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Lutte contre les oiseaux dans les vignes et les plantations de Fruits tendres
Table des matières
IntroductionLes dégâts causés par les oiseaux au raisin et aux fruits à chair tendre (principalement les cerises sucrées et les bleuets en corymbe) posent de sérieux problèmes chez de nombreux producteurs. Quand rien nest fait pour les éloigner, les oiseaux sont capables danéantir la récolte au complet. Une troupe de 5 000 étourneaux peut engloutir jusquà 1 tonne daliments en une dizaine de journées. En 1968, on avait estimé quà léchelle de la planète, les quiscales, carouges et autres « oiseaux noirs » avaient mangé une quinzaine de millions de tonnes de vivres, de quoi nourrir 90 millions de personnes. Malheureusement, si bons soient les efforts et les moyens de lutte déployés, un certain niveau de dégâts est inévitable. En outre, dans de nombreux cas, toute réussite même modeste dun moyen de lutte sobtient à un coût inacceptable à cause des nuisances imposées à la population (bruit des effaroucheurs acoustiques) ou des conséquences sur le milieu naturel (méthodes chimiques). Il semblerait que les déprédations causées par les oiseaux soient en hausse rapide, surtout dans la péninsule du Niagara où se trouvent 95 % des vignes et des plantations de cerises sucrées. | Haut de la page | Pourquoi les déprédations sont-elles plus graves quavant?Les dégâts causés par les oiseaux augmentent pour la simple raison que ceux-ci trouvent un plus grand choix de fruits pour « se sucrer le bec » quavant, et sur de plus grandes surfaces. Par exemple, les variétés de raisin cultivées aujourdhui sont plus sucrées et la surface totale des vignobles saccroît. On cultive des variétés de cerises sucrées hâtives pour profiter du marché lucratif des primeurs, mais les oiseaux voraces ne tardent pas à les trouver. Par le passé, les vignobles, les champs et les vergers étaient de plus petite taille et disséminés au milieu dautres cultures, alors quaujourdhui, ces plantations sont beaucoup plus grandes. Dimmenses troupes doiseaux peuvent soffrir un festin de fruits tous ensemble sans aller de place en place. Finalement, on observe un accroissement des populations doiseaux et une transformation des courants migratoires provoquée par les changements climatiques. | Haut de la page | Espèces doiseauxLe tableau 1 présente la liste des principales espèces doiseaux susceptibles de ravager le raisin, les cerises sucrées et les bleuets en corymbe. Bien des gens savent que des oiseaux détriticoles comme les quiscales, les mouettes et les étourneaux sont des oiseaux indésirables, mais bien peu se rendent compte que de jolis oiseaux comme le merle dAmérique, loriole ou le grand moqueur sont de redoutables ennemis des producteurs de raisin et de fruits tendres. Et justement, il est important de savoir de quels oiseaux il faut craindre des déprédations. Certains de ces oiseaux indésirables sont illustrés à la figure 1 pour en faciliter lidentification.
| Haut de la page | Comportement des oiseauxIl est important de connaître les habitudes des oiseaux pour parvenir à les tenir à distance. Voici certaines données qui aident à comprendre le comportement des oiseaux:
Étourneau sansonnet
Merle dAmérique
Moqueur polyglotte
Oriole du Nord
Quiscale bronzé Figure 1. Oiseaux communs causant des dégâts économiques aux raisins et aux fruits tendres en Ontario (illustration tirée de louvrage Eastern Birds (An Audubon Handbook) 1988, réimprimée avec la permission de McGraw-Hill Book Company)
| Haut de la page | Méthodes deffarouchement des oiseauxLes producteurs ont actuellement à leur disposition quatre types de méthodes pour tenir les oiseaux à lécart de leurs plantations. Mais il leur est conseillé dadopter une approche intégrée qui associe plusieurs de ces méthodes :
| Haut de la page | Effaroucheurs acoustiquesLes effaroucheurs acoustiques sont des appareils qui produisent des sons destinés à effrayer les oiseaux. Comme les oiseaux ont la même acuité auditive que les humains, tout son perceptible à loreille humaine est également perçu par les oiseaux. Contrairement aux rongeurs, les oiseaux nentendent pas les ultrasons.
Les canons effaroucheurs au propaneLeffaroucheur acoustique le plus couramment utilisé pour éloigner les oiseaux est le canon effaroucheur alimenté au propane ou détonateur au propane (figure 2). Les détonations puissantes et imprévisibles de ces appareils épouvantent les oiseaux. Souvent aussi connus sous leurs noms de marque, ils sont disponibles dans une large gamme de configurations, allant des canons mécaniques à un coup aux installations rotatives totalement informatisées, tirant une succession de coups selon une cadence aléatoire. Ces dernières sont les plus efficaces à la longue, étant donné que lintervalle entre les détonations et la direction dans laquelle elles sont envoyées ne sont jamais les mêmes et quil est impossible aux oiseaux de savoir quand et où la prochaine détonation va retentir. Bien que la force de la détonation soit importante, cest sa nature imprévue qui perturbe les oiseaux. Les canons ne doivent jamais produire de détonations à intervalles réguliers ni à des intervalles de moins de 3 minutes. Les oiseaux saccoutument rapidement aux canons qui sont stationnaires ou dont les détonations sont régulières ou trop rapprochées. On ne gagne pas en efficacité à élever la fréquence des détonations. Figure 2. Le canon effaroucheur alimenté au propane est incommodant pour les oiseaux, mais aussi pour les voisins.
Malheureusement, les voisins, eux, ne shabituent jamais aux effaroucheurs au propane à cause de la force des détonations (on a relevé des niveaux sonores de 115 dBA à côté des appareils), de la fréquence des détonations (jusquà 20 par heure), du moment de la journée où ils doivent fonctionner (dès laube, alors que les gens dorment encore). Bien des gens font du travail posté et doivent dormir pendant la journée, cest pourquoi ils napprécient guère les canons au propane. Il existe des modèles plus modernes de canons au propane qui sont totalement électroniques et équipés de minuteries grâce auxquelles les producteurs peuvent programmer la mise en marche et larrêt automatiques de ces appareils. Les minuteries électroniques, contrairement aux minuteries activées par photocellule, donnent au producteur la possibilité de stopper le fonctionnement de lappareil à plusieurs reprises, pendant les moments de la journée où les oiseaux ne sont pas aussi voraces. Règles demploi des canons effaroucheurs alimentés au propane :
Hauts-parleurs diffusant des sons électroniques Les effaroucheurs produisant des sons électroniques sont tenus pour être moins irritants pour les voisins que les canons au propane. Deux types dappareils émettant des sons synthétiques électroniques sont couramment utilisés pour faire fuir les oiseaux :
Le haut-parleur électronique traditionnel est souvent appelé AV Alarm®, du nom commercial dun appareil très utilisé dans lindustrie depuis 30 ans (figure 3). Les sons électroniques modulés quil produit interfèrent avec le système sensoriel de loiseau, produisant un environnement qui rend les oiseaux nerveux et inquiets. Dans certains cas, les oiseaux fuient lendroit parce quils sont devenus incapables de communiquer librement entre eux. Ces appareils donnent de bons résultats quand on les associe aux canons au propane. Le haut-parleur électronique maintient les oiseaux dans un état dirritation et de crainte, tandis que le canon, par ses détonations, les incite à quitter les lieux. Figure 3. Lappareil AV Alarm® produit des sons électroniques qui perturbent le système sensoriel de loiseau (montré ici dans une plantation de cerisiers à fruits sucrés)
Une nouvelle génération dappareils émettant des sons électroniques fait appel à la technologie numérique pour imiter les appels de détresse spécifiques à divers oiseaux (figure 4). Ils agissent seulement contre les espèces doiseaux dont les cris de détresse sont encodés dans la micropuce. On peut cependant observer un certain effet répulsif résiduel sur les espèces qui ont coutume de se déplacer avec les oiseaux visés. Certains producteurs signalent que les appareils à technologie numérique attirent aussi les oiseaux de proie, comme les buses, les éperviers et les faucons, qui se laissent tromper par les appels de détresse électroniques et pensent réellement trouver des oiseaux. Le tournoiement des rapaces dans le ciel contribue également à faire fuir les autres oiseaux. Bien quils soient électroniques, les sons des hurleurs semblent à loreille humaine reproduire parfaitement les cris de détresse des oiseaux et, en général, ils sont moins désagréables aux oreilles des voisins. Le niveau sonore de ces appareils, en décibels, est également moins élevé que celui des appareils plus traditionnels. On peut utiliser simultanément ces deux types deffaroucheurs électroniques, au printemps, pour décourager les oiseaux de faire leurs nids dans les arbres des alentours. Cartouches sifflantes et (ou) pyrotechniquesOn peut tirer avec un pistolet tenu à la main des cartouches qui produisent tout au long de leur trajectoire un sifflement strident. Il y a aussi des cartouches à détonation différée qui filent dabord silencieusement puis explosent haut dans le ciel à proximité des bandes doiseaux en vol, produisant une explosion aussi puissante que celle dun canon effaroucheur au propane. Ces coups de feu fracassants effarouchent efficacement les oiseaux quand ils sont tirés au milieu de la nuée doiseaux. Les pistolets pyrotechniques sont efficaces pour débarrasser rapidement un champ, un bois ou un fil électrique de la bande doiseaux qui sy attroupent avant de sabattre sur la culture. Souvent utilisés dans les aéroports, ces appareils sont aussi particulièrement appréciés des producteurs et sont peut-être les effaroucheurs manuels les plus efficaces que lon puisse se procurer.
