Évaluation des risques de contamination des eaux souterraines sur une ferme
IntroductionLa qualité de leau est une priorité pour tous les résidents des milieux ruraux. Comme leau potable provient habituellement de sources souterraines, il faut tout faire pour protéger celles‑ci de la contamination. Les contaminants dorigine agricole comme les pesticides, les eaux de lavage des laiteries, le fumier et les lixiviats des silos peuvent menacer la qualité des eaux souterraines sils ne sont pas gérés de façon adéquate.
Figure 1. Tous les résidents des régions rurales ont besoin dun approvisionnement en eau qui soit sans danger. La prévention des risques de contamination présents sur une propriété nécessite une planification soignée. La première étape est le repérage et lévaluation de ces risques. Les probabilités de contamination des eaux souterraines une fois quun contaminant a pénétré dans le sol varient dune ferme à lautre en fonction de nombreux facteurs. La présente fiche technique porte sur les principaux facteurs ayant un effet sur le mouvement des contaminants vers la nappe phréatique; elle présente également une méthode simple dévaluation des risques qui permettra de mieux planifier les mesures correctives et pratiques de gestion qui simposent. Contamination des eaux souterrainesLa qualité de la nappe phréatique se dégrade lorsquelle reçoit de leau contaminée qui sinfiltre dans le sol et qui nest pas suffisamment filtrée ou qui na subi aucune épuration naturelle. Une fois que le réservoir aquifère est contaminé, tous les puits quil alimente risquent dêtre pollués. La contamination dun puits peut menacer la santé humaine et entraîner dimportants frais de nettoyage. Facteurs ayant un effet sur le déplacement des contaminants vers la nappe deau souterraineDe nombreux facteurs ont un effet sur les risques de contamination des eaux souterraines et des puits. La présente fiche porte sur les trois principaux facteurs, soit :
La texture du sol est le facteur qui a le plus deffet sur la facilité et la vitesse de déplacement de leau et des contaminants vers la nappe phréatique. Dans les sols à texture grossière, comme les sables, les pores entre les particules sont plus volumineux et permettent à leau de sinfiltrer rapidement jusquà la nappe phréatique; la filtration et lépuration naturelle ont donc très peu de temps pour agir. Par contre, les sols à texture fine, comme les argiles, ralentissent beaucoup lécoulement de leau et des contaminants. Ils agissent donc comme un filtre naturel qui permet aux bactéries et aux autres organismes terricoles de dégrader les contaminants avant quils natteignent la nappe phréatique. Par conséquent, les sols à texture fine constituent une protection naturelle des eaux souterraines bien meilleure que les sols à texture grossière.
Figure 2. Perméabilité en fonction de la texture du sol.
Les fissures de la roche-mère permettent à leau et aux contaminants datteindre rapidement la nappe phréatique. Si la roche-mère est recouverte dun sol peu épais, celui‑ci et les organismes quil contient ont peu de temps pour épurer leau. Après avoir touché la roche-mère, leau et les contaminants atteignent souvent très rapidement la nappe phréatique.
Lépuration des eaux contaminées se déroule principalement dans le sol au‑dessus de la nappe phréatique (zone de sol non saturé). Lorsque le niveau de la nappe phréatique est à faible profondeur, leau et les contaminants traversent rapidement la couche de sol non saturé et lépuration naturelle a peu de temps pour faire son effet. Le niveau de la nappe phréatique peut varier considérablement dune saison à lautre; généralement, il est à son maximum au printemps ou en automne. Évaluation des risques de contamination des eaux souterrainesÀ la ferme, les sources possibles de contaminants sont nombreuses. On les divise généralement en sources ponctuelles (endroits où les contaminants sont concentrés ou entreposés, p. ex. tas de fumier, entrepôts de carburant, etc.) et en sources non ponctuelles (superficies plus étendues sur lesquelles on applique des contaminants potentiels, p. ex. champs où sont épandus des pesticides ou des engrais). Quelle que soit la nature de la source de contaminants, sur certaines fermes ou dans certaines zones dune même ferme, le potentiel de contamination des eaux souterraines par les substances qui sinfiltrent dans le sol peut être beaucoup plus élevé quailleurs. Le tableau 1 présente une méthode simple dévaluation des risques de cette nature. À noter que cette méthode ne couvre que les effets possibles des trois facteurs dont il est question plus haut (texture du sol, profondeur de la roche-mère et niveau de la nappe phréatique). Le premier point à considérer dans lévaluation est la vitesse relative de déplacement des contaminants dans le sol. On suppose ici que le sol a un profil uniforme et nest pas constitué de couches. * Cotes des risques de contamination des eaux souterraines en cas de déversement ou de fuite dun contaminant :
Pour déterminer le potentiel de contamination de leau souterraine dun site, trouver la texture du sol dans la première colonne, puis lire la cote indiquée dans la même rangée, à la rencontre de la colonne correspondant au niveau de la nappe phréatique. Voici quelques lignes directrices pour lire le tableau 1.
Pour faire une évaluation plus précise du potentiel de contamination de leau souterraine à la ferme, rechercher des signes de variation des conditions hydrogéologiques, notamment de la texture du sol, des types de roches mères et du niveau de la nappe phréatique, et effectuer suffisamment dinspections du site pour confirmer ces variations. De plus, toujours évaluer la zone entourant les bâtiments de ferme indépendamment des champs. On peut aussi évaluer les risques de contamination dun puits situé sur la ferme selon la distance qui le sépare des sources de contamination potentielles. Plus cette distance est grande, plus les risques de contamination du puits sont faibles, que ce soit par écoulement de leau souterraine ou par ruissellement en surface. Pour connaître la distance minimale recommandée entre un puits et une source potentielle de contaminants, au tableau 2, trouver le niveau de risques de contamination des eaux souterraines pour le site considéré (établi à partir du tableau 1). Au tableau 2, les sources de contamination potentielles peuvent être des sources ponctuelles voisines des bâtiments comme les cellules de stockage du fumier, les réservoirs de carburant, les fosses septiques, les entrepôts de pesticides, ou des sources non ponctuelles comme les champs où lon a épandu du fumier ou des pesticides. Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs (LGEN)Dans les fermes de lOntario qui sont mises en conformité avec la LGEN, les nouvelles installations et les agrandissements doivent respecter les distances minimales établies par le Règlement 267/03 tel que modifié. Mesures à prendre si les risques de contamination sont importantsLe niveau de risques de contamination des eaux souterraines donne un indice de la rapidité avec laquelle les contaminants pourraient atteindre la nappe phréatique en cas de déversement ou de fuite. Si ces risques sont élevés ou modérés, cela signifie que la nappe phréatique et les puits situés sur une propriété ou celle dun voisin pourraient être contaminés rapidement. Si cest le cas, il faut prendre grand soin déviter toute fuite ou tout déversement de contaminants. En plus des inspections régulières et de lentretien, il faut faire analyser leau des puits et assurer le confinement du fumier, des écoulements des parcs danimaux et des eaux de lavage des laiteries pour limiter les infiltrations vers la nappe phréatique. Au champ, les épandages de fumier et dengrais doivent être dosés en fonction des exigences des cultures et avoir lieu au moment de lannée où lutilisation des éléments nutritifs sera maximale, à défaut de quoi les éléments nutritifs précieux pourraient sinfiltrer vers la nappe phréatique.
* Tableau extrait des Plans agro-environnementaux de lOntario. ** Indique la distance minimale, selon le type de puits, entre celui-ci et la source de contamination potentielle, cette distance étant établie par le règlement sur laménagement des puits pris en vertu de la Loi sur les ressources en eau de lOntario (Règlement 903). Pour plus dinformation, consulter les fascicules suivants de la série « Les pratiques de gestion optimales » :
Connaissez-vous la Loi sur la gestion des éléments nutritifs de lOntario et la réglementation connexe?La Loi sur la gestion des éléments nutritifs (LGEN) de lOntario et le Règlement 267/03, tels que modifiés, régissent lentreposage, la manutention et lépandage des matières nutritives qui peuvent être épandues sur des terres agricoles cultivées. Lobjectif est de protéger les ressources en eau de surface et souterraine de lOntario. Veuillez consulter le Règlement et ses protocoles pour connaître les modalités précises dapplication de la LGEN. Les conseils contenus dans la présente fiche technique sont dordre pratique seulement. Pour toute question concernant vos obligations juridiques, adressez-vous à un avocat. Pour de plus amples renseignements sur la LGEN, vous pouvez appeler la ligne dinformation dédiée à la gestion des éléments nutritifs au 1 866 242-4460, envoyer un courriel à nman.omafra@ontario.ca ou visiter le site www.ontario.ca/maaaro. Les fiches techniques sont constamment mises à jour; assurez-vous davoir en main la plus récente version.
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