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Lutte contre le bruit à la ferme

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 700
Date de publication : 02/96
Commande no. 96-034
Dernière révision : 02/96
Situation :
Rédacteur : Michael Toombs - spécialiste de l'interface rural-urbain/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. La lutte contre le bruit et la loi
  3. Concepts d'acoustique
  4. Comment réduire le bruit
  5. Empêcher ou réduire la propagation du bruit

Introduction

Qu'est-ce que le bruit? Une sensation auditive indésirable parce qu'elle se produit au mauvais moment ou au mauvais endroit. Pour la plupart des gens, la campagne est un lieu tranquille et silencieux, ce qui est souvent vrai. Cependant, certains travaux agricoles qui s'y déroulent sont une source de bruit considérable qui peut interférer avec les activités des gens du voisinage. Ce bruit peut alors devenir une nuisance, en particulier le soir et pendant les heures normales de sommeil.

Quand les problèmes de bruit prennent de l'ampleur et que rien n'est fait pour y remédier, l'animosité s'installe dans les relations entre les agriculteurs et leurs voisins. Ceux-ci peuvent souffrir d'une perte de jouissance de leur propriété ou, pire, d'une détérioration de leur santé par suite du manque de sommeil ou de la tension nerveuse.

La meilleure solution consiste à empêcher les problèmes de se poser. De même qu'il est impossible de manutentionner le fumier sans causer des odeurs, il est impossible, ni nécessaire d'ailleurs, d'éviter que certains travaux agricoles ne soient une source de bruit. Toutefois, l'agriculteur peut s'arranger pour que les travaux dérangent le moins possible. Il s'évitera bien des doléances s'il prend la peine de planifier et d'organiser ses opérations en ayant à l'esprit le souci naturel de ne pas nuire à autrui. En d'autres mots, il doit se mettre à la place de ses voisins et se demander s'il aimerait être soumis au bruit que lui fait. Ses efforts profiteront à tous - moins de dérangement, moins de plaintes et moins de ressentiments. En outre, en réduisant le bruit sur sa ferme, l'agriculteur est assuré de ménager sa propre faculté auditive.

Le bruit venant d'une source particulière peut devenir désagréable lorsqu'il se détache du bruit de fond, du bruit « ambiant », qui caractérise chaque lieu. Les limites en matière de bruit s'expriment donc par la différence entre le bruit émis par une source et le bruit ambiant. Dans les zones urbaines, l'environnement acoustique est généralement créé par le bruit omniprésent de la circulation : c'est ce qu'on appelle le « tumulte » de la ville. À la campagne, il est normalement dominé par des sons naturels tels que le sifflement du vent dans les branches, le murmure d'un cours d'eau, le chant des oiseaux, le bourdonnement des insectes, etc. Les bruits de circulation y sont rares.

La mesure la plus efficace contre le bruit consiste à mettre le plus de distance possible entre la source de bruit et les voisins qui pourraient ne pas l'apprécier.

Il convient de planifier les mesures antibruit en visant les trois objectifs suivants :

  1. Réduire le risque de dommages à l'appareil auditif.
  2. Créer un milieu de travail moins bruyant.
  3. Éviter de causer du tort à autrui.

Le premier objectif est primordial, mais on doit tenir compte des trois objectifs quand on cherche à lutter contre le bruit.

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La lutte contre le bruit et la loi

En Ontario, la législation concernant le bruit ne date pas d'hier. Au début, le bruit a été considéré comme un désagrément, une nuisance ou une interférence avec la jouissance d'une propriété. En réponse aux préoccupations du public, les autorités municipales ont commencé à prendre acte des plaintes et à restreindre les activités bruyantes en se dotant de règlements qui limitent ou interdisent le bruit. En 1971, le bruit et les vibrations ont été définies comme des contaminants dans la Environmental Protection Act (EPA), la loi sur la protection de l'environnement. En 1974, cette loi a été révisée dans le but d'autoriser les municipalités locales, sous réserve de l'approbation du ministère de l'Environnement et de l'Énergie de l'Ontario (MEÉO), à adopter des règlements sur l'émission de bruits et de vibrations. Le MEÉO a élaboré un règlement antibruit type pour aider les municipalités à adopter leurs propres règlements et arrêtés ainsi que pour guider les membres de son personnel chargé de mener des évaluations ou des enquêtes relatives au bruit.

