Gestion des sols : Réduction des pertes de matière organique| Maïs
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la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures Table de matière
Réduction de l'érosion du solLa plupart des terres agricoles sont sujettes à une certaine forme d'érosion. La texture du sol, l'intensité des précipitations, le gradient et la longueur de la pente ainsi que les pratiques culturales comme les rotations et les méthodes de travail du sol sont autant de facteurs qui ont une incidence sur l'érosion. Il est possible de réduire la quantité de sol perdu d'un champ ou de lutter contre ce type d'érosion grâce à plusieurs mesures déjà mentionnées dans ce chapitre. Le travail minimal du sol, le semis direct, un drainage amélioré et la rotation des cultures, y compris le recours à des cultures couvre-sol, peuvent contribuer grandement à réduire l'érosion due au vent ou à l'eau. Le tableau 8-13, Méthodes de lutte contre l'érosion, dresse la liste de diverses méthodes permettant de lutter contre l'érosion hydrique et éolienne ainsi que l'érosion causée par le travail du sol. Dans certains cas, ces mesures sont insuffisantes, particulièrement lorsque l'écoulement de l'eau est concentré. On doit alors avoir recours à d'autres méthodes de conservation des sols. Il est souvent nécessaire d'aménager des ouvrages qui permettent d'intercepter l'eau pouvant causer une ravine ou une rigole dans un champ. Ces ouvrages exigent moins d'entretien s'ils sont combinés à un travail réduit du sol ou au semis direct. L'amélioration des techniques de travail du sol et des pratiques culturales peut également réduire la taille des ouvrages requis. On peut aussi avoir recours à la culture en bandes alternantes pour protéger le sol de l'érosion hydrique; il s'agit d'un système selon lequel une bande de culture sarclée fait alternance avec une bande de culture fourragère ou céréalière. Si l'on combine des techniques de travail du sol qui permettent sa conservation avec une culture en bandes alternantes, on augmentera alors la largeur des bandes. Pour plus d'information, voir les fascicules suivants : Les pratiques
de gestion optimales : Gestion du sol, commande no BMP06F, Les pratiques
de gestion optimales : Grandes cultures, commande no BMP02F, ainsi que
le site Web du MAAARO, à www.ontario.ca/cultures.
Protection des fossés et des ruisseauxUne grande quantité des sédiments qui se trouvent dans
l'eau provient souvent des berges des fossés et des ruisseaux.
Les rives non protégées continuent de s'éroder, rongeant
peu à peu les terres agricoles. L'intérêt grandissant
pour la protection des eaux de surface et des eaux souterraines démontre
bien l'importance de cette ressource. Certaines mesures peuvent protéger
les berges des fossés et des ruisseaux, tout comme l'eau qui y
circule. Un débit trop élevé et le passage de la
machinerie ou du bétail peuvent concourir à l'érosion
des berges. Par ailleurs, des débits concentrés peuvent
former des rigoles ou des ravines à leur arrivée dans un
cours d'eau. On peut toutefois stabiliser les berges de ruisseaux et les
fossés au moyen d'ouvrages tels que : zones tampons, protection
des sorties de canalisations de drainage souterrain ou tube collecteur,
colonnes descendantes et chute enrochée. Empêcher le bétail d'avoir accès aux cours d'eau
: l'installation de clôtures constitue souvent une bonne solution.
Des ponts, des ponceaux ou des passages permettent aussi le déplacement
en toute sécurité de la machinerie et du bétail.
Consulter les fascicules sur les pratiques de gestion optimales, énumérés
à la fin de ce chapitre. Brise-ventIl faut souvent une protection supplémentaire contre le vent s'il n'y a pas assez de résidus pour que le sol reste en place. En ralentissant la vitesse du vent, les brise-vent offrent une protection près du sol. Ils créent également des microclimats en haussant les températures de l'air et du sol à proximité des arbres, en diminuant les vents asséchants et en favorisant l'accumulation de neige. Tout cela contribue à augmenter les rendements de la culture. Voir la figure 8-2, Protection des cultures par les brise-vent. Abandon des terres fragilesIl arrive à l'occasion que l'on ne puisse pas lutter contre l'érosion dans un champ ou l'une de ses parties. L'érosion peut être trop importante ou le champ peut présenter également d'autres problèmes qui le rendent moins rentable pour la culture ou en font une ressource moins durable. Les parcelles de terre fragiles comprennent entre autres les zones près des ruisseaux, des lacs et des terres humides, qui peuvent être inondées ou d'autres parcelles soumises à une érosion grave. Ces parcelles de terre ne devraient plus faire partie de la zone productive; elles devraient plutôt être consacrées au pâturage ou au reboisement. Prévention du compactageComme il a été mentionné plus haut, la machinerie
lourde, surtout lorsque le sol est humide, provoque facilement le compactage
des sols. Figure 8-2. Protection des cultures par
les brise-vent
Divers choix de gestion s'offrent en vue d'éviter le compactage du sol.
Sous-solage ou labour profondLe sous-solage est souvent utilisé pour défoncer des zones de champ qui ont été tassées par la circulation de lourdes charges. En général, cette opération n'a pas d'effets positifs à long terme. Avant de procéder au sous-solage, toujours vérifier la profondeur de la couche compactée au moyen d'une sonde à tuyau ou d'une fosse d'observation et vérifier si le sol est humide à la profondeur nécessaire. Voir Évaluation de la santé du sol, pour une description des techniques de détection du compactage. Si le sol n'est pas compacté, le travail du sol ne comporte aucun avantage et peut même endommager la structure du sol ou les drains souterrains sous la profondeur normale du labour. Pour éviter la réapparition du problème, modifier
les pratiques de gestion du sol, de récolte et d'épandage
du fumier, ce qui suppose notamment d'alléger les charges et de
s'abstenir de rouler dans les champs quand ils sont détrempés. Réduction du travail du solOn travaille le sol pour diverses raisons, notamment pour éliminer les mauvaises herbes, niveler le sol, enfouir les résidus des cultures, incorporer les engrais et le fumier et préparer les lits de semences. La découverte des herbicides a grandement réduit la nécessité de sarcler le sol pour se débarrasser des mauvaises herbes (sauf en production biologique). Par ailleurs, la mise au point de matériel permettant de semer dans les résidus signifie que les cultures peuvent être plantées avec succès avec peu ou même aucun travail du sol. De manière générale, un sol dont le gros du labour est effectué au printemps sera moins vulnérable à l'érosion que s'il est travaillé à l'automne. On doit viser à réduire au minimum le travail du sol tout en restant en mesure d'atteindre ses objectifs. Pour plus d'information à ce sujet, voir la rubrique sur le travail du sol correspondant à chacune des cultures décrites dans la présente publication. Charrue à versoirsDu point de vue de la qualité du sol, l'utilisation de la charrue à versoirs représente la méthode la moins souhaitable de travailler le sol, car peu de résidus sont laissés à la surface; de plus, le sol devant être retravaillé plusieurs fois, cette méthode exige beaucoup d'énergie et de main-d'uvre. Le labour et le travail superficiel du sol broient les agrégats, ce qui rend le sol plus vulnérable à l'encroûtement et à l'érosion. Lorsqu'on a recours à la charrue à versoirs, ajuster les versoirs de manière à ce que la terre soit déposée sur le côté pour laisser plus de résidus à la surface. Réduire également le plus possible le nombre de passages additionnels afin de réduire la fragmentation des agrégats. Charrue chiselPar comparaison à la charrue à versoirs, la charrue chisel laisse une plus grande quantité de résidus en surface lorsqu'elle est réglée adéquatement et que le nombre de passages en travail superficiel est intentionnellement limité. Toutefois, il faut savoir que le labour effectué au moyen de la charrue chisel avec dents vrillées produit au printemps un sol billonné, ce qui permet de lutter contre l'érosion, mais cela peut nécessiter plus de passages de la machinerie et donner des lits de semence dont le degré d'humidité est variable. Le recours aux pratiques suivantes permet d'éviter bon nombre de ces inconvénients :
La charrue chisel peut également être efficace pour l'incorporation du fumier dans le sol. DisquesLes disques, comme la charrue chisel, laissent plus de résidus à la surface que la charrue à versoirs. L'emploi de disques lorsque le sol est détrempé peut causer du compactage. Des passages trop fréquents vont broyer les agrégats du sol et faire augmenter les pertes de matière organique et le risque d'encroûtement. Un bon semoir, réglé de manière à pouvoir semer dans un sol recouvert d'une certaine quantité de résidus dans un lit de semence plus rugueux, peut contribuer à réduire le nombre de passages requis pour le travail superficiel dans le cadre de n'importe quel système de travail du sol. Semis direct, travail réduit et labour en bandesLe semis direct constitue la meilleure méthode pour laisser des résidus protecteurs à la surface. Cette technique présente le plus grand potentiel de réduction des coûts de travail du sol, quoiqu'il faille lutter contre les mauvaises herbes dans presque tous les cas par la destruction chimique au moyen d'un herbicide appliqué en présemis. Plusieurs possibilités existent, à la fois dans le concept original et dans les modifications offertes, pour que les semoirs de précision ou les semoirs à grains soient adaptés au semis direct. En Ontario, l'expression « semis direct » signifie généralement que les semis sont effectués dans un champ non labouré, à l'aide d'un ouvre-sillon ou d'un coutre aligné avec l'ouvre-sillon. Les semis effectués au printemps dans un sol qui été travaillé à l'automne et qui est prêt à être ensemencé ne sont pas des exemples de semis direct. Le travail réduit du sol s'effectue avec deux ou trois coutres à l'avant de l'ouvre-sillon et de l'injecteur d'engrais; on peut aussi utiliser des dispositifs qui tassent les résidus. Pour le labour en bandes, on a recours à une barre porte-outil avec les coutres à l'avant, suivis de dents et de quelques disques à l'arrière. Cette technique peut être utilisée à l'automne et au printemps pour préparer les lits de semences. Les dents vibrantes pénètrent habituellement dans le sol à une profondeur de 10 à 15 cm (4 à 6 po). La réussite des semis directs dépend souvent d'une quantité
de facteurs autres que la configuration des instruments. Il peut s'agir
entre autres du drainage du sol et de la rotation des cultures, qui influent
grandement sur le rendement de tous les systèmes de semis direct.
C'est avec la culture du maïs que le travail réduit présente
le plus de défis. Les différentes méthodes de travail
du sol sont décrites plus en détail au chapitre
1, Maïs.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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