Plan d'un entrepôt de 12,2 m x 24,4 m x 5,2 m pouvant recevoir 690 tonnes de carottes, soit 2,3 t/m2 (40 pi x 80 pi x 17 pi, 760 tonnes courtes, 0,24 tonne/pi2). C'est 40 % de plus qu'un entrepôt de même taille où les carottes sont entreposées dans des caisses.

Figure 6. Plan d'un entrepôt de 12,2 m x 24,4 m x 5,2 m pouvant recevoir 690 tonnes de carottes, soit 2,3 t/m2 (40 pi x 80 pi x 17 pi, 760 tonnes courtes, 0,24 tonne/pi2).

Figure 7. De nombreux entrepôts de carottes sont refroidis au moyen d'un système de réfrigération doté de serpentins d'évaporateur au plafond, le long des murs, avec des ventilateurs qui soufflent de l'air froid au plafond, par-dessus les caisses.

Figure 7. De nombreux entrepôts de carottes sont refroidis au moyen d'un système de réfrigération doté de serpentins d'évaporateur au plafond, le long des murs, avec des ventilateurs qui soufflent de l'air froid au plafond, par-dessus les caisses.

En général, les caisses sont placées le plus près possible les unes des autres, les entrées de fourches alignées précisément dans la direction de l'air provenant des serpentins d'évaporateur. Ainsi, l'air peut passer par ces ouvertures et revenir vers le ventilateur, de sorte que l'air refroidi passe le plus près possible des carottes et permet un transfert thermique optimal. On peut également espacer les caisses, mais on gaspille ainsi de l'espace en plus de nuire à la circulation de l'air. La figure 8 illustre deux méthodes de mise en place des caisses.

Le système de réfrigération traditionnel présente les avantages suivants :

  • Il est facile à installer, à entretenir et à faire fonctionner;
  • Il est facile de trouver des techniciens pour l'entretenir;
  • Il permet de bien régler la température de l'air;
  • Il permet un refroidissement rapide lorsque la période de récolte est chaude, et prolonge la saison de commercialisation.

Un tel système présente toutefois des inconvénients :

  • Il est coûteux à installer, à entretenir et à utiliser;
  • Il peut assécher l'air et faire se ratatiner les carottes;
  • Il est difficile d'humidifier l'air;
  • Il peut congeler les carottes se trouvant dans les caisses supérieures.

Figure 8. L'option 1 illustre des caisses dont les entrées de fourches sont alignées (flèches pointillées) dans la direction de l'air (lignes continues). L'option 2 illustre les trois premières rangées de caisses dont les entrées de fourches sont orientées à l'opposé de la direction de l'air, pour assurer une aspiration uniforme de l'air à travers toutes les caisses.

Figure 8. L'option 1 illustre des caisses dont les entrées de fourches sont alignées (flèches pointillées) dans la direction de l'air (lignes continues).

Le second type de système de réfrigération est le système Filacell. L'air de l'entrepôt traverse une bruine réfrigérée, ce qui le refroidit et l'humidifie. Ce système permet d'obtenir une HR de plus de 95 % dans l'entrepôt (voir la figure 9).

Le système Filacell présente les avantages suivants :

  • Il comporte une grande capacité de réfrigération;
  • Il permet un débit d'air froid puissant;
  • Il produit une humidité relative très élevée;
  • Il est facile d'acheminer l'air froid partout dans l'entrepôt.

Il comporte toutefois les inconvénients suivants :

  • Il est plus coûteux qu'un système de réfrigération traditionnel;
  • Le matériel doit être placé dans une grande pièce adjacente;
  • La température d'entreposage ne peut être inférieure à 0,5 oC (33 oF);
  • Les techniciens qui connaissent bien ce système sont plus difficiles à trouver.

Les systèmes de réfrigération traditionnels et les systèmes Filacell ont leurs avantages et leurs inconvénients, mais la plupart des producteurs qui entreposent des carottes jusqu'à la fin du printemps disposent habituellement de l'un d'entre eux.

Figure 9. Certains entrepôts sont réfrigérés au moyen du système Filacell. L'air chaud est aspiré à travers une bruine réfrigérée qui le refroidit et l'humidifie.

Figure 9. Certains entrepôts sont réfrigérés au moyen du système Filacell.

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Refroidissement au moyen de l'air extérieur

Autrefois, on refroidissait les carottes avec l'air froid de l'extérieur. On ouvrait les évents et les portes des entrepôts pour laisser l'air froid circuler autour des caisses de carottes. On utilisait également des ventilateurs pour assurer une circulation uniforme. Ce système était efficace dans la mesure où les carottes étaient mises en marché au début de l'hiver, car elles se détérioraient progressivement. Quelques petits entrepôts utilisent toujours ce système, et leurs exploitants sont conscients du fait qu'ils doivent vendre leurs carottes avant une date précise. De moins en moins d'entrepôts sont gérés ainsi.

Il est logique de profiter de l'air extérieur, qui représente une source illimitée de réfrigération pendant la récolte. Cependant, le temps n'est pas toujours froid pendant la période de récolte. Des tests ont révélé que pendant cette période, la température de l’air est le plus souvent inférieure à la température du sol (voir la figure 10). Les carottes fraîchement récoltées sont à peu près à la même température que le sol; ainsi, on peut se servir de l’air extérieur pour refroidir les carottes dans la mesure où il est plus froid que les carottes.

Figure 10. En novembre 1994, à Bradford, la température de l’air extérieur et du sol prise toutes les heures était assez basse pour qu’il soit possible de refroidir les carottes en partie ou totalement avec l’air extérieur.

Figure 10. En novembre 1994, à Bradford, la température de l’air extérieur et du sol prise toutes les heures était assez basse pour qu’il soit possible de refroidir les carottes en partie ou totalement avec l’air extérieur.

Supposons que dans un entrepôt contenant 600 tonnes de carottes empilées en vrac à 10 oC, on aspire 15 000 L/s d’air extérieur (25 L/s/t) que l’on fait passer dans la pile (660 tonnes courtes à 50 oF, et 31 800 pi3/min d’air). Le tableau 1 illustre la capacité de refroidissement de cet air, en fonction de la différence de température entre les carottes et l’air extérieur.

On ne devrait faire circuler de l’air extérieur dans l’entrepôt que lorsqu’il est assez froid pour avoir un effet réfrigérant. On peut s’en assurer en utilisant un ensemble de registres à commande automatique qui mélangent de l’air froid avec de l’air plus chaud provenant de l’entrepôt.

Les carottes tolèrent assez bien un courant d’air assez froid pendant de brèves périodes sans se dessécher, pourvu que la température de l’air soit supérieure au point de congélation. Il est préférable d’éliminer au plus tôt la chaleur de récolte, malgré la faible perte de masse causée par le séchage.

 

Tableau 1. Capacité de refroidissement de 15 000 L/s (31 800 pi3/min) d’air extérieur si les carottes sont récoltées lorsque la température du sol est de 10 oC (50 oF).
Température de l’air extérieur
Différence de température par rapport au sol à 10 oC
Capacité de refroidissement de l’air extérieur, en kW
(Btu/h)
8 oC
(46,4 oF)
2 oC
(3,6 oF)
35 kW
(120 200 Btu/h)
4 oC
(39,2 oF)
6 oC
(10,8 oF)
106 kW
(360 600 Btu/h)
0 oC
(32 oF)
10 o
(18 oF)
176 kW
(601 000 Btu/h)

L’utilisation de l’air froid extérieur pour refroidir les carottes présente les avantages suivants :

  • Le système est moins coûteux à installer et à entretenir;
  • Le refroidissement est plus rapide lorsque l’air extérieur est froid;
  • Il est possible d’introduire ainsi de l’air frais dans l’entrepôt;
  • Il faut installer un bon système de distribution de l’air.

L’utilisation d’air extérieur présente toutefois des inconvénients :

  • Elle est tout à fait inefficace par temps chaud;
  • Elle nécessite normalement l’installation d'un système de réfrigération complémentaire;
  • Elle nécessite l’humidification de l’air extérieur;
  • Elle nécessite l’installation de dispositifs de commande coûteux.

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Distribution de l’air

Que l’on utilise l’air extérieur ou un système de réfrigération pour refroidir les carottes, il est inutile de disposer d’une grande capacité de refroidissement si le système de distribution de l’air est médiocre. Pour comprendre le mouvement de l’air, il faut retenir les principes suivants :

  • L’air suit toujours le trajet de moindre résistance, et ne passera dans les espaces sans circulation d’air qu’au moyen d’un système de distribution;
  • L’air ne passera pas dans les espaces ou couloirs ouverts s’ils sont parallèles au courant d’air;
  • L’air froid est plus lourd que l’air chaud.

