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Cultures fourragères : Charançon postiche de la luzerne
Extrait du Guide agronomique des grandes cultures (chapitre 5)Pour commander la publication 811F du MAAO : Guide agronomique des grandes culturesTable des matières
DescriptionAu stade adulte, le charançon postiche de la luzerne est brun, mesure environ 5 mm de long et a une bande longitudinale brun foncé au milieu du dos. Les larves, vert vif, ont la tête noire, six pattes et une rayure blanche au milieu du dos. À leur plein développement, elles mesurent environ 8 mm de long.
Planche 92. Au stade adulte, le charançon postiche de la luzerne mesure environ 8 mm de long. Il se caractérise par une bande sombre longitudinale sur le dos.
Planche 93. Les larves du charançon postiche de la luzerne se nourrissent de feuilles dont elles ne laissent que le squelette. Les larves ont la tête noire.
Cycle biologiqueLes adultes hivernent dans les résidus de culture et émergent au printemps pour se nourrir des nouvelles pousses de luzerne; ils pondent leurs ufs dans les tiges de luzerne en mai. Une fois écloses, les larves atteignent le sommet des plants de luzerne, d'où elles se nourrissent des feuilles et des bourgeons. À la fin juin ou au début juillet, elles s'enferment dans des cocons blancs peu serrés, dans les feuilles; c'est la pupaison. Les adultes sortent des pupes une ou deux semaines plus tard. DommagesCe sont les larves qui causent le plus de dégâts, car elles s'alimentent de l'intérieur des bourgeons à feuille et se déplacent vers le sommet des plants. Les dommages se manifestent d'abord par des perforations, puis des tissus d'apparence décharnée entre les nervures. Dans les champs de luzerne fortement infestés, les larves endommagent les feuilles au point que les champs ont l'air blanc grisâtre ou givré. Les adultes qui se nourrissent pendant l'été ne causent pas de dégâts considérables. Techniques de dépistageInspecter plusieurs parties de chaque champ deux fois par semaine entre la mi-mai et le mois de juin. Les premiers dommages se manifestent dans les sols peu profonds ou sur les pentes au sud, surtout si le printemps est chaud et sec. En Ontario, on a observé que le point culminant des dommages causés par les larves coïncide normalement avec le stade du bouton de la première culture. Pour compter les larves, il suffit de prélever 30 tiges suivant un tracé en forme de « M ». Ensuite, les placer à l'intérieur d'un seau blanc et les frapper contre la paroi afin d'enlever les larves des troisième et quatrième stades larvaires. Les larves des premier et deuxième stades (moins de 3 mm de long) sont d'une couleur variant de jaune pâle à vert pâle, et leur rayure blanche ne paraît pas encore. Il peut y en avoir dans les feuilles supérieures, mais il ne faut pas compter ces larves plus jeunes. Vérifier si les larves des charançons sont actives et saines. Les larves infectées par le champignon pathogène se déplacent lentement et sont de couleur jaune ou havane. Seuils d'interventionOn se base sur les niveaux de dommages aux pointes des feuilles et sur les comptes de charançons pour évaluer les seuils d'intervention et les mesures appropriées (coupe ou insecticide). Si 40 % des pointes des feuilles sont abîmées, s'il y a deux ou trois charançons actifs par tige, et s'il reste plus de 7-10 jours avant la date de récolte optimale, il faut envisager d'épandre un insecticide. On entend par feuilles abîmées le pourcentage de pointes des feuilles qui présentent des signes évidents de dommages. Ne pas confondre ce pourcentage avec le pourcentage de défoliation.
Si les populations de charançons sont élevées lors d'une première coupe tardive, il peut arriver que les larves survivantes s'alimentent des repousses de luzerne, ce qui peut entraîner une perte totale du peuplement. Si le champ est fortement infesté, il faut surveiller la repousse du chaume. Le symptôme principal est que les plants de luzerne ne verdissent pas, car les charançons se nourrissent des bourgeons du collet. La présence d'au moins deux larves actives par collet, ou de 4-8 larves/pi2, justifie la pulvérisation d'un insecticide sur le chaume. Stratégies de lutteOn signale la présence de mycoses et de plusieurs espèces
de parasites en Ontario et, la plupart des années, il n'est
pas nécessaire de traiter les peuplements de fourrages avec
des insecticides. La clé de la lutte contre le charançon
postiche de la luzerne est la récolte en temps opportun ou
l'application d'un insecticide fondée sur l'inspection des
champs. Si l'infestation est menaçante, il faut faucher immédiatement
les champs afin d'éliminer les dommages dus à l'alimentation.
Le moment idéal pour faucher, c'est-à-dire pour obtenir
du fourrage de qualité, est le stade du bouton. À l'occasion,
s'il fait chaud au mois de mai, les charançons éclosent
tôt et les dommages dus à l'alimentation se manifestent
avant qu'il ne soit pratique de récolter la luzerne. Le cas
échéant, il pourrait être justifié d'épandre
un insecticide. Consulter la publication 812F du MAAO, Guide de protection
des grandes cultures, pour plus d'information. Les insecticides pour
le charançon postiche de la luzerne peuvent aider à
lutter contre d'autres ravageurs, par exemple la cicadelle de la pomme
de terre et la punaise. Il est à noter cependant que l'utilisation
d'un insecticide sur la luzerne tue aussi les insectes utiles, les
ennemis naturels de ces ravageurs. L'emploi d'insecticides augmente
donc les risques d'infestations futures. (Pour
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