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Sciages non classés dans la construction des bâtiments agricoles

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 714
Date de publication : 12/94
Commande no. 94-106
Dernière révision : 12/94
Situation :
Rédacteur : J. Johnson - ingénieur, Conception des structures/MAAARO.

Certaines modifications récentes au Code du bâtiment de l'Ontario sont de nature à intéresser les agriculteurs qui vivent dans des régions où l'on trouve d'importants peuplements de résineux (figure 1). Le Code du bâtiment de l'Ontario 1990 (CBO) a été révisé afin que les sciages non classés de pleines dimensions puissent être utilisés dans la charpente des bâtiments agricoles. Le CBO et le Code canadien de construction des bâtiments agricoles (CCCBA) rendaient auparavant obligatoire l'utilisation de sciages classés dans la charpente des bâtiments. Pour ce qui est des éléments non structuraux des bâtiments agricoles, l'utilisation de sciages non classés n'a cependant jamais fait l'objet de restrictions.

Une modification importante a été apportée au CBO le 1er octobre 1990. Cette modification est venue obliger toutes les municipalités à réglementer la construction des bâtiments agricoles. Jusque-là, même si les bâtiments agricoles devaient respecter les exigences du Code, les méthodes d'inspection n'étaient pas uniformes d'une région à l'autre de la province. Pour des raisons de responsabilité, le directeur de la construction de la municipalité, couramment appelé inspecteur, se doit d'exiger le respect du CBO. En effet, lui-même ou la municipalité pourraient être tenus responsables d'une défaillance structurale ou fonctionnelle s'il s'avérait que l'inspecteur a approuvé un projet non conforme aux exigences du Code.

Compte tenu des dispositions actuelles du CBO, voici les quatre possibilités qui s'offrent à l'agriculteur désireux d'utiliser les sciages provenant de sa terre à bois dans la construction de bâtiments agricoles :

  1. Les sciages non classés peuvent servir à la construction de bâtiments agricoles d'un étage, pourvu que l'aire de bâtiment ne dépasse pas 600 mètres carrés (approximativement 6459 pieds carrés). L'agriculteur est toutefois tenu de s'assurer de la bonne qualité des sciages. Le tableau ombré à la page suivante précise les critères de qualité, comme la dimension des noeuds, leur espacement, l'inclinaison du fil, etc. Les sciages doivent être de pleines dimensions, c'est-à-dire que les dimensions réelles d'un 2 × 6, par exemple, doivent correspondre exactement à ses dimensions nominales de 2 po × 6 po. Les dimensions des sciages doivent par ailleurs être conformes aux dimensions indiquées dans les tableaux du CBO. L'inspecteur fait à son tour le même genre d'inspection du bois de construction utilisé.

    Avant de faire débiter le bois de sciage en vue d'un projet particulier, il est important de soumettre les plans à l'approbation de l'inspecteur de la municipalité. On s'assure ainsi de disposer le moment venu de suffisamment de sciages secs des dimensions voulues.
  1. Le CBO permet à l'inspecteur d'accepter un plan et des matériaux sur la foi de son expérience passée. L'inspecteur peut même autoriser l'utilisation de sciages non classés s'il juge que dans des conditions identiques de charges et d'assemblage, des sciages du même genre ont bien rempli leur rôle dans le passé.

  2. Les sciages peuvent aussi être classés conformément aux normes de classement de la Commission nationale de classification des sciages (NLGA). En Ontario, le respect des normes de classement de la NLGA est assuré par l'Association des manufacturiers de bois de sciage de l'Ontario (AMBSO), l'Association canadienne de l'industrie du bois (ACIB) et le Bureau d'inspection du bois de conifère (Coniferous Lumber Inspection Bureau). L'agriculteur peut demander qu'un classeur de bois rattaché à l'un ou l'autre de ces organismes vienne déterminer sur place si les sciages qu'il compte utiliser respectent les normes de classement de la NLGA. Il peut demander le classement à la fois de bois raboté et de bois pelucheux. Les honoraires d'un classeur de bois détenteur d'un permis s'élèvent à environ 300 $ par jour plus les frais (le cas échéant). Il est possible également de retenir les services d'un classeur de bois pour une demi-journée seulement. Les propriétaires de petites scieries ont intérêt à planifier le classement du bois en fonction du calendrier de coupe. Ils peuvent ainsi partager le coût du classement avec d'autres propriétaires de terres à bois.

  3. Un ingénieur-conseil peut indiquer à quel usage destiner le bois non classé dans le cadre d'un projet de construction d'un bâtiment agricole. Il engage alors sa responsabilité pour l'usage ainsi déterminé. L'ingénieur est tenu par la suite de veiller au respect des dimensionnements. En dépit des inspections réglementaires, la responsabilité de l'ingénieur prime sur celle de l'inspecteur ou de la municipalité. Il est donc important que l'ingénieur ait la compétence voulue pour juger de la qualité et de la résistance du bois non classé.

Dans tous les cas qui précèdent, vu la responsabilité qu'assume l'inspecteur, l'agriculteur se doit de lui prêter toute sa collaboration et de communiquer avec lui bien avant d'entreprendre les travaux. Lorsque viennent les étapes des inspections (selon ce qui aura été convenu entre eux), il appartient à l'agriculteur d'appeler l'inspecteur.

Le bois de charpente (acheté) qu'on utilise dans la construction de bâtiments agricoles est normalement classé conformément aux normes de la Commission nationale de classification des sciages (NLGA). Il porte la marque de qualité que lui a attribuée l'association régionale responsable. Les associations régionales sont accréditées par le Conseil d'accréditation de la Commission canadienne de normalisation du bois d'oeuvre (CLSAB). En Ontario, les sciages commerciaux sont classés par la scierie qui les produit. Le contrôle du classement est assuré par l'Association des manufacturiers du bois de sciage de l'Ontario (AMBSO), l'Association canadienne de l'industrie du bois (ACIB) ou le Bureau d'inspection du bois de conifère.

Dans des conditions idéales, lorsque les installations et la main-d'oeuvre facilitent le déplacement des sciages, le classeur de bois peut traiter entre 20 000 et 30 000 pieds-planche par jour. Peu d'agriculteurs ont un tel volume de sciages à faire classer d'un même coup.

Malgré le soin apporté par les agriculteurs et les exploitants de petites scieries, il arrive que des sciages n'aient pas la qualité voulue pour servir de bois de charpente dans des travaux de structure complexes et d'envergure comme on en trouve sur les fermes modernes. Il faut un oeil exercé pour reconnaître les différences d'essence et de qualité du bois de sciage. Afin d'être en mesure de déterminer les dimensions des pièces de bois nécessaires à des éléments structuraux, l'ingénieur doit d'abord connaître la qualité du bois qui sera utilisé.

Les personnes désireuses de devenir classeur de bois peuvent suivre un cours de cinq jours offert par l'AMBSO et l'ACIB sur le classement visuel des sciages de résineux. Pour plus d'information, communiquer avec l'ACIB au (613) 233-6205, le Bureau d'inspection du bois de conifère au (613) 623-3764 ou l'AMBSO au (416) 367-9717.

La Direction de l'aménagement et du bâtiment du ministère du Logement de l'Ontario administre le Code du bâtiment de l'Ontario. Pour tout renseignement, composer le (416) 585-6666.

En Ontario, l'utilisation de sciages non classés dans la construction de bâtiments agricoles est une pratique admise. Le CBO permet aux propriétaires de se servir de bois non classé pour des poteaux, chevrons, linteaux, poutres et poteaux muraux. Les éléments de structure plus importants (fermes, solives de plancher, par exemple) nécessitent l'utilisation de bois classé et parfois même le recours à des matériaux en bois façonné.

Rappelons que quatre possibilités s'offrent à l'agriculteur qui souhaite se servir des sciages provenant de sa terre à bois dans la construction de ses bâtiments agricoles (voir plus haut). Une terre à bois peut constituer une source de matériaux de construction qui vaut son pesant d'or.

Les sciages qui ne comportent pas de marque indiquant leur qualité conformément aux règles normalisées de classement du bois d'oeuvre canadien de la NLGA doivent satisfaire aux critères suivants :

  • être de pleines dimensions;
  • ne présenter aucune signe de carie;
  • ne pas renfermer de noeuds traversant plus de 25 % de l'épaisseur de la pièce de bois ou rapprochés de plus de 600 mm (24 po) centre à centre;
  • présenter un fil dont l'inclinaison ne dépasse pas 1 (à la verticale) et 4 (à l'horizontale); et
  • ne pas présenter de gauchissement excessif.


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