Figure 4. Leffaroucheur électronique fait fuir les oiseaux en imitant leurs cris de détresse et, par ricochet, attire aussi les rapaces qui viennent tournoyer autour du secteur Fusil de chasseOn se sert souvent dun fusil pour éloigner les oiseaux,
mais le tir nest pas aussi efficace que la propulsion de sons
effrayants directement au sein des bandes doiseaux comme on peut
le faire avec un pistolet pyrotechnique. Cette pratique a sûrement
le mérite doffrir un exutoire à lexaspération
du producteur et de laider à atténuer son stress,
mais même un tireur délite ne parviendra jamais à
réduire sensiblement la population doiseaux. Les fusils
doivent être utilisés uniquement par des personnes responsables
et exercées au maniement des armes de manière à
éviter les accidents. La possession dun certificat dacquisition
darme à feu est exigé pour lemploi dun
fusil de chasse, mais non pour lemploi dun pistolet à
cartouches pyrotechniques. Autres effaroucheurs acoustiquesDe nombreux autres appareils ou dispositifs sonores ont été essayés, mais sans grand succès : klaxons à air, cliquètement de moules à tarte en aluminium ou autres objets métalliques scintillants, pétards, fils vibrants de marque Mylar. En général, ces systèmes éloignent les oiseaux seulement pendant quelques jours au bout desquels les oiseaux ny font plus attention. Le moment où leur utilisation donne le meilleur résultat est dans les jours qui précèdent la cueillette, époque où la menace des oiseaux est la plus élevée. | Haut de la page | Effaroucheurs visuelsLes oiseaux ont en général une vue perçante et réagissent tant aux mouvements quaux choses qui leur rappellent leurs ennemis. Cela dit, ils réagissent beaucoup moins aux effaroucheurs visuels quaux effaroucheurs acoustiques. Les effaroucheurs visuels servent en général à compléter leffet des effaroucheurs acoustiques et ils nassurent que rarement une protection suffisante à eux seuls. Ballons épouvantailsLes ballons épouvantails, de la taille dun ballon de plage, sur lesquels est dessiné un bec de faucon grand ouvert, ont fait leurs preuves dans le monde entier (figure 5). On les trouve en blanc, en noir et en jaune. En Ontario, ce sont les ballons épouvantails jaunes qui effarouchent le plus les oiseaux. Le jaune est une couleur qui rebute les quiscales, les carouges et autres « oiseaux noirs ». Les ballons épouvantails effarouchent un peu les moineaux et les roselins, mais laissent les merles dAmérique et les jaseurs des cèdres parfaitement indifférents. Les ballons doivent être suspendus au-dessus de la culture et flotter librement au gré du vent pour avoir lair vrai. Figure 5. Les ballons épouvantails doivent être installés au-dessus de la culture et ballotter librement au gré du vent Banderoles et rubans scintillantsLes banderoles, bandelettes, serpentins et rubans brillants, encore appelés affolants, fabriqués en plastique brillant, sont suspendus au-dessus des cultures à protéger (figure 6). Ils sagitent au moindre souffle de vent et réfléchissent les rayons du soleil. Vus du haut, ils donnent aux oiseaux limpression que toute la vigne ou toute la plantation est en mouvement. On peut acheter des affolants en ruban brillant jaune pour éloigner les quiscales, carouges et autres « oiseaux noirs », et en ruban panaché argenté et rouge contre une large gamme despèces. On tire parti au maximum de ces dispositifs quand on les tend au-dessus des rangs extérieurs de la plantation qui subissent les dégâts les plus graves ou dans toute autre zone qui a besoin de protection supplémentaire. Figure 6. Des banderoles et du ruban scintillant sagitent au vent et donnent aux oiseaux qui les voient du haut limpression que le champ est en mouvement
Lumières clignotantes et miroirsCertaines espèces doiseaux, en particulier les étourneaux, sont effarouchés par le clignotement produit par des lumières ou des miroirs. Les lumières clignotantes ne sont efficaces quà laube ou au crépuscule lorsque la lumière du jour est faible, et les miroirs, que lorsque le soleil brille. Certains producteurs ont installé au-dessus des canons au propane rotatifs des miroirs qui donnent aux oiseaux, qui les voient du haut, limpression que les appareils bougent. Les producteurs ont constaté un effet deffarouchement par journées ensoleillées. Chouettes et serpents empaillés, épouvantails en forme de fauconLa plupart de ces objets effarouchent un peu les oiseaux, mais lefficacité est éphémère. Certains producteurs ont vu des oiseaux y faire leurs nids. FauconnerieLes faucons et les éperviers dressés sont utilisés avec succès dans les aéroports depuis de nombreuses années. Malheureusement, ces oiseaux neffarouchent les autres oiseaux que tant quils tournoient dans le ciel. Les principaux inconvénients sont le coût, le temps et la disponibilité, puisque les producteurs ne peuvent faire ce travail eux-mêmes. On a fait des essais avec des oiseaux de proie attachés à un poteau, mais sans grand succès, car les oiseaux nuisibles comprennent vite que le faucon ou lépervier est dans limpossibilité de les attaquer. | Haut de la page | Protection physiqueLe meilleur moyen de protéger les cultures consiste à empêcher physiquement les oiseaux de sapprocher des fruits en recouvrant les plantations dun filet. Malheureusement, cest en général la solution la plus coûteuse. Pose de filetsTraditionnellement, le recours à des filets signifiait des coûts dachat élevés et des coûts de main-doeuvre importants au moment de la pose et de lenlèvement. Cependant, le coût des matériaux a baissé au fil des années et lon trouve maintenant des systèmes qui facilitent la pose des filets. La protection par filets devient aujourdhui particulièrement avantageuse du fait de la valeur élevée du raisin de cuve. Les filets assurent une protection presque absolue contre les oiseaux et contribuent à maximiser les rendements. Ils sont disponibles en formulation légère à usage unique ou en matériaux réutilisables plus lourds et protégés contre les ultraviolets. On trouve des matériaux rigides ou extensibles en un choix de largeurs et de grandeurs de mailles. Le choix du matériau doit être dicté par le type de culture, la disposition de la plantation, la durée de vie utile que lon souhaite et le type déquipement disponible pour la pose et lenlèvement du filet. Il y a deux façons de poser des filets sur les cultures:
La pose des filets directement sur les plantes est la solution qui convient le mieux aux cultures dont la cueillette na pas besoin dêtre échelonnée, comme la vigne. La pose puis lenlèvement des filets, qui ont tendance à se prendre dans les rameaux des plantes ou des arbres, sont des opérations qui demandent beaucoup de main-doeuvre. Dans le cas du raisin cultivé pour la production de vin de glace, il faut que le filet enserre complètement les pieds de vigne et quil soit ramené et attaché au-dessous des rameaux inférieurs. En effet, le filet remplit deux fonctions mettre les grappes hors de portée des oiseaux jusquà la cueillette qui a lieu en plein coeur de lhiver, et empêcher les grains de raisin de tomber sur le sol pendant la longue période précédant la cueillette (figure 7). Pour les producteurs de vin de glace, la pose de filets est considérée indispensable. La pose de filets sur une structure nest pas courante en Ontario, mais il se pourrait quon sy intéresse davantage à lavenir, à mesure que les méthodes dinstallation et de manutention saméliorent (figure 8). Ces systèmes seraient surtout efficaces pour les bleuets ou les variétés de cerisiers nains à fruits sucrés hâtifs que lon plante désormais en Ontario. Le raisin de cuve, dont le prix de vente est élevé et qui est produit dans les régions où les oiseaux constituent une grave menace, serait aussi un candidat logique à la protection par filets à condition que lon trouve un moyen permettant dutiliser le matériel de récolte mécanique sans avoir à enlever la structure destinée à recevoir le filet. Les structures aériennes ne sont pas recommandées dans le cas des vins de vendange tardive ou du vin de glace, étant donné quelles ne sont pas assez solides pour résister au poids de la neige ou de la glace. Les filets doivent être retirés ou du moins enroulés à une extrémité, à la fin de la saison, pour les protéger contre la détérioration par les ultraviolets et les accumulations de neige. Figure 7. La pose de filets à même le sommet des cultures demande beaucoup de main-doeuvre, mais elle est efficace Figure 8. Filets reposant sur une structure aérienne au-dessus dun champ de bleuets
| Haut de la page | Répulsifs chimiquesAu fil des années, de nombreux répulsifs chimiques ont été essayés puis abandonnés, en partie à cause de leur inefficacité, mais aussi de leurs effets secondaires indésirables sur la santé. Pour linstant, aucun répulsif efficace, de qualité alimentaire, ne bénéficie dune homologation qui en autorise lemploi au Canada. Des recherches et des essais pratiques ont été entrepris aux États-Unis sur une nouvelle formulation utilisant comme ingrédient actif des extraits de saveur de raisin. Les résultats jusquici ont montré que lemploi de ce produit nest pas acceptable sur le raisin de cuve à cause des saveurs résiduelles qui se développent dans le vin pendant la fermentation.
Comment trouver la meilleure stratégie de lutte contre les oiseauxDe nombreux producteurs espèrent quil y a une seule solution magique à leurs problèmes de lutte contre les oiseaux. Or, la solution consiste parfois, tout simplement, à utiliser plus efficacement les méthodes de lutte existantes. Pour commencer, il faut suivre les quatre étapes suivantes :
Mesurer la gravité de la menace posée par les oiseauxCela peut avoir lair dune évidence, mais il faut que les producteurs sachent comment les oiseaux agissent ou réagissent de façon à pouvoir sen débarrasser.
Suivre une approche intégréeLes producteurs doivent admettre que lemploi dun seul système deffarouchement ne suffit pas. Au contraire, ils doivent faire entrer en ligne de compte les points suivants quand ils planifient une stratégie de lutte :
La probabilité quune culture soit ravagée par les oiseaux varie dune plantation à lautre. Plus lenvironnement de la culture présente de facteurs attirants pour les oiseaux, plus la menace posée par les oiseaux est élevée. À partir de la liste de contrôle du tableau 2, on peut évaluer sommairement la probabilité quune culture donnée soit la proie des oiseaux. On coche les cases correspondant aux facteurs quon retrouve dans lenvironnement dune vigne, dune plantation de petits fruits ou dun verger qui est exposé aux dégâts des oiseaux. Le producteur qui ne coche aucune des cases du tableau 2 peut considérer que sa plantation est peu menacée par les oiseaux. Le producteur qui coche deux ou trois cases peut considérer que la menace est moyenne. Quatre cases cochées ou plus signifient que la menace posée par les oiseaux peut être considérée comme élevée.
En Ontario, ce sont les domaines viticoles qui utilisent le plus les appareils deffarouchement des oiseaux. Le tableau 3 donne une série de lignes directrices relatives à la lutte contre les oiseaux dans un vignoble de 4 ha (10 acres) en fonction de la menace posée par les oiseaux. Le vignoble se compose de 50 rangs mesurant 290 m de long (950 pieds) et espacés de 2,75 m (9 pieds). Les données du tableau 3 nont quune valeur indicative générale étant donné que chaque vignoble a ses propres caractéristiques et que les options possibles sont nombreuses.
| Haut de la page | Déclencher le programme deffarouchement en temps utileSi vous laissez aux oiseaux la chance de picorer vos fruits délicieux, vous aurez beaucoup de mal à leur en faire passer le goût. Il vous faut donc empêcher les oiseaux de faire leur première incursion dans la plantation. Pendant la saison de nidification, on peut réussir à inciter certains oiseaux à sinstaller ailleurs en utilisant des effaroucheurs électroniques dans la zone qui leur sert de dortoir. Souvent, les producteurs mettent en branle trop tard leur programme deffarouchement, seulement après que les oiseaux ont goûté aux fruits. Le matériel de lutte contre les oiseaux doit être en place au moins 10 jours avant que la culture commence à être alléchante pour les oiseaux, dordinaire quand les fruits se colorent, deviennent plus tendres ou plus sucrés, selon lespèce en question. À la mise en route du programme, il convient de régler les canons au propane ou les effaroucheurs électroniques de façon quils se déclenchent peu fréquemment. Il pourrait y avoir un intervalle moyen de 10 minutes entre deux détonations ou émissions sonores. Pour une saison de lutte contre les oiseaux dune durée type de huit semaines, il est conseillé de raccourcir lintervalle moyen dune minute par semaine. Toutefois, comme il a été dit plus haut, lintervalle moyen ne doit jamais être inférieur à 3 minutes, car cela réduit lefficacité de lappareil. Éviter les méthodes de lutte dont les manifestations sont prévisibles
| Haut de la page | Les canons au propane et les voisinsLe bruit est un son non désiré. Les canons au propane et les effaroucheurs électroniques sont probablement les seuls appareils qui ont jamais été créés dans le seul et unique but de produire des sons irritants. Sils sont irritants pour les oiseaux qui ont loption de sen aller vers un endroit plus calme, ils sont probablement plus irritants encore pour les voisins qui nont pas la possibilité de se réfugier ailleurs. Les problèmes de bruit qui se développent entre un producteur et ses voisins peuvent dégénérer en affrontements. La meilleure solution est déviter que des problèmes surgissent. Voir la fiche technique du MAAARO, Lutte contre le bruit à la ferme, commande no 96-034, pour de plus amples renseignements sur les méthodes de mesure et de réduction du bruit. La plupart des plaintes motivées par les effaroucheurs visent les canons au propane. Pour décrire le bruit produit par ces appareils, les gens disent quils ressentent les détonations au creux de lestomac. Le dérangement provoqué par le bruit est, chez certaines personnes, aggravé par le sentiment dimpuissance devant la situation ou par le réflexe de compter les secondes et de se crisper en prévision de la prochaine détonation. On a relevé des niveaux sonores denviron 115 dB à côté dun canon au propane. Cest plus que ce que lon entend à côté dune scie à chaîne bruyante. Voici quelques remarques sur la question des voisins et de leurs objections à légard des canons au propane :
Pour aider à réduire, mais pas forcément à éliminer les plaintes des voisins, expliquez-leur pourquoi on doit utiliser les canons et montrez-leur comment ils fonctionnent. Peut-être ont-ils de bonnes idées eux-mêmes sur la façon de sy prendre pour éloigner les oiseaux. Quand on leur donne loccasion de dire ce quils pensent, il arrive que certains voisins se plaignent moins des appareils deffarouchement. | Haut de la page | Étude de casSupposons une vigne de 4 hectares (10 acres) ayant besoin dêtre protégée contre les oiseaux. On y compte 50 rangs de pieds de vigne dune longueur de 290 m (950 pieds) espacés de 2,75 m (9 pieds). Quels seraient, par année, les coûts dacquisition (principal) et les coûts dexploitation dun système de protection, en fonction des trois niveaux et en supposant les circonstances suivantes?
Hypothèses
Le tableau 4 résume les coûts de protection contre les trois degrés de menace posée par les oiseaux. Dans le cas dun cépage de grande valeur comme le Cabernet Franc, dont le raisin vaut environ 1 700 dollars la tonne métrique (1 545 dollars la tonne courte), et dont le rendement est denviron 10 tonnes métriques à lhectare (4 tonnes courtes à lacre), le résultat brut dexploitation est denviron 68 000 dollars par an, soit 17 000 dollars à lhectare. Il faut donc que le matériel de lutte contre les oiseaux parvienne à protéger un pourcentage suffisant de la culture pour que le surcroît de rendement dépasse les frais de mise en oeuvre du système de protection. Le tableau 4 résume les coûts en principal, les coûts dexploitation et les coûts totaux et par hectare du matériel deffarouchement des oiseaux. Ensuite, il exprime les coûts totaux annuels à lhectare en pourcentage de la valeur brute prévue des raisins produits sur chaque hectare. Le coût de la protection contre une menace faible représente environ 1,3 % de la valeur brute totale des raisins récoltés et le coût de la protection contre une menace élevée coûte environ 6,9 %. De toute évidence, plus la valeur de la récolte est élevée, plus il économiquement justifié dutiliser un matériel de protection contre les oiseaux.
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