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Gaz dangereux

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 721
Date de publication : 12/04
Commande no.04-088
Dernière révision :12/04
Situation :En remplacement de la fiche technique no 99-002 du MAAARO, qui porte le même titre.
Rédacteur :Luc Brunet - ingénieur en environnement rural/MAAARO

Table des matières

  1. Sulfure d'hydrogène
  2. Méthane
  3. Ammoniac
  4. Gaz carbonique
  5. Dioxyde d'azote
  6. Concentrations de gaz inoffensives
  7. Moniteurs de détection des gaz
  8. Précautions à observer
  9. Conclusion
  10. Renseignements supplémentaires

Introduction

Dans les exploitations agricoles, des gaz dangereux peuvent se cacher dans les silos, les fosses à fumier liquide, les cellules à grain et les bâtiments d'élevage. Ces structures offrent des espaces clos dans lesquels certains gaz peuvent s'accumuler et atteindre des concentrations dangereuses.

Lorsqu'on les entasse dans un silo, les végétaux sont le siège d'un processus, la fermentation, qui en assure la conservation pendant une longue période. Or, ce processus épuise l'oxygène présent dans le silo et libère des sous-produits comme le gaz carbonique et le dioxyde d'azote. Dans les heures qui suivent le remplissage, le silo peut s'emplir d'une atmosphère qui est incompatible avec la vie humaine.

Quant il est entreposé pendant longtemps, le fumier subit une décomposition anaérobie. Ce processus s'accompagne d'un dégagement de gaz appelés gaz de fumier. Le temps chaud et une ventilation insuffisante peuvent intensifier la production de ces gaz. Dans les fosses à fumier liquide, l'atmosphère peut donc renfermer des concentrations de gaz toxiques ou être dépourvue d'oxygène. L'agitation du contenu d'une fosse à fumier liquide entraîne également la libération rapide de gaz de fumier. En plus des dangers pour les humains, des teneurs élevées en gaz de fumier occasionnent la détérioration du béton situé au-dessus de la surface du fumier. Par ailleurs, on a signalé des explosions dans des espaces clos où l'on avait laissé le méthane s'accumuler. L'article 78 de la Partie VIII du Règlement 267/03 de l'Ontario, pris sous le régime de la Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs, exige que toutes les nouvelles installations de stockage de fumier liquide soient munies d'un dispositif quelconque d'aération afin de prévenir l'accumulation et (ou) l'intensification des gaz corrosifs, nocifs ou explosifs.

Les silos et les fosses à fumier contiennent différents gaz, qu'on groupe en deux catégories : les gaz irritants et les gaz asphyxiants. Les gaz irritants causent une inflammation et une irritation des tissus de l'appareil respiratoire. Les gaz asphyxiants, quant à eux, remplacent l'oxygène de l'air (ce sont les gaz asphyxiants simples) ou entrent en réaction avec l'hémoglobine du sang (ce sont les gaz asphyxiants chimiques). La présente fiche technique traite des gaz dangereux que l'on peut trouver sur les fermes et décrit les mesures de sécurité que l'on peut prendre pour protéger les travailleurs agricoles contre ces tueurs sour­nois. Pour plus de renseignements sur les problèmes de santé liés à la poussière respirable, se reporter à la fiche technique n° 93-004, Conséquences de la qualité de l'air sur la santé des personnes qui travaillent dans des bâtiments d'élevage.

 

Sulfure d'hydrogène

Le sulfure d'hydrogène (H2S) est le gaz de fumier le plus dangereux. On le classe parmi les gaz asphyxiants chimiques parce qu'il entre immédiatement en réaction chimique avec l'hémoglobine du sang, ce qui empêche le transport de l'oxygène jusqu'aux tissus et aux organes vi­taux du corps. Il est produit par la décomposition anaérobie de matières organiques comme le fumier. À faible concentration, c'est un gaz facile à détecter du fait de son odeur caractéristique d'œuf pourri, mais à des concen­trations élevées, il provoque la paralysie du nerf olfactif et donc la perte d'odorat. Une personne exposée au sulfure d'hydrogène peut donc avoir une fausse impression de sécurité. À forte concentration, le sulfure d'hydrogène cause instantanément la paralysie et la mort.

Le tableau 1 montre l'effet du sulfure d'hydrogène à différentes concentrations. Comme ce gaz est plus lourd que l'air, il est porté à stagner juste au-dessus de la surface. La libération de sulfure d'hydrogène est relativement faible quand le fumier liquide n'est pas agité et que la température extérieure est basse. Toutefois, dès qu'on agite le contenu d'une fosse, ce gaz peut atteindre rapidement des concentrations dangereuses. On doit redoubler de précautions quand on est en présence d'une fosse à fumier liquide aménagée sous le plancher du bâtiment d'élevage (voir plus loin « Précautions à observer - Fosse à fumier liquide »). De nombreux travailleurs ont perdu la vie quand ils sont descendus dans une fosse à fumier liquide ou sont entrés dans un local situé au-dessus d'une fosse en voulant porter secours à une autre personne qui avait perdu connaissance sous l'effet du sulfure d'hydrogène.

Tableau 1. Les effets du sulfure d'hydrogène sur les humains, selon la concentration.

Concentration du sulfure d'hydrogène (ppm) Effet sur les humains
0,005 À peine détectable
4 Faible odeur facilement détectable
10 Irritation des yeux
27 Odeur repoussante
100 Toux, irritation des yeux, perte de l'odorat au bout de 2-15 minutes
200-300 Inflammation des yeux et irritation de l'appareil respiratoire au bout d'une heure
500-700 Perte de connaissance et mort éventuelle au bout de 30-60 minutes
800-1000 Rapide perte de connaissance, arrêt de la respiration et mort
1000 Paralysie du diaphragme dès la première inhalation, asphyxie foudroyante

Source : American Society of Agricultural Engineering Standards, 2003.

Concentration de H2S pendant l'agitation du fumier dans une fosse.

Figure 1. Concentration de H2S pendant l'agitation de la fosse à fumier liquide. (Patni, N. K. et S. P. Clarke, Ontario Swine Research Review, 1990)

Méthane

Le méthane (CH4) est un gaz incolore et inodore. C'est le combustible qui est produit par la digestion anaérobie de matières organiques. On peut le stocker en vue de l'utiliser comme carburant de moteurs à combustion interne. Étant plus léger que l'air, il cherche à s'élever au-dessus de la fosse à fumier. Le méthane n'est pas toxique comme tel et n'est guère susceptible de poser problème dans les bâ­timents d'élevage bien ventilés. Par contre, dans les fosses couvertes et dans les fosses situées dans les bâtiments d'élevage sous les animaux, le méthane peut être captif et s'accumuler au point de causer une explosion.

En 1996, un agriculteur de l'Ontario, ayant terminé la distribution d'aliments du matin, était venu s'installer à son bureau pour griller une cigarette. Le bureau, le cabinet de toilette, la salle d'alimentation et le couloir adjacent avaient été construits au-dessus d'une fosse à fumier liquide en béton située entre deux porcheries parallèles. La fosse était presque plei­ne et allait être vi-dangée sous peu. Or, la douche n'avait pas été utilisée depuis plusieurs années et, fort probablement, le siphon ne contenait plus d'eau et avait laissé le méthane se répandre dans le bureau depuis un certain temps. L'étincelle du briquet a enflammé le méthane qui s'était accumulé aux alentours du bureau, provoquant une explosion et un début d'incendie. L'agriculteur a eu la chance de s'en sortir avec quelques brûlures au deuxième degré sur les mains.

 

Ammoniac

L'ammoniac (NH3) est un gaz incolore qui a une odeur âcre caractéristique. Il est produit par la décomposition des fumiers animaux. Ce gaz est classé parmi les gaz irritants. Il est plus léger que l'air et peut causer des maladies respiratoires chez les animaux qui sont exposés à des concentrations importantes pendant de longues périodes. L'ammoniac irrite les yeux à des concentrations de 20-50 ppm, selon la sensibilité des personnes et des animaux. Ce gaz est à surveiller surtout dans les porcheries et les poulaillers, mais il peut aussi causer des ennuis dans les installations de compostage du fumier. En règle générale, si on note une irritation des yeux dans un bâtiment d'élevage, on devrait y améliorer la ventilation.

Gaz carbonique

Le gaz carbonique (CO2) est incolore et inodore. C'est un gaz qui est, en partie, produit par la respiration des animaux et des végétaux; il existe naturellement dans l'atmosphère. Étant plus lourd que l'air, comme le sulfure d'hydrogène, il cherche à s'accumuler juste au-dessus du fumier dans une citerne, du plancher dans un enclos ou de l'ensilage dans un silo. Le principal danger créé par le gaz carbonique est l'appauvrissement de l'air en oxygène, ce qui peut entraîner l'asphyxie ou la suffocation. D'ordinaire, dans des bâtiments d'élevage bien ventilés, le CO2 n'atteint pas des concentrations dangereuses. Par contre, des concentrations mortelles peuvent se produire dans les silos hermétiques, les fosses à fumier liquide et les cellules à grain.

Durant la première phase du processus d'ensilage, les végétaux épuisent rapidement l'oxygène disponible et meurent. La respiration des végétaux transforme l'oxygène en eau et en CO2. Dans un silo hermétique, le CO2 se substitue à l'oxygène, créant une atmosphère où l'être humain ne peut survivre sans un apport d'air extérieur.

Dioxyde d'azote

Le dioxyde d'azote (NO2) est un gaz asphyxiant chimi­que dangereux qui est produit par les réactions chimiques qui se déclenchent presque immédiatement après l'entassement de végétaux dans le silo. Même une exposition de courte durée peut entraîner rapidement la mort. Le dioxyde d'azote a une odeur caractéristique d'eau de Javel et peut être visible sous forme d'un brouillard brun rougeâtre. Comme il est plus lourd que l'air, il tend à stagner juste au-dessus de l'ensilage. Il peut aussi descendre dans la chute du silo et se répandre dans la salle d'alimentation.

Les conditions météorologiques et les pratiques culturales ont une incidence sur la teneur en nitrates des matières végétales, laquelle influe à son tour sur la production de NO2 dans le silo. Par exemple, lorsqu'une pluie abondante succède à une période de sécheresse pendant la saison de croissance, le maïs sur pied a tendance à absorber de fortes quantités de nitrates dissous. Si le maïs est récolté avant qu'il ait pu transformer les nitrates en protéines, l'ensilage dégage de l'oxyde nitreux (N2O) et de l'oxyde nitrique (NO). Le NO, instable, se combine avec l'oxygène pour former du dioxyde d'azote, un gaz mortel.

Quand il est inhalé, le NO2 se dissout au contact de l'humidité de la surface interne du poumon et produit un acide puissant appelé acide nitrique. L'acide nitrique brûle les tissus des poumons, provoquant une hémorragie massive et la mort. Une exposition répétée à des concentrations faibles de NO2 cause des problèmes respiratoires chroniques, dont l'essoufflement, la toux et l'œdème des poumons.

Concentrations de gaz inoffensives

L'American Conference of Government Industrial Hygienists a établi les concentrations maximales de gaz aux­quelles l'être humain peut être exposé, sans inconvénient pour la santé, pendant huit heures par jour et 40 heures par semaine (tableau 2). Des limites de ce genre n'ont pas été fixées pour les animaux, mais bien des chercheurs pensent que les animaux réagissent aux gaz de la même façon que les humains.

 

Moniteurs de détection des gaz

La concentration de tous ces gaz dangereux se mesure à l'aide du matériel de mesure approprié. Bien que, en grande partie, le matériel soit coûteux et exige un étalonnage périodique, on trouve à prix très raisonnable dans le commerce, auprès des fournisseurs de matériel scientifique et de sécurité, des tubes de prélèvement pour détection des gaz et des moniteurs à main. Une boîte de 10 tubes détecteurs coûte moins de 100 $ et les moniteurs à main se vendent à partir d'environ 250 $.

Tableau 2. Limites supérieures des concentrations de gaz (moyennes pondérées en fonction de la durée) sans danger pour les humains.

Gaz

Limite supérieure (ppm)

Sulfure d'hydrogène (H2S)

10

Ammoniac (NH3)

25

Méthane (CH4)

1 000

Gaz carbonique (CO2)

5 000

Dioxyde d'azote (NO2)

3

Oxyde nitrique (NO)

25

Oxydes d'azote (NOx)

3

Source : American Conference of Government Industrial Hygienists.

Le dosage de tous les gaz discutés ci-dessus se mesurent à l'aide de tubes dans lesquels le gaz détecté modifie la couleur d'un corps réagissant, ce qui permet d'arriver à une bonne estimation de sa concentration. On peut employer ces tubes réagissants avec une pompe étalonnée pour prélever une quantité précise de gaz dans le tube et obtenir un résultat en quelques minutes. Ils peuvent aussi s'employer comme tubes diffuseurs passifs qui réagissent lentement à l'exposition à un environnement contenant le gaz d'intérêt et indiquent la concentration gazeuse moyenne au fil du temps. Selon le gaz, un tube diffuseur passif est exposé à l'environnement faisant l'objet de la vérification de quelques heures à 48 heures.

Certains moniteurs à main (figure 2) désormais disponibles, en plus de mesurer ces gaz, sont munis d'une alarme qui se fait entendre dès la détection d'une teneur dangereuse de gaz. Les consultants en sécurité, de fait, recommandent l'emploi de moniteurs à alarme seulement, sans lecture numérique, afin que la personne qui prend la mesure ne soit pas tentée d'accorder du temps supplémentaire à la lecture pour vérifier le niveau réel de présence des gaz avant de s'enfuir.

Précautions à observer

Fosses à fumier liquide

  • Veiller à ce que les installations de stockage du fumier soient aérées par un moyen quelconque afin de prévenir l'accumulation de quelque gaz dangereux que ce soit.

  • Installer bien en vue, près de chaque poste de pom­page, un écriteau « Danger - Gaz mortels ». On peut se procurer ces écriteaux auprès de la Farm Safety Association de l'Ontario.

Exemple de moniteur de sulfure d'hydrogène vendu sur le marché.

Figure 2. Exemple de moniteur de sulfure d'hydrogène vendu sur le marché. (Source : Agviro Inc.)

 

  • Avant d'agiter le contenu d'une fosse à fumier liquide aménagée dans la fondation d'un bâtiment d'élevage, on doit au­tant que possible en évacuer tous les animaux. Dans le cas contraire, un surcroît de précautions s'impose.

  • Ne pas agiter le fumier liquide d'une fosse à moins d'absolue nécessité. Si l'agitation est indispensable, toujours immerger l'agitateur dans le fumier liquide et faire en sorte que les vagues ne soient pas projetées contre un poteau ou un mur. La recherche a montré que les concentrations de gaz s'élèvent très rapidement quand le fumier liquide rencontre un obstacle ou quand on l'agite en surface (figure 1).

  • Si le bâtiment est doté d'une ventilation sous-plancher (dans la fosse) et si le caillebotis est suffisamment ajouré pour que l'air puisse le traverser à une vitesse minimum de 0,10 m/s (20 pi/min), on doit utiliser le système de ventilation de la fosse. Ensuite, on doit s'assurer de bien obstruer toutes les ouvertures, par exemple la trappe utilisée pour la vi­dange. Pour boucher cette trappe, on peut utiliser un morceau de contreplaqué ou poser un matériau souple autour de la pompe mue par tracteur. Ces précautions permettent de maximiser la quantité d'air qui sera extraite du bâtiment à travers le caillebotis. En dernier lieu, si l'on dispose d'un appareil de détection de gaz, on devrait surveiller les concentrations atteintes par les gaz à l'intérieur du bâtiment d'élevage.

  • S'il n'y a pas de ventilation sous le plan­cher, ou si les conditions empêchent de tirer l'air à travers le caillebotis à une vitesse d'au moins 0,10 m/s (20 pi/min), l'aération maximale du bâtiment d'élevage est obligatoire. II ne faut pas oublier que le danger est plus grand quand il n'y a pas de ventilation sous le caillebotis. Ne pas entrer dans un bâtiment d'élevage pendant l'agitation ou le pompage du fumier ni immédiatement après. Si l'on dispose d'un appareil de détection des gaz, on doit surveiller les concentrations atteintes par les gaz dans le bâtiment.

  • Il est fortement recommandé d'employer un moniteur de détection du sulfure d'hydrogène muni d'une alarme pour surveiller les niveaux de gaz dans le bâtiment d'élevage, chaque fois qu'il y a agitation du fumier ou vidange (figure 2). On peut se procurer des moniteurs de gaz, à moins de 250 $, auprès de fournisseurs de matériel de sécurité. Il y a d'autre part en Ontario des consultants qui offrent une formation en sensibilisation au sulfure d'hydrogène.

  • Il faut toujours garder au moins un pied de hauteur libre entre la surface du fumier et le dessous du caillebotis pour éviter que les animaux ne respirent du sulfure d'hydrogène ou du gaz carbonique.

  • Pendant le nettoyage à grande eau des caniveaux à déjections, aérer le bâtiment autant que possible. Ne pas entrer dans le bâtiment pendant la vidange ni immédiatement après. Si l'on dispose d'un appareil de détection des gaz, on doit surveiller les niveaux de gaz dans le bâtiment d'élevage.

  • Dans la mesure du possible, les trappes d'accès à la fosse devraient se trouver à l'extérieur du bâtiment pour que soit éliminé tout risque qu'on travaille dans un espace clos où l'atmosphère est viciée. Il faut aussi sécuriser ces ouvertures par des barres quand on procède à la vidange.

  • Ne pas essayer de secourir un animal qui perd connaissance pendant le pompage ou l'agitation. Arrêter la pompe, fournir le plus de ventilation possible et attendre un certain temps avant de retourner dans le bâtiment d'élevage. Utiliser un appareil de détection des gaz si possible.

  • Éviter de fumer dans les bâtiments d'élevage ou près d'une structure de stockage de fumier.

  • On ne doit laisser descendre dans une fosse à fumier que des personnes bien entraînées et équipées d'un appareil de respiration autonome adapté à cet usage. Il ne faut jamais, en aucune circonstance, supposer que les con­centrations de gaz sont sans danger.

  • S'il faut porter secours à quelqu'un, appeler le service des incendies de l'endroit. Il ne faut pas essayer de se­courir quelqu'un si personne d'autre n'est là.

  • Si l'on craint d'avoir été exposé à des concentrations élevées d'ammoniac, de sulfure d'hydrogène ou de gaz carbonique, on doit consulter son médecin immédiatement.

  • Inspecter périodiquement la clôture de sécurité pour vérifier qu'il n'y a pas de brèches et que les panneaux d'avertissement sont toujours en place.

Citernes à fumier liquide

  • Il ne faut jamais supposer qu'il est sûr d'entrer dans une citerne, même si elle est vide. Le sulfure d'hydrogène, qui est plus lourd que l'air, s'accumule au fond de la citerne et y demeure, même s'il y a une ouverture sur la face supérieure. En août 2000, trois hommes ont perdu la vie lors d'une tentative de réparation d'une citerne à fumier liquide et d'efforts subséquents de sauvetage. Pour entrer sans danger dans une citerne, on doit absolument être muni d'un appareil respiratoire autonome approprié.

  • Les travailleurs agricoles qui s'affairent dans le voisi­nage de réservoirs et citernes à fumier liquide peuvent se protéger en portant un moniteur de sulfure d'hydrogène de poche qui sonnera l'alarme s'il détecte des niveaux dangereux de gaz.

  • Les nouvelles citernes à fumier liquide sont munies de trappes de sécurité qui empêchent toute entrée non autorisée. Un grand nombre d'anciens modèles encore utilisés en Ontario n'ont toutefois pas de trappe de sécurité. Ces citernes devraient être modernisées par l'ajout d'une trappe de sécurité à l'ouverture du toit afin d'empêcher toute entrée non autorisée. On peut se procurer ces trappes de sécurité auprès de nombreux fournisseurs de matériel agricole ou les faire fabriquer sur mesure. La figure 3 montre un exemple de trappe de sécurité.

Silos

  • Placer un écriteau « Danger - Gaz mortels » dans un endroit bien en vue à côté du silo. Pour obtenir un écriteau, communiquer avec la Farm Safety Association de l'Ontario.

  • Ne pas laisser les enfants ni les visiteurs s'approcher du silo pendant les trois semaines qui suivent le remplissage.

Trappe de sécurité pour citerne à fumier liquide.

Figure 3. Trappe de sécurité pour citerne à fumier liquide.

  • Fournir suffisamment de ventilation dans la salle d'ali­mentation pour dissiper les gaz qui auraient pu s'y répandre depuis le silo.

  • Demander au service local des incendies s'il possède dans son matériel de secours un appareil de respiration autonome à adduction d'air à pression positive intermittente. L'appareil autonome de plongée (scaphandre) ne convient pas parce qu'on ne peut pas passer dans la goulotte de décharge du silo ou escalader la cage-échelle extérieure avec la grosse bonbonne d'oxygène accrochée dans le dos.

  • Pendant le remplissage, régler au besoin le distributeur pour qu'il répartisse l'ensilage de façon égale. Ne pas niveler l'ensilage à la main.

  • S'il faut entrer dans le silo quand le remplissage est terminé, le faire immédiatement après la dernière remorque, le jour même. Ne pas oublier de laisser fonctionner la souffleuse à fourrage quand on est à l'intérieur du silo.

  • Les silos hermétiques sont un cas spécial, et on ne devrait jamais y entrer. S'il faut absolument y entrer, on doit être équipé d'un appareil raccordé à une source d'air extérieur

  • La désileuse du haut du silo, en fonctionnement, réalise une bonne ventilation du silo. Par contre, s'il devient nécessaire de la réparer ou de la régler, on doit supposer qu'on est en présence de gaz d'ensilage. Pour évacuer les gaz avant d'entrer dans le silo, on ferme les portes de déchargement, on ouvre la trappe du toit et on fait fonctionner la souffleuse à ensilage. Si la hauteur libre entre l'ensilage et le toit est supérieure à 5 m (15 pi), on fixe un adapteur au conduit de la souffleuse (figures 4 et 5). Dans un silo de 7,2 m (24 pi) de diamètre, où la hauteur libre est de 5-10 m (15-30 pi), on laisse fonctionner la souffleuse à ensilage pendant 30 minutes. Dans les silos de plus grand diamètre ou si la hauteur libre est plus grande, on accroît la durée de la ventilation préalable en conséquence. On doit laisser fonctionner la souffleuse tant que quelqu'un se trouve dans le silo.

  • Si quelqu'un venait à perdre connaissance à l'intérieur d'un silo, il faudrait immédiatement commencer à ventiler avec la souffleuse à fourrage (en suivant les recommandations du paragraphe ci-dessus) et appeler le service local des incendies. Un apport d'air frais est crucial pour la victime et pour les sauveteurs.

 

Adapteur suggéré pour la ventilation au moyen de distributeurs rotatifs.

Figure 4. Adapteur suggéré pour la ventilation au moyen de distributeurs rotatifs.

Adapteur suggéré pour la ventilation au moyen de distributeurs à ailettes.

Figure 5. Adapteur suggéré pour la ventilation au moyen de distributeurs à ailettes.

Conclusion

Il ne faut jamais supposer que l'atmosphère d'un silo ou d'une fosse à fumier est inoffensive. Sous aucun prétexte et en aucune circonstance, on ne doit entrer dans une fosse à fumier liquide ou dans un silo qu'on vient de remplir sans être équipé d'un appareil de respiration à adduction d'air à pression positive intermittente. Dans ces espaces, les concentrations de gaz mortels sont souvent dangereuses. Ne jamais y pénétrer sans être relié à l'extérieur par un cordage de sécurité et sans bénéficier de la surveillance constante d'une personne responsable. Appliquer les précautions indiquées dans cette fiche technique et placer des écriteaux de mise en garde bien en vue pour avertir les autres de se tenir à l'écart.

Renseignements supplémentaires

Fiche technique no 93-004 du MAAARO, Conséquences de la qualité de l'air sur la santé des personnes qui travaillent dans des bâtiments d'élevage.

Fiche technique no 06-036 du MAAARO, La construction d'installations de stockage d'éléments nutritifs liquides de nature hydraulique sécuritaire.

Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs (LGEN), Règlement de l'Ontario 267/03, tel que modifié.
Service de Plans du Canada, feuillet M-8710, Gaz de fumier
Service de Plans du Canada, feuillet M-9707

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca