Réduction des risques d'incendie à la ferme - Entretien préventif visant à réduire les risques d'incendie

Table des matières

  1. Systèmes électriques
  2. Systèmes mécaniques
  3. Installations de chauffage

Les exploitants agricoles ont à leur disposition plusieurs pratiques d'exploitation et d'entretien permettant de réduire les risques d'incendie à la ferme.

Pratiques d'exploitation générales

  • Interdire de fumer à l'intérieur des bâtiments agricoles. Restreindre l'accès aux bâtiments est un bon moyen d'éviter que ne s'y retrouvent des personnes peu au fait ou peu respectueuses de cette règle.
  • Au moment de réparer du matériel fixe ou stationnaire à l'intérieur d'un bâtiment (enclos, stalle, par exemple) avec une source d'inflammation (soudeuse à arc électrique, chalumeau coupeur ou meuleuse), s'assurer que :
    • le lieu où l'on travaille est doté d'extincteurs d'incendie;
    • tous les matériaux combustibles ont été retirés du lieu de travail;
    • l'endroit est bien aéré, afin de réduire la concentration de gaz combustibles présents.
  • Demander à une personne de servir de vigie durant et pendant un certain temps après la réparation. Se munir de détecteurs de gaz si des concentrations de gaz précises sont nécessaires.
  • Mettre en place de bonnes pratiques de tenue des locaux. Éliminer le fouillis à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments. Garder le gazon et l'herbe bien tondus autour des bâtiments. Ces mesures réduisent le risque de propagation des flammes et facilitent l'extinction des incendies.
  • Faire bien attention au moment de manier un nettoyeur haute pression à l'intérieur d'un bâtiment de ferme. Le jet puissant peut endommager le matériel et permettre à l'eau de s'immiscer profondément là où se trouvent des panneaux électriques et des commandes de chauffage, par exemple.
  • Les activités de manipulation du grain et de préparation des aliments pour animaux génèrent de la poussière qui présente un risque d'explosion et/ou de feu. Aérer les zones servant à ces activités et prévoir une source d'approvisionnement en air frais. Bien protéger les appareils électriques et utiliser des moteurs refroidis à l'air entièrement protégés par un carter. De bonnes pratiques de tenue des locaux revêtent une importance capitale pour qui veut limiter la quantité de matières combustibles qui s'y trouvent.
  • S'assurer que l'emplacement des aires d'entreposage de carburant liquide et de propane respecte les codes applicables (à une distance suffisante des sources d'inflammation fixes, par exemple). Si les réservoirs d'entreposage sont exposés à de la circulation automobile, installer une protection (borne de protection ou l'équivalent) autour des réservoirs, afin de réduire les risques de dommages attribuables aux collisions (figure 2.1).
  • Installer le matériel électrique associé aux réserves de carburant (c.-à-d., pompe électrique) conformément au code de l'électricité de l'Ontario.

Photo de deux réservoirs de carburant de ferme installés sur une dalle de béton. Les réservoirs sont protégés par trois bornes de protection destinés à empêcher les véhicules de les heurter. Les réservoirs sont pourvus de pompes électriques correctement câblées et entièrement protégées par un boîtier.

Figure 2.1. Réservoirs de carburant à la ferme entourés de bornes de protection. (Mention de source : FS Partners)

Systèmes électriques

Allié à l'humidité, un milieu corrosif est de nature à endommager les parties exposées du matériel électrique (fiches, points de jonction mal scellés, par exemple). La production de chaleur consécutive à une corrosion excessive s'opposant au passage du courant constitue la source d'inflammation soupçonnée dans un certain nombre d'incendies de bâtiments de ferme. Les images thermographiques sont révélatrices du problème qui se pose, surtout dans les porcheries, mais également dans les poulaillers et autres bâtiments d'élevage. S'assurer d'adopter et de respecter les pratiques exemplaires qui suivent en ce qui a trait à l'utilisation et à l'entretien du matériel électrique.

  • Une fois par année, faire inspecter toute l'installation électrique du bâtiment par un maître-électricien. Prêter particulièrement attention aux extrémités des rallonges, aux boîtes de sortie électrique fixées au plafond, aux appareils d'éclairage (figure 2.2) et aux panneaux électriques situés à l'intérieur des aires occupées par des animaux.

Photo d'un plafonnier endommagé par le feu dans une étable laitière. Les flammes ont pris naissance dans un nid d'oiseaux (combustible).

Figure 2.2. Appareil d'éclairage ayant déclenché un incendie dans une étable laitière à cause de la présence d'un nid d'oiseaux (proximité d'un combustible). (Mention de source : R. Drysdale, Farm Mutual Reinsurance Plan)

  • À l'aide d'un système d'analyse thermographique, effectuer une inspection annuelle de toute l'installation électrique au moment où la demande d'électricité est maximale (p. ex., l'été dans une porcherie ou un poulailler). Bien des compagnies d'assurance offrent maintenant ce service à valeur ajoutée à leurs détenteurs de police. Faire les réparations nécessaires pour éliminer les zones de surchauffe révélées par l'analyse thermographique (figure 2.3).

 Image thermographique d'une boîte de sortie électrique dans un bâtiment d'élevage révélant, grâce à la couleur, des points chauds où la température dépasse les 100 ºC (212 ºF). Ces points chauds sont attribuables à l'accroissement de la résistance électrique dû à la corrosion à l'intérieur de la boîte.

Figure 2.3. Image thermographique d'une boîte de sortie électrique d'un bâtiment d'élevage prise au cours d'une inspection annuelle. Remarquer les zones en rouge où la température dépasse les 100 �C (212 �F). (Mention de source : R. Drysdale, Farm Mutual Reinsurance Plan)

  • Le code de l'électricité de l'Ontario autorise l'utilisation de fils étanches à l'eau dans les bâtiments de ferme abritant des animaux d'élevage ou de volailles, à condition que la ventilation soit suffisante. Pour plus d'information sur la ventilation des bâtiments d'élevage, voir la publication 833F du MAAARO, Manuel de ventilation des installations d'élevage de bétail et de volaille.
  • Remplacer les vieux fils dans les murs ou autres vides de construction par des fils insérés dans des canalisations.
  • Confier à un maître-électricien tous les travaux d'électricité effectués à l'intérieur du bâtiment, afin que les travaux soient faits en toute sécurité et qu'ils soient conformes au code de l'électricité de l'Ontario. Faire inspecter toutes les installations électriques par l'Office de la sécurité des installations électriques.
  • Veiller à ce qu'une enveloppe de sécurité protège bien le filage afin de réduire au minimum la pénétration des gaz corrosifs et de l'humidité. Remplacer les pièces endommagées ou détériorées.
  • S'abstenir de remiser des matériaux inflammables et/ou combustibles en dessous ou autour des panneaux électriques.
  • Laisser un espace libre d'au moins 1 m (3 pi) devant chaque panneau électrique.
  • Réparer le plus tôt possible toute pièce d'équipement ou tout appareil électrique endommagé ou défectueux.
  • Enlever complètement ou mettre hors d'état de fonctionner tout filage abandonné ou défectueux se trouvant à l'intérieur du bâtiment. Le retrait du fusible ou la fermeture du disjoncteur ne constitue pas une bonne pratique, ni une solution à long terme, car cela peut mener à des situations dangereuses si le circuit est réactivé par accident.
  • Les lampes à rayons infrarouges sont une source d'incendie courante. S'il faut vraiment les utiliser, protéger les surfaces adjacentes avec un revêtement incombustible (panneau de béton, béton, acier, carreaux de céramique, etc.). Garder la zone tout autour de la lampe libre de débris ou de litière susceptibles de prendre feu. Utiliser uniquement des lampes à rayons infrarouges portant les seaux CSA ou ULC. Les figures 2.4a et 2.4b présentent des exemples d'utilisations incorrecte et correcte des lampes à rayons infrarouges.

Photo montrant une utilisation incorrecte d'une lampe à rayons infrarouges à l'intérieur d'une vieille bergerie en pierre. Six gros moutons sont rassemblés tout au fond de la bergerie. Au centre de la pièce, une lampe à rayons infrarouges est suspendue au plafond, à l'aide de ficelle agricole (un matériau combustible) et trop près de la litière de paille (un autre matériau combustible).

Figure 2.4a. Exemple d'utilisation incorrecte d'une lampe à rayons infrarouges.

Voici des cas de mauvaise utilisation d'une lampe à rayons infrarouges :

  • lampe suspendue à l'aide de ficelle agricole (matériau combustible);
  • filage inadéquat, rallonges électriques nouées ensemble;
  • lampe suspendue trop près de la litière (matériau combustible);
  • lampe à la portée des animaux.

Photo montrant une utilisation correcte d'une lampe à rayons infrarouges à l'intérieur d'une vieille bergerie en pierre. Une barrière en métal maintient six gros moutons à l'écart de la zone réchauffée par la lampe. Celle-ci est suspendue à l'aide d'une chaîne (un matériau incombustible) et à une hauteur qui est sécuritaire par rapport à la litière (un matériau combustible), mais qui permet aux agneaux de s'y réchauffer.

Figure 2.4b. Exemple d'utilisation plus convenable d'une lampe à rayons infrarouges.

Voici des exemples d'utilisations correctes d'une lampe à rayons infrarouges :

  • lampe suspendue à l'aide d'une chaîne (matériau incombustible);
  • accouplement à la fiche dépourvu de nœud, ce qui facilite la séparation;
  • lampe suspendue à une hauteur suffisante par rapport à la litière;
  • lampe hors de portée des gros animaux.

Systèmes mécaniques

Les systèmes mécaniques comme les ventilateurs, les moteurs actionnant les vis sans fin des auges, le matériel de refroidissement du lait et les génératrices tombent en panne ou s'usent avec le temps. Un entretien assidu réduit les risques de surchauffe et diminue les risques d'incendie.

  • Inspecter tous les moteurs et organes mécaniques conformément au calendrier d'entretien du fabricant (au minimum annuellement) afin de déceler d'éventuels signes de détérioration ou de surchauffe, par exemple. Réparer ou remplacer les pièces, au besoin.
  • Ventiler les locaux techniques afin de réduire les risques que les moteurs (génératrices de secours, compresseurs d'appareils de réfrigération, pompes à vide de laiterie, etc.) ne surchauffent pendant leur durée de fonctionnement normale.
  • Bien protéger les tuyaux d'évacuation des génératrices de secours ou des pompes à vide qui traversent un mur ou un plafond, afin de réduire le risque de surchauffe et du coup le risque d'inflammation (figure 2.5). La figure 2.6 présente un risque d'incendie attribuable à l'absence d'une bague servant d'écran thermique.

Illustration en deux parties montrant les parois intérieure et extérieure d'un mur traversé par le tuyau d'évacuation d'une génératrice de secours avec, à gauche, la génératrice entourée de murs de blocs de béton et, à droite, la bague qui sert d'écran thermique autour du tuyau et qui contribue ainsi à protéger le mur des dommages causés par la chaleur ou par le feu.

Figure 2.5. Installation adéquate d'un tuyau d'évacuation à travers le mur. Noter la présence d'une bague servant d'écran thermique autour du tuyau d'évacuation.

Illustration en deux parties montrant, à gauche, par une image thermographique (et les températures indiquées par le code de couleur), la chaleur dégagée par un tuyau d'échappement qui traverse le mur d'un bâtiment d'élevage. Il n'y a aucun écran thermique entre le tuyau et le mur. Or, la température du tuyau d'échappement atteint 75 °C. La partie de droite montre le tuyau tel qu'on le voit de l'extérieur sans aucun écran thermique qui pourrait protéger le mur des dommages causés par la chaleur ou le feu.

Figure 2.6. Image thermographique d'un tuyau d'échappement. Noter l'absence d'un écran thermique à l'endroit où le tuyau traverse le mur. (Mention de source : R. Drysdale, Farm Mutual Reinsurance Plan)

  • Inspecter périodiquement les courroies des ventilateurs à courroies, afin de s'assurer qu'elles ne sont ni endommagées ni absentes. S'assurer également que les pales du ventilateur tournent librement sans heurter le carter.
  • L'accumulation de poussières et de débris peut avec le temps empêcher les pales de tourner, ce qui provoque la surchauffe du moteur. Enlever poussières et débris des pales et des moteurs des ventilateurs afin de réduire le risque d'inflammation (figure 2.7). Cet entretien est particulièrement important dans les locaux de préparation des aliments et dans les bâtiments abritant des animaux d'élevage et des volailles.
  • Faire effectuer toutes les réparations par une personne qualifiée et s'assurer du respect de tous les codes applicables.

Photo d'un ventilateur d'extraction mural, prise à l'intérieur d'un bâtiment d'élevage. Le moteur, les pales et les grilles sont encrassés au point de réduire la puissance du ventilateur et de provoquer la surchauffe du moteur.

Figure 2.7. Exemple d'un ventilateur sale nécessitant un bon nettoyage.

Installations de chauffage

Les installations de chauffage sont particulièrement importantes puisqu'elles renferment une source d'inflammabilité (c.-à-d. flamme pilote, dispositif d'allumage) ainsi que des flammes nues.

  • Soumettre à un entretien annuel tous les appareils de chauffage se trouvant à l'intérieur du bâtiment. Confier cet entretien à un technicien en chauffage compétent. Les figures 2.8a et 2.8b montrent à quel point les appareils de chauffage peuvent se corroder dans un bâtiment d'élevage où règnent une forte humidité et une atmosphère corrosive.
  • S'assurer que tous les écrans thermiques nécessaires sont en place pour protéger les surfaces de la chaleur émise par les appareils de chauffage. Cette précaution est particulièrement importante dans le cas des générateurs de chaleur à tubes radiants (figure 2.9).
Vue arrière d'un générateur de chaleur à tubes radiants suspendu au plafond d'un poulailler de poulets à griller. Trois flèches orangées indiquent des points sur le brûleur et le ventilateur où passablement de corrosion s'est formée au contact de l'environnement qui règne dans le poulailler.

Figure 2.8a. Arrière d'un générateur de chaleur à tubes radiants situé à l'intérieur d'un poulailler de poulets à griller.

Photo montrant le devant du même brûleur d'un générateur de chaleur à tubes radiants suspendu au plafond d'un poulailler de poulets à griller. Les flèches orangées pointent en direction de deux endroits passablement corrodés en raison des conditions qui règnent dans le poulailler.

Figure 2.8b. Devant d'un générateur de chaleur à tubes radiants situé à l'intérieur du même poulailler de poulets à griller. De la corrosion est présente.

Gros plan d'un raccord en U reliant deux tubes radiants suspendus à un plafond. Le raccord n'est surmonté d'aucun écran protecteur, malgré la proximité du plafond en bois et d'un conduit électrique en plastique (deux matériaux combustibles).

Figure 2.9. Absence d'écran thermique au-dessus d'un tube radiant. Noter la proximité de matériaux combustibles (plafond en bois et conduit). (Mention de source : R. Drysdale, Farm Mutual Reinsurance Plan)

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 22 novembre 2012
Dernière révision : 22 novembre 2012