On peut choisir parmi trois méthodes de distribution de l’air dans les entrepôts de carottes, chacune de ces méthodes comportant des variantes :

  • Ventilateurs à serpentins d’évaporateur qui soufflent de l’air froid autour et à travers des caisses;
  • Plénum à air forcé par ventilateur distribuant de l’air froid autour des caisses ou sous les piles de carottes en vrac;
  • Conduites de plafond distribuant de l’air autour des caisses.

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Ventilateurs à serpentins d’évaporateur

Il s’agit de la méthode la plus répandue de distribution de l’air dans les entrepôts de carottes. Des serpentins d’évaporateur sont illustrés à la figure 7. La plupart des producteurs déposent les caisses très près les unes des autres et soufflent de l’air à travers les entrées de fourches et la claire-voie des caisses (voir la figure 11).

Figure 11. Vue de côté d’un entrepôt de carottes dans lequel des ventilateurs à serpentins d’évaporateur soufflent de l’air froid (flèches pointillées) vers l’autre côté de l’entrepôt, puis l’aspirent à travers les entrées de fourches des caisses, qui sont empilées très près les unes des autres.

Figure 11. Vue de côté d’un entrepôt de carottes dans lequel des ventilateurs à serpentins d’évaporateur soufflent de l’air froid (flèches pointillées) vers l’autre côté de l’entrepôt, puis l’aspirent à travers les entrées de fourches des caisses, qui sont empilées très près les unes des autres.

Voici des conseils et remarques utiles sur l’utilisation de ce type de distribution d’air :

  • L'air reviendra vers les serpentins, au-dessus des caisses, s'il n'y a pas d'espace au mur opposé permettant à l'air froid de descendre.
  • Les ventilateurs à serpentins d’évaporateur peuvent souffler de l’air jusqu’à une distance de 10 à 15 m (32 à 50 pieds).
  • La présence de lampes, de poutres ou d'autres objets devant les ventilateurs nuira à l'écoulement de l'air.
  • Placer d'abord une rangée de caisses sous les serpentins, puis ajouter une rangée à la fois jusqu'au mur opposé, afin de ne pas entraver l'écoulement de l'air.
  • Certains exploitants orientent les trois premières rangées de caisses, sous les serpentins, de façon que les entrées de fourches soient dans le sens opposé de l'écoulement de l'air. L'air est soufflé par-dessus les caisses, puis aspiré à travers les entrées de fourches; il se heurte à une certaine résistance lorsqu'il atteint les caisses orientées dans le sens opposé, ce qui donne un écoulement plus uniforme.
  • S'assurer que les caisses sont bien droites afin d'aligner les entrées de fourches.
  • Laisser un espace de 0,6 m (2 pieds) le long du mur sous les serpentins d’évaporateur et le long du mur opposé pour permettre l’arrivée et la sortie de l’air, et afin qu’il y ait assez d’espace pour qu’on y circule.
  • Laisser un espace d’au moins 0,5 m (1,5 pied) entre les caisses du haut et le plafond.
  • Laisser juste assez d'espace le long des murs latéraux, c'est-à-dire 0,3 m (1 pi) à côté des ventilateurs à serpentins afin de protéger les murs, autrement l'air pourrait y être dirigé.
  • Il est parfois nécessaire de protéger les carottes se trouvant dans les caisses du haut, près du plafond, contre l’air très froid provenant des serpentins d’évaporateur.

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Plénums à air forcé

Pour l'entreposage des carottes en vrac, il faut absolument utiliser des plénums à air forcé par ventilateur. La plupart des systèmes de ce genre utilisent l'air extérieur pour le refroidissement; le plénum est installé le long d'un mur du bâtiment (voir la figure 6). L'air froid de l'extérieur est aspiré, puis soufflé à travers des fentes alignées sur les entrées de fourches des caisses, ou de haut en bas dans les piles de carottes par des conduites d'acier ou de plastique rigide (voir les figures 12, 13, 14 et 15).

