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Cultures fourragères : Fertilisation

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 mars 2002
Dernière révision : 01 mars 2002

 

Les renseignements sur cette page proviennent de la version 2002 de la Publication 811F. L'édition 2009 de la Publication 811F sera disponible en Septembre 2009. Nous nous excusons de cet inconvénient. Pour tout renseignement sur ce site, veuillez vous adresser: Centre d'information agricole au ag.info.omafra@ontario.ca.

 

Extrait du Guide agronomique des grandes cultures (chapitre 5)

Pour commander la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures

Table des matières

  1. Azote
  2. Phosphate et potasse
  3. Analyse de tissus végétaux
  4. Oligo-éléments
  5. Fumier
  6. Chaulage
  7. Mises à jour sur les cultures fourragères : Fertilisation
  8. Liens connexes...

Azote

Les peuplements fourragers contenant plus de 50 % de légumineuses ne demandent pas de fertilisation azotée. Pour connaître les recommandations sur l'azote, voir ci-contre le tableau 5-6, Doses d'azote recommandées sur les cultures fourragères vivaces, et le tableau 5-7, Recommandations relatives aux apports d'azote pour pâturages ou prairies de fauche améliorés.

Tableau 5-6. Doses d'azote recommandées sur les cultures fourragères vivaces

CultureN nécessaire (kg/ha)
Semis de légumineuses ou d'un mélange légumineuse-céréale
Sans culture-abri
0
Avec culture-abri
15
Pâturage non amélioré
50
Graminée de semence
90
Foin ou pâturage
1/2 ou plus de légumineuses
0
De 1/3 à 1/2 de légumineuses
60
Graminées (moins de 1/3 de légumineuses)

100 kg/ha = 90 lb/ac

Tableau 5-7. Recommandations relatives aux apports d'azote pour pâturages ou prairies de fauche améliorés

Prix du
foin
($/tonne)

Application1 Coûts de l'engrais azoté
60 $/kg70 $/kg80 $/kg90 $/kg
N nécessaire2 (kg/ha)
30
1re
95
75
70
70
2e
75
60
50
35
3e
60
50
40
30
50
1re
130
125
115
105
2e
105
100
90
80
3e
85
80
70
65
70
1re
150
140
135
130
2e
120
115
110
100
3e
95
90
85
80

100 kg/ha = 90 lb/ac

1La première application doit être faite avant le 10 mai. La deuxième application doit être faite après la première coupe. La troisième application doit être faite après la deuxième coupe, mais seulement si l'on compte faire une troisième coupe.
2Pour les fourrages à entreposer : réduire la dose d'engrais selon le type et la dose de fumier épandu (voir la rubrique Fumier). Pour les pâturages : réduire toutes les doses du tiers en raison de l'apport en urine et en fumier du bétail.

Les peuplements de graminées contenant moins d'un tiers de légumineuses exigent de grandes quantités d'azote pour donner un rendement optimal. Si les conditions le permettent, il est généralement plus rentable de resemer un mélange contenant des légumineuses. Il peut cependant être profitable d'apporter de l'azote à des peuplements de graminées composés d'espèces productives comme le brome, le dactyle pelotonné ou la fléole. On augmente en même temps la teneur en protéines du fourrage. La dose recommandée pour les graminées dépend du rapport entre le prix de l'azote et celui du foin (voir le tableau 5-7). On devrait faire la première application aussitôt que possible au printemps, et en faire une deuxième après la deuxième et la troisième coupes. Pour éviter les risques de toxicité par les nitrates, il ne faut jamais épandre plus de 170 kg d'azote/ha à la fois.

Les signes de carence en azote dans les fourrages sont le jaunissement généralisé et le rabougrissement des plants. Ils peuvent apparaître d'abord sur les parties basses des plants. Chez les légumineuses, les signes de carence en azote sont une faible nodulation et/ou un faible niveau de pH dans le sol.

Phosphate et potasse

Les doses recommandées de phosphate et de potasse sont indiquées au tableau 5-8, Doses de phosphate recommandées pour les cultures fourragères, d'après les analyses de sol reconnues par le MAAARO, et au tableau 5-9, Doses de potasse recommandées pour les cultures fourragères, d'après les analyses de sol reconnues par le MAAARO. Si l'on ne dispose pas des résultats d'une analyse de sol reconnue par le MAAARO, ou pour apprendre à utiliser ces tableaux, se référer à la rubrique Recommandations d'engrais.

Tableau 5-8. Doses de phosphate recommandées pour les cultures fourragères, d'après les analyses de sol reconnues par le MAAARO

Teneur en phosphore (ppm) évaluée au bicarbonate de sodiumAu semis avec ou sans culture-abri Semis en bandes sans culture-abri1Peuplements établisPâturages non améliorés
Cote

Phosphate
(P2O5) à appliquer2
(kg/ha)

CotePhosphate
(P2O5) à appliquer2
(kg/ha)
CotePhosphate
(P2O5) à appliquer2
(kg/ha)
CotePhosphate
(P2O5) à appliquer2
(kg/ha)
0-3
Basse
130
Basse
130
Basse
180
Basse
70
4-5
Basse
110
Basse
110
Basse
120
Basse
60
6-7
Basse
90
Basse
90
Basse
90
Basse
50
8-9
Basse
70
Basse
70
Basse
60
Basse
30
10-12
Moyenne
50
Moyenne
50
Moyenne
30
Moyenne
20
13-15
Moyenne
30
Moyenne
40
Moyenne
20
Moyenne
20
16-20
Moyenne
20
Moyenne
30
Haute
0
Haute
0
21-25
Moyenne
20
Moyenne
20
Haute
0
Haute
0
26-30
Haute
0
Haute
20
Très Haute
0
Haute
0
31-40
Haute
0
Haute
20
Très Haute
0
Très Haute
0
41-50
Très Haute
0
Haute
20
Très Haute
0
Très Haute
0
51-60
Très Haute
0
Très Haute
0
Très Haute
0
Très Haute
0
61+
Excessive3
0
Excessive3
0
Excessive3
0
Excessive3
0

100 kg/ha = 90 lb/ac

1Le semis doit être fait en bandes directement au-dessus de l'engrais enfoui.
2Si on épand du fumier, il faut réduire la dose d'engrais en fonction de la quantité et du type de fumier utilisé (voir la rubrique Fumier).
3Des teneurs excessives peuvent entraîner une chute du rendement, altérer l'equilibré des éléments nutritifs de l'aliment et accroître le risque de pollution de l'eau.

Tableau 5-9. Doses de potasse recommandées pour les cultures fourragères, d'après les analyses de sol reconnues par le MAAARO

Teneur en potassium (ppm)é évaluée à l'acétate d'ammoniumAu semis avec ou sans culture-abriApplications d'automne sur nouveaux semis et peuplements établis
CotePotasse (K2O) à appliquer1
(kg/ha)
CotePotasse (K2O) à appliquer1
(kg/ha)
0-15
Basse
90
Basse
480
16-30
Basse
80
Basse
400
31-45
Basse
70
Basse
320
46-60
Basse
50
Basse
270
61-80
Basse
40
Basse
200
81-100
Moyenne
30
Basse
130
101-120
Moyenne
20
Moyenne
70
121-150
Moyenne
20
Moyenne
20
151-180
Haute
0
Haute
0
181-250
Très Haute
0
Très Haute
0
251+
Excessive2
0
Excessive2
0

100 kg/ha = 90 lb/ac

1Si l'on épand du fumier, il faut réduire la dose d'engrais en fonction de la quantité et de la qualité de fumier utilisé (voir la rubrique Fumier).
2Des teneurs « excessives » peuvent entraîner une baisse du rendement ou de la qualité des cultures à cause de la carence en magnésium qui s'ensuit. Des concentrations supérieures à 251 ppm se trouvent parfois dans les sols argileux et les loams argileux, mais ne devraient pas causer de problèmes puisque les sols normalement riches en potassium sont en général riches en magnésium.

En cas de semis direct sur un sol nécessitant un apport de phosphate, l'établissement de la culture peut être amélioré par la mise en place d'un engrais riche en cet élément, à 5 cm sous la semence. On utilise pour cela un semoir à céréales muni d'une trémie pour engrais et d'une autre pour semences de graminées. L'engrais est déposé par les disques ouvreurs et les semences fourragères sont déposées sur un sol bien ferme, juste en arrière des disques ouvreurs. Habituellement, on conseille de tasser la surface du sol immédiatement après le semis.

La potasse peut améliorer davantage la longévité des fourrages si elle est apportée dans les six semaines précédant le début de la période de repos d'automne. On rencontre parfois des carences en potasse dans la luzerne. Celles-ci se manifestent par l'apparition de petits points pâles sur les folioles. Ces points peuvent se trouver un peu partout sur le foliole, mais se concentrent habituellement près des pourtours (voir planche 87).

Planche 87. Carence en potassium (K) signalée par les petits points pâles près du pourtour des folioles.

Planche 87. Carence en potassium (K) signalée par les petits points pâles près du pourtour des folioles.

Les graminées et les trèfles ont moins de risques de présenter des symptômes de carence en potasse. Le phosphate, si nécessaire, peut être appliqué en même temps que la potasse ou à un autre moment de l'année. Il y a très peu de symptômes de carence en phosphate et ils ne sont pas propres aux fourrages, mais une carence en phosphate peut se manifester par un rabougrissement et une faible survie à l'hiver des légumineuses.

Analyse de tissus végétaux

Pour l'analyse des légumineuses fourragères, échantillonner chaque espèce séparément. On recommande de prendre une plante coupée à la hauteur de coupe normale, à la fin du stade du bouton. Consulter le tableau 5-10, Interprétation des résultats d'analyse des tissus végétaux pour la luzerne.

Tableau 5-10. Interprétation des résultats d'analyse des tissus végétaux pour la luzerne

Élément fertilisantUnitéConcentration
critique1
Concentration
normale
maximale 2
Azote (N)
%
-
5,5
Phosphore (P)
%
0,20
0,5
Potassium (K)
%
1,70
3,5
Calcium (Ca)
%
-
4,0
Magnésium (Mg)
%
0,20
1,0
Soufre (S)
%
0,22
-
Bore (B)
ppm
20,0
90,0
Cuivre (Cu)
ppm
5,0
30,0
Manganèse (Mn)
ppm
20,0
100,0
Molybdène (Mo)
ppm
0,5
5,0
Zinc (Zn)
pm
10,0
70,0

Ces valeurs se rapportent à un plant fauché à une hauteur de coupe normale à la fin du stade du bouton.

1Il faut prévoir une baisse de rendement due à une carence en un élément nutritif lorsque la concentration de l'élément nutritif tombe au niveau critique ou sous celui-ci.
2Les concentrations normales maximales sont plus que suffisantes, mais ne causent pas nécessairement de toxicité.

Cependant, les plants soupçonnés de carence en éléments nutritifs doivent être échantillonnés dès que le problème apparaît. Pour l'échantillonnage fait à d'autres moments que l'épiaison et sur d'autres espèces que la luzerne, un échantillon doit être prélevé à la fois dans les zones déficientes et dans les zones saines du champ à des fins de comparaison. Un échantillon du sol doit être prélevé au même endroit et au même moment que l'échantillon de tissu végétal.

Oligo-éléments

| Bore | Soufre | Autres oligo-éléments |

Bore

Le bore est important pour la luzerne. Cependant, il n'est pas nécessaire d'en épandre sur tous les sols. La carence en bore apparaît surtout dans les sols sableux à pH élevé. On recommande d'épandre du bore sur tous les sols sableux, en particulier sur les loams et les loams sableux de la région située à l'est de l'escarpement du Niagara jusqu'au comté de Frontenac inclusivement. La carence en bore est plus fréquente dans les sols se ressuyant rapidement dans des conditions sèches.

Dans le cas de la luzerne, toute carence en bore commence par affaiblir la floraison et réduire la mise à graine. À mesure que la carence s'accentue, les jeunes feuilles du haut commencent à jaunir ou à rougir sur différents plants (voir planche 88). La croissance de la luzerne peut être grandement touchée, tout comme sa rusticité.

Plate 88. Carence en bore qui se manifeste par le jaunissement ou le rougissement des feuilles du haut et par un ralentissement de croissance.
Planche 88. Carence en bore qui se manifeste par le jaunissement ou le rougissement des feuilles du haut et par un ralentissement de croissance.

On peut corriger la carence en bore, ou encore la prévenir, par un épandage annuel de pleine surface de 1 à 2 kg de bore/ha. Ne pas épandre le bore en bandes au semis.

Il ne faut pas employer de mélanges engrais-herbicides en traitements foliaires à moins que ce ne soit recommandé par des autorités compétentes. Pour plus de renseignements sur la carence en bore et sur les modes d'épandage, voir la fiche technique du MAAARO, Fertilisation boratée de la luzerne, commande no 97-100.

Soufre

Rares sont les régions de l'Ontario où l'on a déjà observé une carence en soufre dans les cultures fourragères. Le soufre contenu dans les précipitations acides du nord-est et du sud de l'Ontario suffit aux besoins des cultures. La luzerne présente parfois une carence en soufre dans le nord-ouest de l'Ontario, dans les sols sableux contenant peu de matières organiques. Les signes de carence en soufre sont semblables à ceux d'une carence en azote, soit un jaunissement général des plants.

Autres oligo-éléments

On n'a pas observé de carences en cuivre, en zinc ou en manganèse dans les cultures fourragères en Ontario.

Fumier

Le fumier est une excellente source d'éléments fertilisants et peut remplacer les engrais chimiques. C'est une excellente source d'azote pour les graminées; cependant, les légumineuses fourragères utilisent peu efficacement l'azote du fumier. Ne pas épandre de fumier sur les légumineuses fourragères vivaces lorsqu'il y a de la neige au sol; la glace qui se forme souvent en dessous du fumier risquerait de détruire les plants (voir la rubrique Fumier).

Chaulage

Les légumineuses ne tolèrent généralement pas les sols acides. Les sols acides doivent être chaulés au cours de l'année qui précède le semis, aux doses recommandées par les rapports d'analyses de sol (voir la rubrique Acidité du sol et chaulage). L'application de chaux sur des peuplements établis n'est généralement pas rentable.

Mises à jour sur les cultures fourragères : Fertilisation

Aucune mise à jour n'est disponible présentement.

Liens connexes...

...sur les cultures fourragères
...sur la fertilisation

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca