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la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures
Table des matières
Sarrasin
|
|||||||||||||
| Région de croissance | Dose maximale d'azote pour le sarrasin (kg/ha) |
|---|---|
| Sud de l'Ontario |
35
|
| Nord de l'Ontario |
55
|
Mise en garde : Le sarrasin est sujet à la verse dans un sol qui contient de hautes teneurs en azote.
Le sarrasin est une plante indéterminée. Le plant porte
les fleurs, les graines vertes et les graines à maturité
en même temps. Il faut effectuer la récolte avant que les
graines ne soient trop mûres, soit dans les 10 semaines environ
après le semis. La culture est alors encore en croissance et en
floraison. Cependant, il faut que de 70 à 75 % des graines soient
brunes et parvenues à maturité mais ne pas avoir commencé
à tomber de la base de l'épi. Si l'on récolte plus
tard, et que les graines les plus près du sol commencent à
tomber, on aura des rendements moindres à cause de la chute des
graines, en plus de problèmes de repousse dans la culture suivante.
Les rendements varient selon la pollinisation et les facteurs météorologiques.
Des rendements de 2,2 t/ha (40 bo/ac) sont possibles, bien qu'ils se situent
le plus souvent autour de 1,1-1,6 t/ ha (20-30 bo/ac).
L'emploi de dessicants affaiblit la tige et provoque la verse. Il ne
faut pas utiliser de dessicants avec le sarrasin. Il faut effectuer l'andainage
avant le moissonnage-battage si la culture n'a pas été tuée
par le gel. Il vaut mieux procéder à l'andainage tôt
le matin lorsqu'il y a encore de la rosée ou par temps humide afin
de minimiser les pertes par égrenage. La coupe du sarrasin doit
laisser un chaume assez haut pour faciliter le séchage. On laisse
sécher les andains jusqu'à ce que l'épi atteigne
une teneur en eau de 16 %.
Pour réduire l'égrenage lors du moissonnage-battage, ralentir
la vitesse de ramassage pour qu'elle corresponde à la vitesse d'avancement
de la moissonneuse-batteuse. Le ramasseur d'andains à toile provoque
moins d'égrenage que le ramasseur d'andains à tambour. Pour
minimiser les bris de graines, réduire la vitesse du cylindre à
un tiers (600-800 tours/ min) de celle utilisée pour les petites
céréales et régler le contre-batteur à une
ouverture d'environ 13-16 cm (5 1/4-6 1/2 po) à l'avant et de 9
mm (3/8 po) à l'arrière. Le crible supérieur est
réglé à 16 mm (5/8 po) et le crible inférieur
à 8 mm (5/16 po). En cas de décorticage de la graine, ouvrir
le contre-batteur plus grand ou réduire la vitesse du cylindre
inférieur. On peut ensuite ouvrir graduellement le crible inférieur
jusqu'à un réglage ne laissant pas passer trop de corps
étrangers. Vérifier si le jet d'air est assez puissant pour
extraire la quantité maximale de déchets sans toutefois
rejeter de graines propres.
100 kg/ha = 90 lb/ac
1 RÉ, RM, RF, RTF et RN indiquent la probabilité
que la fertilisation soit rentable, à savoir respectivement : probabilité
élevée, moyenne, faible, très faible et nulle. L'épandage
d'éléments nutritifs est rentable lorsque l'accroissement
de la valeur de la récolte créé par le gain de rendement
ou de qualité dépasse le coût d'application de l'élément
nutritif en question.
2 On ne s'attend à aucune réponse agronomique
de la culture à un épandage supplémentaire d'élément
nutritif. La cote RN peut correspondre à une perte de rendement
ou à un déséquilibre des éléments nutritifs
pour la culture en cas d'épandage d'engrais. Par exemple, l'épandage
de phosphate peut provoquer une carence en zinc dans les sols où
P > 60 ppm et dont la teneur en zinc est faible. Un tel épandage
peut aussi accroître les risques de pollution de l'eau avoisinante.
L'épandage de potasse dans des sols pauvres en magnésium
et dont la teneur en K > 250 ppm peut provoquer une carence en magnésium.
Lorsqu'on fait les semis l'été, il faut attendre 7-10 jours
après un léger gel d'automne avant le moissonnage-battage
sans andainage. Il faut garder la coupe la plus haute possible et faire
avancer la moissonneuse-batteuse à basse vitesse pour éviter
de la surcharger. Pour réduire les bris de graines, prendre garde
aux quantités de matières grossières qu'on laisse
passer afin que seulement un minimum de graines ne pénètrent
dans le retour. De cette façon, on réduit les risques de
dommage.
Il faut une teneur en eau de moins de 16 % pour un bon entreposage. Comme
le marché japonais n'achète que du sarrasin fraîchement
récolté, ne pas entreposer les graines pour les vendre l'année
suivante et ne pas mêler les récoltes des années précédentes
avec celles de l'année. Il est facile de distinguer le sarrasin
entreposé les années précédentes de celui
qui vient tout juste de l'être, par la couleur de la graine sous
la coquille. Les graines plus vieilles s'oxydent, et la couleur vert pâle,
juste sous la coquille des nouvelles graines, tourne graduellement au
brun-rouge durant l'entreposage.
On peut utiliser la graine de sarrasin dans les aliments pour animaux,
en l'incluant de façon limitée dans la ration. La graine
de sarrasin peut composer jusqu'à un tiers de la ration alimentaire
des bovins de boucherie ou des bovins laitiers. Récemment, la recherche
sur de nouveaux cultivars de sarrasin destinés à l'alimentation
du porc a démontré que le rendement global des porcs d'engraissement
et de finition était comparable à celui des porcs nourris
avec des céréales. Cependant, le prix du sarrasin en fait
un aliment à servir aux animaux moins économique que les
céréales.
Mise en garde
Servir le fourrage de sarrasin, qu'il soit frais ou sec, peut entraîner des effets toxiques. On note comme principal effet toxique une photosensibilité chez les animaux à peau claire (notamment les bovins, les chèvres, les moutons, les porcs et les dindons) lorsqu'ils sont exposés au soleil. La jaunisse constitue aussi un autre effet secondaire toxique.
La lutte contre les mauvaises herbes peut parfois poser problème
dans les cultures de sarrasin. Elle nécessite une bonne planification,
puisque les herbicides sur lesquels on peut compter sont peu nombreux,
particulièrement pour lutter contre les dicotylédones. Comme
le sarrasin est semé tardivement, on a amplement l'occasion de
lutter contre les mauvaises herbes en recourant à des herbicides
ou au sarclage avant le semis. Éviter les herbicides rémanents
(c.-à-d. laissant des résidus de triazine, de sulfonylurée
et de trifluraline) avant les semis.
Le sarrasin présente rarement des problèmes liés
aux insectes et aux maladies.
La graine de lin se prête à de multiples usages. De façon
traditionnelle, elle entre dans la composition de peintures à l'huile
et d'autres revêtements protecteurs. Elle est également utilisée
dans la fabrication du linoléum, de l'encre d'imprimerie, de savons,
du mastic, de lubrifiants industriels de même qu'un revêtement
résistant au sel pour le béton de routes et des trottoirs.
La graine de lin contient de 35 à 40 % d'huile de lin. Après
extraction de l'huile, le tourteau sert de supplément protéinique
pour le bétail, avec une teneur moyenne en protéines d'environ
35 %. L'ajout de lin ou de sous-produits de lin dans une gamme d'aliments
a permis une diversification de ce marché.
Ces dernières années, la superficie consacrée à
la culture du lin destiné aux marchés du lin oléagineux
était plutôt limitée en Ontario à cause d'un
manque d'installations locales de trituration des graines. Vers 1950,
il y avait en Ontario plus de 30 000 ha (74 100 ac) de lin. Au cours des
dix dernières années, cette superficie est tombée
à moins de 1 000 ha (2 470 ac). Plus récemment, la promotion
des avantages pour la santé de la graine de lin et l'ouverture
de marchés d'exportation potentiels pour le lin destiné
à l'industrie textile, pourraient justifier le retour de cette
culture dans certaines régions de l'Ontario. Pour plus de renseignements
sur cette culture au Canada, on peut visiter le site Web du Flax Council
of Canada à l'adresse www.flaxcouncil.ca.
À moins qu'il n'en soit précisé autrement, les recommandations
données ici visent la culture du lin de type oléagineux.
Les recommandations pour la production du lin destiné à
l'industrie textile pourraient être différentes; elles nécessitent
des recherches supplémentaires.
Le travail du sol selon des méthodes traditionnelles est recommandé.
Dans la plupart des cas, il y a travail primaire du sol l'automne, suivi
d'un travail au début du printemps et des semis. Le travail secondaire
doit être peu profond pour établir un lit de semence ferme.
On recommande le passage des rouleaux avant ou après les semis.
À ce jour, la culture a donné de meilleurs résultats
là où il y a peu de résidus de surface. Certains
producteurs ont fait l'essai du semis direct et obtenu des résultats
assez satisfaisants. On aura recours à des rotations similaires
à celles des céréales ou des légumineuses
fourragères.
On choisira un cultivar différent selon que l'on cultive du lin
pour la production d'huile ou pour l'industrie textile. Jusqu'à
maintenant, la seule production commerciale de lin au Canada visait la
production d'huile. Les cultivars de lin de type oléagineux sont
produits spécifiquement pour l'extraction de l'huile par trituration
de la graine.
Le solin est un nouveau cultivar mis au point à partir du lin
au moyen de techniques de sélection de pointe. L'huile de solin
est à faible teneur d'acide linolénique, soit moins de 5
%, par rapport à une teneur dépassant 50 % dans l'huile
de lin, et elle donne une huile légère idéale pour
la cuisson. Les normes de la Commission canadienne des grains précisent
que les cultivars de solin doiventprésenter un tégument
jaune.
À l'heure actuelle, les cultivars de lin ne font pas l'objet d'essais
officiels en Ontario. Cependant, on peut trouver les résultats
d'essais de cultivars de solin et de lin réalisés dans l'Ouest
canadien sur le site Web du Flax Council of Canada à l'adresse
www.flaxcouncil.ca.
Les semis de lin se font avec des semoirs similaires à ceux utilisés
pour les céréales, en rangs serrés (avec un écartement
de 15-20 cm ou 6-8 po). Le semoir à céréales donne
généralement une profondeur de semis et une levée
plus uniforme que le semis à la volée. Semer à une
profondeur maximale de 2,5 cm (1 po) puisque, en général,
le sol renferme assez d'humidité à cette profondeur pour
favoriser la germination. Des semis plus profonds risquent fort de retarder
la levée, surtout au cours des printemps frais et humides. Les
taux de semis optimaux sont de 35-40 kg/ha (31-45 lb/ac). Des taux de
semis supérieurs à 50 kg/ha (45 lb/ac) accompagnés
de doses d'azote élevées peuvent entraîner une verse
extrême, qui rendrait la récolte difficile.
Semer le plus tôt possible au printemps sur un lit de semence ferme
et sec. Les semis hâtifs donnent de meilleurs rendements et une
culture plus facile à récolter. On voudra privilégier
les loams bien drainés, les loams limoneux ou les loams argileux.
On a remarqué des rendements plus faibles dans les sols sableux,
le système racinaire étant sensible à la sécheresse
à cause d'une racine pivotante relativement courte. De façon
générale, les plantules résistent à un gel
modéré.
Le lin est une annuelle pourvue d'une courte racine pivotante à
partir de laquelle des racines fasciculées croissent à des
profondeurs d'environ 1,2 m (4 pi) dans un sol à texture légère.
Le plant atteint une hauteur de 45-91 cm (18-36 po), selon les conditions
de croissance. Dans les peuplements denses, seule une tige principale
se développe mais dans les peuplements clairsemés, on peut
trouver quatre ramifications et plus. Les fleurs sont blanches, bleues,
roses ou violettes, selon le cultivar. Les fleurs s'ouvrent tard le matin
et tombent tôt l'après-midi. Le lin fleurit pendant trois
semaines et plus s'il dispose d'éléments nutritifs suffisants.
Ses fleurs peuvent s'auto-polliniser, mais une pollinisation croisée
peut survenir grâce aux insectes. Une capsule de graines donne jusqu'à
10 graines dont la couleur varie du rouge ou du brun foncé au jaune
terne. La graine présente un tissu mucilagineux, d'où sa
texture collante lorsqu'elle est humide.
Les doses d'azote recommandées pour le lin sont les mêmes
que pour les céréales mélangées (45 kg/ha
ou 40 lb/ ac pour le sud de l'Ontario, et 70 kg/ha ou 62 lb/ac pour le
nord de l'Ontario). Trop d'azote peut provoquer la verse. L'analyse de
sol reste la meilleure méthode pour déterminer les besoins
en éléments fertilisants. Se référer au tableau
7-2, Doses recommandées de phosphate et de potasse pour le sarrasin
et le lin, selon les résultats d'analyses de sol reconnues par
le MAAARO. La graine de lin est facilement brûlée par
l'engrais. Par conséquent, tous les éléments fertilisants
devraient être épandus à la volée.
Le lin donne habituellement des rendements de 1 200-2 000 kg/ha (1 100-1
800 lb/ac). La récolte de la graine de lin peut être effectuée
en coupe directe par moissonnage-battage ou après un andainage
préalable. Comme le lin continue de produire de nouvelles repousses
tout au long de la saison, il faut recourir à un dessicant en pré-récolte
si la culture est récoltée sans andainage préalable.
En général, les producteurs emploient du glyphosate à
cette fin. Se référer à l'étiquette du produit
pour savoir comment l'utiliser en pré-récolte. L'andainage
effectué avant le moissonnage-battage donne une graine plus sèche
que la récolte en coupe directe. L'andainage doit être effectué
lorsque environ 90 % des feuilles sont tombées, et que les graines
sont devenues brun foncé. La graine de lin ne s'égrène
pas aussi facilement que les autres graines. En présence de mauvaises
herbes dans la culture, il vaut mieux andainer afin que les mauvaises
herbes et la paille puissent sécher avant la récolte. Il
faut laisser 15 cm (6 po) de chaume dans le champ pour que les andains
ne reposent pas au sol. Dans de bonnes conditions de séchage, la
récolte peut être moissonnée trois ou quatre jours
après l'andainage.
Garder les barres de coupe bien affilées et les déflecteurs
bien propres pour réduire l'accumulation de foin de lin non mature
sur le couteau. On effectue le moissonnage-battage du lin lorsque la paille
est sèche et que l'on entend les graines s'entrechoquer dans la
capsule. Le lin semé hâtivement est plus facile à
battre que le lin semé tardivement parce qu'il bénéficie
de meilleures conditions de séchage avant d'être récolté.
Il faut faire le moissonnage-battage à l'aide de rabatteurs à
battes, car les rabatteurs-ramasseurs entraînent souvent des problèmes
d'enroulement.
On recommande généralement de régler la moissonneuse-batteuse
en refermant de moitié l'ouverture entre les cylindres et le contre-batteur
par rapport à l'ouverture utilisée pour les céréales
et de ralentir la rotation du cylindre. La vitesse du ventilateur doit
être assez faible pour éviter que les graines s'envolent
derrière la moissonneuse. Un échantillon d'apparence «
propre » dans la trémie indique qu'une trop grande quantité
de graines est relâchée derrière la moissonneuse.
Il n'est pas rare que le niveau d'impuretés atteigne 5 à
10 %. Il faut s'assurer de bien boucher les trous dans la trémie,
les vis sans fin et les élévateurs, car la graine de lin
est très glissante et peut s'échapper par de petits trous.
Habituellement, on n'entrepose pas le lin à la ferme; on l'expédie
immédiatement après la récolte. La culture doit montrer
une teneur en eau optimale de 10,5 %. Une teneur en eau plus grande entraîne
des coûts supplémentaires de séchage et une perte
de masse. L'entreposage convenable est indispensable car le lin peut rapidement
se détériorer. Il faut réparer les trous des cellules
de stockage puisqu'il peut y avoir des fuites au travers de très
petites ouvertures. Il faut enlever les graines peu mûres et les
graines de mauvaises herbes pour réduire la quantité d'impuretés.
La paille des lins de type oléagineux ne convient pas à
l'industrie textile à cause des courtes fibres de la tige. La paille
de lin se décompose lentement dans le sol et peut nuire au travail
du sol qui suit la récolte ou pendant la saison suivante. Il est
habituellement préférable de trouver un débouché
pour la paille de lin et de l'enlever du champ. La paille est parfois
utilisée comme litière dans les parcs d'engraissement. On
l'utilise aussi comme combustible dans de gros appareils de chauffage.
Le lin combat mal les mauvaises herbes. Le lin ne forme pas de couvert
dense pouvant ombrager le sol, ce qui laisse la chance aux mauvaises herbes
de s'établir. Dans la mesure du possible, le lin devrait être
semé dans des champs où il y a relativement peu de mauvaises
herbes. Ne pas cultiver de lin dans un champ où des adventices
vivaces tenaces ont posé problème, car peu de solutions
de lutte sont possibles dans les cultures de lin.
Pour toutes les recommandations concernant les herbicides, consulter
la publication 75F du MAAARO,
Guide de lutte contre les mauvaises herbes.
Habituellement, les insectes et les maladies ne posent pas de problèmes
dans la production du lin.
Le tournesol est cultivé en Ontario depuis plusieurs dizaines
d'années. En Ontario, le marché de l'alimentation pour les
oiseaux et le marché de la confiserie constituent les principaux
débouchés du tournesol. Le tournesol à graines noires
et le tournesol à graines rayées servent tous deux à
l'alimentation des oiseaux. En Ontario, il n'existe pas de marché
d'extraction de l'huile de tournesol. La superficie consacrée à
la culture du tournesol en Ontario s'est maintenue entre 500 et 1 000
ha (1 235 à 2 470 ac) par an au cours des dix dernières
années.
Le tournesol a besoin d'un lit de semence humide et ferme, sans mauvaises
herbes. Un travail traditionnel du sol est généralement
utilisé plutôt que le semis direct, car il permet une meilleure
lutte contre les mauvaises herbes.
On obtient généralement le meilleur rendement sur des sols
de texture moyenne bénéficiant d'un bon drainage naturel
: loam, loam limoneux ou loam limono-argileux. Le tournesol pousse également
bien dans un sol sableux, quoique le rendement est moindre en temps de
sécheresse. Il faut éviter les sols dont le drainage est
mauvais, car ils retardent les semis, ralentissent la croissance et présentent
un risque plus élevé de maladie.
100 kg/ha = 90 lb/ac
1 RÉ, RM, RF, RTF et RN indiquent la probabilité
que la fertilisation soit rentable, à savoir respectivement : probabilité
élevée, moyenne, faible, très faible et nulle. L'épandage
d'éléments nutritifs est rentable lorsque l'accroissement
de la valeur de la récolte créé par le gain de rendement
ou de qualité dépasse le coût d'application de l'élément
nutritif en question.
2 On ne s'attend à aucune réponse agronomique
de la culture à un épandage supplémentaire d'élément
nutritif. La cote RN peut correspondre à une perte de rendement
ou à un déséquilibre des éléments nutritifs
pour la culture en cas d'épandage d'engrais. Par exemple, l'épandage
de phosphate peut provoquer une carence en zinc dans les sols où
P > 60 ppm et dont la teneur en zinc est faible. Un tel épandage
peut aussi accroître les risques de pollution de l'eau avoisinante.
L'épandage de potasse dans des sols pauvres en magnésium
et dont la teneur en K > 250 ppm peut provoquer une carence en magnésium.
Aucun essai n'est effectué sur les cultivars de tournesol en Ontario.
Des essais sur les cultivars sont effectués par l'intermédiaire
de la National Sunflower Association of Canada; voir le site Web à
l'adresse www.canadasunflower.com.
Il y a le tournesol de type oléagineux et le tournesol de confiserie.
Le type oléagineux présente une écale noire et il
peut s'agir d'hybrides traditionnels, d'hybrides nains, de cultivars dits
" mid-oleic " (à teneur modérée en acide
oléique) ou de cultivars à pollinisation libre. Les hybrides
nains viennent à maturité de 6 à 13 jours plus tôt
que les hybrides traditionnels. Les cultivars de tournesol à pollinisation
libre (Sunola) sont plus courts et ont besoin de moins de chaleur pour
arriver à maturité que les tournesols ordinaires. Cependant,
ils résistent moins bien à la maladie.
Le tournesol non oléagineux possède une écale rayée
et il est destiné à l'alimentation humaine. Seuls les cultivars
de tournesol de confiserie ayant les plus grosses graines sont réservés
à l'alimentation humaine; cependant, ces cultivars sont facilement
endommagés par les oiseaux et les insectes.
Les hybrides présentent de nombreux avantages par rapport aux
cultivars à pollinisation libre. Ils donnent un rendement supérieur
d'environ 20 %, et ils ont une plus grande résistance à
la maladie (surtout au mildiou, à la rouille et à la verticilliose),
un haut niveau d'auto-compatibilité (ce qui réduit le besoin
de pollinisation par les abeilles), en plus d'une hauteur de plant et
d'une teneur en eau plus uniformes au moment de la récolte.
Le tournesol est une plante haute ne comportant habituellement qu'une
seule tige, à larges feuilles avec un seul capitule par plant.
La tige est pubescente et se lignifie à mesure que le plant vieillit.
Les plantes sont héliotropiques, c.-à-d. que leurs fleurs
font face à l'est le matin et à l'ouest le soir, car elles
suivent le soleil durant la journée. Elles sont dotées d'une
racine pivotante profonde, qui leur permet de bien supporter les périodes
de sécheresse et leur donne accès en couche profonde à
un approvisionnement en éléments nutritifs et en eau qui
n'est généralement pas disponible pour de nombreuses autres
cultures annuelles. Par conséquent, le tournesol s'adapte mieux
à des conditions sèches que la majorité des cultures.
Le tournesol est généralement semé début
mai, comme le maïs, et il fleurit à la fin juillet. Il a besoin
d'environ 100-120 jours pour arriver à maturité. Les plantules
tolèrent relativement bien le gel jusqu'au stade quatre feuilles.
Le report des semis après le 15 mai augmente le risque de dommages
par le gel avant que le tournesol n'arrive à maturité à
l'automne. Pour les semis tardifs, utiliser les hybrides ou cultivars
hâtifs.
Les semis s'effectuent à une profondeur optimale de 3-5 cm (1
1/4-2 po) et d'au plus 8 cm (31/4 po), en sol humide. Les semis peu profonds
conviennent à un sol frais et humide, à texture fine. Dans
un sol plus lourd, ou en cas de précipitations abondantes et de
grand vent, le tournesol aura tendance à verser.
On recommande un écartement des rangs de 60-90 cm (24-36 po).
Utiliser un semoir à maïs avec les réglages appropriés
ou un semoir à céréales dont une partie des buses
à semence sont obstruées. Les semoirs à céréales
donnent en général une moins bonne levée. On recommande
un taux de semis de 40 000-60 000 plants/ha (16 000-24 000 plants/ac).
Le tournesol de confiserie ne devrait pas être semé à
plus de 18 000 plants/acre, si l'on veut obtenir des graines plus grosses.
En général, on utilise 25 % plus de semences que le peuplement
souhaité. Si l'écartement des rangs est moindre (18-25 cm
ou 7-10 po) et que la culture est dense, il y a risque de pourriture à
sclérotes avec le climat humide de l'Ontario. On constate moins
de verse si les rangs vont d'est en ouest, puisque les fleurs font face
à l'est et entraînent le plant à s'incliner vers l'est.
Ne pas cultiver le tournesol dans le même champ plus de une fois
tous les quatre ou cinq ans, pour éviter l'accumulation de maladies.
Le canola, le haricot sec comestible, le soya et le sarrasin sont toutes
des plantes hôtes du champignon qui cause la pourriture à
sclérotes; il faut faire une surveillance étroite ou éviter
complètement de telles rotations.
Dans certaines rotations des cultures, les repousses de tournesol peuvent
poser problème. Le tournesol est sensible à l'atrazine ainsi
qu'à la rémanence d'autres herbicides, comme les sulfonylurées
(inhibiteurs de l'acétolactate synthase ou ALS), par exemple.
Pour le tournesol, la dose recommandée d'azote est de 90 kg/ha
(80 lb/ac). L'azote est mieux absorbé lorsque la plus grande partie
de l'engrais azoté est épandue en bandes latérales
avant que les plants atteignent 30 cm (12 po) de hauteur. On détermine
les besoins en phosphore et en potasse d'après les résultats
d'une analyse de sol voir Analyse
du sol et le tableau 7-3, Doses recommandées
de phosphate et de potasse pour le tournesol, selon les résultats
d'analyses de sol reconnues par le MAAARO, page précédente.
Habituellement, les rendements de tournesol en Ontario vont de 1 500
à 2 000 kg/ha (1 300 à 1 800 lb/ac). Les plants sont prêts
lorsque l'arrière du capitule vire au jaune, et que les bractées
sont brunes, dures et sèches. À ce stade, les graines ont
une teneur en eau d'environ 50 %. La récolte s'effectue normalement
de septembre à la mi/octobre.
En Ontario, si une récolte est tardive, le séchage est
favorisé par le gel. L'usage d'un dessicant n'est pas nécessaire
habituellement. Cependant, un gel hâtif peut nuire au rendement
et réduire la teneur en huile. Pour éviter cet inconvénient,
il faut récolter au moment où les graines ont une teneur
en eau plus élevée et les faire sécher; de cette
façon, on peut réduire les pertes occasionnées par
l'égrenage et l'alimentation des oiseaux. Il faut raccourcir le
délai entre l'arrivée à maturité et la récolte
pour soustraire la culture aux oiseaux et éviter la pourriture
du capitule.
La récolte du tournesol s'effectue à la moissonneuse-batteuse
munie d'une tête pour petites céréales. La plupart
des moissonneuses-batteuses sont munies de longs plateaux s'étendant
à l'avant de la barre de coupe destinés à récupérer
les graines issues de l'égrenage. Pour la récolte du tournesol,
on enlève généralement le rabatteur ou on le dispose
plus haut. Pour ne pas endommager les graines, régler la vitesse
de rotation du cylindre au plus lent avec les plus grandes ouvertures.
Réduire le débit d'air afin d'éviter de souffler
les graines vers l'arrière.
Après la récolte, nettoyer les graines pour enlever les
impuretés. Pour un bon entreposage, les graines doivent avoir une
teneur en eau de 9,5 % et moins. Immédiatement après la
récolte, il faut assécher les graines renfermant davantage
d'eau. Le tournesol s'assèche facilement dans des séchoirs
à céréales traditionnels. Le tournesol de confiserie
peut ratatiner ou brûler. Laisser refroidir avant d'entreposer.
Mise en garde : Il faut sécher les graines à basse température car les fibres et les poils fins de l'écorce de la graine pourraient s'enflammer au contact du ventilateur.
Habituellement, le contenu d'une cellule de stockage remplie de graines
de tournesol aura un poids équivalent à 70 % de celui de
la même cellule remplie de maïs. Les graines peuvent être
entreposées pour de courtes périodes avec une teneur en
eau allant jusqu'à 12 %. Des graines tièdes ou dont la teneur
en eau est plus élevée risquent de se détériorer.
Les plantules de tournesol peuvent souffrir de la concurrence exercée
par les mauvaises herbes. Si les mauvaises herbes ne sont pas maîtrisées
tôt en saison, le rendement de la culture en souffrira. À
mesure qu'il vient à maturité, le tournesol est plus en
mesure de lutter contre les mauvaises herbes.
On peut procéder au hersage avant la levée des plantules
pour éliminer les mauvaises herbes avant qu'elles ne s'établissent.
Un hersage léger à l'aide d'une herse à dents flexibles
peut être effectué sur les plantules de tournesol entre les
stades quatre et six feuilles pour éliminer les mauvaises herbes
tardives. Le hersage donne de meilleurs résultats par temps chaud
et sec, car il évite ainsi d'endommager la culture. Le sarclage
des entre-rangs est aussi recommandé.
Pour connaître les recommandations concernant les herbicides, consulter
la publication 75F du MAAARO,
Guide de lutte contre les mauvaise herbes.
Le tournesol ne présente généralement pas de problèmes
liés aux insectes.
On trouvera des descriptions détaillées de déprédateurs
et de maladies, des méthodes de surveillance et des stratégies
de lutte au chapitre 13, Déprédateurs
des grandes cultures, et au chapitre
14, Maladies des grandes cultures.
La publication 812F, Guide de protection des grandes cultures, explique les méthodes de lutte recommandées contre les ennemis des grandes cultures.
| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
|---|---|
| Date de création : | 20 août 2009 |
| Dernière révision : | 20 août 2009 |