La figure 14 illustre des caisses, mais il pourrait aussi bien s'agir d'une pile de carottes en vrac. On remarque que les trois dernières rangées de caisses sont disposées de façon que leurs entrées de fourches soient orientées dans la direction opposée de l'écoulement de l'air. À première vue, cela semble aller à l'encontre de la description précédente et de la figure 8, mais il n'en est rien. Le fait est que l'écoulement de l'air se fait différemment; l'air qui pénètre dans les entrées de fourches en provenance du plénum rencontre une résistance lorsqu'il parvient aux caisses orientées dans le sens inverse, de l'autre côté de l'entrepôt, ce qui permet un écoulement plus uniforme. Cette méthode permet elle aussi d'empêcher l'air de passer uniquement à travers les entrées de fourches. On tourne trois rangées de caisses parce que cela correspond à l'espace nécessaire pour tourner le chariot si les caisses présentent un accès à deux côtés. En d'autres mots, à la figure 8, l'air est aspiré à travers les caisses (option 2), alors qu'à la figure 14, il est soufflé.

Certaines composantes du système à plénum à air forcé doivent être conçues avec soin :

  • Le plénum et la conduite en acier sous les carottes, dont les segments doivent permettre à l'air de se déplacer à moins de 5 m/s (1 000 pi/min).
  • Les serpentins d'évaporateur facultatifs pour refroidir l'air revenant au ventilateur du plénum, pour garder l'entrepôt froid pendant les chaleurs d'automne et de la fin du printemps.
  • La capacité minimale du ventilateur doit être de 15-30 L/s/t de carottes à une pression statique de 30 mm (30-60 pi3/min/tonne à une pression de 1,25 po). Les piles de carottes en vrac nécessitent moins d'air que les caisses, car l'air leur est acheminé directement.
  • Le type de matériel d'humidification qu'il faut installer lorsqu'on refroidit l'entrepôt avec l'air sec de l'extérieur.
  • La prise d'air froid et les volets d'évacuation de l'air chaud.
  • Le dispositif électronique de commande pour le mélange des courants d'air, la température et l'HR.

Le système à plénums à air forcé présente les avantages suivants :

  • Il améliore l'écoulement de l'air dans l'ensemble de l'entrepôt;
  • Il refroidit les carottes plus rapidement et plus uniformément;
  • Il permet d'humidifier l'air plus facilement;
  • Il permet un apport d'air frais de l'extérieur;
  • Il refroidit plus efficacement;
  • Il garde les carottes à une température plus constante.

 

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Conduites de plafond

Si un système à serpentins d'évaporateur ou un système Filacell cause des problèmes de circulation de l'air, des conduites de plafond peuvent contribuer à bien distribuer l'air. Elles peuvent servir à introduire de l'air extérieur pour le refroidissement, pourvu qu'elles soient munies de registres automatiques d'admission et d'évacuation et d'un système d'humidification.

Figure 12. Des ventilateurs de forte capacité créent une surpression dans le plénum, puis soufflent de l'air froid à travers les fentes du plénum et les entrées de fourches des caisses, ou de bas en haut dans les piles de carottes en vrac par des conduites d'acier ou de plastique rigide de gros calibre.

Figure 12. Des ventilateurs de forte capacité créent une surpression dans le plénum, puis soufflent de l'air froid à travers les fentes du plénum et les entrées de fourches des caisses, ou de bas en haut dans les piles de carottes en vrac par des conduites d'acier ou de plastique rigide de gros calibre.

Figure 13. Dans les piles de carottes en vrac, des conduites d'acier ou de plastique de gros calibre acheminent l'air du plénum vers le dessous de la pile. L'air s'échappe ensuite par les trous ménagés dans les conduites, et s'écoule dans la pile de carottes.

Figure 13. Dans les piles de carottes en vrac, des conduites d'acier ou de plastique de gros calibre acheminent l'air du plénum vers le dessous de la pile. L'air s'échappe ensuite par les trous ménagés dans les conduites, et s'écoule dans la pile de carottes.

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Maintien d’une humidité relative (hr) de plus de 95 %

Le dessèchement est l’une des pires choses qui puissent arriver aux carottes pendant l’entreposage. Il peut se produire en raison du déficit de pression de vapeur (DPV) entre elles et l’air ambiant de l’entrepôt. Pour bien saisir le problème du DPV, il faut comprendre que l’air chaud peut contenir plus d’eau que l’air froid. Par exemple, pendant l’été, à 30 oC et à 90 % d’HR, l’air contient 40 fois plus d’eau qu’en hiver, à la même HR mais à une température de -20 oC. La nature ayant horreur de telles différences, la vapeur d’eau se déplace de régions de forte pression de vapeur à des régions de faible pression de vapeur.

Figure 14. Disposition des caisses pour l'utilisation d'un système de distribution de l'air à plénum, avec admission d'air extérieur et serpentins d'évaporateur facultatifs. Les trois dernières rangées de caisses sont placées dans le sens opposé pour un écoulement d'air uniforme.

Figure 14. Disposition des caisses pour l'utilisation d'un système de distribution de l'air à plénum, avec admission d'air extérieur et serpentins d'évaporateur facultatifs.

Figure 15. Vue en coupe de deux entrepôts dotés de plénums à air forcé par ventilateur. L'air du plénum est soufflé dans l'entrepôt et à travers les caisses ou les piles. Les conduites placées sous les piles sont percées de trous ronds de chaque côté ainsi qu'à quatre et six heures pour éviter que les carottes ne bloquent l'écoulement de l'air.

Figure 15. Vue en coupe de deux entrepôts dotés de plénums à air forcé par ventilateur.

Un entrepôt de carottes devrait être à une température de 0 oC (32 oF) et à une HR de 95 %. Pour simplifier, supposons qu’un petit volume d’air dans l’entrepôt peut contenir une goutte d’eau. Supposons maintenant qu’une carotte fraîchement récoltée est à une température de 15 oC (59 oF). Parce que les carottes contiennent beaucoup d’eau (comme la plupart des fruits et légumes), on peut supposer que l’atmosphère interne de la carotte présente une HR de près de 100 %. Donc, si la température de l’air interne de la carotte est de 15 oC, le même petit volume d’air à l’intérieur de la carotte peut contenir environ trois gouttes d’eau. Cette différence entre la carotte et l’air force de la vapeur d’eau à s’échapper de la carotte vers l’air plus sec de l’entrepôt, ce qui finit par dessécher la carotte. Tant qu’elle demeurera plus chaude que l’air de l’entrepôt, la carotte continuera de perdre de l’humidité. C’est donc dire à quel point il est important de dissiper la chaleur de récolte le plus tôt possible, car le refroidissement rapide permet de réduire le DPV et le dessèchement qui s’ensuit. Tous les fruits et légumes perdent de l’humidité de cette façon. Des tests concernant l’entreposage à long terme des pommes ont montré que c’est pendant la première semaine d’entreposage qu’il se perd le plus d’humidité. Il en va sans doute de même pour les carottes. Il est donc vital d’assurer un refroidissement rapide et uniforme des carottes à 0 oC, à une humidité relative élevée.

Il existe actuellement trois types de systèmes d’humidification dans les entrepôts de carottes : les humidificateurs centrifuges, à eau sous pression élevée et les systèmes à pression d'eau-air. Il est difficile d’humidifier l’air froid; la meilleure méthode consiste à vaporiser de fines gouttelettes d’eau dans l’air véhiculé dans l’entrepôt. Il ne suffit pas d’arroser le plancher pour obtenir une humidité adéquate. Pour obtenir de plus amples renseignements, consulter un détaillant qualifié de matériel d’humidification.

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Renouvellement de l'air de l'entrepôt

On n'a pas encore démontré de façon décisive qu'il est avantageux de renouveler l'air de l'entrepôt pour évacuer les gaz indésirables comme l'éthylène, qui peut donner aux carottes un goût amer. Le refroidissement de l'entrepôt au moyen d'air extérieur permet également de renouveler l'air. Cependant, dans les entrepôts qui utilisent uniquement des systèmes de réfrigération, l'air ne se renouvelle presque pas, sauf dans les vieux entrepôts, qui sont moins étanches que les entrepôts construits récemment.

Dans l'industrie, certains recommandent de renouveler l'air toutes les 24 heures. Appliquons ce taux de renouvellement à l'entrepôt de la figure 3. Le volume total à vide d'un entrepôt de 12,2 m x 24,4 m x 5,2 m est d'environ 1 500 m3 (40 pi x 80 pi x 17 pi ou 53 000 pi3), mais lorsqu'il est rempli de caisses de carottes, l'air n'occupe qu'environ la moitié de l'espace. Par conséquent, il n'y aurait qu'environ 750 m3 d'air dans l'entrepôt. Le renouvellement de l'air toutes les 24 heures nécessiterait donc un débit d'air constant d'environ :

750 m3 ¸ 24 h ¸ 3 600 secondes/h x 1 000 L/m3

    = 8,7 L/s (18,4 pi3/min)

Il n'existe aucun ventilateur agricole qui puisse produire un débit aussi faible. Même un petit ventilateur de 175 mm (7 po) présente un débit d'au moins 50 L/s (100 pi3/min). Il serait préférable de relier un petit ventilateur à une minuterie pour évacuer une petite quantité d'air à la fois. Si l'entrepôt n'est pas trop étanche, les fuites autour des portes suffiraient probablement pour procurer une alimentation en air suffisante. Autrement, on peut installer un très petit volet d'admission dans le mur opposé.

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Contrôle de la température et de l’humidité relative

Il est essentiel d’installer des capteurs thermiques électroniques de bonne qualité dans tous les entrepôts de carottes. Ne lésinez jamais sur ce matériel, car c’est l’un des seuls moyens de contrôler l’état des carottes. Ces capteurs sont comme une assurance bon marché. Placez-les dans le haut et le bas de l’entrepôt, près des murs et à l’intérieur des caisses ou des piles.

Il est difficile de mesurer l’humidité relative de l’air à basse température, à moins de disposer de matériel perfectionné et coûteux. La méthode la plus économique consiste à utiliser un psychromètre fronde, mais il ne faut pas trop se fier aux lectures. L’air de l’entrepôt doit être d’un froid sibérien, désagréable, typique d’une humidité relative élevée.

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Nettoyage et assainissement

Le nettoyage et l’assainissement des caisses, de l’entrepôt et du matériel de manutention peuvent contribuer à éliminer les organismes pathogènes. Le nettoyage se distingue de l’assainissement. Ainsi, le nettoyage consiste à enlever la terre, les moisissures, les résidus liquides et les déchets végétaux par le brossage, le grattage et le lavage à haute pression. Des composés tels que les savons réduisent la tension superficielle de l’eau pour mieux détacher la saleté. L’assainissement consiste à lutter contre les micro-organismes pathogènes et ceux qui causent l’altération des carottes. Il faut effectuer le nettoyage avant l’assainissement, sinon les produits d’assainissement se révéleront inefficaces. Après l’assainissement, il faut rincer à l’eau claire. L’utilisation de produits chimiques peut contribuer à éliminer les organismes pathogènes, mais ils ne peuvent se substituer à de bonnes méthodes d’hygiène générale, à l’utilisation de grandes quantités d’eau chaude et au simple récurage. On peut laisser les caisses au soleil et sous la pluie pendant la saison morte, mais on ne peut éliminer ainsi tous les risques de problèmes au cours de la prochaine période d’entreposage. Le tableau 2 décrit deux produits assainissants courants. Toujours porter un appareil respiratoire adéquat et faire preuve de prudence pendant l’assainissement des caisses, de l’équipement ou de l’entrepôt, car les émanations peuvent être toxiques et corrosives.

Tableau 2.Solutions d’assainissement courantes en horticulture.
Produit d’assainissement

Rapport de mélange avec de l’eau
Hypochlorites
(5-6 %)
1 partie pour 9 parties d’eau
Ammonium quaternaire
(10 %)
1 partie pour 300 parties d’eau

Maladies et problèmes causés par l’entreposage

Les deux maladies les plus répandues qui s’attaquent aux carottes entreposées sont la pourriture sclérotique et la pourriture molle. Voir la fiche technique 98-001 du MAAARO, intitulée Maladies de la carotte : Identification et mesures de lutte pour de plus amples renseignements. Parmi les autres maladies découlant de l’entreposage, mentionnons la pourriture cratériforme, la cavité pythienne et la pourriture noire. Des températures d’entreposage trop élevées peuvent faire germer les carottes, ce qui en réduit considérablement la qualité marchande.

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Autres

Voici d'autres aspects dont il faut tenir compte dans l'entreposage des carottes :

  • Utiliser avec prudence du matériel qui produit de l'éthylène, comme les chariots élévateurs à fourches alimentés au propane, car cette substance peut donner un goût amer aux carottes.
  • Il est déconseillé d'entreposer les carottes avec d'autres produits horticoles, même s'ils nécessitent des conditions d'entreposage semblables, et surtout s'ils produisent beaucoup d'éthylène, comme les fruits.
  • Il est déconseillé de conserver les carottes dans un entrepôt à atmosphère contrôlée, car elles sont trop denses pour bénéficier d’une atmosphère riche en gaz carbonique et pauvre en oxygène.

Nous remercions le Secrétariat d’État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca