Dans cette section | Cryptosporidium : votre eau en contient-elle?
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Quest-ce que le cryptosporidium?Le Cryptosporidium est un parasite minuscule, un protozoaire, qui se reproduit à lintérieur des humains et des animaux et qui provoque chez eux une maladie appelée cryptosporidiose. Ce parasite a été associé à dimportantes épidémies au Canada et aux États-Unis. On le trouve dans le système digestif et les voies respiratoires. Bien que lorganisme ait été identifié au début du XXe siècle, la cryptosporidiose na été découverte quen 1976. Cette maladie a causé dimportantes épidémies touchant des milliers de personnes. On reconnaît six espèces de Cryptosporidium, mais C. parvum est celle qui pose le plus de risques pour lhumain et les éleveurs de bétail. Le parasite a un cycle biologique rapide : il peut se reproduire sur la paroi intestinale en moins de 12 heures. Mode de contaminationLe cycle biologique de ce parasite se déroule dans un seul organisme mais se compose de plusieurs stades, dont celui de loocyste, qui est le stade infectant. Loocyste mesure environ 4 µm (0,004 mm) de largeur, mais il est capable de se replier sur lui-même et de se faufiler dans des ouvertures plus petites, échappant ainsi à certains systèmes de filtration deau. Après sêtre détachés de la paroi intestinale, les oocystes sont relâchés dans lenvironnement par les déjections de personnes et danimaux infectés. La contamination se fait par voie orale, les oocystes pénétrant dans la bouche du sujet, à la suite dun contact de personne à personne ou de personne à animal, par exemple, ou encore par ingestion deau ou de nourriture contaminée. La contamination est souvent attribuable à une hygiène déficiente. Le contact avec des toilettes, des couches, de la saleté ou des déjections animales est un mode courant de contamination. Lingestion deau ou de nourriture contaminée est cependant celui dont on parle le plus.
SymptômesLinfection chez lhumain peut se manifester par de la diarrhée, des crampes abdominales, des maux de tête, des nausées, des vomissements et une légère fièvre. Dans les cas les plus graves, les premiers symptômes peuvent persister et donner lieu à une perte de poids et à une déshydratation. Ce ne sont pas toutes les personnes exposées au protozoaire qui tombent malades. Lorsque linfection se manifeste, elle peut se résorber sans traitement de soutien. Il arrive souvent que des personnes infectées ne présentent aucun symptôme, mais elles peuvent quand même transmettre la maladie. Les personnes ayant un système immunitaire déficient, sont les plus durement touchées par cette infection. Dans leur cas, les symptômes peuvent durer longtemps. Les personnes qui suivent une chimiothérapie, ont récemment eu une transplantation ou sont atteintes du SIDA, de même que les aînés et les jeunes enfants sont les personnes qui risquent le plus dêtre durement touchées. À ce jour, il nexiste aucun traitement précis contre la cryptosporidiose. La seule façon de soigner les personnes qui en sont atteintes consiste à sassurer quelles ne se déshydratent pas et à traiter les symptômes de la maladie. Chez les animaux, les symptômes sont semblables à ceux quon rencontre chez lhumain, et linfection touche principalement les jeunes bêtes. Ainsi, les veaux sont généralement infectés avant lâge de 6 semaines. Dailleurs environ 25 % des veaux atteints de diarrhée entre lâge de 5 jours et 1 mois sont infectés par le C. parvum. Les symptômes dune infection grave comprennent une diarrhée aqueuse et jaunâtre (contenant parfois des traces de sang), une légère fièvre, la déshydratation et la léthargie. Les infections chroniques se caractérisent quant à elles par des selles partiellement moulées, peu ou pas de fièvre et une perte de poids. Les infections graves affectent les jeunes animaux et sont associées à une ingestion insuffisante de colostrum, à un troupeau trop nombreux et à un manque de propreté. Linfection peut subsister pendant des mois et il peut être excessivement difficile de sen défaire.
Prévalence chez le bétailDe nombreuses études ont été réalisées sur la prévalence du C. parvum parmi les animaux de ferme à léchelle de la planète. Daprès ces études, dont une qui a été réalisée en Ontario en 1997, si suffisamment déchantillons de fumier frais sont prélevés au cours dune période assez longue, on retrouvera le Cryptosporidium au moins une fois dans plus de 50 % des fermes. Diverses études menées dans des fermes délevage de bovins de boucherie et des exploitations laitières ont révélé que lorsquun grand nombre déchantillons provenant de plusieurs fermes sont analysés, environ 25 % des échantillons réagissent positivement. Les troupeaux porcins sont également souvent infectés. Létude effectuée en Ontario en 1997 a permis de déterminer quun quart environ de tous les échantillons de fumier de porc récoltés étaient contaminés par Cryptosporidium. En fait, on a décelé celui-ci au moins une fois chez 18 des 20 élevages de porcs testés (figure 1).
Figure 1. Prélèvement déchantillons de fumier dans une porcherie au cours dune récente étude en Ontario. Survie de loocysteBien que la membrane de loocyste soit épaisse et quelle résiste à de nombreux produits chimiques comme le chlore, elle craint le séchage, la congélation et les rayons ultraviolets. Le séchage semble enrayer les oocystes en quelques heures. Une étude a révélé que 10 jours ou plus de congélation inactive plus de 90 % de ces parasites. Par ailleurs, ils peuvent survivre à des températures aussi élevées que 30 oC, pendant un maximum de 2 semaines, mais ne résistent pas longtemps à des températures supérieures à 55 °C, qui sont typiques du compostage. Une autre étude sur leur viabilité a démontré quun faible pourcentage des oocystes pouvaient subsister dans leau de surface jusquà au moins 6 mois. Ils peuvent survivre plusieurs mois dans une citerne à lisier, comme la permis de constater une étude effectuée en Ontario en 1999.
Prévalence dans les eaux de surfaceComme leau de surface est la principale source deau potable pour de nombreuses villes en Amérique du Nord, il est important de surveiller la prévalence du Cryptosporidium. Une étude sur les eaux de surface de lOuest des États-Unis a permis de découvrir que le Cryptosporidium se trouvait dans environ les trois quarts des échantillons prélevés. La plupart des études révèlent quentre 25 et 75 % des échantillons deau de surface contiennent au moins quelques Cryptosporidium. Les animaux sauvages comme les ratons laveurs, les cervidés et les souris sont des porteurs reconnus du parasite (figure 2).
Figure 2. Le Cryptosporidium provient de diverses sources et se retrouve souvent dans leau de surface. Qui est à blâmer pour sa présence dans leau?Le Cryptosporidium présent dans lenvironnement peut provenir de sources fort variées. Les plus fréquentes sont les suivantes :
Une étude réalisée en Ontario en 1999 a révélé des niveaux nettement plus élevés de Cryptosporidium dans leau provenant du drainage souterrain de bassins hydrographiques sur lesquels se trouvait du bétail que dans celle provenant de bassins auxquels le bétail navait pas accès (figure 3). Cependant, on a retrouvé des organismes infectieux dans les eaux de drainage de ces derniers secteurs également. Lanalyse dun grand nombre déchantillons peut avoir aidé à cerner un certain nombre de sources de contamination possibles, mise à part la contamination causée par la présence de bétail sur les bassins hydrographiques. On continue de réaliser des études pour déterminer ces influences.
Figure 3. Le Cryptosporidium a été retrouvé dans les eaux de drainage souterrain, même dans les bassins versants où il ny avait pas de bétail.
Prévention chez les humainsLa meilleure façon de prévenir linfection est de limiter le contact avec les déjections. Voici une liste de recommandations en ce sens :
Mesures de contrôle sur les fermesLa meilleure façon déviter la contamination est de limiter la transmission par voie orale des oocystes chez les jeunes animaux. Comme loocyste résiste à la plupart des désinfectants, laccent doit être mis sur la propreté et le maintien de la population de jeune bétail à un niveau raisonnable. Voici des recommandations pour prévenir la contamination par le Cryptosporidium et en restreindre les répercussions sur lenvironnement :
moins de 13 m dune eau de surface, à moins que des précautions particulières aient été prises pour réduire le risque de ruissellement vers leau de surface.
Lectures suggéréesFleming, R., Hocking, D., Fraser, H. et Alves, D. Extent and magnitude of agricultural sources of Cryptosporidium in surface water. Rapport final présenté au Conseil de ladaptation agricole, Guelph, dans le cadre du Programme national de conservation des sols et de leau, 1999; il est possible de télécharger ce document à partir de la page Web du Collège de Ridgetown. Voir également :
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