En 1988, la Loi sur la protection des pratiques agricoles, communément appelée la « loi sur le droit de pratiquer l'agriculture », a été adoptée dans le but de protéger les agriculteurs qui exécutent normalement leurs travaux contre les poursuites intentées, relativement aux odeurs, au bruit et à la poussière, en application de la loi sur les nuisances en Common law. En revanche, l'agriculteur cesse d'être protégé par la Loi sur la protection des pratiques agricoles si le bruit qu'on lui reproche résulte d'une pratique agricole qui enfreint une loi ou un règlement, par exemple un règlement antibruit.

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Concepts d'acoustique

Pour prendre des mesures contre le bruit, il est utile de comprendre les concepts suivants de l'acoustique.

Son

Le son est le mouvement ondulatoire qui est créé par l'ébranlement des particules d'air proches de la source du son, et qui se propage graduellement aux particules d'air plus éloignées. Le son voyage dans l'air à la vitesse approximative de 340 mètres/seconde (1115 pieds/seconde). Dans les liquides et les solides, la vitesse de propagation est plus grande : 1 500 mètres/seconde (4 920 pieds/seconde) dans l'eau et 5 000 mètres/seconde (16 400 pieds/seconde) dans l'acier.

Bruit

Le terme bruit désigne généralement tout son indésirable.

Fréquence

La fréquence d'une onde sonore exprime le nombre de vibrations par seconde en unités de Hertz (Hz). L'oreille humaine perçoit les sons dont la fréquence se situe entre 20 Hz et 20 000 Hz.

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Décibel (dB)

L'intensité d'un son se mesure en décibels (dB). L'oreille humaine est capable de percevoir un changement de niveau sonore de 1 dB. Si le niveau sonore augmente de 10 dB, l'oreille perçoit un son deux fois plus fort. Une diminution de 10 dB est perçue comme une réduction de moitié du niveau sonore. La figure 1 indique le niveau sonore de quelques sons communs.

Figure 1. Niveaux sonores de bruits communs, en décibels.

dB Son
0 Seuil d'audibilité - ouïe fine
15 Seuil d'audibilité - ouïe moyenne
20 Murmure léger
30 Bruissement de feuilles
40 Bruit de fond à la campagne
65 Conversation sur un ton normal
69 Séchoir à grain à cellules verticales, ventilateur
80 Circulation dense
90 Séchoir à grain
100 Tracteur travaillant à plein régime
110 Tronçonneuse

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Récepteur

Personne qui perçoit le bruit depuis une propriété autre que celle où le bruit est émis.

Superposition de bruit venant de plusieurs sources

Le bruit venant de sources différentes se confond et atteint un niveau sonore qui est supérieur à celui de chacune des sources. Deux sources fixes émettant chacune un son d'égale intensité produisent un niveau sonore qui est de 3 dB plus élevé que chacun des sons pris isolément.

Atténuation du bruit par la distance

Le son qui se propage dans l'air à partir d'une source fixe perd 6 dB d'intensité chaque fois qu'il double sa distance par rapport à la source, comme le montre la figure 2.

La température et l'humidité ont, dans une mesure restreinte, un effet sur les niveaux sonores. Ceux-ci subissent aussi l'influence de caractéristiques du milieu telles que la pente, l'irrégularité du sol et le type de végétation. La surface du sol peut soit réverbérer le son, par exemple le béton, soit l'absorber, par exemple un champ de foin. L'effet net de l'atténuation par la distance est illustré à la figure 3 par les courbes d'intensité du bruit autour d'un séchoir à grain.

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Comment réduire le bruit

L'agriculteur qui veut réduire le bruit sur sa ferme peut agir à trois principaux niveaux :

1. Réduire le bruit à la source.
2. Adopter des méthodes de travail moins bruyantes.
3. Prévenir ou réduire la propagation du bruit.

Les deux premiers niveaux mettent principalement en jeu un choix de matériel et de méthodes de travail. Le troisième niveau, qui nécessite en général un aménagement spécifique des lieux, sera traité plus en détail dans la section suivante.

Figure 2. Atténuation par la distance. Le bruit émis par une source ponctuelle, par exemple un séchoir à grain, est de 90 dB à un mètre de distance. Il descend à 84 dB à deux mètres, à 78 dB à quatre mètres et ainsi de suite.

Figure 2.  Atténuation par la distance.  Le bruit émis par une source ponctuelle, par exemple un séchoir à grain, est de 90 dB à un mètre de distance.  Il descend à 84 dB à deux mètres, à 78 dB à quatre mètres et ainsi de suite.

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Figure 3. Courbes d'intensité du bruit (dB) autour d'un séchoir à grain.

Figure 3.  Courbes d'intensité du bruit (dB) autour d'un séchoir à grain

Les lignes directrices suivantes ont été élaborées relativement à des sources de bruit précises, en fonction de travaux types et de conditions acoustiques moyennes.

Appareils servant à effaroucher les oiseaux

Ces appareils servent à tenir les oiseaux à l'écart des vergers, des vignobles, des cultures et autres terrains où les dégâts des oiseaux sont à craindre. Deux types d'appareils sont d'emploi courant : a) les canons effaroucheurs alimentés au propane; b) les hululeurs électroniques qui émettent des sons impulsionnels à haute fréquence (à partir de 2 000 Hz) à des cadences d'impulsion variables.

Les hululeurs électroniques émettent des sons moins dérangeants que les canons effaroucheurs au propane. On peut réduire la gêne causée aux voisins par ces sons en prenant les mesures suivantes :

  1. Utiliser des appareils d'effarouchement seulement en cas de nécessité, lorsque les oiseaux sont une réelle menace sur certaines cultures.
  2. Faire fonctionner les appareils seulement entre le lever et le coucher du soleil.
  3. Chaque fois que possible, utiliser des appareils directionnels projetant l'onde sonore à l'écart des maisons du voisinage.
  4. Entretenir convenablement les appareils pour éviter que le bruit continue quand les détonateurs sont à l'arrêt.
  5. Placer les appareils aussi loin que possible des maisons voisines.
  6. Dans les élevages d'animaux de fourrure, éviter d'avoir à effaroucher les oiseaux en posant un grillage au-dessus des enclos.
  7. Installer un écran antibruit pour limiter la propagation du bruit en direction des voisins.

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Travaux de séchage du grain et du foin

Le bruit provenant des séchoirs à grain est causé par les ventilateurs, les brûleurs et le matériel de convoyage du grain. C'est le bloc ventilateur/brûleur qui produit le plus de bruit. Les anciens séchoirs à ventilateur axial sont relativement bruyants. Les modèles récents, en particulier ceux qui possèdent un ventilateur centrifuge à pales à profil aérodynamique, font deux fois moins de bruit. On peut améliorer les vieux séchoirs en les équipant d'un ventilateur plus récent et plus silencieux. Quant au bruit des séchoirs à foin, il est causé par les ventilateurs.

On peut réduire l'impact du bruit sur les voisins en prenant les précautions suivantes :

  1. Réaliser les travaux de séchage aussi loin que possible des voisins en utilisant si possible comme tampons les bâtiments ou les silos existants.
  2. Placer les ventilateurs sur le côté du bâtiment ou du séchoir qui est à l'opposé des voisins et orienter l'axe de la prise d'air du ventilateur à l'écart des voisins.
  3. Utiliser des ventilateurs aussi silencieux que possible ou des ventilateurs à pales à pas variable qui permettent un certain contrôle sur le niveau de bruit.
  4. Chaque fois que possible, éviter de faire fonctionner les séchoirs la nuit.
  5. Poser des silencieux.
  6. Entourer d'une enceinte les groupes ventilateur/moteur des silos.
Ventilateurs des bâtiments d'élevage et des serres

Les ventilateurs servant à renouveler l'air des bâtiments d'élevage doivent être placés sur le côté opposé aux maisons voisines. Dans les serres, le bruit est principalement imputable aux ventilateurs des systèmes de ventilation mécanique et aux chaudières des systèmes de chauffage. Le fonctionnemement d'une chaudière n'entraîne pas habituellement de sérieux problèmes de bruit étant donné que la plupart des bouches d'évacuation des gaz brûlés sont équipées de silencieux efficaces, et que l'installation elle-même se trouve à l'intérieur du bâtiment ou de la serre. Les recommandations données à propos du séchage du grain s'appliquent aussi à la réduction du bruit dans les serres et les bâtiments d'élevage.

Matériel agricole motorisé

Étant donné que la plupart des machines agricoles ne sont pas fixes, il est impossible de recommander des distances d'éloignement précises. Toutefois, un certain nombre de précautions peuvent être prises pour réduire ou éviter les problèmes de bruit :

  1. Veiller à ce que le silencieux du tracteur fonctionne de la façon pour laquelle il a été conçu.
  2. Chaque fois que possible, ne faire fonctionner de machines la nuit que dans les zones les plus éloignées des maisons voisines.
  3. Éviter de stationner longtemps près des maisons voisines des tracteurs tournant au ralenti.
  4. Chaque fois que possible, éviter de faire fonctionner la nuit les pompes d'irrigation situées près des maisons voisines.
  5. Si une machine doit être utilisée à poste fixe comme source d'énergie motrice, l'entourer d'une enceinte antibruit.

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Empêcher ou réduire la propagation du bruit

Outre les techniques de gestion mentionnées ci-dessus, il existe plusieurs méthodes d'atténuation du bruit qui consistent à modifier la voie de propagation du son en employant des matériaux insonorisants, des enceintes ou des écrans antibruit, des silencieux ou des atténuateurs.

Matériaux insonorisants

On distingue deux grandes catégories de matériaux insonorisants : les matériaux absorbants et les matériaux écrans. Dans la première catégorie se trouvent les laines minérales, les feutres et les mousses de polyuréthane. Leur pouvoir d'absorption est élevé et leur surface généralement poreuse. Les matériaux absorbants étouffent ou amortissent les sons réverbérés ou réfléchis, mais ils n'empêchent pas la transmission du son. Ils s'utilisent uniquement à proximité immédiate des sources de bruit et ne doivent jamais servir comme déflecteurs, écrans ou murs antibruit.

Les matériaux écrans comprennent le bois, les métaux, le verre et le béton. Plus le matériau est dense, plus il fait obstacle au son. Pour obtenir une insonorisation maximale, il est nécessaire que l'enceinte ou l'écran soit d'une étanchéité absolue. La moindre brèche suffit à en réduire sensiblement le pouvoir insonorisant.

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Enceintes

Une enceinte complète ou partielle est souvent la mesure la plus efficace pour résoudre un problème de bruit courant. Elle doit être construite avec une combinaison de matériaux absorbants et de matériaux écrans. Une enceinte est dite partielle quand il lui manque un côté ou qu'elle comporte une très grande ouverture. Pour être efficace, une enceinte partielle doit interrompre la ligne de mire allant de la source du bruit au récepteur et absorber le son qui est réfléchi de la source.

Écrans

Les écrans, habituellement une cloison ou une clôture pleine, n'ont pour rôle généralement que de détourner une partie du bruit dans la direction voulue. L'écran a une efficacité maximale quand il est placé près de la source de bruit ou près du récepteur et quand il est fait d'un matériau de forte densité, comme le béton. Étant donné que le son contourne les obstacles, cette mesure peut être considérée relativement inefficace dans le cas des sources de bruit agricoles.

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Silencieux ou atténuateurs

Il n'y a pas de distinction technique entre un silencieux ou un atténuateur, termes utilisés souvent l'un pour l'autre. Les silencieux utilisés à la ferme sont en général de deux types : les silencieux résistifs et les silencieux réactifs.

Les silencieux résistifs contiennent des matériaux fibreux ou poreux et ce sont les propriétés absorbantes de ces matériaux qui réduisent le bruit. La figure 4 montre un dispositif atténuateur de type résistif construit par un agriculteur en Ontario.

Figure 4. Dispositif atténuateur de type résistif construit par un agriculteur.

Figure 4.  Dispositif atténuateur de type résistif construit par un agriculteur.

Dans les silencieux ou atténuateurs de type réactif, la réduction du bruit se fait principalement par réflexion ou expansion des ondes sonores avec l'auto-destruction qui y correspond. Le silencieux du pot d'échappement des voitures en est l'exemple le plus courant. Ces silencieux doivent être construits sur mesure et adaptés au profil de fréquence particulier du bruit. On peut se procurer des silencieux de type réactif chez certains fabricants de matériel de séchage du grain.

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca