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Séchage du maïs à l'air ambiant
Table de matières
IntroductionCette technique de séchage utilise le potentiel de l'air ambiant, limité mais gratuit, afin d'abaisser la teneur en humidité du maïs à un niveau acceptable pour l'entreposage. Le séchage est relativement lent et peut s'étendre sur plusieurs semaines. Cette méthode de séchage repose sur un principe semblable à celui du séchage des épis de maïs dans un crib. Cependant, dans le cas de l'air ambiant, le maïs est égrené, et ce sont des ventilateurs et non le vent qui poussent l'air au travers des grains. Le séchage à l'air ambiant s'est développé à partir des techniques de séchage à basse température auxquelles les producteurs du Midwest américain ont été les premiers à avoir recours à la fin des années 1960. Des générateurs de chaleur électriques pouvaient augmenter la température de l'air ambiant de 6 à 10 °F (3 à 5 °C). Après avoir utilisé cette technique pendant plusieurs années, les producteurs se sont rendus compte qu'en arrêtant les générateurs, ils pouvaient se permettre de faire fonctionner les ventilateurs sur une plus longue période et réduire les coûts en énergie. Les systèmes mis au point par la suite étaient dépourvus de générateurs. L'argent ainsi économisé a été employé à augmenter la capacité des ventilateurs afin de sécher le grain à l'air ambiant selon la technique utilisée de nos jours. Le séchage à l'air ambiant est particulièrement bien adapté aux cultures commerciales de petite envergure et aux exploitations d'élevage. Figure 1. Système de séchage à l'air ambiant sur une ferme laitière
| Haut de la page | Les avantages
Les désavantages
| Haut de la page | Le fonctionnementA. Teneur en humidité au point d'équilibreLe séchage à l'air ambiant repose sur le principe voulant que la pression de vapeur à l'intérieur du grain cherche à s'équilibrer avec la pression de vapeur de l'air. Dans le cas du séchage à haute température, le séchage est rapide, puisqu'il y a une différence marquée entre la pression de vapeur à l'intérieur du grain et la pression de vapeur de l'air chaud. Au contraire, le séchage à l'air ambiant est très lent à cause de la différence très faible des pressions de vapeur. Des chercheurs ont établi un tableau sur la teneur en humidité au point d'équilibre qui nous permet de prédire la teneur en humidité finale du maïs dans différentes conditions de température et d'humidité. Par exemple, la figure 2 indique que l'air à 40 °F (4,5 °C) et 75 % d'humidité relative peut abaisser la teneur en humidité du maïs à environ 16,5 %. Dans le cas des ventilateurs axiaux, par contre, la température de l'air qui passe au-dessus du moteur peut augmenter d'environ 2 °F (1,1 °C). Cette hausse de température peut faire baisser l'humidité relative d'environ 5 %. Par exemple, à des conditions ambiantes de 38 °F (3 °C) et 80 % d'humidité relative, il faut consulter le tableau de la teneur en humidité au point d'équilibre en tenant compte des conditions du plénum d'air, soit une température de 40 °F (4 °C) et une humidité relative de 75 %. Ce facteur d'ajustement peut aussi s'appliquer aux ventilateurs centrifuges si un déflecteur est installé de façon à faire circuler l'air autour du moteur. B. Durée d'entreposage permiseCe sont la température et la teneur en humidité du grain qui déterminent la durée d'entreposage permise du maïs. La figure 3 fournit des indications sur la durée maximale d'entreposage du maïs dans plusieurs conditions avant que le grain ne se détériore de manière significative. C. Conditions climatiquesÀ la lumière des informations précédentes, les conditions climatiques en automne sont de toute évidence beaucoup plus importantes pour le séchage à l'air ambiant que pour les systèmes à haute température. La figure 4 fait la comparaison des moyennes de températures et d'humidités relatives sur une période de trente ans entre plusieurs endroits de l'Ontario et la communauté de Rockfield en Illinois. Ces moyennes semblent indiquer que le centre et l'est de l'Ontario se prêtent tout aussi bien que le sud-ouest de l'Ontario au séchage à l'air ambiant. Malgré le fait que la teneur en humidité du maïs au moment de la récolte dans le sud-ouest soit souvent plus basse, les températures automnales relativement plus élevées laissent supposer que les durées d'entreposage permises demeurent à peu près les mêmes que dans les régions plus nordiques. De plus, puisque l'humidité relative est plus élevée dans le sud-ouest de l'Ontario, la teneur en humidité au point d'équilibre dans cette région est plus élevée que dans les autres régions. | Haut de la page | Les éléments du séchoirUn système de séchage à l'air ambiant comprend les éléments suivants : 1. Silo d'entreposageLe silo sert à la fois de structure de séchage et d'entreposage du maïs. La couche de maïs dans le silo doit être la moins épaisse possible pour garder une pression statique minimale. L'épaisseur idéale se situe entre 10 et 12 pi (3 à 3,6 m), l'épaisseur maximale étant de 14 pi (4,2 m). Un système de séchage à l'air ambiant nécessite la construction d'un silo peu profond et de grand diamètre (figure 5). Figure 5. Les silos d'entreposage peu profonds diminuent la pression statique, la puissance de ventilation requise et la consommation d'énergie.
Il est utile d'installer des tuyaux de 2 po (5 cm) de diamètre sur le côté du silo à des intervalles verticaux d'environ 2 pi (60 cm) pour prendre des échantillons de maïs et suivre le front de séchage. Figure 6. Des tuyaux horizontaux aménagés dans la paroi du silo servent à mesurer la teneur en humidité du maïs
2. Fond perforé du silo d'entreposageUn fond perforé est idéal dans un silo utilisé pour le séchage à l'air ambiant. Un fond perforé sur toute sa surface assure une distribution uniforme de l'air, essentielle au séchage du maïs humide. 3. VentilateurIl faut choisir un ventilateur en fonction de la quantité d'air nécessaire et de la pression statique anticipée. Il peut s'agir d'un ventilateur axial ou d'un ventilateur centrifuge. Au moment de la planification du système, il faut prendre en considération les besoins en électricité. Les ventilateurs doivent toujours pousser l'air à travers le silo. 4. Distributeur de grainIl est recommandé d'installer un dispositif de distribution du grain. Ces épandeurs aident à distribuer uniformément les grains de maïs, y compris les poussières. Afin que le débit d'air soit uniforme dans la masse de grain, la surface de la masse de grain doit rester horizontale. 5. Évents de toitIl faut installer des évents à clapet d'une capacité suffisante pour évacuer l'air; ces évents empêchent la formation d'une pression inversée et éliminent la condensation sur le toit et les murs. La dimension des ouvertures dans le toit du silo est déterminée par la capacité du ventilateur : il faut un pied carré (930 cm2) d'ouverture pour chaque tranche de 1000 pieds cubes d'air par minute (470 L/s). 6. Nettoyeur à grainsLes poussières et les grains brisés réduisent le débit de l'air en offrant une plus grande résistance. Pour que le séchage à l'air ambiant soit efficace, il faut conditionner le grain à l'aide d'un nettoyeur. Puisque les poussières ont tendance à s'accumuler au centre du silo, il est possible d'améliorer la circulation de l'air en enlevant une partie du maïs au centre du silo. Figure 7. Le séchage à l'air ambiant nécessite l'utilisation d'un nettoyeur à grains
7. Autres équipements de contrôleEn vérifiant souvent le processus de séchage, il est possible de détecter plus vite toute défaillance de l'équipement ou du processus de séchage. L'exploitation de ce système de séchage nécessite les équipements suivants :
| Haut de la page | Choix des dimensions du systèmeA. Débit d'airL'efficacité d'un système de séchage à l'air ambiant dépend surtout de la quantité d'air fournie. En Ontario, il est généralement recommandé de prévoir 2 pieds cubes d'air par minute (p.c.m.) par boisseau de maïs. Si la teneur en humidité à la récolte est plutôt de 30 %, il faut rectifier ces chiffres pour augmenter le débit d'air. Au contraire, les hybrides récoltés, par exemple à 22 % d'humidité, nécessitent un débit d'air moins prononcé. Si le maïs doit être récolté à un taux d'humidité supérieur à celui pour lequel le système a été conçu, il faut réduire l'épaisseur du grain dans le silo afin d'augmenter de manière efficace les p.c.m./boisseau. B. Choix du ventilateurLes producteurs ont le choix entre deux principaux types de ventilateurs : axial (hélicoïdal) ou centrifuge. Ce dernier est plus coûteux, mais convient mieux que l'autre si la pression statique atteint 4 po (1 kPa) ou plus. De plus, un ventilateur centrifuge fonctionne beaucoup plus silencieusement qu'un ventilateur axial. La pression statique est déterminée selon la figure 8. Pour conserver la pression statique au-dessous de 4 po en colonne d'eau (1 kPa) avec un débit d'air de 2 p.c.m./bois. (26 L/s/m3), l'épaisseur du grain ne doit pas dépasser 14 pi (4,2 m). Figure 8. Détermination de la pression statique d'après le débit d'air pour le maïs égrené
C. Exemple d'un systèmeExemple : Trouver les dimensions d'un silo pouvant sécher à l'air ambiant 5000 boisseaux (125 tonnes) de maïs à 25 % d'humidité. Solution
* À noter : Les murs du silo perdent de 12 à 16 po de leur hauteur lorsqu'un plancher perforé est utilisé. | Haut de la page | Fonctionnement du systèmeAfin d'assurer le bon fonctionnement du système de séchage à l'air ambiant, suivez bien les directives suivantes :
| Haut de la page | Séchage du maïs à l'énergie solaireCertains producteurs ont installé des panneaux solaires sur les silos de maïs dans le but d'augmenter la température ambiante et de diminuer l'humidité relative de l'air fourni. Les panneaux solaires, généralement en fibre de verre, peuvent être soit fixés au silo, soit installés séparément. L'air d'admission est entraîné dans le collecteur pour capter l'énergie solaire. Le capteur solaire peut faire augmenter la température de l'air de 10 °F (5,5 °C), mais l'augmentation moyenne de température sur une période de 24 heures est plutôt de l'ordre de 1 ou 2 °F (0,5-1,1 °C). Il n'est pas rentable d'installer un capteur à moins qu'il puisse être construit à bon compte, c'est-à-dire à moins de 0,20 $ le boisseau de maïs séché (0,007 $/m3). L'installation d'un panneau solaire permet de réduire sensiblement la période de séchage du maïs et de rendre le séchage plus efficace les années où l'humidité relative est élevée.
CoûtsA. Coûts d'installationLes coûts du séchage à l'air ambiant et de l'entreposage de 5000 boisseaux (125 tonnes) dont il a été question plus haut sont plus importants que les coûts d'entreposage d'un silo ordinaire de cette capacité. Ces coûts additionnels résultent de :
Le coût approximatif du système recommandé dans notre EXEMPLE a été estimé à 14 000 $ selon les prix en vigueur en mars 1986, y compris 3 000 $ pour la pose des fondations et la construction d'un silo. La préparation du site de construction et l'installation électrique entraînent des coûts additionnels. B. Coûts de séchageLa consommation d'électricité peut varier de 50 à 100 kilowatt-heures la tonne selon la teneur en humidité initiale et les conditions climatiques. À 0,04 $ le kilowatt-heure, il en coûte de 2 à 4 $ la tonne de maïs (0,05 à 0,10 $ le boisseau de maïs). | Haut de la page | Séchage de cultures autres que le maïsIl est possible de sécher d'autres cultures à l'air ambiant. a) SoyaIl est possible de diminuer les pertes de soya au champ de façon significative en récoltant le soya à une teneur en humidité de 16 à 18 % et en effectuant le séchage à l'air ambiant. Le séchage à l'air ambiant est idéal pour cette culture, puisque le soya doit être récolté à une teneur en humidité supérieure de seulement 3 à 5 % à la teneur en humidité recommandée pour l'entreposage. Le système de séchage à l'air ambiant conçu pour le maïs convient aussi au séchage du soya. Le débit d'air recommandé pour sécher du soya à des teneurs en humidité entre 16 et 18 % est de 2 pieds cubes d'air par minute. Le soya offre une résistance au débit d'air de 25 % inférieure à celle du maïs, ce qui signifie que l'on peut sécher 25 % de plus de soya que de maïs sur une même durée avec le même système. b) BléLe blé peut être récolté à des teneurs en humidité entre 18 et 20 % et peut être séché à l'air ambiant.Entre 18 et 20 % d'humidité, il est recommandé de fournir un débit d'air de 2 pieds cubes d'air par minute par boisseau de blé (26 L/s/m3). Cependant, le blé offre beaucoup plus de résistance au débit d'air que le maïs ou le soya. À la même épaisseur que le maïs, le blé crée 60 % davantage de pression statique. En règle générale, il faut sécher deux fois moins de blé que de maïs (c'est-à-dire la moitié de l'épaisseur du maïs) durant la période de temps recommandée pour le maïs. Étant donné que la durée d'entreposage permise du blé humide est très courte, il est recommandé de faire circuler de l'air dans le grain sitôt la récolte terminée. Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique. | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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