Dommages causés par le gel et la grêle

Maïs - Soya - Céréales - Haricots secs comestibles - Canola

Maïs - Grêle

Les plants de maïs endommagés par la grêle peuvent présenter une réduction de la surface foliaire, des meurtrissures des épis et des tiges et, dans les cas graves, des bris de tiges. Ces lésions peuvent aussi constituer une porte d'entrée pour des maladies comme le charbon. Les pertes de rendement ainsi causées dépendent du stade de la culture au moment où la grêle survient et de l'ampleur de la défoliation. Elles sont plus importantes lorsque le maïs est défolié durant la floraison mâle. Dans le cas des plants plus jeunes, la grêle peut retarder leur croissance et leur développement, mais elle ne cause généralement que des pertes de rendement mineures. La défoliation des plants qui sont presque à maturité cause en général des pertes de rendement peu importantes. Voir le tableau 1-28 Pourcentage estimatif de pertes de rendement du maïs-grain après une défoliation à divers stades de croissance, pour évaluer les conséquences possibles de la grêle, dans Guide Agronomique des Grandes Cultures.

Le maïs

Les pertes de rendement les plus grandes attribuables à la grêle surviennent lorsque le maïs est défolié durant la floraison mâle

Maïs - Froid en début de saison

Les dommages causés par le gel en mai ou en juin ont généralement peu de conséquences, pourvu que le point végétatif soit encore sous la surface du sol, ce qui est le cas jusqu'à ce que le jeune plant ait plus ou moins six feuilles (stade V6). Sur les plants plus avancés ou lorsque les dommages sont plus graves, il faut fendre les tiges pour voir si le point végétatif a été endommagé. Cette vérification prend un certain temps, puisqu'il faudra probablement attendre trois à cinq jours après l'épisode de gel pour évaluer avec précision l'ampleur des dégâts et vérifier si les points végétatifs sont sains (blancs jaunâtres et fermes) ou constater la reprise de la croissance foliaire.

Les tissus foliaires gelés se décolorent et prennent une couleur de paille plusieurs jours après la gelée. Dans certains cas, ils peuvent former un « noeud » qui nuit à l'expansion des tissus non endommagés situés plus bas dans le verticille. Des producteurs ont essayé de faucher leur champ gelé pour couper les noeuds et aider les plants à se remettre, mais des études ont montré que les plants se rétablissent aussi rapidement et ont le même rendement quand on n'y touche pas.

Maïs endommagé par le gel

Maïs endommagé par le gel à la mi-juin.Les plants plus petits peuvent s'en remettre, mais la croissance des plants plus vieux peut être limitée par les tissus détruits par le gel.

Si la météo prévoit un risque de gel, il faut penser à retarder le sarclage des entre-rangs, l'épandage de l'azote en bandes latérales ou les applications d'herbicides jusqu'à ce que les températures se radoucissent. Tout ce qui dérange la surface permet à de plus grandes quantités d'air de pénétrer dans le sol et isole les plants de maïs de la chaleur contenue dans la masse du sol, ce qui augmente les risques de dommages causés par le gel. De la même façon, les résidus de culture et les mauvaises herbes agissent comme une barrière au transfert de la chaleur du sol vers les plants de maïs. Par ailleurs, les sols secs sont plus propices aux dommages causés par le gel parce qu'ils retiennent moins bien la chaleur le jour, ce qui réduit la quantité de chaleur pouvant être transférée aux plants de maïs et protège ceux-ci pendant la nuit.

Maïs - Froid en fin de saison

Au stade du remplissage des grains en août et en septembre, le froid peut causer des baisses de rendement et de qualité dont l'ampleur dépend du stade phénologique du maïs et des températures enregistrées. Lorsque les températures tombent à 0°C, le gel endommage d'abord les feuilles, ce qui interrompt la photosynthèse, ralentit le remplissage des grains et nuit souvent à la vigueur de la tige. Toutefois, tant que la température de l'air ne tombe pas sous les 2°C, les tissus de la tige restent viables et les éléments qui la constituent sont donc mobilisés pour remplir l'épi autant que possible. Par contre, si les températures chutent sous les -2°C, les feuilles et la tige peuvent être endommagées, ce qui met un terme à la fois à la photosynthèse et à la remobilisation des éléments nutritifs. Le remplissage des grains prend fin, et le point noir apparaît. Le tableau 1-27, Risques estimatifs de baisse du rendement et de la qualité du maïs-grain associés aux dommages causés par le gel en fin de saison, montre les répercussions possibles des dégâts provoqués par le gel. Le tableau est dans Guide Agronomique des Grandes Cultures.

En général, le début de l'apparition de la dent est le moment crucial à partir duquel le gel peut endommager les feuilles de maïs sans qu'il y ait de grandes répercussions sur le rendement en grain. Ce stade se caractérise par l'apparition de petites indentations dans la couronne du grain, à tout le moins dans la partie inférieure de la rafle.

Même en l'absence de dommages causés par le gel, plusieurs nuits froides d'affilée peuvent compromettre le remplissage des grains. Dans une étude menée à l'Université de Guelph, M. Thys Tollenaar a constaté qu'après des nuits où les températures étaient tombées à 2°C, la photosynthèse et la vitesse de remplissage des grains avaient diminué de 50 %. Toutefois, au retour de températures plus clémentes, les mêmes plants avaient repris leur activité et affichaient des taux de croissance comparables à ceux des plants qui n'avaient jamais été exposés au froid. Tant que le maïs n'a pas été gravement endommagé par le gel, le remplissage des grains devrait se poursuivre après le retour des températures normales.

Dans certains cas, les dommages causés par le froid obligent à récolter le maïs comme ensilage et non sous forme de grain. Mais le gel pose également d'importants problèmes pour le maïs à ensilage. Le maïs à ensilage qui a gelé avant que la ligne d'amidon n'atteigne la moitié de la hauteur du grain (ligne d'amidon 1/2) risque de contenir trop d'humidité pour se prêter à l'ensilage. Idéalement, dans ce cas, il faut retarder la récolte de maïs jusqu'à ce que le plant entier atteigne la teneur en eau souhaitée pour l'ensilage.

Soya - Début de saison

Les plants endommagés sous les cotylédons par le gel ou la grêle en début de saison ne se rétablissent pas. Si le gel ou la grêle endommage le point végétatif du plant sans toutefois toucher la tige sous celui-ci, le plant produit de nouvelles pousses à partir de la base des feuilles ou des cotylédons. Il faut de trois à quatre jours aux nouvelles pousses pour sortir du point d'attache des feuilles sur la tige (aisselles).

D'après des essais de recherche, la perte de feuilles aux premiers stades de la croissance a peu d'incidence sur le rendement final ou la maturité. Le tableau 2-21, Pourcentage de perte de rendement des cultivars de soya indéterminés selon la surface foliaire endommagée et le stade de croissance, résume les pertes de rendement prévues dans différents cas. Le tableau est dans Guide Agronomique des Grandes Cultures.

Soya dommages causés par la grêle

Dommages causés par la grêle; le soya est surtout vulnérable à la grêle pendant la floraison et le remplissage des gousses

Soya - Dommages aux tiges

Les bris ou les coupures de tiges ont plus d'incidence sur le rendement et la maturité que la perte de feuilles. Si moins de 50 % des tiges sont perdues avant la floraison, la perte de rendement sera inférieure à 10 %. Pour évaluer les dommages causés par la grêle, il faut vérifier s'il y a des meurtrissures sur les tiges. Si celles-ci sont gravement endommagées, les plants se rétablissent plus difficilement et ils peuvent aussi devenir plus vulnérables aux maladies. Les meurtrissures, qui n'entraînent pas la cassure de la tige, ont très peu d'incidence sur le rendement.

Soya - Dommages causés par le froid et le gel en fin de saison

Le soya est considéré comme une culture de saison chaude, et il est donc relativement sensible au froid, notamment pendant la floraison. En effet, on croit qu'une période de froid prolongé (moins de 10°C) pendant la floraison nuit à la formation du pollen, et il en résulte des gousses apyrènes (dites « parthénocarpiques »). Cependant certains cultivars n'ont pas la même tolérance au temps froid que d'autres. Les cultivars qui ont une pubescence brun jaunâtre sont souvent plus tolérants au froid que ceux qui ont une pubescence grise.

Le soya peut facilement être endommagé par le gel jusqu'à ce qu'il atteigne la maturité physiologique au stade R7 (lorsque l'une des gousses de la tige principale devient brune ou grise). Passé ce stade, le gel n'abîme généralement pas les plants de soya si les gousses ne sont pas touchées. Mais avant ce stade, il peut nuire à la qualité des graines. Pendant la floraison et le remplissage des gousses, une forte gelée peut réduire les rendements de 80 %. Si elle survient lors du remplissage des gousses, les graines sont fortement endommagées et prennent une teinte verdâtre (aspect « confit »). Même les graines modérément gelées de couleur verdâtre et dont le tégument est légèrement ridé sont considérées comme endommagées. Elles peuvent être rejet ées si elles sont trop nombreuses parce qu'elles finissent par sécher avec un tégument ridé. Bien que les plants endommagés par le gel puissent arriver à maturité plus tôt, ils ont la même teneur en eau que les plants non touchés. La germination se trouve elle aussi gravement réduite. La Commission canadienne des grains considère comme endommagés par la gelée les plants de soya dont le cotylédon, une fois coupé, « est vert ou d'un brun verdâtre avec un aspect cireux et vitreux ».

Au fur et à mesure que la récolte arrive à maturité, les gelées de fin de saison produisent des pertes de rendement de moins en moins importantes. Si elles surviennent au stade R5, les gelées réduisent le rendement de 50 à 70 %. Au stade R6, les pertes sont de 20 à 30 %. Lorsque la récolte a atteint le stade R7, les pertes prévues sont seulement de 5 à 10 %. Si les plants ont atteint leur pleine maturité, aucune perte de rendement n'est prévue.

Céréales - Déchaussement par le gel

Les cycles de gel-dégel du début du printemps sont l'une des principales causes de la destruction des végétaux par l'hiver en Ontario. Les sols à texture lourde et ceux dont le drainage souterrain est limité sont particulièrement vulnérables. Quand le gel pénètre dans le sol, il s'insère sous le collet et soulève la plante. Si ces cycles de gel-dégel se répètent, ils font sortir le plant du sol. Les racines se cassent et demeurent exposées hors du sol, et le plant meurt par dessèchement. C'est ce phénomène qu'on appelle le « déchaussement par le gel ». Déchaussement de plants de blé d'automne occasionné par les cycles de gel-dégel en début de printemps qui ont pour effet de soulever le collet. Le blé semé profondément n'est pas plus résistant au déchaussement par le gel. Ce sont les racines coronales et non les racines séminales qui ancrent le plant de blé et le protègent du déchaussement. Les racines coronales ne peuvent s'enfoncer dans le sol à une profondeur supérieure à celle de la graine (voir figure 4-1, Nombre de jours avant la levée selon la profondeur de semis dans Publication 811). Lorsque le blé est semé profondément, le collet et les racines coronales se forment à environ 2 à 2,5 cm (0,75 à 1 po) de la surface parce que le collet se développe en réaction à la lumière. Quelle que soit la profondeur de semis, les racines coronales ne s'enfoncent pas à plus de 2,5 cm (1 po) dans le sol. Pour pouvoir bien résister au déchaussement par le gel, les plants doivent donc former un réseau étendu de racines coronales aussi profond que possible. Sur les sols vulnérables au déchaussement par le gel, on peut augmenter le taux de semis pour réduire les dommages. Avec un semis plus dense, les racines s'entremêlent en poussant, ce qui donne des plants plus résistants au phénomène de déchaussement par le gel.

Déchaussement de plantsde blé

Déchaussement de plants de blé d’automne occasionné par les cycles de gel-dégel en début de printemps qui ont pour effet de soulever le collet

Haricots secs comestibles

Le gel et la grêle peuvent causer d'énormes dégâts dans une culture de haricots. En début de saison, l'ampleur des dommages dus au gel dépend de la partie atteinte : si les plants sont endommagés sous les cotylédons, ils ne s'en remettent pas. Si le point végétatif est endommagé mais que le pied de la tige reste intact, le plant émettra de nouvelles pousses à partir de la base des feuilles ou des cotylédons. Il faut attendre quelques jours avant de reprendre les semis pour voir si ces pousses apparaissent. Après un épisode de grêle, les haricots secs comestibles se rétablissent beaucoup moins bien que le soya. Les cultivars déterminés sont moins susceptibles de s'en remettre que les cultivars indéterminés de type II. Pour évaluer les dommages causés par la grêle, il faut vérifier s'il y a des meurtrissures sur les tiges. Les tiges endommagées au stade végétatif pourraient ne pas supporter le poids des gousses. Par ailleurs, les plaieslaissées par la grêle servent de porte d'entrée aux agents pathogènes causant la brûlure bactérienne. Lorsque les gousses sont endommagées par la grêle, les graines ou les gousses entières finissent souvent par pourrir. Si la gelée survient près du moment de la maturité, les gousses jaunes à brunes sont souvent suffisamment formées pour échapper aux dommages. Les haricots encore verts se ratatinent, conservent leur couleur verdâtre et font augmenter les criblures. Il est possible de prévenir la formation de taches et d'améliorer la séparation en repoussant la récolte jusqu'au moment où les haricots sont suffisamment secs.

Canola de printemps et d'automne - Gel

Les plantules de canola peuvent se remettre d'une gelée printanière légère si leur point végétatif n'est pas endommagé. Avant d'entreprendre quoi que ce soit, il faut attendre quatre à cinq jours pour pouvoir évaluer les dommages. On doit examiner le point végétatif et vérifier s'il y a du vert au centre des rosettes. Même si les cotylédons et les autres feuilles sont noirs, il peut y avoir une repousse au bout de 4 à 10 jours, selon les conditions météorologiques, si le point végétatif est encore en vie.

Canola

Nouvelles pousses sur une plantule de canola qui se remet d’un épisode de gel; si le point végétatif n’est pas endommagé, il demeurera vert

Les plantules tolèrent mieux le gel au stade de 3 ou 4 feuilles qu'au stade des cotylédons. Des cristaux de glace peuvent se former à la surface des plants sans nécessairement causer de dommages graves, car l'eau à l'intérieur des cellules végétales contient des composés dissous qui abaissent son point de congélation de plusieurs degrés sous celui de l'eau externe. La durée d'exposition du plant au gel n'est pas sans importance; en effet, une forte gelée de courte durée peut causer moins de dégâts qu'une gelée moins accentuée qui dure toute la nuit. Les plants en croissance rapide tolèrent moins bien le gel que ceux qui ont déjà été exposés au froid pendant plusieurs jours (endurcissement).

Le gel endommage parfois davantage le canola au stade de la floraison. Il arrive alors que les fleurs ouvertes avortent, et la maturation peut être retardée. Même si le gel ne devrait pas affecter les graines matures ayant une teneur en eau de moins de 20 %, les graines en développement qui subissent une forte gelée risquent de ne pas se former complètement et de se ratatiner. Il faut examiner les gousses pour voir si elles contiennent des graines endommagées qui ont perdu leur couleur verte et leur turgescence.

Canola de printemps et d'automne - Dommages causés par la grêle

Si la grêle enlève les deux cotylédons ou brise la tige sous ceux-ci, les plants ne survivent généralement pas. Néanmoins, comme les plants de canola se ramifient beaucoup quand le peuplement est clairsemé, il est possible que la perte de plants n'ait pas une énorme incidence sur le rendement. Si l'épisode de grêle survient durant la croissance végétative et cause une perte de surface foliaire, le rendement sera alors moins élevé. Les meurtrissures et le bris des tiges entraîneront des pertes plus importantes. Si la grêle survient pendant la floraison, les plants peuvent compenser en formant des grappes secondaires et de nouvelles ramifications. Voir à ce sujet le tableau 6-8, Pourcentage de perte de rendement due à la destruction des ramifications pendant la floraison du canola. Le tableau 6-8 est dans Publication 811. Les pertes de rendement sont plus importantes quand la grêle tombe à la fin de la floraison et au stade du remplissage des gousses. Le canola se remet mal de la grêle quand il a commencé à remplir ses gousses. Si la grêle tombe entre la floraison et le remplissage des gousses, elle provoquera une poussée de croissance et la pousse de fleurs, ce qui engendrera une maturité inégale.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 5 juillet 2017
Dernière révision : 5 juillet 2017

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