Puisards
Table des matières
- Introduction
- Utilisations des puisards
- Types de puisards
- Conception
- Installation
- Entretien
- Assistance technique
Introduction
Un puisard pour le drainage consiste en un système mécanique
visant à abaisser le niveau d'eau au moyen de tuyaux et à
dissiper en grande partie l'énergie produite par l'eau. Les bassins
de sédimentation en béton, les tuyaux verticaux en plastique
et les ponceaux d'acier inclinés sont tous des exemples de puisards.

Figure 1. Exemple d'un projet de démonstration d'ouvrages
pour la maîtrise de l'érosion au moyen de plusieurs types
de puisards. Au premier plan, la grille protubérante sert de puisard
au tuyau central.
Utilisations des puisards
Le puisard sert à canaliser des volumes moyens et faibles d'eau
au bas de pentes abruptes (30 %). Cet ouvrage de protection peut accommoder
des différences de niveaux de 1 mètre et plus. On utilise
couramment les puisards pour contrer le ravinement, pour acheminer les
eaux de surface vers un fossé et pour intercepter l'eau à
la tête des terrasses.
Avantages
- Le puisard retient l'eau dès qu'elle y pénètre,
éliminant les problèmes d'érosion du sol.
- La plupart des puisards sont préfabriqués, ce qui permet
de réduire le temps de construction sur le chantier.
- La capacité du puisard a ses limites. De ce fait, il s'adapte
bien à un système de stockage des eaux d'inondation et
il peut difficilement s'auto-détruire à cause du débit
d'écoulement.
- Les coûts du système installé se comparent avantageusement
à ceux de systèmes comparables, particulièrement
dans les cas de faibles débits d'eau.
- Les caractéristiques relatives au débit sont disponibles
pour fins de conception du puisard.
- Le puisard se révèle le seul moyen efficace de prévention
de l'érosion dans les sols non cohésifs.
Désavantages
- Le point d'entrée du puisard concentre l'écoulement
de l'eau dans un canal plus étroit. En raison de la grande vitesse
de l'écoulement, le point d'entrée peut être obstrué
par des débris et il peut se produire un affouillement.
- L'eau peut se creuser un canal le long des tuyaux si le puisard n'est
pas bien construit.
Normalement, le puisard fonctionne à sa pleine capacité
seulement lorsque la colonne d'eau est grande (ce qui peut nécessiter
une berme d'une hauteur excessive).
- La capacité du puisard a ses limites. Lorsqu'il atteint sa
pleine capacité, un autre système est nécessaire
pour emmagasiner ou évacuer les eaux excédentaires.
- Les coûts d'installation peuvent être plus élevés
que ceux de systèmes comparables faits pour des débits
d'eau importants.
Types de puisards
Puisard vertical
Le puisard vertical avec sortie d'évacuation est composé
d'un ensemble de tuyaux : un vertical et l'autre horizontal. Le tuyau
vertical peut être de section carrée ou ronde. Il est généralement
en béton, en acier ou en plastique. Le débit maximal est
fonction de la quantité d'eau qui peut entrer par le haut du tuyau
vertical et de la capacité du tuyau horizontal.

Figure 2. Vue d'un puisard vertical avec sortie d'évacuation
en construction. Remarquez les anneaux scellants sur le tuyau horizontal.
Lorsque vous creusez une tranchée, prenez toutes les précautions
nécessaires pour éviter l'effondrement des parois latérales
sur les travailleurs.
La quantité d'eau qui va entrer par le haut du tuyau vertical
dépend du diamètre du tuyau et du niveau de l'eau au-dessus
du tuyau. Autant que possible, la grille protectrice ne doit pas entraver
l'écoulement de l'eau car toute obstruction diminue le débit.
Le tuyau horizontal doit être posé à l'extrémité
inférieure du tuyau vertical. Sa capacité dépend
de la hauteur de la colonne d'eau provenant du tuyau vertical, ainsi que
de la longueur et de la rugosité du tuyau horizontal. Le diamètre
du tuyau horizontal est normalement plus petit que celui du tuyau vertical,
puisque l'eau qui y circule est soumise à une plus grande pression
à cause de la hauteur de la colonne d'eau au dessus.
L'énergie cinétique de l'eau qui descend se dissipe en
trois points :
- L'extrémité inférieure du tuyau vertical élimine
l'énergie de chute de l'eau. Habituellement, la sortie du tuyau
horizontal est située à plusieurs centimètres au-dessus
de l'extrémité inférieure du tuyau vertical, de
sorte que l'eau accumulée absorbe et répartit l'énergie.
- L'énergie est également dispersée par la friction
dans le tuyau horizontal, particulièrement lorsque le débit
est maximal. Dans la plupart des cas, l'énergie est transférée
du tuyau au sol qui l'entoure par le lien de friction entre le sol et
l'extérieur du tuyau. Toutefois, si le tuyau est incliné
(comme dans les ouvrages d'une hauteur importante), l'énergie
produite par le lien de friction doit être évaluée.
- L'énergie est aussi disséminée à la sortie
du tuyau horizontal. Le tablier de sortie doit pouvoir absorber cette
énergie. Dans la plupart des cas, un enrochement, des gabions-matelas
ou l'équivalent feront l'affaire.
Puisard incliné
Cette structure ne comporte qu'un seul élément, un tuyau
incliné. La longueur et la rugosité interne du tuyau déterminent
sa capacité. L'inclinaison du tuyau n'a que peu d'effet car, dans
la plupart des cas, on dépasse l'« angle critique »,
c'est-à-dire l'angle pour lequel le débit n'augmente plus
suivant l'accentuation de la pente.
Puisque la colonne d'eau qui pénètre dans le tuyau n'est
pas considérable (comme c'est le cas dans le tuyau horizontal d'un
puisard vertical), cette structure possède une capacité
moindre pour tuyaux de même dimension. Elle est utilisée
dans les dénivellations faibles et sert à canaliser les
débits faibles et moyens.
L'énergie cinétique de la chute d'eau est dissipée
en deux points :
- Par la friction interne dans le tuyau. Dans ce cas il est également
nécessaire d'obtenir un bon lien de friction avec le sol.
- À la sortie du tuyau. La zone de sortie du puisard incliné
constitue un point critique étant donné que la majeure
partie de l'énergie doit être dissipée à
cet endroit.
Conception
La conception d'un puisard pour le drainage passe par les étapes
suivantes.
- En premier lieu, évaluer le débit de pointe de l'eau
qui pénètre dans la structure. Cette évaluation
dépend de la topographie et de la grandeur du bassin versant,
du type de sol, de la végétation, des pratiques culturales
et de la capacité de stockage de l'eau. Pour franchir cette étape,
il faudra probablement s'adresser à des spécialistes.
- Mesurer la chute approximative et la distance horizontale de l'endroit
où le puisard sera installé.
- Vérifier si on doit incorporer un bassin de stockage de l'eau
en tenant compte des paramètres suivants :
- la dimension et la forme du bassin de stockage envisagé
(un bassin ayant une pente prononcée ne retient pas beaucoup
d'eau).
- l'utilisation d'un bassin de stockage d'eau a pour effet de diminuer
la dimension et le coût du puisard.
- Si vous devez installer un tuyau très long, l'incorporation
d'un bassin de stockage diminue les coûts du système.
- la durée du débit de pointe. Lorsque le débit
de pointe survient et décroît rapidement, inclure un
bassin de stockage sera plus économique, car on pourra réduire
la dimension du tuyau.
- l'éventualité d'endommager les cultures. Certaines
cultures ne peuvent tolérer la présence d'eau stagnante
durant 24 heures. Lorsque la période d'évacuation
doit être écourtée, il est préférable
d'opter pour une autre méthode que le bassin de stockage.
- Déterminer le type et la dimension de la structure requise.
Les figures 3 et 4 indiquent la capacité de différents
types de structure selon leur dimension, mais ne comprennent pas le
bassin de stockage. D'autres brochures donnent les renseignements relatifs
à la conception des bassins de stockage.
- Établir la hauteur et la longueur de la berme. La hauteur de
la berme dépend de la colonne d'eau nécessaire afin que
le puisard fonctionne à pleine capacité (voir les figures
3 et 4) ou du niveau d'eau maximal de stockage désiré.
La berme devrait être relevée de 10 à 20 cm en vue
de compenser le tassement et l'affaissement de celle-ci. Un déversoir
d'urgence devrait également être installé. Souvent,
ce déversoir consiste en une brèche à la partie
supérieure de la berme recouverte d'un enrochement déposé
sur un tapis filtrant. Le déversoir d'urgence sert à écouler
l'eau qui dépasse la capacité du puisard et du bassin
à cause d'un gros orage ou lorsque le puisard est obstrué
ou que l'on a mal jugé les caractéristiques du bassin
versant.
- Si nécessaire, déterminer la vélocité
de l'eau au point de sortie. Lorsque la vélocité dépasse
la capacité de résistance du canal naturel contre l'érosion,
on doit aménager un tapis de roches protecteur ou un ouvrage
équivalent
- Terminer les plans de l'ouvrage incluant berme, pentes, puisards,
etc. On doit envisager des solutions aux problèmes de fuites
d'eau le long du tuyau. On peut installer des anneaux scellants en vue
d'augmenter la résistance à l'écoulement de l'eau
le long des tuyaux (voir les schémas de la figure 5).
La conception de la grille du puisard constitue un autre facteur important.
La grille protège l'embouchure du puisard en empêchant
l'entrée des débris qui pourraient l'obstruer, ou même
la chute de personnes et d'animaux. En général, le puisard
protubérant est recommandé car il augmente la surface
de filtration. Il serait bon d'indiquer l'emplacement du puisard au
moyen d'un poteau, surtout pour l'hiver.
- Intégrer d'autres ouvrages pour la maîtrise de l'érosion
en amont et en aval du puisard en cas de mauvais fonctionnement de celui-ci.
Il peut s'agir d'une voie d'eau engazonnée, de terrasses, d'un
cours d'eau bien aménagé ou de l'utilisation de pratiques
culturales de conservation.

Figure 3. Graphique servant à déterminer la dimension des
puisards inclinés et verticaux selon des débits de pointe
inférieurs à 0,5 m3/s.

Figure 4. Graphique servant à déterminer la dimension des
puisards inclinés et verticaux selon des débits de pointe
supérieurs à 0,5 m3/s.

Figure 5. Schémas des puisards.
Figure 6. Vue d'un puisard protubérant. La zone de filtration
de ce puisard est beaucoup plus grande que celle d'un puisard situé
au niveau du sol et réduit les risques d'obstruction.

Figure 7.Vue d'un puisard en pente situé au niveau du sol et monté
sur une base de béton. Remarquer l'enrochement autour de l'entrée.
Les risques d'obstruction de ce puisard sont plus élevés
que dans le cas d'un puisard protubérant.
Installation
Suivre les conseils suivants afin de construire des ouvrages solides
et stables.
- Engager un entrepreneur qui possède de l'expérience
dans la construction de ces structures ou faire superviser les travaux
par une personne qualifiée.
- Construire en suivant un ordre logique. Bien souvent les puisards
sont construits à l'endroit approprié avant les autres
ouvrages comme les voies d'eau engazonnées.
- Prévoir les affaissements de terrain ponctuels. Il est presque
toujours indispensable de retirer complètement les matières
organiques du matériel de remplissage. Élargir la tranchée
dans laquelle se trouve le tuyau pour éviter qu'un vide ne
se crée sous la berme compactée. Relever les bermes
afin de compenser le tassement.
- Essayer de terminer les travaux à un moment opportun de l'année,
c'est-à-dire au moment où les débits de pointe
sont le moins probables et les conditions de manutention du sol sont
idéales. Par ailleurs, si on aménage une voie d'eau
engazonnée, choisir une période de l'année durant
laquelle l'herbe pousse rapidement. Ne jamais terminer les travaux
pendant la période de gel ou dans des conditions très
humides.
Entretien
On doit examiner régulièrement tout ouvrage pour la maîtrise
de l'érosion afin de remédier aux points faibles et aux
effondrements éventuels. Voici les points importants à vérifier.
- Enlever les débris obstruant les puisards. S'ils s'obstruent
trop souvent, installer un autre type de puisard.
- Surveiller la formation de fissures sur la berme ou les assises
du puisard. Si des fissures se forment, les réparer immédiatement.
Souvent, il sera nécessaire de diminuer la pente de la berme
pour empêcher les effondrements.
- Creuser un passage dans la neige ou la glace juste avant que le
débit de pointe survienne.
L'inspection et l'entretien sont d'autant plus importants au cours des
deux premières années suivant l'installation des ouvrages
parce que la couverture végétale n'est pas complète
et que le sol peut encore se tasser.
Assistance technique
L'ingénieur agricole d'un bureau régional du ministère
de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales peut vous
procurer l'assistance technique dont vous avez besoin. Les bureaux régionaux
de l'Office de la protection de la nature et du ministère des Ressources
naturelles offrent des conseils techniques et un service de supervision
de la construction. On peut également engager un ingénieur-conseil
pour concevoir et superviser les travaux.
Par ailleurs, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation
et des Affaires rurales de l'Ontario et divers organismes gouvernementaux
peuvent fournir une aide financière. S'assurer que la subvention
est suffisante pour combler tous les besoins avant et pendant la construction.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca