Détermination de lindice-phosphore dans un champ
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IntroductionL'indice-phosphore est utilisé en Ontario pour :
La présente fiche technique fournit l'information et les étapes nécessaires à la détermination et à l'utilisation de l'indice-phosphore. Toile de fondLe phosphore est un élément nutritif important pour les cultures. Aux quantités déjà présentes dans le sol, s'ajoutent celles qui proviennent notamment des épandages d'engrais chimiques et de fumier. Les doses de phosphore sont généralement établies en fonction des résultats des analyses de sol. Les préoccupations environnementales liées au phosphore ont trait à l'eutrophisation - l'augmentation de la teneur en éléments nutritifs des eaux naturelles qui mène à une croissance accélérée des algues et des plantes aquatiques. En diminuant la quantité de phosphore qui se retrouve dans les eaux de surface, on limite le taux de croissance des plantes aquatiques. Cette pratique influence directement la survie des poissons, celle‑ci étant menacée par l'appauvrissement en oxygène qu'amène la décomposition des plantes aquatiques. Comme le phosphore se lie fermement aux particules de sol, l'érosion du sol (influencée par le type de sol, la pente du terrain et le potentiel de ruissellement des eaux) constitue un facteur clé de contamination des eaux. Ainsi, pour peu que l'on mette de l'avant des mesures de lutte contre l'érosion, il est possible, même sur des sols renfermant passablement de phosphore, de pratiquer l'agriculture tout en limitant au minimum les risques de contamination des eaux de surface. L'indice-phosphore tient compte de nombreux facteurs, dont l'état du champ (teneur du sol en phosphore, érosion du sol et risque de ruissellement), l'importance des apports d'éléments nutritifs, les méthodes d'application et la proximité des eaux de surface. On établit l'indice-phosphore en attribuant une cote (0, 1, 2, 4, 8 ou 16) à chacun des facteurs pouvant influencer les pertes de phosphore sur un site : 0 correspond au risque de perte de phosphore le plus faible et 16, au risque le plus élevé. Puis, on attribue à chaque caractéristique du site un coefficient de pondération qui reflète l'importance que cette caractéristique précise revêt au regard des pertes de phosphore. Il suffit ensuite d'additionner les résultats pondérés pour obtenir l'indice-phosphore. Selon les normes actuelles de gestion des éléments nutritifs en agriculture, l'établissement de l'indice-phosphore s'impose dès que l'analyse de sol révèle, pour un champ donné, une teneur en phosphore supérieure à 30 ppm. On peut tout de même calculer l'indice-phosphore si l'analyse de sol fait état d'une teneur en phosphore inférieure à 30 ppm, mais les données obtenues servent alors essentiellement à informer le producteur. L'indice-phosphore utilisé en Ontario représente une adaptation, faite par l'Université de Guelph dans le but de tenir compte des conditions locales, de l'indice proposé pour les États-Unis par Lemunyon et Gilbert, en 1993. Les coefficients actuels sont fondés sur le bon jugement de professionnels mais n'ont pas encore été évalués ni validés par rapport aux données dont on dispose concernant la contamination des eaux. L'indice-phosphore est abordé dans la publication 818F du MAAARO, Cahier de gestion des éléments nutritifs, ainsi que dans le logiciel NMAN. Il s'agit d'un outil recommandé pour établir, dans le cadre des plans de gestion des éléments nutritifs, les distances de retrait à respecter par rapport aux eaux de surface lors des épandages de fumier. Les pages qui suivent renferment les étapes nécessaires au calcul de l'indice-phosphore pour un champ. Méthode de calcul de l'indice-phosphorePour connaître l'indice-phosphore d'un champ ou d'une partie de champ, se guider sur la feuille de calcul qui se trouve à la fin de la présente fiche. Cette feuille est suivie d'un exemple de feuille de calcul remplie.
1. Érosion du sol (pondération = 2,0)On utilise l'équation universelle des pertes en terre (abréviation anglaise : USLE) pour estimer l'érosion du sol. Pour savoir comment calculer les pertes de sol, se référer à la fiche technique no 00-002 du MAAARO, Équation universelle des pertes en terre. Une fois l'estimation faite, trouver la cote dans le tableau 1. On peut réduire l'érosion du sol, et la cote correspondante, par des pratiques culturales qui augmentent la quantité de résidus laissés en surface ou qui diminuent la longueur de la pente.
2. Ruissellement (pondération = 1,0)La cote attribuée au ruissellement reflète les risques de ruissellement sur un champ, évalués en fonction de la texture du sol et de la pente du champ. Plus les risques de ruissellement sont grands, plus les pertes de phosphore risquent d'être élevées. Dans le tableau 2, on évalue la probabilité de ruissellement près d'un cours d'eau. Les valeurs indiquées sont fixes; elles ne sont pas modifiées si l'on change de pratique culturale. Les groupes hydro-pédologiques correspondent aux noms des différentes séries de sol trouvées en Ontario. Ils figurent dans la publication 29F du MAAARO, Guide de drainage. Le groupe A est souvent associé aux sables, le groupe B, aux loams, le groupe C, aux loams argileux et le groupe D, aux argiles. 3. Teneur du sol en phosphore (pondération = 2,0)Le phosphore s'accumule dans le sol quand les apports dépassent les prélèvements faits par les cultures. On estime que 35 livres de phosphate inutilisé élève la teneur en phosphore du sol de 1 ppm (la quantité exacte varie cependant en fonction de la texture du sol). De bonnes pratiques de gestion des éléments nutritifs sont essentielles si l'on veut éviter les accumulations importantes de phosphore dans les sols. Le tableau 3 sert à déterminer la cote liée à la teneur du sol en phosphore, teneur révélée par l'analyse du sol. À défaut d'une analyse de sol, on doit utiliser implicitement la cote Très élevée.
4. Taux d'épandage des engrais chimiques (pondération = 0,5)On doit considérer tous les engrais chimiques dans l'établissement de cette cote. La plupart des doses d'engrais de démarrage correspondent à une cote très faible ou faible. Il faut évaluer avec soin le recours à un engrais de démarrage lorsque le sol contient déjà d'importantes quantités de phosphore. On utilise le tableau 4 pour déterminer la cote liée au taux d'épandage de l'engrais. Si aucun engrais n'est utilisé, la cote est de zéro. 5. Méthode d'épandage des engrais chimiques (pondération = 1,5)Plus l'engrais est incorporé dans le sol tôt après l'épandage, plus les risques de ruissellement en cas de pluie diminuent. On utilise le tableau 5 pour déterminer la cote liée à la méthode d'épandage des engrais. Si aucun engrais chimique n'est appliqué, la cote sera de zéro. 6. Taux d'épandage des fumiers/biosolides (P organique) (pondération = 0,5)La plupart des taux d'épandage de fumier sont classés dans les catégories faible ou moyenne. Un taux d'épandage élevé de fumier riche en éléments nutritifs héritera d'une cote élevée. À l'opposé, un faible taux d'épandage d'un fumier contenant énormément de litière recevra une cote très faible. La dose de phosphate est fonction de la valeur de l'accumulation à long terme dans le sol (disponibilité de 80 %). Il s'agit du double de la quantité bioassimilable dans l'année. Utiliser la publication 818F du MAAARO, Cahier de gestion des éléments nutritifs, ainsi que le logiciel NMAN pour déterminer les teneurs réelles en éléments nutritifs. On utilise le tableau 6 pour déterminer la cote liée au taux d'épandage des fumiers ou des biosolides (P organique). Si aucune de ces matière n'est épandue, se servir de la cote zéro. 7. Méthode d'épandage des fumiers/biosolides (pondération = 1,5)Plus la période séparant l'épandage et l'incorporation est longue, plus les risques de ruissellement causés par la pluie sont élevés. On utilise le tableau 7 pour déterminer la cote liée à la méthode d'épandage des fumiers ou des biosolides (P organique). Si aucune de ces matières n'est épandue, se servir de la cote zéro. Effets des pratiques de gestion optimales sur l'indice-phosphoreOn peut réduire un indice en recourant aux pratiques de gestion optimales (PGO). Le tableau 8 indique comment modifier les pratiques agricoles de manière à abaisser l'indice-phosphore. Interprétation de l'indice-phosphore pour l'OntarioL'indice-phosphore peut influencer un plan de gestion des éléments nutritifs de deux façons :
Voici certaines recommandations liées à l'indice-phosphore. 1 Compte tenu du ruissellement, il est recommandé de respecter la distance minimale de retrait quand il s'agit d'épandage de fumier. Voir le tableau 15, Distance minimale par rapport à une eau de surface, de la section Q de la publication 818F du MAAARO, Cahier de gestion des éléments nutritifs, pour plus de détails. 2 Il est recommandé d'utiliser comme taux d'application maximal autorisé le taux le plus faible établi dans le tableau de la section S, Taux maximums, de la publication 818F du MAAARO, Cahier de gestion des éléments nutritifs. RésuméL'indice-phosphore est un outil qui peut contribuer à résoudre les problèmes de pollution des eaux de surface par le phosphore. Cet outil indique si l'on peut épandre le phosphore au delà de la quantité prélevée par la culture et quelles sont les distances de retrait minimales à respecter par rapport aux eaux de surface. Dans bien des cas, les pratiques de gestion optimales permettent de réduire l'indice. Voir les articles 42 et 45 du règlement de l'Ontario 267/03 pour connaître les distances de retrait à respecter pour les épandages de matières de sources non agricoles à proximité des eaux de surface. Voir l'article 14 du même règlement pour connaître les taux d'application et les distances de retrait lorsque plus d'un taux d'application ou plus d'une distance de retrait s'appliquent. Feuille de calcul de l'indice-phosphore1. Érosion du solValeur de l'érosion du sol = _________ (t. imp./acre/an) ou (tonnes/ha/an) Notes: _________________________ Cote = _________________________ 2. RuissellementPente = ________________________ % Texture du sol = _________________ Notes: _________________________ Cote = _________________________ 3. Teneur du sol en phosphoreTeneur du sol en P = _____________ ppm Notes: ________________________ Cote = ________________________ 4. Taux d'épandage des engraisTaux = _________________________ (lb P2O5/acre) ou (kg P2O5/ha) Notes: _________________________ Cote = _________________________ 5. Méthode d'épandage des engraisMéthode = ______________________ Notes: _________________________ Cote = _________________________ 6. Taux d'épandage des fumiers/biosolidesTaux = _________________________ (lb P2O5/acre) ou (kg P2O5/ha) Notes: _________________________ Cote = _________________________ 7. Méthode d'épandage des fumiers/biosolidesMéthode = ______________________ Notes: _________________________ Cote = _________________________
Notes :Feuille de calcul de l'indice-phosphore : Exemple de calcul de l'indice-phosphoreLes étapes qui suivent montrent comment calculer l'indice-phosphore d'après la méthode expliquée dans la présente fiche technique. 1. Érosion du solValeur de l'érosion du sol = 15,5 (t. imp./acre/an) ou (tonnes/ha/an) Notes : déterminée dans la section de calcul de la USLE Cote = 4 2. RuissellementPente = 6 % Texture du sol = Loam Notes: pente de 6 % à moins de 152 m (500 pi) d'une eau de surface Cote = 4 3. Teneur du sol en phosphoreTeneur du sol en P = 55 ppm Notes: échantillons prélevés après 1998 Cote = 4 4. Taux d'épandage des engraisTaux = 0 (lb P2O5/ac) ou (kg P2O5/ha) Notes: aucun épandage Cote = 0 5. Méthode d'épandage des engraisMéthode = aucune Notes: aucun épandage Cote = 0 6. Taux d'épandage des fumiers/biosolidesTaux = 41 (lb P2O5/ac) ou (kg P2O5/ha) Notes: taux également inscrit comme suit : 2000 gal/ac Cote = 4 7. Méthode d'épandage des fumiers/biosolidesMéthode = non incorporé - sol nu Notes: _____________________ Cote = 8
Notes :Il est interdit d'épandre du P2O5 à moins de 3 m (10 pi) d'une eau de surface. Au delà de cette « zone prohibée », dans un rayon de 60 m (200 pi) d'une eau de surface, la quantité de P2O5 épandue ne doit pas dépasser la quantité prélevée par la culture. Consulter le tableau 15, Distance minimale par rapport à une eau de surface, de la section Q, et le tableau de la section S, Taux maximums, de la publication 818F du MAAARO, Cahier de gestion des éléments nutritifs, pour déterminer les taux d'application maximaux autorisés. Pour plus de renseignements : |
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