Conception et Construction d'un Centre de Traite en Fonction de la salle de Traite


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 410/721
Date de publication : Juin 2015
Commande no. 15-022
Dernière révision : Decembre 2015
Situation : Nouveau
Rédacteur : H. House

Table des matières

  1. Conception du centre de traite
  2. Composantes du centre de traite
  3. Conditions environmentales relatives au centre de traite
  4. Aménagements
  5. Nettoyage et désinfection des planchers et du matériel
  6. Technologie
  7. Tensions parasites
  8. Résumé
  9. Références

Conception du centre de Traite

Dresser le plan du centre de traite en fonction du type et des dimensions de la salle de traite choisie (figure 1).

Planification -Il est important de travailler en étroite collaboration avec le fournisseur de matériel de traite pour dresser le plan du centre de traite, mais c'est le fournisseur qui devrait se charger des détails concernant la conception et l'installation du matériel.

Coordination - Veiller à ce que le fournisseur de matériel de traite collabore étroitement avec l'entrepreneur général afin de s'assurer que les différents niveaux sont alignés, surtout pour les fosses des salles de traite en tandem et les aires d'attente en pente.

Réglementation - Veiller à ce que le fournisseur de matériel de traite et l'entrepreneur général connaissent bien la réglementation en matière de nettoyage et de désinfection de centre de traite.

Vue du devant d'une étable laitière montrant le centre de traite.

Figure 1. Le centre de traite est un bâtiment majeur de toute exploitation laitière.

Composantes du Centre de Traite

Le centre de traite comprend l'aire d'attente, la salle de traite, la laiterie, le local des installations mécaniques et peut aussi comprendre d'autres endroits comme un entrepôt, une salle de fournitures et un local pour les employés.

Aire d'attente

L'aire d'attente remplit plusieurs fonctions. Comme le nom l'indique, c'est là que les vaches attendent avant d'entrer dans la salle de traite. De cette manière, un seul lot de vaches peut se déplacer des stalles en stabulation libre vers le centre de traite où elles sont confinées avant la traite. Une aire d'attente bien conçue permet de diriger les vaches vers la salle de traite et d'assurer leur circulation constante et efficace dans cette salle.

Dimensions - Construire une aire d'attente dont les dimensions permettent d'accueillir un seul lot de vaches arrivant de l'aire de stabulation libre, en allouant au moins 1,4 m2 (15 pi2) par vache dans l'aire d'attente. Il est recommandé que les dimensions de la salle de traite soient telles que les vaches n'y restent pas plus d'une heure. Parfois, les dimensions de la salle de traite sont prévues pour qu'un seul lot de vaches remplisse à la fois la salle et l'aire d'attente. On peut aussi construire une aire d'attente qui peut contenir tout le lot. Cela permet à un nouveau lot de remplir l'aire d'attente, pendant que les dernières vaches du lot précédent se font traire.

Revêtement du plancher - Poser un plancher rainuré à surface antidérapante dans l'aire d'attente, afin d'offrir une bonne adhérence. On utilise souvent du caoutchouc dans l'aire d'attente afin que ce soit plus confortable pour les vaches de s'y tenir debout. Il est essentiel que le caoutchouc soit antidérapant.

Couloirs utilisés comme aire d'attente pour les vaches - Les couloirs peuvent être utilisés comme aire d'attente pour réduire les coûts, bien que certaines vaches vont tenter de se cacher dans les stalles au lieu de circuler dans les couloirs, ce qui cause des ralentissements et oblige à nettoyer les stalles.

Vaches retenues par des barrières de tri.

Figure 2. Les barrières de tri facilitent la circulation des vaches dans la salle de traite.

Barrières de tri - On peut utiliser des barrières de tri pour réduire la superficie de l'aire d'attente quand les vaches se font traire, afin de retenir les autres à l'extérieur de la salle de traite (figure 2). Il est préférable d'avoir recours à des barrières rigides, car elles permettent de faire circuler les vaches de manière plus efficace et de séparer plus facilement les vaches à la traite de celles qui suivent. Les vaches sont souvent conditionnées à se déplacer au son d'une barrière qui s'ouvre; il n'est donc pas nécessaire d'utiliser la barrière de tri agressivement pour les faire circuler.

Circulation des vaches - La circulation des vaches de l'aire d'attente vers la salle de traite doit se faire le plus calmement possible. S'assurer que les vaches voient où elles s'en vont. Si des rideaux ou des portes séparent la salle de traite de l'aire d'attente pour prévenir le gel, veiller à ce qu'ils soient suffisamment grands pour offrir une bonne visibilité lorsqu'ils sont ouverts.

Aménager l'aire d'attente de manière à ce que les vaches puissent entrer directement dans la salle de traite. Il ne doit pas y avoir de virage. Aménager les barrières de manière à ce que les vaches se dirigent en entonnoir vers l'entrée sans que ce soit trop compliqué et que cela restreigne l'entrée à la salle de traite. Dans le cas des salles de traite plus larges, on conseille généralement d'éviter que les vaches aient à faire un virage de plus de 45° quand elles pénètrent dans la salle de traite.

Salle de traite

Le type et le nombre de stalles dans la salle de traite dépendent du préposé, de la vitesse de traite et de la taille du troupeau.

Salle de traite en épi - Les salles de traite en épi vont de double-4 à double-24, bien que certaines exploitations laitières en utilisent de plus grandes. La distance entre les pis varie de 90 à 115 cm (36 à 45 po), selon le fabricant. Des bras de dépose rigides automatisés facilitent l'installation de la griffe à lait.

Salle de traite en parallèle - Les salles de traite en parallèle varient de double-6 à double-50. Les vaches se tiennent en parallèle à un angle de 90° par rapport à la fosse de traite. Les gobelets-trayeurs doivent être fixés de l'arrière en passant entre les pattes postérieures. La distance entre les vaches est de 69 à 76 cm (27 à 30 po).

Salle de traite alternée (swing-over) - Les salles de traite alternées sont utilisées pour minimiser les investissements. Des stalles en épi, parallèles et de simples stalles construites sur mesure sont utilisées comme plate-forme pour les vaches. Les unités de traites sont utilisées sur deux stalles et passent d'un côté de la fosse à l'autre. Des bras rotatifs peuvent être utilisés pour écarter les boyaux du milieu de la fosse de traite (figure 3).

Rangée de bras rotatifs et de conduites dans une salle de traite.

Figure 3. Des bras rotatifs écartent les boyaux.

Salle de traite rotative - Les salles de traite rotatives sont offertes soit pour traire par l'extérieur, soit par l'intérieur. Ces systèmes comportent jusqu'à 80 stalles et sont souvent utilisés pour les très grosses exploitations. Les salles de traite rotatives facilitent une certaine régularité, un peu comme sur une chaîne de montage, mais les préposés à la traite dans une telle salle doivent respecter une cadence rapide pour suivre le rythme de la plate-forme rotative.

Les préposés à la traite accèdent aux salles de traite par l'intérieur à partir d'un tunnel. S'assurer que l'accès est pourvu de rampes et qu'il est gardé le plus sec possible pour des questions de sécurité. Des robots sont adaptés aux salles de traite rotatives.

Plate-forme pour les vaches - La plate-forme pour les vaches est une autre composante pour laquelle il est avantageux d'utiliser du caoutchouc. En effet, les vaches doivent non seulement s'y tenir debout, mais elles ont souvent à effectuer des virages serrés à la sortie. Quand les vaches doivent faire un virage, il est préférable qu'elles aient à franchir deux virages à 90° plutôt qu'un seul à 180°. La plate-forme devrait être en pente à partir de la fosse de traite vers le mur pour faciliter le nettoyage et l'écoulement.

Sorties - Il existe deux manières d'aménager des sorties des stalles de traite : le couloir de retour simple et le couloir de retour double. Dans le cas du couloir de retour simple, une rangée de vaches doit croiser une deuxième rangée à l'avant de la salle de traite et les deux sortent ensemble. Un couloir de retour simple facilite le tri des vaches à leur sortie de la salle de traite, mais élimine la possibilité d'avoir une salle de traite en tandem. Avec un double couloir de retour, chaque rangée de vaches à la traite dispose d'un couloir distinct pour sortir de la salle et ne croise pas une autre rangée devant la fosse de traite. Il est alors possible de construire une fosse de traite où le préposé peut circuler de plain-pied ou n'a qu'une marche à franchir.

Couloirs de sortie et de retour - Dans les salles de traite en épi ou en parallèle avec sortie standard, le couloir de sortie devrait mesurer de 81 à 91 cm (32 à 36 po) de largeur aux endroits sans virage. Si des virages sont requis, prévoir une ouverture libre de 122 à 152 cm (48 à 60 po) de largeur.

Sortie rapide - Les salles de traite à sortie rapide permettent à toutes les vaches de sortir en même temps, ce qui accélère le processus. Dans les salles de traite en épi avec sortie rapide, les couloirs de sortie varient de 2,5 à 4,5 m (8 à 14 pi), selon le nombre de stalles de traite.

Profondeur de la fosse de traite - La profondeur recommandée pour la fosse de traite dépend de la grandeur du préposé à la traite et de la conception de la salle. Les préposés ne devraient pas avoir à se pencher ou à se courber durant la traite. Les fosses plus profondes permettent de mieux voir le pis et en facilitent l'accès. La zone de travail idéale se situe entre le coude et l'épaule, soit sur une longueur d'environ 30,5 cm (12 po) (figure 4). Le bas du pis devrait être situé entre ces deux points quand le préposé est en position confortable. Les coudes du préposé à la traite ne devraient pas être en contact avec la plate-forme où se trouve la vache.

Gros plan sur du matériel de traite en train d'être attaché à une vache.

Figure 4. Une profondeur suffisante de la fosse de traite permet aux préposés de fixer le matériel sans avoir à se pencher.

Dans les salles de traite en épi, la fosse a habituellement une profondeur de 97 cm ±5 cm (38 po ±2 po). Dans les salles de traite en parallèle, la fosse a une profondeur de 102 cm ±5 cm (40 po ±2 po). Il est préférable que la fosse soit trop profonde et d'avoir à se hisser pour attacher les gobelets-trayeurs que l'inverse et que le préposé ait à se pencher. L'ajout de tapis de sol permet d'amortir le contact avec le sol pour le préposé et de hausser le niveau du plancher d'environ 2,5 cm (1 po).

Certaines fosses sont pourvues de planchers à hauteur réglable. Ce mécanisme est utile aux endroits où des préposés de grandeur différente utilisent la salle de traite. Les préposés qui utilisent des planchers à hauteur réglable signalent que le fait de monter la hauteur du plancher au milieu de la traite contribue à réduire la fatigue.

Largeur de la fosse de traite - La largeur de la fosse dépend du type de salle de traite. La fosse doit être assez étroite pour offrir un accès facile d'un côté ou de l'autre, mais suffisamment large pour permettre au préposé de se mouvoir aisément dans la fosse et de bien voir les pis et les unités de traite. Dans les salles de traite à deux côtés, la largeur de la fosse est habituellement de 2 à 2,5 m (6 à 8 pi). Un léger retrait du muret de la fosse sous la plate-forme des vaches permettra au préposé de se rapprocher du pis et d'écarter les conduites et le matériel du chemin.

Le plancher devrait être légèrement en pente pour faciliter le drainage. Une pente trop prononcée à partir du centre de la fosse jusqu'à la plate-forme sera inconfortable pour le préposé.

Longueur de la fosse de traite - Certains producteurs ont trouvé utile d'allonger la fosse de 2 à 2,5 m (6 à 8 pi) au-delà du dernier poste de traite afin qu'il soit plus facile d'aider les vaches récalcitrantes à entrer dans la salle de traite.

Accès à la salle de traite - La pose d'une rampe à l'extrémité de la fosse de traite facilite l'entrée dans l'aire d'attente. Toutefois, les vaches ont l'impression que la taille du préposé augmente à mesure qu'elles gravissent la rampe, ce qui peut les effrayer. Certains producteurs estiment par ailleurs que ce n'est pas une bonne idée d'entrer trop souvent dans l'aire d'attente; ils préfèrent donc que l'accès s'y fasse par une échelle ou des marches, au lieu d'une rampe, pour ne pas inciter les préposés à y entrer. Les vaches vont " entraîner " les préposés à venir les chercher.

Sous-sol d'une salle de traite, avec conduites de lait et pulsateurs de chaque côté.

Figure 5. La pose de pulsateurs dans le sous-sol du centre de traite réduira le bruit dans la salle de traite.

Sous-sol de la salle de traite - La construction d'un sous-sol sous la salle de traite pour le matériel de traite offre beaucoup d'avantages. La présence d'un sous-sol facilite une installation efficace du lactoduc et contribue à rendre la salle de traite moins bruyante (figure 5) puisque les pulsateurs ne sont plus dans la fosse. Cela devient également plus facile de travailler sur le matériel quand ce dernier est au sous-sol. Ces avantages doivent cependant être évalués en fonction des coûts additionnels associés à la construction d'un sous-sol et de passages souterrains. Il est en outre possible de construire un petit sous-sol pour le groupe de réception. Certains sous-sols suffisamment larges permettent de loger les pompes à vide et d'autres appareils. S'assurer que le sous-sol est bien drainé et qu'il est gardé sec.

Laiterie

La laiterie est utilisée pour loger le réservoir à lait et le matériel qui lui est associé. On peut insérer une partie des gros réservoirs dans les murs afin de réduire la surface nécessitant des mesures d'assainissement plus strictes. Un certain nombre d'exigences doivent être respectées en ce qui a trait au nettoyage et à la désinfection de la laiterie ainsi qu'à son accès. Consulter le responsable régional de ces questions pour connaître ces exigences.

Local des installations mécaniques

Le local des installations mécaniques contient le matériel requis pour le fonctionnement du système de traite et les appareils servant au refroidissement du lait. On suggère d'installer cet équipement sur une plate-forme légèrement surélevée afin de faciliter le drainage, en cas de fuites. La surface complète du plancher doit être en pente vers le drain.

Poser une large porte basculante menant directement à l'extérieur, afin de faciliter l'accès au local pour les réparations ou le remplacement de matériel ainsi que la livraison de nettoyants chimiques et autres fournitures.

Génératrice d'urgence - Inclure une génératrice d'urgence dans le processus de planification. En cas de panne électrique, la traite des vaches doit avoir lieu quand même.

Local d'entreposage et de rangement

Il est pratique d'avoir un local distinct pour entreposer les fournitures et les pièces de rechange de l'équipement. Il peut aussi s'agir d'une aire d'entreposage pour les produits de santé du troupeau. Il faut également prévoir de l'espace de rangement pour les nettoyants chimiques et les produits requis pour les pédiluves. Entreposer les produits chimiques destinés au nettoyage et à la désinfection dans des locaux séparés, pour plus de sécurité.

Bureau et local des employés

Les exploitations laitières devenant de plus en plus grosses, un plus grand nombre d'employés de l'extérieur de la ferme y travaillent, et il devient important de disposer d'un local suffisamment grand pour le personnel. Le local des employés peut comprendre une salle pour les repas, une salle de lavage, des casiers et des salles de toilette séparées pour les hommes et les femmes.

On peut aussi prévoir un bureau dans le centre de traite, où l'on garde les registres de santé du troupeau, les dossiers de gestion et le matériel informatique.

Conditions Environmentales Relatives au Centre de Triate

Les conditions environnementales requises sont différentes selon les locaux dans le centre de traite.

Emplacement du centre de traite - Situer le centre de traite de manière à utiliser les vents dominants, sans empêcher ces derniers de souffler à travers l'étable principale.

Aire d'attente - La ventilation dans l'aire d'attente doit être adéquate et permettre d'éliminer la chaleur et l'humidité dégagées par les vaches. Si possible, ventiler cette section naturellement, comme dans l'étable.

Par temps chaud, il peut être nécessaire d'avoir recours à de gros ventilateurs pour que l'air circule au-dessus des vaches. Installer des ventilateurs à panneau, distants de 2,5 à 3,5 m (8-12 pi) et utiliser des ventilateurs de 46 à 61 cm (18 à 24 po) pour pousser l'air à travers la largeur de l'étable dans la direction des vents dominants (figure 6).

On peut procéder de la même manière dans l'aire d'attente pour souffler l'air à l'écart de la salle de traite. Il est également possible d'installer un ventilateur à faible volume et vitesse élevée au-dessus de l'aire d'attente. Des gicleurs peuvent être ajoutés pour rafraîchir davantage les lieux. Plus récemment, on a commencé à utiliser des tubes pour ventilation sous pression positive afin de produire de l'air frais dans l'aire d'attente.

Schéma illustrant l'emplacement des ventilateurs dans une aire d'attente pour vaches laitières. L'endroit où travaille le préposé est à gauche. L'aire d'attente dans le schéma du haut et celui du bas est à droite de la zone de travail du préposé et en est séparée par un couloir. Deux séries de trois ventilateurs sont illustrées dans le haut et soufflent de l'air vers la droite. Six ventilateurs sont représentés dans l'aire d'attente du bas de l'image et l'air est soufflé vers le haut et vers la droite. Une flèche est dirigée vers le haut indiquant les vents dominants en été.

Figure 6. Emplacement des ventilateurs dans l'aire d'attente.

Salle de traite - La salle de traite est plus difficile à ventiler, car elle n'est pas constamment utilisée. Il est également possible de ventiler cet endroit naturellement à l'aide de grandes fenêtres ou de portes-guillotines qui laissent passer beaucoup de lumière naturelle.

Chauffage de la salle de traite - Il n'est pas nécessaire ordinairement de chauffer la fosse de traite, puisque les vaches dégagent assez de chaleur pour garder le préposé au chaud. Il peut cependant être nécessaire de chauffer un peu pour empêcher que le matériel gèle ou pour le garder au sec. De gros rideaux isolés ou des portes-guillotines isolées peuvent être utilisés pour séparer l'aire d'attente de la salle de traite. Un chauffage à eau chaude du plancher et des tubes radiants sont de bonnes solutions de rechange, car ces deux méthodes permettent de ne chauffer que la fosse de traite. Si nécessaire, des radiateurs électriques portatifs peuvent être utilisés pour chauffer toute la salle de traite.

Éclairage de la salle de traite - L'aire d'attente et la salle de traite peuvent avoir un éclairage semblable à celui que l'on retrouve dans l'étable. Il faut, par contre, plus d'intensité lumineuse dans la fosse de traite afin que la visibilité soit bonne pour le préposé au niveau du pis. Poser des lampes individuelles dans le milieu de la fosse ou des lampes montées sur des panneaux afin d'éclairer le pis. L'intensité doit être de 500 pieds-chandelles ou d'environ 50 lux pour que le préposé puisse bien examiner et nettoyer le pis des vaches.

Schéma illustrant un aménagement linéaire d'un centre de traite avec l'aire d'attente à gauche, la salle de traite double-8 au milieu, le local d'entreposage et le bureau à droite dans le haut, séparés par un couloir de la laiterie et du local d'installations mécaniques à droite dans le bas.

Figure 7. Aménagement linéaire.

Schéma illustrant un aménagement latéral d'un centre de traite avec l'aire d'attente à gauche, la salle de traite double-8 en bas à droite, la laiterie et le local d'installations mécaniques et le bureau dans le haut à droite.

Figure 8. Aménagement latéral.

Schéma illustrant un aménagement mixte d'un centre de traite avec l'aire d'attente à gauche, le local d'entreposage et le bureau en haut à droite, la salle de traite double-8 au milieu à droite, et la laiterie et le local d'installations mécaniques en bas à droite.

Figure 9. Aménagement mixte.

Aménagements

Il existe de nombreuses manières d'aménager les différentes composantes d'un centre de traite. Faire des plans qui laissent place à la ventilation et à la lumière naturelles et qui permettent de futurs agrandissements.

Aménagement linéaire - Dans ce cas (figure 7), la laiterie, les locaux des installations mécaniques et le bureau sont situés en avant de la salle de traite, ce qui permet une ventilation sans entrave vers l'aire d'attente et la salle de traite. Toutefois, cet aménagement rend difficile l'agrandissement éventuel de la salle de traite et la lumière naturelle est bloquée à l'avant.

Aménagement latéral - Dans cas (figure 8), la laiterie, les locaux des installations mécaniques et le bureau sont situés sur le côté de l'aire d'attente et de la salle de traite, ce qui permet d'agrandir cette dernière par une extrémité et d'obtenir une ventilation et un éclairage naturels. Toutefois, la ventilation par la salle de traite est bloquée d'un côté.

Aménagement mixte - Dans bon nombre de centres de traite actuellement, la laiterie est placée sur un des côtés à l'avant (figure 9), ce qui laisse entrer la lumière naturelle et permet d'éventuels agrandissements. Avec cet aménagement, la ventilation naturelle n'est que partiellement bloquée.

Nettoyage et désinfection des planchers et dumatériel

Il existe plusieurs façons de nettoyer l'aire d'attente et la salle de traite. La plupart des producteurs utilisent une combinaison de méthodes. Les surfaces murales doivent être construites avec un matériau qui se nettoie facilement. On doit recycler l'eau le plus possible afin de réduire les volumes utilisés et la consommation d'énergie.

Planchers de lattes - Si l'étable est dotée d'un plancher de lattes, il peut en être de même pour l'aire d'attente. Certains producteurs vont latter uniquement l'aire d'attente et non le reste de l'étable.

Raclage - Le raclage de l'aire d'attente et de la salle de traite avec une pelle à neige constitue souvent la première étape du nettoyage.

Tuyau d'incendie - Des tuyaux d'incendie à volume élevé et à basse pression sont souvent utilisés pour laver la salle de traite et l'aire d'attente (figure 10).

Pulvérisateur à haute pression - Un pulvérisateur à haute pression utilise moins d'eau qu'un tuyau d'incendie, mais on s'en sert habituellement pour les petites superficies, car le processus est plus long.

Tuyau d'incendie sur le plancher d'une aire d'attente

Figure 10. Tuyau d'incendie sur le plancher d'une aire d'attente.

Chasse hydraulique - On peut utiliser un système de chasse hydraulique pour laver l'aire d'attente. Une méthode consiste à utiliser un réservoir de chasse placé au-dessus de l'aire d'attente et pourvu de soupapes qui libèrent un gros volume d'eau pour le nettoyage. Une autre méthode utilise un vaste réservoir extérieur qui permet d'acheminer de l'eau vers les soupapes placées dans le plancher à l'extrémité supérieure de l'aire d'attente. Les deux systèmes exigent un gros volume d'eau " propre ". Il s'agit souvent d'eau recyclée provenant du système de chasse hydraulique; il faut donc disposer aussi d'un moyen quelconque de séparer les solides.

Recyclage des eaux de lavage - Le lavage du matériel de traite, ainsi que des planchers de la salle de traite et de l'aire d'attente, entraîne une grande consommation d'eau. Le matériel de traite peut être lavé avec de l'eau recyclée du refroidisseur à plaques. Cette eau peut aussi être utilisée pour le lavage des planchers. L'eau de lavage du matériel de traite peut aussi servir pour laver les planchers, à la condition de retirer l'eau du premier rinçage. Si on utilise de l'eau de lavage recyclée du premier rinçage, le lait contenu dans cette eau dégagera une odeur dans la salle de traite et pourrait aussi entraîner la formation d'un biofilm sur le plancher.

Efficacité énergétique

Dans la plupart des exploitations laitières, seulement 20 % de la consommation d'électricité est attribuable à la traite et 40 % au refroidissement du lait et au chauffage de l'eau chaude pour le lavage du matériel.

Pompes à vide - Dans toutes les exploitations laitières, la pompe à vide consomme beaucoup d'énergie. Les mécanismes d'entraînement à fréquence variable causent une accélération ou un ralentissement du moteur de la pompe à vide en réaction aux fluctuations du vide causées par une unité qui se défait ou d'autres fuites dans le lactoduc. Ce dispositif réduit considérablement la consommation d'énergie. Des études ont montré qu'on pouvait obtenir des économies d'énergie de 30 à 80 %, et plus généralement autour de 60 %, avec ces pompes comparativement aux pompes à vitesse unique.

Prérefroidissement du lait- Le refroidissement du lait représente une autre opération pour laquelle il est possible d'économiser de l'énergie. Les échangeurs de chaleur permettent d'utiliser l'eau de puits pour prérefroidir le lait avant son entrée dans le réservoir. En faisant circuler l'eau au-dessus d'une série de plateaux dans un échangeur de chaleur situé près du lait tiède, on peut refroidir le lait pour qu'il atteigne de 2 à 4 °C au-dessus de la température de l'eau. Ce procédé fonctionne mieux si l'eau de puits est à moins de 10 °C. À cette température de l'eau, la température du lait diminue pour se situer entre 18 et 23 °C, selon la taille de l'unité. Ces calculs correspondent à un système de prérefroidissement conçu pour un ratio d'écoulement de 2:1, soit deux parties d'eau pour une partie de lait.

Pompes à lait - L'utilisation d'une pompe à lait dotée d'un variateur de vitesse permet d'obtenir un débit de lait constant et de nettement améliorer l'efficacité du refroidisseur à plaques. Le mécanisme d'entraînement à fréquence variable réduira l'énergie consommée par la pompe à lait d'environ 50 %.

Compresseurs - Le compresseur est une composante fondamentale du système de réfrigération ou de refroidissement du lait. Un compresseur à spirales consomme environ 30 % de moins d'électricité qu'un compresseur alternatif ordinaire. Le compresseur à spirales utilise un dispositif simple comportant deux spirales qui compriment et font circuler le réfrigérant plus efficacement et de manière plus fiable que les compresseurs ordinaires.

Chauffage de l'eau - Le chauffage de l'eau pour le lavage du matériel consomme aussi beaucoup d'énergie dans une exploitation laitière. Les récupérateurs de chaleur ou les systèmes de récupération de la chaleur produite par la réfrigération (figure 11) améliorent le système de réfrigération par le refroidissement à l'eau, et non à l'air, du réfrigérant. Le coefficient de transfert de chaleur entre le réfrigérant et l'eau est beaucoup plus élevé qu'entre le réfrigérant et l'air. À mesure que l'eau utilisée pour le refroidissement se réchauffe, le système passe au refroidissement à l'air.

La chaleur récupérée à partir des conduites de réfrigération peut ensuite être utilisée pour le lavage du matériel. Un élément électrique peut être intégré au système pour chauffer l'eau à une température plus élevée, au besoin. De cette manière, jusqu'à 50 % de l'énergie requise pour chauffer l'eau peut provenir de la chaleur rejetée par le système de réfrigération.

Le gaz naturel constitue une source d'énergie moins coûteuse que l'électricité pour le chauffage de l'eau.

Chauffage de l'eau par l'énergie solaire - L'énergie solaire représente une autre méthode pour chauffer l'eau.

Coordination des refroidisseurs à plaques et des systèmes de récupération de la chaleur produite par la réfrigération - Les mécanismes de conservation de l'énergie pour le refroidissement du lait sont interdépendants. On ne peut pas s'attendre à ce que toutes les économies d'énergie s'additionnent. En fait, à moins que les composantes soient installées et réglées pour fonctionner ensemble, les économies d'énergie réelles peuvent être décevantes. Par exemple, si un gros refroidisseur à plaque ayant un débit d'eau élevé et une pompe à lait à vitesse variable refroidit le lait de manière très efficace, la petite quantité de chaleur résiduelle dans le lait peut faire en sorte que le compresseur du réservoir ne reste pas en marche assez longtemps pour chauffer une quantité suffisante d'eau pour le nettoyage. Il devient alors nécessaire d'avoir recours à l'électricité pour produire de l'eau chaude pour le nettoyage. Donc, dans ce cas, il serait plus économique de réduire le débit d'eau qui passe dans le refroidisseur à plaques pour fournir plus de chaleur au récupérateur de chaleur.

Deux ventilateurs au-dessus de deux gros réservoirs bleus auxquels ils sont reliés par des tuyaux.

Figure 11. Deux ventilateurs au-dessus de deux gros réservoirs bleus auxquels ils sont reli´s par des tuyaux.

Technologie

La gestion de précision dans le secteur laitier fait de plus en plus l'objet de percées technologiques. Même si ce ne sont pas toutes les exploitations laitières qui sont prêtes à intégrer dès maintenant ces nouvelles technologies, il demeure tout de même souhaitable d'en tenir compte dans la planification.

Tensions Parasites

Les tensions parasites sont devenues le bouc émissaire de tout problème électrique observé dans les exploitations agricoles. On les rend même coupables d'une série de problèmes avec lesquels elles n'ont aucun rapport. Bon nombre de bâtiments industriels ont également des problèmes de tensions parasites et de survoltage. Pour atténuer le problème, on doit monter des systèmes électriques en effectuant dès le départ une mise à la terre et un filage adéquats.

Un producteur a récemment résolu certains problèmes à cet égard en déplaçant son transformateur principal qui était adjacent au local des installations mécaniques pour le placer à 30,5 m (100 pi) de l'étable.

Résumé

Le centre de traite est un bâtiment majeur de toute exploitation laitière. Une planification minutieuse s'impose afin que les vaches soient en mesure de circuler adéquatement vers la salle de traite ainsi que pour assurer le confort et l'efficacité des préposés à la traite. La traite et les activités connexes comme le refroidissement du lait et le lavage du matériel et des lieux sont associés à une grande consommation d'énergie, laquelle peut être réduite par une bonne planification.

Références

Bickert, W.G., et al. Dairy Freestall Housing and Equipment, 7e édition, MWPS-7, Midwest Plan Service, Iowa State University, Ames, IA., 2000.

Bickert, W.G. Milking Center Layout - Designing a Modern Milking Center, Proceedings from the Designing a Modern Milking Center, National Conference, Rochester, NY, 1995.

Clarke, S. et House, H. Diminuer la consommmation d'énergie dans les fermes laitières, ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario, Fiche technique 10-068, 2015.

House, H.K. Design of the Milking Centre, Free Stall Housing Manual, ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario,1999.

House, H.K. Reducing Energy Costs on the Dairy Farm,Waterloo-Wellington Dairy Symposium. Drayton, Ontario, 2005.

Lang, B., H.K. House, N.G. Anderson et J. Rodenburg. Free Stall Housing Manual, ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario, 2012.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca