Lutte contre les oiseaux dans les vignes et les plantations de Fruits tendres


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 685/730
Date de publication : 06/98
Commande no. 98-036
Dernière révision : 06/98
Situation :
Rédacteur : Hugh W. Fraser - ingénieur agronome, spécialiste des structures et du matériel utilisés en horticulture/MAAARO; K. Helen Fisher, Ph.D - chercheur scientifique/Université de Guelph; Ian Frensch, P. Eng. - C. Frensch Ltd

Table des matières

  1. Introduction
  2. Pourquoi les déprédations sont-elles plus graves qu'avant?
  3. Espèces d'oiseaux
  4. Comportement des oiseaux
  5. Méthodes d'effarouchement des oiseaux
  6. Comment trouver la meilleure stratégie de lutte contre les oiseaux
  7. Les canons au propane et les voisins
  8. Étude de cas
  9. Conclusions
  10. Références bibliographiques

Introduction

Les dégâts causés par les oiseaux au raisin et aux fruits à chair tendre (principalement les cerises sucrées et les bleuets en corymbe) posent de sérieux problèmes chez de nombreux producteurs. Quand rien n'est fait pour les éloigner, les oiseaux sont capables d'anéantir la récolte au complet. Une troupe de 5 000 étourneaux peut engloutir jusqu'à 1 tonne d'aliments en une dizaine de journées. En 1968, on avait estimé qu'à l'échelle de la planète, les quiscales, carouges et autres « oiseaux noirs » avaient mangé une quinzaine de millions de tonnes de vivres, de quoi nourrir 90 millions de personnes. Malheureusement, si bons soient les efforts et les moyens de lutte déployés, un certain niveau de dégâts est inévitable. En outre, dans de nombreux cas, toute réussite même modeste d'un moyen de lutte s'obtient à un coût inacceptable à cause des nuisances imposées à la population (bruit des effaroucheurs acoustiques) ou des conséquences sur le milieu naturel (méthodes chimiques). Il semblerait que les déprédations causées par les oiseaux soient en hausse rapide, surtout dans la péninsule du Niagara où se trouvent 95 % des vignes et des plantations de cerises sucrées.

Fonctionnement des canons effaroucheurs

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Pourquoi les déprédations sont-elles plus graves qu'avant?

Les dégâts causés par les oiseaux augmentent pour la simple raison que ceux-ci trouvent un plus grand choix de fruits pour « se sucrer le bec » qu'avant, et sur de plus grandes surfaces. Par exemple, les variétés de raisin cultivées aujourd'hui sont plus sucrées et la surface totale des vignobles s'accroît. On cultive des variétés de cerises sucrées hâtives pour profiter du marché lucratif des primeurs, mais les oiseaux voraces ne tardent pas à les trouver. Par le passé, les vignobles, les champs et les vergers étaient de plus petite taille et disséminés au milieu d'autres cultures, alors qu'aujourd'hui, ces plantations sont beaucoup plus grandes. D'immenses troupes d'oiseaux peuvent s'offrir un festin de fruits tous ensemble sans aller de place en place. Finalement, on observe un accroissement des populations d'oiseaux et une transformation des courants migratoires provoquée par les changements climatiques.

Espèces d'oiseaux

Le tableau 1 présente la liste des principales espèces d'oiseaux susceptibles de ravager le raisin, les cerises sucrées et les bleuets en corymbe. Bien des gens savent que des oiseaux détriticoles comme les quiscales, les mouettes et les étourneaux sont des oiseaux indésirables, mais bien peu se rendent compte que de jolis oiseaux comme le merle d'Amérique, l'oriole ou le grand moqueur sont de redoutables ennemis des producteurs de raisin et de fruits tendres. Et justement, il est important de savoir de quels oiseaux il faut craindre des déprédations. Certains de ces oiseaux indésirables sont illustrés à la figure 1 pour en faciliter l'identification.

Tableau 1.Oiseaux susceptibles de ravager les cultures fruitières
Culture fruitière Précocité

Oiseaux
(par ordre d'importance)

Cerises sucrées Hâtives merle d'Amérique, étourneau, quiscale, mouette
Cerises sucrées Tardives carouge, quiscale, étourneau, merle d'Amérique, chardonneret, oriole, mouette
Bleuets   merle d'Amérique, étourneau, roselin, oriole, jaseur des cèdres
Raisin Hâtif merle d'Amérique, étourneau, oriole
Raisin Tardif merle d'Amérique, étourneau, grand moqueur, roselin

Comportement des oiseaux

Il est important de connaître les habitudes des oiseaux pour parvenir à les tenir à distance. Voici certaines données qui aident à comprendre le comportement des oiseaux:

  • Les grosses bandes d'oiseaux sont plus faciles à effaroucher que les petites.
  • Les étourneaux vont facilement chercher leur nourriture jusqu'à 25 km de leur lieu de repos et sont capables d'atteindre 70 km/heure sur de courtes distances.
  • Les oiseaux peuvent causer des dégâts dont l'ampleur et la localisation peuvent varier considérablement d'une année à l'autre et d'une plantation à l'autre.
  • Les dégâts des oiseaux sont d'ordinaire localisés et non répartis uniformément dans la plantation.
  • Les oiseaux sont des ravageurs opportunistes qui se nourrissent de ce qu'ils rencontrent en chemin.
  • Il est difficile de faire perdre à des oiseaux l'habitude de se nourrir en un lieu où ils se sont implantés.
  • Les oiseaux choisissent leur territoire d'attache vers la fin d'avril et en mai, et y restent souvent jusqu'à ce que la culture mûrisse.
  • Les cultures situées près des zones de nidification ou de repos, des terrains boisés ou des étangs, sont plus vulnérables que celles qui sont en terrain dégagé.
  • Les oiseaux s'accoutument rapidement aux mouvements uniformes ou aux bruits répétitifs.
  • Selon l'espèce, les oiseaux réagissent différemment aux diverses méthodes d'effarouchement.
  • On peut détourner les oiseaux vers d'autres zones nourricières du voisinage.
  • Les oiseaux ne reculent pas devant les difficultés pour trouver leur pitance.
  • Ils suivent souvent le même trajet pour aller se nourrir.
  • Ils s'alimentent généralement de bonne heure dès le lever du soleil et tard dans la journée quand le soleil se couche.
  • Ils aiment s'abreuver pendant qu'ils s'alimentent.
  • Certains oiseaux se déplacent en bandes migratoires, tandis que d'autres se fixent dans les terrains boisés des environs.
  • Les oiseaux qui pillent vos fruits attirent les autres oiseaux, ce qui complique le problème.
  • Plus la variété de raisin ou de cerise est sucrée et hâtive, plus elle est attrayante pour les oiseaux.
  • Même lorsque les cultures sont protégées par des filets, il y a toujours des oiseaux qui s'y posent et qui picorent les fruits à travers les mailles.

Oiseaux communs causant des dégâts économiques aux raisins et aux fruits tendres en Ontario.

Figure 1. Oiseaux communs causant des dégâts économiques aux raisins et aux fruits tendres en Ontario (illustration tirée de l'ouvrage Eastern Birds (An Audubon Handbook) 1988, réimprimée avec la permission de McGraw-Hill Book Company)

Méthodes d'effarouchement des oiseaux

Les producteurs ont actuellement à leur disposition quatre types de méthodes pour tenir les oiseaux à l'écart de leurs plantations. Mais il leur est conseillé d'adopter une approche intégrée qui associe plusieurs de ces méthodes :

  • Effaroucheurs acoustiques;
  • Effaroucheurs visuels;
  • Protection physique;
  • Répulsifs biochimiques.

Effaroucheurs acoustiques

Les effaroucheurs acoustiques sont des appareils qui produisent des sons destinés à effrayer les oiseaux. Comme les oiseaux ont la même acuité auditive que les humains, tout son perceptible à l'oreille humaine est également perçu par les oiseaux. Contrairement aux rongeurs, les oiseaux n'entendent pas les ultrasons.

1. Les canons effaroucheurs au propane

L'effaroucheur acoustique le plus couramment utilisé pour éloigner les oiseaux est le canon effaroucheur alimenté au propane ou détonateur au propane (figure 2). Les détonations puissantes et imprévisibles de ces appareils épouvantent les oiseaux. Souvent aussi connus sous leurs noms de marque, ils sont disponibles dans une large gamme de configurations, allant des canons mécaniques à un coup aux installations rotatives totalement informatisées, tirant une succession de coups selon une cadence aléatoire. Ces dernières sont les plus efficaces à la longue, étant donné que l'intervalle entre les détonations et la direction dans laquelle elles sont envoyées ne sont jamais les mêmes et qu'il est impossible aux oiseaux de savoir quand et où la prochaine détonation va retentir. Bien que la force de la détonation soit importante, c'est sa nature imprévue qui perturbe les oiseaux. Les canons ne doivent jamais produire de détonations à intervalles réguliers ni à des intervalles de moins de 3 minutes. Les oiseaux s'accoutument rapidement aux canons qui sont stationnaires ou dont les détonations sont régulières ou trop rapprochées. On ne gagne pas en efficacité à élever la fréquence des détonations.

Le canon effaroucheur alimenté au propane est incommodant pour les oiseaux, mais aussi pour les voisins.

Figure 2. Le canon effaroucheur alimenté au propane est incommodant pour les oiseaux, mais aussi pour les voisins.

Malheureusement, les voisins, eux, ne s'habituent jamais aux effaroucheurs au propane à cause de la force des détonations (on a relevé des niveaux sonores de 115 dBA à côté des appareils), de la fréquence des détonations (jusqu'à 20 par heure), du moment de la journée où ils doivent fonctionner (dès l'aube, alors que les gens dorment encore). Bien des gens font du travail posté et doivent dormir pendant la journée, c'est pourquoi ils n'apprécient guère les canons au propane.

Il existe des modèles plus modernes de canons au propane qui sont totalement électroniques et équipés de minuteries grâce auxquelles les producteurs peuvent programmer la mise en marche et l'arrêt automatiques de ces appareils. Les minuteries électroniques, contrairement aux minuteries activées par photocellule, donnent au producteur la possibilité de stopper le fonctionnement de l'appareil à plusieurs reprises, pendant les moments de la journée où les oiseaux ne sont pas aussi voraces.

Règles d'emploi des canons effaroucheurs alimentés au propane :

  • Régler l'intervalle des détonations à plus de trois minutes.
  • Faire fonctionner le canon du lever au coucher du soleil quand les oiseaux se nourrissent.
  • Ne pas utiliser plus d'un appareil par superficie de 2 ha (5 acres), sauf en cas de nécessité absolue.
  • Éviter d'utiliser les canons près des habitations.
  • Veiller à ce que les robinets du réservoir de propane ferment hermétiquement, car toute fuite de gaz peut déclencher des détonations intempestives, même lorsque les appareils sont à l'arrêt.
  • Déplacer les appareils régulièrement pour accroître l'effet de surprise.
  • Équiper les canons de minuteries électroniques qui en commandent l'arrêt.
2. Hauts-parleurs diffusant des sons électroniques

Les effaroucheurs produisant des sons électroniques sont tenus pour être moins irritants pour les voisins que les canons au propane. Deux types d'appareils émettant des sons synthétiques électroniques sont couramment utilisés pour faire fuir les oiseaux :

  • Ceux qui émettent irrégulièrement des bruits irritants pour les oiseaux (effaroucheurs acoustiques traditionnels).
  • Ceux qui émettent des sons imitant les appels de détresse de certaines espèces d'oiseaux (hurleurs électroniques).

Le haut-parleur électronique traditionnel est souvent appelé AV Alarm®, du nom commercial d'un appareil très utilisé dans l'industrie depuis 30 ans (figure 3). Les sons électroniques modulés qu'il produit interfèrent avec le système sensoriel de l'oiseau, produisant un environnement qui rend les oiseaux nerveux et inquiets. Dans certains cas, les oiseaux fuient l'endroit parce qu'ils sont devenus incapables de communiquer librement entre eux. Ces appareils donnent de bons résultats quand on les associe aux canons au propane. Le haut-parleur électronique maintient les oiseaux dans un état d'irritation et de crainte, tandis que le canon, par ses détonations, les incite à quitter les lieux.

Une nouvelle génération d'appareils émettant des sons électroniques fait appel à la technologie numérique pour imiter les appels de détresse spécifiques à divers oiseaux (figure 4). Ils agissent seulement contre les espèces d'oiseaux dont les cris de détresse sont encodés dans la micropuce. On peut cependant observer un certain effet répulsif résiduel sur les espèces qui ont coutume de se déplacer avec les oiseaux visés. Certains producteurs signalent que les appareils à technologie numérique attirent aussi les oiseaux de proie, comme les buses, les éperviers et les faucons, qui se laissent tromper par les appels de détresse électroniques et pensent réellement trouver des oiseaux. Le tournoiement des rapaces dans le ciel contribue également à faire fuir les autres oiseaux. Bien qu'ils soient électroniques, les sons des hurleurs semblent à l'oreille humaine reproduire parfaitement les cris de détresse des oiseaux et, en général, ils sont moins désagréables aux oreilles des voisins. Le niveau sonore de ces appareils, en décibels, est également moins élevé que celui des appareils plus traditionnels.

On peut utiliser simultanément ces deux types d'effaroucheurs électroniques, au printemps, pour décourager les oiseaux de faire leurs nids dans les arbres des alentours.

L'appareil AV Alarm® produit des sons électroniques qui perturbent le système sensoriel de l'oiseau (montré ici dans une plantation de cerisiers à fruits sucrés)

Figure 3. L'appareil AV Alarm® produit des sons électroniques qui perturbent le système sensoriel de l'oiseau (montré ici dans une plantation de cerisiers à fruits sucrés)

3. Cartouches sifflantes et (ou) pyrotechniques

On peut tirer avec un pistolet tenu à la main des cartouches qui produisent tout au long de leur trajectoire un sifflement strident. Il y a aussi des cartouches à détonation différée qui filent d'abord silencieusement puis explosent haut dans le ciel à proximité des bandes d'oiseaux en vol, produisant une explosion aussi puissante que celle d'un canon effaroucheur au propane. Ces coups de feu fracassants effarouchent efficacement les oiseaux quand ils sont tirés au milieu de la nuée d'oiseaux. Les pistolets pyrotechniques sont efficaces pour débarrasser rapidement un champ, un bois ou un fil électrique de la bande d'oiseaux qui s'y attroupent avant de s'abattre sur la culture. Souvent utilisés dans les aéroports, ces appareils sont aussi particulièrement appréciés des producteurs et sont peut-être les effaroucheurs manuels les plus efficaces que l'on puisse se procurer.

L'effaroucheur électronique fait fuir les oiseaux en imitant leurs cris de détresse et, par ricochet, attire aussi les rapaces qui viennent tournoyer autour du secteur

Figure 4. L'effaroucheur électronique fait fuir les oiseaux en imitant leurs cris de détresse et, par ricochet, attire aussi les rapaces qui viennent tournoyer autour du secteur

4. Fusil de chasse

On se sert souvent d'un fusil pour éloigner les oiseaux, mais le tir n'est pas aussi efficace que la propulsion de sons effrayants directement au sein des bandes d'oiseaux comme on peut le faire avec un pistolet pyrotechnique. Cette pratique a sûrement le mérite d'offrir un exutoire à l'exaspération du producteur et de l'aider à atténuer son stress, mais même un tireur d'élite ne parviendra jamais à réduire sensiblement la population d'oiseaux. Les fusils doivent être utilisés uniquement par des personnes responsables et exercées au maniement des armes de manière à éviter les accidents. La possession d'un certificat d'acquisition d'arme à feu est exigé pour l'emploi d'un fusil de chasse, mais non pour l'emploi d'un pistolet à cartouches pyrotechniques.

5. Autres effaroucheurs acoustiques

De nombreux autres appareils ou dispositifs sonores ont été essayés, mais sans grand succès : klaxons à air, cliquètement de moules à tarte en aluminium ou autres objets métalliques scintillants, pétards, fils vibrants de marque Mylar. En général, ces systèmes éloignent les oiseaux seulement pendant quelques jours au bout desquels les oiseaux n'y font plus attention. Le moment où leur utilisation donne le meilleur résultat est dans les jours qui précèdent la cueillette, époque où la menace des oiseaux est la plus élevée.

Effaroucheurs visuels

Les oiseaux ont en général une vue perçante et réagissent tant aux mouvements qu'aux choses qui leur rappellent leurs ennemis. Cela dit, ils réagissent beaucoup moins aux effaroucheurs visuels qu'aux effaroucheurs acoustiques. Les effaroucheurs visuels servent en général à compléter l'effet des effaroucheurs acoustiques et ils n'assurent que rarement une protection suffisante à eux seuls.

1. Ballons épouvantails

Les ballons épouvantails, de la taille d'un ballon de plage, sur lesquels est dessiné un bec de faucon grand ouvert, ont fait leurs preuves dans le monde entier (figure 5). On les trouve en blanc, en noir et en jaune. En Ontario, ce sont les ballons épouvantails jaunes qui effarouchent le plus les oiseaux. Le jaune est une couleur qui rebute les quiscales, les carouges et autres « oiseaux noirs ». Les ballons épouvantails effarouchent un peu les moineaux et les roselins, mais laissent les merles d'Amérique et les jaseurs des cèdres parfaitement indifférents. Les ballons doivent être suspendus au-dessus de la culture et flotter librement au gré du vent pour avoir l'air vrai.

Les ballons épouvantails doivent être installés au-dessus de la culture et ballotter librement au gré du vent

Figure 5. Les ballons épouvantails doivent être installés au-dessus de la culture et ballotter librement au gré du vent

2. Banderoles et rubans scintillants

Les banderoles, bandelettes, serpentins et rubans brillants, encore appelés affolants, fabriqués en plastique brillant, sont suspendus au-dessus des cultures à protéger (figure 6). Ils s'agitent au moindre souffle de vent et réfléchissent les rayons du soleil. Vus du haut, ils donnent aux oiseaux l'impression que toute la vigne ou toute la plantation est en mouvement. On peut acheter des affolants en ruban brillant jaune pour éloigner les quiscales, carouges et autres « oiseaux noirs », et en ruban panaché argenté et rouge contre une large gamme d'espèces. On tire parti au maximum de ces dispositifs quand on les tend au-dessus des rangs extérieurs de la plantation qui subissent les dégâts les plus graves ou dans toute autre zone qui a besoin de protection supplémentaire.

Des banderoles et du ruban scintillant s'agitent au vent et donnent aux oiseaux qui les voient du haut l'impression que le champ est en mouvement

Figure 6. Des banderoles et du ruban scintillant s'agitent au vent et donnent aux oiseaux qui les voient du haut l'impression que le champ est en mouvement

3. Lumières clignotantes et miroirs

Certaines espèces d'oiseaux, en particulier les étourneaux, sont effarouchés par le clignotement produit par des lumières ou des miroirs. Les lumières clignotantes ne sont efficaces qu'à l'aube ou au crépuscule lorsque la lumière du jour est faible, et les miroirs, que lorsque le soleil brille. Certains producteurs ont installé au-dessus des canons au propane rotatifs des miroirs qui donnent aux oiseaux, qui les voient du haut, l'impression que les appareils bougent. Les producteurs ont constaté un effet d'effarouchement par journées ensoleillées.

4. Chouettes et serpents empaillés, épouvantails en forme de faucon

La plupart de ces objets effarouchent un peu les oiseaux, mais l'efficacité est éphémère. Certains producteurs ont vu des oiseaux y faire leurs nids.

5. Fauconnerie

Les faucons et les éperviers dressés sont utilisés avec succès dans les aéroports depuis de nombreuses années. Malheureusement, ces oiseaux n'effarouchent les autres oiseaux que tant qu'ils tournoient dans le ciel. Les principaux inconvénients sont le coût, le temps et la disponibilité, puisque les producteurs ne peuvent faire ce travail eux-mêmes. On a fait des essais avec des oiseaux de proie attachés à un poteau, mais sans grand succès, car les oiseaux nuisibles comprennent vite que le faucon ou l'épervier est dans l'impossibilité de les attaquer.

Protection physique

Le meilleur moyen de protéger les cultures consiste à empêcher physiquement les oiseaux de s'approcher des fruits en recouvrant les plantations d'un filet. Malheureusement, c'est en général la solution la plus coûteuse.

1. Pose de filets

Traditionnellement, le recours à des filets signifiait des coûts d'achat élevés et des coûts de main-d'œuvre importants au moment de la pose et de l'enlèvement. Cependant, le coût des matériaux a baissé au fil des années et l'on trouve maintenant des systèmes qui facilitent la pose des filets. La protection par filets devient aujourd'hui particulièrement avantageuse du fait de la valeur élevée du raisin de cuve. Les filets assurent une protection presque absolue contre les oiseaux et contribuent à maximiser les rendements. Ils sont disponibles en formulation légère à usage unique ou en matériaux réutilisables plus lourds et protégés contre les ultraviolets. On trouve des matériaux rigides ou extensibles en un choix de largeurs et de grandeurs de mailles. Le choix du matériau doit être dicté par le type de culture, la disposition de la plantation, la durée de vie utile que l'on souhaite et le type d'équipement disponible pour la pose et l'enlèvement du filet.

Il y a deux façons de poser des filets sur les cultures:

  • Les dérouler à même le sommet des plants fruitiers ou des arbres;
  • Les fixer à une structure aérienne qui entoure complètement la vigne, le verger ou le champ de petits fruits.

La pose des filets directement sur les plantes est la solution qui convient le mieux aux cultures dont la cueillette n'a pas besoin d'être échelonnée, comme la vigne. La pose puis l'enlèvement des filets, qui ont tendance à se prendre dans les rameaux des plantes ou des arbres, sont des opérations qui demandent beaucoup de main-d'œuvre. Dans le cas du raisin cultivé pour la production de vin de glace, il faut que le filet enserre complètement les pieds de vigne et qu'il soit ramené et attaché au-dessous des rameaux inférieurs. En effet, le filet remplit deux fonctions – mettre les grappes hors de portée des oiseaux jusqu'à la cueillette qui a lieu en plein coeur de l'hiver, et empêcher les grains de raisin de tomber sur le sol pendant la longue période précédant la cueillette (figure 7). Pour les producteurs de vin de glace, la pose de filets est considérée indispensable.

La pose de filets à même le sommet des cultures demande beaucoup de main-d'œuvre, mais elle est efficace

Figure 7. La pose de filets à même le sommet des cultures demande beaucoup de main-d'œuvre, mais elle est efficace

La pose de filets sur une structure n'est pas courante en Ontario, mais il se pourrait qu'on s'y intéresse davantage à l'avenir, à mesure que les méthodes d'installation et de manutention s'améliorent (figure 8). Ces systèmes seraient surtout efficaces pour les bleuets ou les variétés de cerisiers nains à fruits sucrés hâtifs que l'on plante désormais en Ontario. Le raisin de cuve, dont le prix de vente est élevé et qui est produit dans les régions où les oiseaux constituent une grave menace, serait aussi un candidat logique à la protection par filets à condition que l'on trouve un moyen permettant d'utiliser le matériel de récolte mécanique sans avoir à enlever la structure destinée à recevoir le filet. Les structures aériennes ne sont pas recommandées dans le cas des vins de vendange tardive ou du vin de glace, étant donné qu'elles ne sont pas assez solides pour résister au poids de la neige ou de la glace. Les filets doivent être retirés ou du moins enroulés à une extrémité, à la fin de la saison, pour les protéger contre la détérioration par les ultraviolets et les accumulations de neige.

Filets reposant sur une structure aérienne au-dessus d'un champ de bleuets

Figure 8. Filets reposant sur une structure aérienne au-dessus d'un champ de bleuets

Répulsifs chimiques

Au fil des années, de nombreux répulsifs chimiques ont été essayés puis abandonnés, en partie à cause de leur inefficacité, mais aussi de leurs effets secondaires indésirables sur la santé. Pour l'instant, aucun répulsif efficace, de qualité alimentaire, ne bénéficie d'une homologation qui en autorise l'emploi au Canada. Des recherches et des essais pratiques ont été entrepris aux États-Unis sur une nouvelle formulation utilisant comme ingrédient actif des extraits de saveur de raisin. Les résultats jusqu'ici ont montré que l'emploi de ce produit n'est pas acceptable sur le raisin de cuve à cause des saveurs résiduelles qui se développent dans le vin pendant la fermentation.

Comment trouver la meilleure stratégie de lutte contre les oiseaux

De nombreux producteurs espèrent qu'il y a une seule solution magique à leurs problèmes de lutte contre les oiseaux. Or, la solution consiste parfois, tout simplement, à utiliser plus efficacement les méthodes de lutte existantes. Pour commencer, il faut suivre les quatre étapes suivantes :

  1. Mesurer la gravité de la menace posée par les oiseaux.
  2. Suivre une approche intégrée.
  3. Déclencher le programme de lutte en temps utile.
  4. Éviter les méthodes de lutte dont les manifestations sont prévisibles.

Mesurer la gravité de la menace posée par les oiseaux

Cela peut avoir l'air d'une évidence, mais il faut que les producteurs sachent comment les oiseaux agissent ou réagissent de façon à pouvoir s'en débarrasser.

  • Quels sont les oiseaux qui posent les plus graves problèmes?
  • Quelles autres sources de nourriture les oiseaux peuvent-ils trouver dans le voisinage?
  • D'où les oiseaux arrivent-ils?
  • Sont-ils de passage ou nichent-ils dans les parages?
  • À quel moment de la journée les problèmes sont-ils les plus fréquents?
  • Les oiseaux peuvent-ils se rabattre sur autre chose que votre plantation?

Suivre une approche intégrée

Les producteurs doivent admettre que l'emploi d'un seul système d'effarouchement ne suffit pas. Au contraire, ils doivent faire entrer en ligne de compte les points suivants quand ils planifient une stratégie de lutte :

  • Utiliser en association des méthodes d'effarouchement qui perturbent les perceptions visuelles et auditives de l'oiseau et qui l'effraient, ou qui renforcent une association effrayante.
  • Les méthodes auxquelles les oiseaux n'ont pas encore été exposés fonctionnent bien au début, mais leur efficacité finit par diminuer.
  • Les dispositifs mettant en œuvre des techniques d'effarouchement différentes se complètent.
  • Des bruits irréguliers inattendus produisent toujours plus d'effet que les bruits prévisibles dont la nature et la fréquence sont toujours les mêmes.
  • Installer les appareils d'effarouchement en priorité sur le pourtour des vignes, des vergers et des plantations fruitières, près des arbres, des étangs et dans les zones qui se trouvent en premier sur le trajet des oiseaux.
  • Les exploitations fruitière situées sur les versants des collines (par ex. l'escarpement du Niagara) bénéficient de l'écho des détonations des effaroucheurs au propane et des hauts-parleurs émettant des sons électroniques.
  • Tirer parti des vents dominants pour maximiser la dispersion des ondes sonores.
  • Les hauts-parleurs émettant des sons électroniques et les effaroucheurs au propane doivent être installés de manière à projeter les sons aussi près que possible des zones de production.

La probabilité qu'une culture soit ravagée par les oiseaux varie d'une plantation à l'autre. Plus l'environnement de la culture présente de facteurs attirants pour les oiseaux, plus la menace posée par les oiseaux est élevée. À partir de la liste de contrôle du tableau 2, on peut évaluer sommairement la probabilité qu'une culture donnée soit la proie des oiseaux. On coche les cases correspondant aux facteurs qu'on retrouve dans l'environnement d'une vigne, d'une plantation de petits fruits ou d'un verger qui est exposé aux dégâts des oiseaux.

Le producteur qui ne coche aucune des cases du tableau 2 peut considérer que sa plantation est peu menacée par les oiseaux. Le producteur qui coche deux ou trois cases peut considérer que la menace est moyenne. Quatre cases cochées ou plus signifient que la menace posée par les oiseaux peut être considérée comme élevée.

Tableau 2. Prévoir la gravité de la menace que les oiseaux font peser sur une plantation
Plus le nombre des situations suivantes est élevée dans l'environnement de votre plantation, plus la menace posée par les oiseaux est élevée A si c'est le cas
Bandes arborées, bosquets ou terrains boisés à proximité  
Source d'eau à proximité  
La plantation se trouve sur la trajectoire d'oiseaux migrateurs  
La plantation est la meilleure source de nourriture du secteur  
Dans le voisinage, aucun producteur ne protège ses cultures  
Il s'agit d'une plantation de fruits à maturité précoce ou de raisin très sucré  
Absence d'activité humaine régulière aux abords de la culture  

En Ontario, ce sont les domaines viticoles qui utilisent le plus les appareils d'effarouchement des oiseaux. Le tableau 3 donne une série de lignes directrices relatives à la lutte contre les oiseaux dans un vignoble de 4 ha (10 acres) en fonction de la menace posée par les oiseaux. Le vignoble se compose de 50 rangs mesurant 290 m de long (950 pieds) et espacés de 2,75 m (9 pieds). Les données du tableau 3 n'ont qu'une valeur indicative générale étant donné que chaque vignoble a ses propres caractéristiques et que les options possibles sont nombreuses.

Tableau 3. Stratégie d'effarouchement conseillée pour une vigne de 4 ha
Menace posée par les oiseaux Matériel conseillé
Faible

2 canons au propane + réservoirs

2 effaroucheurs électroniques + batteries de 12 volts

Moyenne

2 canons au propane + réservoirs

3 effaroucheurs électroniques + batteries de 12 volts

20 ballons épouvantails + poteaux

1 500 m (5 000 pieds) de ruban brillant + poteaux

1 pistolet pyrotechnique + cartouches

Filets sur les deux rangs externes (4 rangs en toutl)

Élevée 14 500 m (47 600 pieds) de filets sur les rangs


Déclencher le programme d'effarouchement en temps utile

Si vous laissez aux oiseaux la chance de picorer vos fruits délicieux, vous aurez beaucoup de mal à leur en faire passer le goût. Il vous faut donc empêcher les oiseaux de faire leur première incursion dans la plantation. Pendant la saison de nidification, on peut réussir à inciter certains oiseaux à s'installer ailleurs en utilisant des effaroucheurs électroniques dans la zone qui leur sert de dortoir. Souvent, les producteurs mettent en branle trop tard leur programme d'effarouchement, seulement après que les oiseaux ont goûté aux fruits. Le matériel de lutte contre les oiseaux doit être en place au moins 10 jours avant que la culture commence à être alléchante pour les oiseaux, d'ordinaire quand les fruits se colorent, deviennent plus tendres ou plus sucrés, selon l'espèce en question. À la mise en route du programme, il convient de régler les canons au propane ou les effaroucheurs électroniques de façon qu'ils se déclenchent peu fréquemment. Il pourrait y avoir un intervalle moyen de 10 minutes entre deux détonations ou émissions sonores. Pour une saison de lutte contre les oiseaux d'une durée type de huit semaines, il est conseillé de raccourcir l'intervalle moyen d'une minute par semaine. Toutefois, comme il a été dit plus haut, l'intervalle moyen ne doit jamais être inférieur à 3 minutes, car cela réduit l'efficacité de l'appareil.

Éviter les méthodes de lutte dont les manifestations sont prévisibles

  • Tenir constamment les oiseaux en alerte en utilisant une approche aléatoire concernant les associations de méthodes de lutte acoustiques et visuelles, et les obstacles physiques.
  • Bien que cette précaution ne soit pas observée couramment par les producteurs, il est indispensable de déplacer les canons au propane et les effaroucheurs électroniques au moins une fois par semaine.
  • Installer immédiatement l'effaroucheur dans un nouvel endroit s'il ne semble pas effrayer les oiseaux.

Les canons au propane et les voisins

Le bruit est un son non désiré. Les canons au propane et les effaroucheurs électroniques sont probablement les seuls appareils qui ont jamais été créés dans le seul et unique but de produire des sons irritants. S'ils sont irritants pour les oiseaux qui ont l'option de s'en aller vers un endroit plus calme, ils sont probablement plus irritants encore pour les voisins qui n'ont pas la possibilité de se réfugier ailleurs. Les problèmes de bruit qui se développent entre un producteur et ses voisins peuvent dégénérer en affrontements. La meilleure solution est d'éviter que des problèmes surgissent. Voir la fiche technique du MAAARO, Compréhension et réduction des nuisances sonores dues au matériel agricole fixe, commande no 12-030, pour de plus amples renseignements sur les méthodes de mesure et de réduction du bruit.

La plupart des plaintes motivées par les effaroucheurs visent les canons au propane. Pour décrire le bruit produit par ces appareils, les gens disent qu'ils ressentent les détonations au creux de l'estomac. Le dérangement provoqué par le bruit est, chez certaines personnes, aggravé par le sentiment d'impuissance devant la situation ou par le réflexe de compter les secondes et de se crisper en prévision de la prochaine détonation. On a relevé des niveaux sonores d'environ 115 dB à côté d'un canon au propane. C'est plus que ce que l'on entend à côté d'une scie à chaîne bruyante.

Voici quelques remarques sur la question des voisins et de leurs objections à l'égard des canons au propane :

  • Même s'il y a plusieurs plantations et plusieurs canons en fonctionnement dans le secteur, le dérangement sera généralement mis sur le compte du canon qui est visible.
  • Quand les voisins apprennent que les canons ne doivent pas fonctionner entre le coucher et le lever du soleil, ils en concluent que c'est entre les heures officielles de coucher et de lever du soleil annoncées à la radio, lesquelles peuvent être différentes des heures où les oiseaux viennent se nourrir.
  • Les plaintes concernant les canons se posent au bout d'un certain temps, quand rien n'est fait pour trouver une solution.
  • L'utilisation d'un canon dans les vignes et les plantations de fruits tendres est peut être une pratique agricole normale, mais elle risque de l'être moins à proximité d'un groupe de maisons voisines.

Pour aider à réduire, mais pas forcément à éliminer les plaintes des voisins, expliquez-leur pourquoi on doit utiliser les canons et montrez-leur comment ils fonctionnent. Peut-être ont-ils de bonnes idées eux-mêmes sur la façon de s'y prendre pour éloigner les oiseaux. Quand on leur donne l'occasion de dire ce qu'ils pensent, il arrive que certains voisins se plaignent moins des appareils d'effarouchement.

Étude de cas

Supposons une vigne de 4 hectares (10 acres) ayant besoin d'être protégée contre les oiseaux. On y compte 50 rangs de pieds de vigne d'une longueur de 290 m (950 pieds) espacés de 2,75 m (9 pieds). Quels seraient, par année, les coûts d'acquisition (principal) et les coûts d'exploitation d'un système de protection, en fonction des trois niveaux et en supposant les circonstances suivantes?

  • Faible menace – Aucune des situations énumérées au tableau 2 n'est présente;
  • Menace moyenne – Boisé adjacent, source d'eau à proximité, plantation située sur le trajet des oiseaux migratoires;
  • Toutes les situations du tableau 2 sont présentes.

Hypothèses

  • On utilise le matériel indiqué dans le tableau 3.
  • Le taux d'intérêt sur l'emprunt pour acheter les canons, les effaroucheurs électroniques et les filets est de 7 %.
  • Le matériel sera utilisé pendant dix ans, et les filets pendant cinq ans si on en prend soin.
  • Les rubans et les ballons durent deux ans.
  • La main-d'œuvre est rémunérée au taux horaire de 10 dollars.
  • La période de protection nécessaire commence huit semaines avant la cueillette (elle est plus longue dans le cas du vin de glace)
  • Frais d'utilisation du tracteur s'élevant à 35 dollars de l'heure, carburant compris.
  • Frais d'utilisation du tracteur, avec le dévidoir de filet, s'élevant à 40 dollars de l'heure, carburant compris.
  • Les canons et les effaroucheurs électroniques sont déplacés une fois par semaine
  • La main-d'œuvre nécessaire à l'installation, à la réparation et au déplacement hebdomadaire est estimée à sept heures par canon ou effaroucheur électronique; à 0,5 heure par ballon; à 1 heure pour l'installation et l'enlèvement de 300 mètres de ruban; à 4 heures par 300 mètres de filet (pose et enlèvement) (les besoins en main-d'œuvre peuvent varier énormément, ces chiffres n'ont qu'une valeur indicative).

Le tableau 4 résume les coûts de protection contre les trois degrés de menace posée par les oiseaux. Dans le cas d'un cépage de grande valeur comme le Cabernet Franc, dont le raisin vaut environ 1 700 dollars la tonne métrique (1 545 dollars la tonne courte), et dont le rendement est d'environ 10 tonnes métriques à l'hectare (4 tonnes courtes à l'acre), le résultat brut d'exploitation est d'environ 68 000 dollars par an, soit 17 000 dollars à l'hectare. Il faut donc que le matériel de lutte contre les oiseaux parvienne à protéger un pourcentage suffisant de la culture pour que le surcroît de rendement dépasse les frais de mise en œuvre du système de protection.

Le tableau 4 résume les coûts en principal, les coûts d'exploitation et les coûts totaux et par hectare du matériel d'effarouchement des oiseaux. Ensuite, il exprime les coûts totaux annuels à l'hectare en pourcentage de la valeur brute prévue des raisins produits sur chaque hectare. Le coût de la protection contre une menace faible représente environ 1,3 % de la valeur brute totale des raisins récoltés et le coût de la protection contre une menace élevée coûte environ 6,9 %. De toute évidence, plus la valeur de la récolte est élevée, plus il économiquement justifié d'utiliser un matériel de protection contre les oiseaux.

Tableau 4. Coûts annuels de la protection de 4 ha de vigne dont le raisin vaut 1 700 dollars la tonne (menaces faible, moyenne et élevée)
  Menace faible Menace moyenne Menace élevée
Principal ($/an) 320 $ 725 $ 1 800 $
Exploitation ($/an) 580 $ 1 225 $ 2 900 $
Total ($/an) 900 $ 1 950 $ 4 700 $
Total ($/ha/an) 225 $ 490 $ 1 175 $
Brut ($/ha/an) 17 000 $ 17 000 $ 17 000 $
Coût de la lutte contre les oiseaux (en % du résultat brut) 1,3 % 2,9 % 6,9 %

Conclusions

Une fois que les oiseaux ont jeté leur dévolu sur une plantation fruitière, il est difficile de les empêcher de venir s'y rassassier. La lutte commence par la compréhension du comportement des oiseaux et doit être mise en branle tôt dans la saison. Elle doit être proactive et dynamique. On doit chercher un compromis entre les besoins de la culture, les coûts des diverses méthodes de lutte et la nécessité de respecter les besoins du voisinage et de l'environnement.

Références bibliographiques

  • Grape and Wine Industry Newsletter-The Leading Edge. Ministère de l'Agriculture, des Pêches et de l'Alimentation de la Colombie-Britannique, vol. 6, no 5, août 1996.
  • Bird Control Demonstration Day. Compte rendu inédit d'une journée de démonstration sur la lutte contre les oiseaux organisée par le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario et l'IRHO de l'Université de Guelph. Juillet 1997.
  • Grape Economic Information. Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario, décembre 1997.
  • Eastern Birds (An Audubon Handbook). McGraw-Hill Book Company, 1988.

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