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Cultures fourragères : Récolte et
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| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
|---|---|
| Date de création : | 01 mars 2002 |
| Dernière révision : | 01 mars 2002 |
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Guide
agronomique des grandes cultures > Publication
811F : Cultures fourragères > Récolte et
entreposage - foin sec
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On peut conserver un maximum de valeur nutritive lorsque les pertes au champ et à l'entreposage sont réduites au minimum. L'importance de chacune de ces pertes est déterminée en grande partie par la teneur en eau du fourrage lorsqu'il est entreposé. L'entreposage de foin sec s'accompagne de pertes élevées au champ, mais de pertes relativement faibles à l'entreposage. Par contre, l'entreposage de fourrages pour l'ensilage préfané s'accompagne de pertes réduites au champ, mais de pertes à l'entreposage plus élevées (voir la figure 5-2, Estimation des pertes de foin et d'ensilage préfané à la récolte et à l'entreposage).

Figure 5-2. Estimation des pertes de foin et d'ensilage
préfané à la récolte et à l'entreposage
Adapté de Hoglund, 1964.
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Les faucheuses à disques sont plus fiables que les faucheuses
à barre de coupe lorsque le fourrage est versé ou dans
des peuplements très denses. Les faucheuses à disques
peuvent faire le travail plus rapidement, mais peuvent coûter
plus cher.
Les conditionneurs de fourrage broient, crêpent ou battent les
tiges et en accélèrent ainsi le séchage. Un séchage
plus rapide réduit les risques d'exposition à la pluie
et synchronise le séchage des feuilles et des tiges, ce qui
diminue l'effritement des feuilles. Généralement, les
graminées sèchent plus rapidement que les légumineuses.
Les andains doivent être le plus larges possible pour réduire
la densité du fourrage et augmenter la surface d'évaporation.
Plusieurs pertes sont associées à la production de foin sec (moins de 20 % d'humidité). Comme les feuilles contiennent environ la moitié de la matière sèche et les deux tiers des protéines, la perte de feuilles influe grandement sur la qualité et le rendement.
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Respiration
Même après la coupe, les fourrages continuent de respirer et de consommer des sucres jusqu'à ce que la teneur en eau baisse à moins de 40 %. Lorsque les conditions permettent un séchage relativement rapide, ces pertes peuvent être réduites au minimum : 2-8 % de la matière sèche totale. Dans le cas contraire (température basse, humidité élevée, etc.), les plants prennent plus de temps à atteindre une teneur en eau de 40 %, et on a déjà vu des pertes de matière sèche aussi élevées que 16 %.
Altération sur pied
La pluie sur du foin andainé empêche la respiration
et cause d'autres pertes. Les nutriments comme les sucres simples
sont lessivés à partir des feuilles et les pertes foliaires
augmentent, ce qui diminue la digestibilité. Comme les feuilles
perdent les sucres qu'elles contiennent, la dilution est moins grande
et le pourcentage de protéines augmente. Cependant, la quantité
de protéines produites par acre est réduite, ainsi que
leur digestibilité. L'altération sur pied diminue également
la prise alimentaire.
Pertes mécaniques
Au fur et à mesure que le fourrage sèche, les feuilles
et les petites tiges deviennent plus fragiles. Toute opération
mécanique, comme l'andainage et le fanage, faite sur une matière
contenant moins de 40 % d'eau, entraîne des pertes de feuilles.
Plus la teneur en eau est basse, plus les pertes sont grandes. Andainer
lorsque le foin est humide. L'andainage réalisé lorsque
le foin est humide le matin, alors qu'il y a encore de la rosée
sur le foin réduit les pertes de feuilles. Les faneuses sont
plus souvent utilisées pour les prairies de fauche. Les pertes
lors du ramassage par la presse à fourrage et dans la chambre
de mise en balles peuvent être réduites en andainant
à une teneur en eau plus élevée et en avançant
à la vitesse maximale.
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Pertes potentielles à la fenaison
Les pertes à la fenaison qui ont été enregistrées dans le cadre de recherches sont résumées au tableau 5-12, Pertes potentielles à la fenaison .
| Source de perte | Pertes en matière sèche (%) |
|---|---|
| Respiration |
2-16
|
| Coupe et conditionnement |
2-5
|
| Andainage |
5-25
|
| Mise en petites balles |
3-8
|
| Mise en grosses balles |
1-15
|
| Transport |
1-10
|
| Pertes potentielles totales |
10-71
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Le foin qui est suffisamment sec et qui est entreposé sous
un couvert protecteur subit normalement un minimum de pertes à
l'entreposage. On attribue généralement ces pertes à
la manipulation des balles pendant leur déplacement.
Le foin très humide présente des risques d'altération
causée par l'action des microorganismes qui métabolisent
les sucres et dégagent de la chaleur. La température
finale du foin dépend :
Le tableau 5-13, Guide des teneurs en eau à l'entreposage, donne une indication des teneurs en eau à respecter pour l'entreposage de différents types de balles.
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| Type de balles | Teneur en eau à l'entreposage (%) |
|---|---|
| Petites balles rectangulaires |
15-18
|
| Grosses balles rondes - centre moins dense |
13-16
|
| Grosses balles rondes - centre plus dense |
12-15
|
| Grosses balles rectangulaires |
12-15
|
Source : Clarke and Stone, MAAO, 1993.
Si on entrepose les balles à l'intérieur ou si on recouvre les grosses balles, les pertes dues à l'altération sont considérablement réduites. Dans une balle ronde de 1,5 m (5 pi) de diamètre, 19 % du foin se trouve dans la couche externe de 15 cm (6 po) et 36 %, dans la couche externe de 30 cm (12 po). L'entreposage à l'extérieur doit se faire dans un emplacement bien drainé. Voir la fiche technique du MAAO, Entreposage des grosses balles rondes, commande no 89-015.
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L'ignition du foin humide à la suite de l'échauffement est communément appelée combustion spontanée. La combustion spontanée a lieu lorsque qu'il y a suffisamment d'humidité, d'oxygène et de matière organique pour permettre la croissance de bactéries et de moisissures. Cette réaction peut être autonome. Les gaz produits s'enflamment lorsqu'ils atteignent une température suffisamment élevée. Il faut prendre soin de vérifier si le foin est assez sec pour être mis en balles ou entreposé. La combustion spontanée du foin a lieu habituellement pendant les deux premiers mois de l'entreposage.
Habituellement, une des premières indications d'échauffement
du foin est une odeur de tabac à pipe, et parfois de la vapeur
s'échappant de la grange. Il faut surveiller la température
dans la grange en plongeant une sonde pointue, faite avec un tube
de cuivre, dans le foin et en y insérant ensuite un thermomètre
à confiserie attaché à une corde. Il ne faut
jamais prendre la température sans être accompagné
de quelqu'un, car il y a risque de tomber dans les poches de feu qui
peuvent se développer.
On peut suivre le guide de températures suivant :
Si on ne dispose pas de thermomètre, on peut plonger une tige
de fer ou de cuivre profondément dans le foin pendant une heure
pour avoir une idée de la température du foin. Si la
tige, une fois retirée, est presque trop chaude pour être
tenue à mains nues, il y a un problème.
Voir la fiche technique du MAAO, Incendies
de silo ou de grange à foin sur votre ferme, commande no 93-027a.
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| Agents de conservation du foin | Dessicants |
Souvent, les conditions météorologiques en Ontario ne permettent pas toujours de faire sécher facilement le foin au champ. Par contre, il est possible de se procurer des dessicants et des agents de conservation pouvant aider à réduire les pertes de matière sèche dues au séchage du foin. En fait, ces produits permettent la mise en balles à une teneur en eau supérieure ou augmentent la vitesse de séchage.
Agents de conservation du foin
Comme la quantité d'agent de conservation dépend de
la teneur en eau du foin au moment de la mise en balles, il est crucial
de mesurer la teneur en eau avec précision. En fait, il s'agit
probablement du talon d'Achille de la conservation du foin, car les
doseurs d'humidité peuvent ne pas être suffisamment précis
pour permettre de régler convenablement la dose d'agent de
conservation requise. Même si on utilise une méthode
précise telle que le séchage au four d'un échantillon,
il peut y avoir une différence d'humidité aussi grande
que 10 à 15 % à l'intérieur d'un même andain.
Cette variation peut entraîner la formation de poches de matière
humide qui ne reçoivent par conséquent pas un traitement
adéquat. Pour calculer la fourchette de teneurs en eau, il
faut faire quelques balles de foin et prélever des échantillons
de celles-ci plutôt que de l'andain.
Il y a une différence entre la teneur en eau moyenne et la
teneur en eau maximale. Quand on lit l'étiquette du produit,
on doit prêter attention à la mesure à laquelle
on fait référence. Régler la dose d'agent de
conservation en fonction de la teneur en eau maximale plutôt
qu'en fonction de la teneur en eau moyenne.
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Les agents de conservation sur le marché se répartissent
en trois catégories :
1. Acides organiques
Les mélanges d'acide propionique et d'autres acides organiques,
quand ils sont employés aux bonnes concentrations, permettent
la mise en balles du foin à des teneurs en eau plus élevées,
sans que le foin risque de chauffer. Ces mélanges tamponnés
ont un pH d'environ 6,0; ils ne font pas décaper la peinture
et n'irritent pas la peau et les yeux comme le faisaient les produits
d'autrefois. Il faut vérifier les concentrations et respecter
les doses précisées sur l'étiquette.
On obtient de bons résultats si on utilise les produits à
base d'acide propionique de la façon suivante :
2. Ammoniac anhydre
On entend par ammoniac anhydre un agent de conservation qui permet
d'accroître la teneur en protéines brutes et la digestibilité
du foin de mauvaise qualité. La dose recommandée est
de 1 % du poids du foin sec, la teneur en eau du foin ne devant pas
dépasser 30 %. De plus, le foin doit être couvert d'un
plastique de manière à retenir l'ammoniac; autrement,
l'effet de conservation ne sera que temporaire.
L'ammoniac anhydre n'est pas un agent de conservation aussi efficace
que les acides organiques et ne devrait pas être appliqué
à du foin de haute qualité. En effet, son utilisation
sur du foin de grande qualité a déjà entraîné
la maladie de la vache folle : les animaux touchés percutent
violemment des obstacles, ont des convulsions et, parfois, meurent.
On ne doit pas donner de foin de grande qualité traité
à l'ammoniac aux animaux qui ont des besoins nutritionnels
importants, telles les vaches en lactation.
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3. Inoculants bactériens
Il existe peu de preuves que les inoculants pour le foin contenant
diverses espèces de bactéries permettent d'empêcher
l'échauffement des balles de foin et, par conséquent,
de produire des balles plus vertes et contenant moins de poussière.
Demander aux représentants des fabricants de fournir des résultats
de recherches indépendantes afin d'étayer leurs propos.
Il est important que l'étiquette précise que le produit
s'emploie sur la culture que l'on veut traiter. Quand on utilise ces
produits, on doit prêter une grande attention aux teneurs en
eau maximales recommandées.
Les inoculants pour ensilage qui contiennent des espèces appartenant
au genre Lactobacillus ne sont pas efficaces sur le foin sec, car
le foin n'est pas suffisamment humide pour favoriser la croissance
des lactobacilles. De plus, ils ne fonctionnent pas très bien
en présence d'oxygène.
Des dessicants tels que les carbonates de sodium et de potassium
sont appliqués au moment de la coupe et peuvent accélérer
le séchage d'une journée entière si les conditions
sont idéales. En effet, ces produits chimiques brisent la couche
cireuse de la tige, ce qui, lorsque les conditions de séchage
sont bonnes, accroît la vitesse à laquelle l'humidité
quitte les plants. Pour obtenir de bons résultats, observer
les règles suivantes :
Même avec des dessicants, le processus de séchage dépend des conditions météorologiques. Il faut de fait que la température soit élevée et l'humidité, faible. Les dessicants sont donc moins efficaces sur les premières coupes que sur les suivantes. De plus, les andains traités ne perdent pas leur humidité due à la pluie aussi rapidement que les andains non traités et sont plus vulnérables aux dommages causés par la pluie.
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L'installation des systèmes de séchage du foin en grange s'inscrit dans la production de foin de qualité. Un système de séchage du foin bien géré réduit la durée du préfanage au champ et donc le risque de détérioration par la pluie; il limite aussi la chute des feuilles et élimine le danger d'incendie déclenché par la combustion spontanée (voir la rubrique Échauffement du foin). Le séchoir à foin en grange est constitué d'un ventilateur et de conduites de distribution d'air qui forcent l'air extérieur à se déplacer au travers du foin préfané qui a été entreposé dans la grange. En traversant la masse du foin, l'air élimine la chaleur et l'excès d'humidité et finit le processus de fanage qui a débuté au champ. Voir la fiche technique de MAAO, Séchage du foin en grange, commande no 96-214.
Les paramètres de qualité concernant le foin pour chevaux
sont différents de ceux du foin pour le bétail et les
moutons. Bon nombre de propriétaires de chevaux jugent la qualité
du foin principalement en fonction de l'absence de moisissure, de
poussière et de mauvaises herbes, ainsi qu'à sa couleur.
Le foin qui n'était pas suffisamment sec au moment de la mise
en balles moisit et devient poussiéreux, ce qui entraîne
des problèmes respiratoires chez les chevaux. Le foin destiné
aux chevaux ne doit pas avoir été exposé à
la pluie. Nombre de chevaux n'ont pas besoin de foin riche en protéines.
Un mélange fléole-luzerne est courant. Souvent, le foin
pour chevaux peut être récolté plus tard dans
la saison de fenaison, quand le degré de maturité du
foin est plus avancé. On peut ainsi mieux étaler la
fenaison et on risque moins d'exposer le foin à la pluie. Il
s'ensuit un rendement accru en matière sèche, au prix
toutefois d'un foin plus pauvre en protéines et en énergie.
Le foin pour chevaux en petites balles rectangulaires est assez en
demande, car la plupart des propriétaires de chevaux ne disposent
pas de l'équipement nécessaire à la manutention
de grosses balles. Voir la fiche technique du MAAO, Les
chevaux - Fourrages, (disponible en anglais seulement.)
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