Dans cette section

Céréales : Fusariose

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 mars 2002
Dernière révision : 01 mars 2002
Extrait du Guide agronomique des grandes cultures (chapitre 6)
Pour commander la publication 811F du MAAO : Guide agronomique des grandes cultures

Table des matières

  1. Incidence
  2. Aspect
  3. Cycle de la maladie
  4. Stratégies de lutte
  5. Mises à jour sur les céréales : Fusariose
  6. Liens connexes...

Incidence

La fusariose est l'une des maladies les plus répandues des petites céréales en Ontario. Ces dernières années, d'importants foyers d'infection se sont déclarés là oú le temps a été doux et pluvieux entre le stade de la floraison et le stade pâteux mou. En plus de comporter des risques de pertes de rendement considérables, la fusariose peut produire des mycotoxines dangereuses pour le bétail.

Aspect

Les symptômes de la fusariose sont décelables peu après la floraison. Des épillets atteints (glumes et fleurons) semblent avoir mûri (blanchi) prématurément par comparaison aux épis sains qui sont verts. Le champignon peut s'attaquer à la totalité ou à une partie de l'épi. Le blanchiment des épis ou la fusariose apparaît de 3 à 5 jours après l'infection. L'épi au complet peut être détruit lorsque le col (dernier entre-nœud de la tige qui supporte l'épi) est infecté.

Planche 120. La brûlure de l'épi causée par Fusarium fait blanchir l'épi en totalité ou en partie. D'ordinaire, la tige reste verte.

Planche 120. La brûlure de l'épi causée par Fusarium fait blanchir l'épi en totalité ou en partie. D'ordinaire, la tige reste verte.

Par temps doux et humide, le champignon produit un anneau de spores allant du saumon au rose à la base de l'épillet ou dans le sillon du grain. Si les conditions se maintiennent, l'infection peut se propager aux grains adjacents. Les grains infectés sont habituellement ratatinés, plissés et légers. Ces grains ont un aspect rugueux et galeux et peuvent être brun clair, rose ou blanc grisâtre. L'importance des grains atteints de fusariose dépend du moment oú l'infection se produit et des conditions météorologiques au moment de l'infection.

Si l'on sème des semences infectées, on expose la culture à la phase de brûlure des plantules de cette maladie. Celle-ci est distincte de la fusariose. Les grains infectés risquent de ne pas germer et peuvent donner des peuplements qui laissent à désirer. Quant aux plants infectés qui lèvent, ils manquent parfois de vigueur et finissent souvent par mourir avant d'avoir eu la chance de s'établir. Les plantules infectées peuvent apparaître de brun clair à brun rougeâtre et être couvertes de moisissure blanche ou rose. Au fur et à mesure que les plants parviennent à maturité, ils sont de plus petite taille et ont moins de talles; leurs épis sont aussi plus petits. Si l'on coupe la racine ou le collet, on peut apercevoir la pourriture des racines qui va du brun clair au brun rougeâtre.

| Haut de la page |

Cycle de la maladie

Même si plusieurs espèces de Fusarium peuvent provoquer la fusariose, la principale est Fusarium graminearum, qui peut infecter le maïs, le blé, l'avoine et le seigle. Toutes les espèces hivernent dans des grains infectés, des paillettes, du chaume ou des résidus de paille ou de tiges laissés à la surface du sol. Les champignons survivent entre les cultures sous forme de spores asexuées (conidies), de filaments mycéliens et d'organes de fructification noirs violacés (périthèces), qui produisent les spores sexuées (ascospores). Les champignons prolifèrent et produisent des spores depuis le moment des récoltes jusqu'à ce que les résidus se soient décomposés dans le sol.

Le vent et les éclaboussures d'eau assurent la propagation des deux types de spores depuis les résidus infectés de la culture précédente jusqu'aux épis de blé. Les conidies sont produites sur les résidus de maïs et de petites céréales durant les épisodes de temps doux et humide, tandis que les acospores sont libérées durant les cycles pluvieux et secs. Ce faisant, le champignon est à même de disséminer des spores dans l'air pendant une période prolongée. Les spores qui atterrissent sur les épis ont besoin de pluie ou d'une forte rosée pour germer et envahir les parties florales (anthères), les glumes et les autres parties de l'épi. Les risques d'infection augmentent considérablement lorsque ces spores retombent durant des périodes prolongées de temps doux oú les températures oscillent entre
22 et 27 °C (70-80 °F) et que le temps est pluvieux et humide. Plus la période de temps pluvieux se prolonge pendant la floraison, plus les risques d'infection sont grands et par conséquent plus la maladie risque d'être grave. Si le temps doux et humide persiste, les masses de spores rose saumon produites sur les épillets seront disséminées par l'air et constitueront une autre source d'infection.

| Haut de la page |

Stratégies de lutte

Éviter de semer du blé après du blé ou du maïs. Lorsqu'on laisse des résidus de l'une ou l'autre de ces cultures à la surface du sol et qu'on sème ensuite du blé, les risques d'une infection par la fusariose se trouvent considérablement accrus. Un labour propre des résidus infectés réduit les risques d'infection propagée par les spores provenant du champ. Toutefois, la fusariose peut quand même être propagée par les spores poussées par le vent depuis des champs avoisinants lorsque les conditions météorologiques favorisent l'éclosion de la maladie. Comme bon nombre des grains infectés sont petits, ratatinés et plus légers que les grains sains, il est possible, en faisant fonctionner le ventilateur à une vitesse de rotation supérieure aux fourchettes normales, de faire en sorte qu'une grande partie de ces grains soient rejetés à l'arrière de la moissonneuse-batteuse. Il se peut que l'on perde ainsi une certaine quantité de bon grain (jusqu'à 0,13 t/ha ou 3 bo/ac). De bonnes pratiques d'entreposage et de séchage limiteront encore davantage la propagation de la fusariose après la récolte. On trouve actuellement peu de cultivars résistants sur le marché, mais de nouveaux cultivars sont en cours d'élaboration.

Une recherche menée au Collège de Ridgetown, Université de Guelph, sur la lutte contre la fusariose a débouché sur l'élaboration d'un modèle de prévision de la mycotoxine (vomitoxine). Le modèle a été élaboré à partir des données recueillies sur de nombreuses années (1996-2000) et dans 399 champs du sud de l'Ontario. Il continue d'être modifié et est assez innovateur puisque qu'il met en relation l'accumulation de vomitoxine dans le grain de blé et les conditions environnementales qui règnent autour du stade de l'épiaison, et cherche à expliquer le lien qu'il peut y avoir avec la production de l'inoculum, l'infection des épis de blé et la prolifération fongique qui suit dans l'épi. Voir les cartes de prévision élaborées pour l'Ontario sur le site Web suivant : www.ridgetownc.on.ca/OWN/Fusarium/Fusarium_Frame.htm.

| Haut de la page |

Mises à jour sur les céréales : Fusariose

Aucune mise à jour n'est disponible présentement.

Liens connexes...

...sur les céréales
...sur les maladies

| Haut de la page |

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca