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Céréales : Travail du sol

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 mars 2002
Dernière révision : 01 mars 2002
Extrait du Guide agronomique des grandes cultures (chapitre 6)
Pour commander la publication 811F du MAAO : Guide agronomique des grandes cultures

Table des matières

  1. Introduction
  2. Méthodes de travail du sol
  3. Semis direct
  4. Méthode traditionnelle
  5. Semis sur sol gelé des céréales de printemps
  6. Semis aérien du blé d'automne
  7. Semis à la volée
  8. Mises à jour sur les céréales : Travail du sol
  9. Liens connexes...

Introduction

En Ontario, les céréales couvrent environ 25 % de la superficie consacrée aux grandes cultures. Les cultures céréalières reçoivent souvent moins d'attention que celles du maïs ou du soya. Traditionnellement, les céréales sont cultivées en rotation avec d'autres cultures et comme source de fourrage produit à la ferme. Il est possible d'accroître la rentabilité des cultures céréalières en leur réservant une bonne gestion et en prêtant attention à certains détails.

Méthodes de travail du sol

Les cultures céréalières ne réagissent pas beaucoup au travail du sol (voir le tableau 6-1, Rendement du blé d'automne en fonction du système de travail du sol, 1986-1989, le tableau 2-3, Effets du système de travail du sol sur le rendement des cultures à Woodstock (Ontario) (1996-2000).

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Tableau 6-1. Rendement du blé d'automne en fonction du système de travail du sol, 1986-1989

Méthode de travail du sol

Rendement
comparatif1

Nbre de comparaisons
par paires

t/ha
bo/ac

Charrue à socs
c. travail réduit du sol

4,90
c. 5,01
72,9
c. 74,6
141
Charrue à socs
c. semis direct
3,93
c. 3,90
58,4
c. 58,1
42
Travail réduit du sol
c. semis direct
4,23
c. 4,19
63,0
c. 62,4
111

Source : Tillage 2000 final report, Aspinall et Kachanoski

1Les rendements moyens varient étant donné que les comparaisons sont faites en différents endroits.

Selon des recherches ayant comparé le rendement du blé d'automne soumis à diverses méthodes de travail du sol, aucune des méthodes suivantes ne semble présenter un avantage quelconque sur les autres : travail du sol à l'aide de la charrue à socs, travail réduit du sol et semis direct. Si les rendements ne sont pas beaucoup influencés par la méthode de travail du sol, un bon contact sol-semence et un taux d'humidité du sol propice à la germination sont par contre essentiels.

Le choix de la méthode de travail du sol aura des répercussions sur d'autres aspects du système cultural. On doit choisir la méthode en tenant compte de facteurs tels que la fertilité du sol, la pression exercée par les insectes, l'incidence de la maladie et la lutte contre les mauvaises herbes, de manière à s'assurer de cultures hautement performantes et rentables.

Le déchaussement par le gel et la moisissure des neiges comptent parmi les risques associés à un travail du sol plus intensif dans les cultures d'automne. L'érosion est à craindre dans toutes les cultures soumises à un travail du sol.

Les méthodes de semis utilisées dans les cultures de céréales vont du semis aérien au semis sur sol gelé.

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Semis direct

Le semis direct est maintenant pratiqué dans la plupart des cultures de blé d'automne. Les rendements du blé en semis direct sont souvent équivalents aux rendements obtenus à l'aide des méthodes traditionnelles. Les semoirs à semis direct peuvent suivre la moissonneuse-batteuse dans le même champ, ce qui devance les dates de semis et augmente les rendements. Les céréales d'automne en semis direct résistent mieux au déchaussement par le gel, du fait que le plant est ancré dans un sol plus ferme.

Pour que le semis direct donne de bons résultats, il faut prêter attention à la gestion des éléments fertilisants, à la capacité du semoir et à la lutte contre les mauvaises herbes. Par comparaison aux cultures soumises à une méthode ou à une autre de travail du sol, les cultures soumises au semis direct réagissent davantage à l'application d'un engrais de démarrage, particulièrement s'il renferme du phosphore.

Les cultures en semis direct privées d'engrais de démarrage développent souvent le « syndrome du rang de maïs » (voir la rubrique Fertilisation, ainsi que la planche 100).

Planche 100. Syndrome du rang de maïs dans le blé d'automne causé par la rémanence des engrais ou des pesticides dans les rangs des cultures précédentes.

Planche 100. Syndrome du rang de maïs dans le blé d'automne causé par la rémanence des engrais ou des pesticides dans les rangs des cultures précédentes.

Ainsi, des plants de blé qui poussent dans d'anciens rangs de maïs seront-ils beaucoup plus hauts et plus vigoureux que les plants qui poussent dans les anciens entre-rangs de maïs. Cette situation s'explique par la biodisponibilité accrue du phosphore provenant de l'engrais de démarrage qui avait été épandu en bandes dans le maïs, même si cela remonte à 2 ou 3 années auparavant (voir le tableau 6-2, Syndrome du rang de maïs).

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Tableau 6-2. Syndrome du rang de maïs
   
Analyse de la teneur du sol en phosphore
Taille en
cm (po)
Teneur des tissus en phosphore : % P (base de matière sèche)
Rendement
en t/ha (bo/ac)
Sur le rang
19
107 (42)
0,16
5,13 (76,3)
Dans l'entre-rang
9
89 (35)
0,12
4,51 (67,1)
Un emplacement oú 5 gal d'engrais liquide a été épandu sur le blé
Sur le rang
18
109 (43)
0,17
5,02 (74,7)
Dans l'entre-rang
13
102 (40)
0,15
4,.92 (7,.2)

Avec 100 lb deé phosphate monoammonique, aucune différence n'est perceptible à l'œil. Données recueillies en Ontario, à huit endroits, par le MAAO.

Le blé d'automne est l'une des cultures qui réagit le plus aux engrais phosphorés (voir le tableau 6-3, Influence des doses d'engrais sur le rendement).

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Tableau 6-3. Influence des doses d'engrais sur le rendement
  
     
  
Aucun
engrais
Phosphate monoammonique
kg/ha
(lb/ac)
En pleine surface
kg/ha
(lb/ac)

56
(50)

112
(100)
224
(200)
224
(200)
Rendement
moyen :
t/ha (bo/ac)
5,27
(78,4)
5,56
(82,7)
5,67
(84,4)
5,66
(84,2)
5,39
(80,2)

(Moyenne établie à partir de 12 sites, 2001)

Le contact sol-semence est crucial pour l'assimilation de l'humidité. Les semoirs de semis direct doivent être en mesure de pénétrer dans le sol dur et de travailler à travers des résidus, afin que la semence soit positionnée avec précision. Des roues plombeuses (aussi appelées roues tasseuses) et des dispositifs tasseurs faits en plastique et ayant ni plus ni moins la courbe des bâtons de hockey peuvent être installés sur le semoir pour presser la graine dans le fond de la raie, ce qui améliore le contact sol-semence et assure une profondeur de semis plus uniforme.

Comme il est indiqué à la rubrique Lutte contre les mauvaises herbes, la maîtrise des plantes adventices est primordiale dans le cadre du semis direct. On devrait procéder systématiquement à une destruction chimique avant les semis afin d'assurer une maîtrise du pissenlit et d'autres annuelles d'automne. Voir la publication 75F du MAAO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes, pour connaître les recommandations sur la destruction chimique. Afin de réduire l'incidence de la maladie, traiter les semences à l'aide d'un fongicide. Pour plus d'information sur le traitement des semences, voir la publication 812F du MAAARO, Guide de protection des grandes cultures.

Dans les sols secs, l'ajout ou l'utilisation de coutres peut présenter un intérêt si l'on pratique le semis direct. Un léger ameublissement des sols secs et durs facilite et accélère le développement des racines et la croissance. Lors d'automnes pluvieux, un léger travail du sol peut accélérer l'assèchement du sol et permettre d'effectuer les semis dans de meilleures conditions. Il s'agit de recourir à ces méthodes de travail réduit du sol lorsque les conditions l'imposent. Il est important de veiller à bien préparer le lit de semence et de s'assurer que les semis se font le plus rapidement possible.

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Méthode traditionnelle

Des générations de producteurs ont employé la charrue à socs, les disques et le cultivateur pour préparer les lits de semence destinés à la culture des céréales. La plupart des cultures de céréales de printemps sont encore soumises aux méthodes traditionnelles de travail du sol. Même si ces méthodes fonctionnent bien, le fait qu'elles exposent davantage les sols à l'érosion et le fait que le travail du sol n'a pas d'effet sur les rendements ont incité les producteurs à se tourner vers les méthodes de travail réduit du sol. Dans le cadre des méthodes traditionnelles, les directives ayant trait au contact sol-semence, au milieu humide à offrir à la semence et à la précision de la profondeur des semis sont les mêmes que celles qui sont indiquées à la rubrique Semis direct. La différence entre les deux systèmes culturaux vient de ce que le travail du sol se trouve remplacé par la destruction chimique.

Semis sur sol gelé des céréales de printemps

L'ensemencement des céréales de printemps sur un sol gelé est une technique relativement nouvelle en Ontario qui permet de devancer considérablement les dates de semis et éventuellement d'accroître les rendements. Cette stratégie a été largement mise à l'épreuve et avec succès dans d'autres régions de l'Amérique du Nord.

On entend par « semis sur sol gelé » l'ensemencement des céréales dans un sol légèrement gelé au début du printemps. Une fois que la neige a fondu et que le sol n'est plus gelé en profondeur, il y a encore souvent en réserve plusieurs nuits froides oú les températures tombent sous le point de congélation. Il est possible de semer dans cette mince couche de gel, étant donné que le gel supporte le poids du tracteur et évite le compactage ou l'orniérage. Il n'est pas essentiel de refermer la raie lorsqu'on sème sur sol gelé, étant donné que le sol retombe naturellement en place et couvre la semence dès que le sol dégèle. Il s'agit pour l'opérateur de régler le semoir de manière à ce que celui-ci trace une raie peu profonde (de 2,5 cm ou 1 po) et tasse la graine dans le fonds de la raie.

La plage offerte pour pratiquer cette méthode de semis est de courte durée. Le gel ne donne généralement pas une surface suffisamment dure avant 2 à 4 h du matin et a par ailleurs complètement disparu dès 8 ou 10 h le matin. Ne pas pratiquer cette méthode de semis lorsque les températures de l'air tombent à - 8 °C. Le sol est alors trop dur et risque d'endommager le semoir de semis direct.

Malgré le fait que le laps de temps oú il est possible de pratiquer cette méthode est court et que l'occasion risque de ne pas se présenter tous les ans, il n'en reste pas moins que cette méthode de semis hâtifs peut donner des augmentations de rendement allant jusqu'à 25 %.

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Semis aérien du blé d'automne

Dans les régions de saison courte, ou lorsque le temps est pluvieux en fin de saison, envisager de procéder à des semis aériens. Les semis aériens donnent un maximum de résultats lorsqu'ils sont faits avant que les plants de soya n'aient perdu 10 % de leurs feuilles. Les feuilles de soya tombées au sol offrent une certaine protection et contribuent à retenir l'humidité dans le sol pour favoriser la germination du blé.

Les semis aériens donnent généralement des résultats décevants. La semence est extrêmement vulnérable aux dommages faits par les limaces. Les limaces se nourrissent en effet du germe du grain, ce qui peut décimer le peuplement, surtout dans les tournières. À première vue, la graine semble reposer normalement à la surface du sol, comme si elle attendait de germer, mais en y regardant de plus près, on s'aperçoit que le grain a été endommagé. On peut remédier en partie à ce problème en réensemençant les tournières après la récolte du soya.

Les semis aériens donnent un système racinaire superficiel, donc plus vulnérable au déchaussement et aux dommages causés par le vent (voir la rubrique Profondeur de semis). Au printemps, les plants de blé sont souvent attachés au sol uniquement par un poil absorbant. Si ce poil absorbant brise sous l'effet des mouvements de torsions imposés au plant par le vent, le plant meurt. Selon les données provenant d'essais à petite échelle effectués à la ferme, compte tenu de ces risques inhérents, les rendements du blé semé par aéronef seraient généralement de 10 % inférieurs à ceux du blé semé à l'aide d'un semoir à céréales. Les semis aériens ne constituent donc pas une méthode à privilégier, sauf lorsque les conditions le réclament. Il faut alors augmenter le taux de semis de 4,9 millions de graines/ha (2 millions de graines/ac), afin de compenser la réduction de la densité de peuplement.

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Semis à la volée

Afin d'accélérer les semis, on peut semer à la volée les céréales d'automne et de printemps. Il est par contre important de veiller à qu'il y ait un bon contact sol-semence et à ce que le taux de semis soit uniforme à la grandeur de la surface ensemencée et d'un passage à l'autre du pulvériseur.

Utiliser des unités de distribution à air pour obtenir un semis uniforme. Travailler le champ à faible profondeur (7,5 cm ou 3 po), par deux passages perpendiculaires, suivis d'un passage des rouleaux. Cette façon de procéder évite la formation de bigarrures dans les semis et améliore le contact sol-semence.

Cette méthode ne donne pas une profondeur de semis uniforme. Il s'ensuit donc souvent une variation dans la maturité et une réduction de 5 à 10 % du rendement. Si l'on effectue les semis à la volée, augmenter les taux de semis de 10 % pour compenser les risques de variabilité.

Mises à jour sur les céréales : Travail du sol

Aucune mise à jour n'est disponible présentement.

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