Gestion des sols : Évaluation de la santé du sol

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Publication 811 : Guide agronomique des grandes cultures > Gestion des sols

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La première partie du présent chapitre a décrit de nombreuses notions de base sur les sols et leur gestion, en rapport avec leur productivité, notamment leur variabilité, leur qualité, la matière organique qui s'y trouve, leur biologie et leur structure. Il est sûrement utile de comprendre l'importance de ces propriétés, mais il est nécessaire aussi de pouvoir évaluer les répercussions des pratiques de gestion antérieures et actuelles sur le sol. Le tableau 8-4, Évaluation de la santé du sol, présente un certain nombre de caractéristiques des sols ainsi que les techniques qui peuvent être utilisées pour évaluer ces dernières.

Le questionnaire sur la santé du sol qui se trouve sur le site Web du MAAARO à www.ontario.ca/cultures, dans la section sur la Gestion des sols, présente une autre façon d'évaluer la santé du sol. Comme son nom l'indique, le questionnaire a pour objectif d'évaluer la santé du sol dans certains champs et de documenter l'évolution de l'état du sol avec le temps. Cet exercice permet de vérifier l'effet de pratiques de gestion précises dans le cadre des démarches entreprises pour protéger et améliorer la productivité agricole.

L'évaluation de la santé du sol dans chacun des champs et l'adoption de mesures pour la maintenir ou l'améliorer est un gage de productivité. La conservation des sols est un processus de longue haleine. Certaines pratiques sont faciles et relativement peu coûteuses à mettre en place, alors que d'autres exigent plus d'efforts et de détermination. Le reste de ce chapitre présente quelques pratiques visant à conserver ou améliorer la qualité des sols.

Tableau 8-4. Évaluation de la santé du sol
Importance des différentes caractéristiques du sol
Méthodes d'évaluation
Structure du sol
  • L'eau circule facilement à travers un sol qui présente une bonne structure.
  • Un sol qui a une bonne structure est très poreux (les espaces d'air sont abondants).
  • Les racines peuvent pénétrer plus facilement dans les sols qui présentent une bonne structure.
  • Les sols dont la couche arable possède une mauvaise structure vont s'encroûter, ce qui réduit la levée et ralentit la circulation de l'eau dans le sol.
  • À l'aide d'une pelle, bêcher une motte de terre de la largeur de la pelle à environ 15 cm (6 po) de profondeur.
  • Soulever la motte avec la pelle.
  • Lever la pelle jusqu'à hauteur de taille et laisser tomber la motte.
  • Comparer la manière dont la motte se fragmente avec les photos ci-dessous.
  • Comparer aussi les agrégats avec ceux des diagrammes et des photos du tableau 8-2, Types de structure du sol.

Bonne condition

Condition moyenne

Mauvaise condition

Motte de terre soulevée

Compactage du sol
  • Limite la circulation de l'air et de l'eau dans le sol.
  • Restreint la croissance des racines, ce qui réduit la capacité des plantes à absorber l'eau et à assimiler les éléments nutritifs.
  • Réduit la taille des pores.
  • Repérer les parcelles qui sont susceptibles de présenter des problèmes de compactage.
  • Attendre que le sol soit humide et enfoncer une sonde à tuyau ou une tige flexible dans la zone affectée, à une profondeur de 50 cm (20 po). Refaire l'exercice en bordure du champ ou dans une zone non affectée et comparer les résultats.
  • Introduire lentement la tige dans le sol à un rythme constant.
  • Les bras légèrement pliés agissent comme une jauge de pression et permettent de mesure la force nécessaire pour pousser l'extrémité de la sonde dans le sol.
  • Noter à quelle profondeur il devient nécessaire d'intensifier la pression pour enfoncer davantage l'extrémité de la tige dans le sol. Ce sont peut-être des zones que les racines ne pourront pénétrer.
  • Avec une pelle, déterrer les plants dans la zone affectée et en examiner les racines. Les comparer à celles de plants sains d'une zone non affectée. Dans la zone de compactage, les plants auront des racines difformes ou plus frêles. Le système racinaire devrait être concentré dans les 10 à 20 premiers centimètres sol (4-8 po).

    Note : Il faut que les teneurs en humidité soient similaires dans les zones où l'on mesure le compactage au moyen d'une sonde pour que l'on puisse comparer les résultats.
Matière organique du sol
  • La matière organique joue un rôle majeur dans la structure, le recyclage des éléments nutritifs, le cycle des éléments nutritifs et la capacité de rétention d'eau du sol, et peut donc avoir des répercussions importantes sur le développement des cultures.
  • Les échantillons de sol prélevés pour le dosage des éléments nutritifs à une profondeur de 15 cm (6 po) peuvent aussi servir pour le dosage de la matière organique.
  • Prélever des échantillons conformément aux instructions données à Prélèvement des échantillons, page 156, ou dans des sections du champ susceptibles de présenter des problèmes.
  • On peut aussi faire analyser des échantillons de sol prélevés en bordure de champ ou dans les boisés, à des fins de comparaison.
  • Pour plus d'information, voir les rubriques Matière organique, et Apport de matière organique (résidus)
Couleur du sol
  • La couleur de la surface du sol (pour une même teneur en humidité) dans le champ est un indicateur visuel de la teneur en matière organique du sol.
  • La présence de sol plus pâle sur les côtés d'une butte dans un champ peut révéler une diminution de la couche arable en raison de l'érosion causée par le travail du sol.
  • Le travail du sol sous la couche arable ramène de la matière organique provenant des horizons inférieurs du sol, ce qui explique la couleur plus pâle de la terre à ces endroits.
  • Vérifier si la couleur du sol dans le champ est relativement uniforme.
  • En général, plus le sol est foncé, plus sa teneur en matière organique est élevée (au même degré d'humidité).
  • Les secteurs d'un champ qui étaient anciennement des zones humides seront habituellement plus foncés, car la matière organique y était probablement plus abondante avant qu'ils soient drainés.
Biologie du sol
  • Les organismes vivants du sol favorisent la décomposition de la matière organique et le recyclage des éléments nutritifs. Ces organismes ont un effet sur la circulation de l'eau dans le sol; influent sur la structure du sol.
  • Un sol dépourvu d'organismes vivants ne sera pas productif.
  • Compter le nombre de gros orifices créés par les vers de terre (voir les amoncellements sur la photo à l'extrême gauche) dans un mètre carré; on peut conclure que le sol contient une bonne population de vers de terre lorsqu'on dénombre 10 orifices ou plus par mètre carré.
  • On peut estimer la population de petits vers de terre en prenant une pelletée de terre que l'on fragmente.
  • L'odeur du sol peut également être un indicateur d'une saine présence d'organismes vivants dans le sol. Une douce odeur d'humus est un bon signe, ce qui n'est pas le cas cependant d'une odeur de marécage.
  • Pour plus d'information à ce sujet, voir Biologie du sol
Drainage
  • Le drainage peut avoir des conséquences sur le calendrier des activités culturales, l'érosion du sol, la croissance des racines et la quantité d'air dans le sol.
  • Au printemps, examiner le champ afin de savoir s'il se draine rapidement et si le sol est réchauffé et prêt à être travaillé.
  • Observer la culture pour déterminer si un excès d'humidité réduit les rendements, sauf durant les saisons humides.
Capacité de rétention d'eau
  • La capacité de rétention d'eau représente l'humidité qui est disponible à la croissance des cultures.
  • Une bonne capacité de rétention d'eau réduit le stress subi par la plante durant les périodes sèches.
  • Observer le champ afin de vérifier que le sol garde bien son humidité.
  • Observer les cultures pour voir si les plantes perdent de leur vigueur durant les épisodes de sécheresse modérée.
Développement de la culture
  • Si le manque de vigueur de la culture n'est pas attribuable aux insectes nuisibles, aux maladies, aux mauvaises herbes, aux conditions climatiques ni à d'autres circonstances, il peut alors s'agir d'un problème lié au sol.
  • Examiner la culture au champ, surtout avant le stade de reproduction. Tenter de repérer les différences dans les stades de croissance et les couleurs.
  • La culture devrait être vert foncé, et la croissance devrait être rapide et relativement uniforme.
  • Des cartes de rendement sont également des indicateurs valables des différences dans le rythme de développement des plantes à l'intérieur d'un champ.
Croissance des racines
  • Une faible croissance racinaire qui n'est pas causée par des insectes ou des maladies est probablement attribuable à un problème de sol.
  • Les racines des plantes se ramifient largement dans le sol, à la recherche d'eau et d'éléments nutritifs essentiels à la croissance des plantes.
  • Bêcher soigneusement pour retirer les racines.
  • Les racines devraient normalement être réparties de manière uniforme.
  • Les racines blanches sont vivantes.
  • Les racines vont croître vers le bas et à angle de la base du plant, plus ou moins en droite ligne.
  • Les racines qui bifurquent soudainement se sont probablement heurtées à une zone compactée.
  • Le compactage du sol freine aussi la croissance des racines; le système racinaire s'en trouve restreint ou alors il se développe plus près de la surface.
Teneur en éléments nutritifs
  • Une teneur satisfaisante en éléments nutritifs ainsi qu'un pH adéquat sont essentiels à la bonne croissance des cultures.
  • Il est très important de faire analyser le sol pour connaître sa teneur en éléments nutritifs et de corriger ainsi les carences observées.
  • Pour des informations sur l'échantillonnage du sol et des tissus végétaux, ainsi que sur les méthodes pour corriger les carences, voir le chapitre 9, Fertilité du sol et doses d'éléments nutritifs.

 

Tableau 8-5. Effets des différentes pratiques de gestion sur les gains et les pertes de matière organique
Pratique de gestion Gains/
hausses
Pertes/
baisses
Apport de matière organique qui ne provient pas du champ (fumiers, composts, autres matières organiques)
Oui
Non
Meilleure gestion des résidus de culture
Oui
Non
Utilisation, dans les rotations, de cultures produisant beaucoup de résidus
Oui
Non
Utilisation de prairies (fourrages de graminées et de légumineuses) dans les rotations
Oui
Oui
Utilisation de cultures couvre-sol
Oui
Oui
Réduction de l'intensité du travail du sol
Oui/Non1
Oui
Recours à des méthodes de conservation du sol qui réduisent l'érosion
Oui/Non1
Oui

Source : Building Soils for Better Crops, (Magdoff) SARE Outreach, www.sare.org

1Cette pratique culturale peut hausser les rendements, ce qui augmente la quantité de résidus.

 

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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