Céréales : Choix du cultivar

 

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Table des matières

 

Les principes qui régissent le choix d'un bon cultivar ne varient pas beaucoup d'une culture à l'autre. La sélection des cultivars de blé est compliquée par les facteurs de qualité des produits finaux et leurs effets sur les prix et les rendements. On cultive davantage de types de blé en Ontario que dans toute autre région du nord-est de l'Amérique du Nord. Les marchés de la meunerie et de l'avoine pour chevaux ont aussi des critères de qualité qui leur sont propres, tout comme ceux de l'orge destinée à la consommation humaine ou à la brasserie.

Critères habituels de sélection des cultivars

  • Choisir les cultivars en fonction des conditions de croissance locales et de l'utilisation finale prévue. Comparer les cultivars du point de vue de leur potentiel de rendement, de leur résistance à la verse, de leur tolérance aux maladies et des autres facteurs agronomiques. Pour choisir un cultivar, il est utile de bien connaître les limitations d'une exploitation ou d'un champ donné.
  • Utiliser toutes les sources d'information disponibles. Il existe un excellent système d'évaluation du rendement des cultures céréalières. Chaque année, le MAAARO présente l'information pertinente sous forme de fiches techniques que l'on peut consulter sur son site Web, www.ontario.ca/cultures ou sur celui du Comité des céréales de l'Ontario, www.gocereals.ca.
  • Comparer le rendement des cultivars à partir de données recueillies sur de longues périodes et dans un grand nombre de sites. Des cultivars qui fournissent d'excellents résultats dans certaines conditions environnementales peuvent s'avérer très décevants l'année suivante. Par exemple, un cultivar d'avoine qui excelle en l'absence de rouille peut donner la pire performance une année où la rouille apparaît tôt en saison. Le choix des meilleurs cultivars donnant un rendement stable doit se fonder sur des données à long terme provenant de nombreux sites.
  • Choisir deux ou trois des meilleurs cultivars sur le marché. Il est toujours préférable de répartir les risques. Le choix de plusieurs cultivars réduit les risques liés aux maladies et permet d'étaler la charge de travail au moment des récoltes.

Tolérance à la germination sur pied

La résistance à la germination sur pied varie beaucoup d'un cultivar à l'autre. Plusieurs gènes définissent le facteur de dormance du blé. L'un des plus déterminants parmi ces gènes est lié l'encodage du blé roux ou à la coloration rouge du son. De façon générale, le blé roux résiste mieux à la germination sur pied que le blé blanc, et les cultivars de blé vitreux roux y résistent souvent mieux que ceux de blé tendre roux. Comme les cultivars de blé blanc manquent de tolérance à la germination sur pied, on recommande de ne pas en cultiver plus qu'on peut récolter en deux ou trois jours. Pour assurer la qualité de la récolte et un maximum de rentabilité, récolter les cultivars de blé blanc en premier, aussitôt que possible, et les faire sécher au besoin.

Ne pas confondre la tolérance à la germination sur pied avec la germination de la culture une fois mise en terre. La dormance dépend de la date, de la lumière et de la température. Lorsque la céréale est semée à l'automne, il s'est écoulé assez de temps, et le manque de lumière et la fraîcheur du sol l'emportent sur les facteurs de dormance. La vitesse de la levée après les semis est entièrement liée à la vigueur de la semence du cultivar et du lot de semence, et pas du tout à sa couleur ou à sa classe.

Tableau 4-5. Comparaison de la quantité et de la qualité de la paille
Quantité de paille
(du plus au moins)
Qualité de la paille
(du meilleur au pire)1
1 blé d'automne 1 orge de printemps à deux rangs
2 orge d'automne 2 orge de printemps à six rangs
3 orge de printemps à deux rangs 3 céréales mélangées
4 céréales mélangées 4 avoine de printemps
5 avoine de printemps 5 orge d'automne
6 orge de printemps à six rangs 6 blé de printemps
7 blé de printemps 7 blé d'automne

1 Qualité de la paille d'après les préférences du bétail pour la litière.

Résistance à l'hiver et tolérance au froid

À son état le plus résistant, le blé peut supporter des froids extrêmes (-23 °C), ce qui n'est pas le cas de l'orge d'automne (-10 °C). En Ontario, bien que le froid puisse souvent provoquer des dommages, il cause rarement la mort des plants sauf lorsqu'il se forme de la glace. La neige constitue un excellent isolant alors que la glace ne protège aucunement les plants du froid. Pour trouver plus d'information sur la tolérance au froid et la résistance à l'hiver, voir l'ouvrage Winter Wheat Production Manual de l'Université de la Saskatchewan, www.usask.ca/agriculture/plantsci/winter_cereals/Winter_wheat/ (chapitre 12 sur la survie à l'hiver, Winter Survival).

Facteurs propres aux cultures de céréales

Paille

Dans les régions d'élevage, la paille peut être très en demande et avoir une grande valeur. La qualité de la paille est donc également un facteur à prendre en compte. Sa capacité d'absorption de l'humidité est une caractéristique recherchée pour la plupart des litières d'animaux d'élevage. La densité de la paille sèche non tassée est d'environ 40 kg/m3 (2,5 lb/pi3), et d'environ 80 kg/m3 (5 lb/pi3) pour la paille en balles; sa capacité d'absorption de l'eau est de 293 à 335 L/m3 (1,8 à 2,1 gallons impériaux/pi3). Le marché des chevaux exige de la paille exempte de poussières. La production de paille est l'une des principales raisons pour lesquelles les éleveurs continuent de cultiver de l'orge plutôt que du blé de printemps, alors que les facteurs économiques liés à la production de grain joueraient plutôt en faveur de ce dernier.

En général, les cultivars d'orge à deux rangs produisent plus de paille que les cultivars à six rangs. La qualité et la quantité de la paille d'avoine sont bonnes. La paille de blé est moins absorbante que celle d'avoine ou d'orge, et la plupart des cultivars de blé de printemps produisent moins de paille que les cultivars d'orge de printemps voir le tableau 4-5, Comparaison de la quantité et de la qualité de la paille.

Les producteurs qui ont besoin de paille et qui en apprécient les avantages peuvent aussi améliorer sa qualité en prévenant les maladies des cultures au moyen de fongicides. Cet aspect est particulièrement important si l'on souhaite produire une paille exempte de poussières pour le marché des chevaux. Pour obtenir de meilleurs rendements en paille d'orge, penser à la production d'orge d'automne dans les régions où cette culture survit facilement à l'hiver.

Tableau 4-6. Éléments nutritifs de la paille
 
kg/t (lb/t)
Élément nutritif
Moyenne Minimum Maximum
Azote
7,0 (15,4)
4,2 (9,2)
10,7 (23,5)

Phosphore (P2O5)

1,6 (3,5)
0,9 (2,0)
3,0 (6,6)
Potassium (K2O)
8,4 (18,5)
4,0 (8,8)
21,2 (46,8)

Johnson, 2003-2004 et Falk, 2004-2005.

Valeur de la paille en $/t (P et K seulement)
= ($/t de phosphate monoammonique x 0,003) + ($/t potassium x 0,014)
Valeur de la paille en $/t (N, P et K)
= ($/t d'urée x 0,015) + (valeur ci-dessus)
Pour convertir la valeur en cents/livre, diviser par 22,05.

Valeur de la paille

La valeur de la paille est un sujet très controversé. Elle dépend des quantités d'éléments nutritifs prélevées dans le sol et de l'ajout de matière organique qui y retourne. Le tableau 4-6, Éléments nutritifs de la paille, indique les teneurs possibles de ces éléments. Les concentrations d'éléments nutritifs sont très variables. La paille de cultivars de blé vitreux contient généralement moins d'azote (environ 1,25 kg/t ou 2,75 lb/tonne métrique) que la paille de blé tendre (Falk, 2005). Les concentrations de potassium varient aussi énormément parce que cet élément, après le stade de maturité, est facilement entraîné par la pluie par lessivage. Seule l'analyse permet de déterminer avec précision la valeur nutritive du produit.

Il y a aussi un désaccord sur la pertinence de l'inclusion de l'azote dans le calcul de la valeur de la paille. Comme le rapport carbone/azote est très élevé (80/1), il faut un supplément d'azote pour faciliter la dégradation par les organismes du sol. C'est la raison pour laquelle de nombreux producteurs n'incluent pas l'azote dans le calcul de la valeur de la paille. Les formules de calcul des concentrations moyennes d'éléments nutritifs sont présentées au tableau 4-6.

Il est beaucoup plus difficile de quantifier la valeur de la matière organique qui retourne dans le sol avec la paille, bien que son importance ne fasse aucun doute. Les estimations varient : cette valeur pourrait être au moins égale à celle des éléments nutritifs prélevés, ou bien le prélèvement de quatre récoltes de paille à haut rendement pourrait avoir pour effet de réduire la teneur du sol en matière organique de 0,1 %. Cette quantité de matière organique pourrait retenir jusqu'à 4,4 cm (1,75 po) d'eau pour la croissance des cultures. Pendant une saison sèche, cette même quantité d'eau permettrait un gain de rendement de 0,24 t/ha (3,5 bo/ac) de soya, ou de 0,88 t/ha (14 bo/ac) de maïs. Il ne s'agit là que de simples calculs mathématiques, mais ils mettent en évidence l'importance du rôle de la matière organique.

 

Tableau 4-7. Caractéristiques de diverses classes de céréales
Classes Propriétés et usages Caractéristiques
Blé tendre blanc d'automne Blé de qualité pâtissière
Faible teneur en protéines
Rendement élevé
Sensible à la germination sur pied
Ne pas épandre trop d'azote
Blé tendre roux d'automne Blé de qualité pâtissière
Faible teneur en protéines
Rendement élevé
Ne pas épandre trop d'azote
Blé roux d'automne de qualité non pâtissière
(blé vitreux roux d'automne)
Mélange de blé panifiable, craquelins, pizza, pâte
Teneur élevée en protéines souhaitable
Rendement plus faible que le blé tendre
Besoin de plus d'azote
Qualité plus variable
Possibilité de primes
Blé blanc d'automne de qualité non pâtissière
(blé vitreux blanc d'automne)
Farines de grain entier
Nouilles asiatiques
Sensible à la germination sur pied
Besoin de plus d'azote
Nouvelle classe (2008)
Cultivars de blé de spécialité d'automne Variables Obligation de maintien de l'identité du cultivar
Cultivars de blé de meunerie de printemps Mélange de blé panifiable
Teneur élevée en protéines
Faible rendement
Meilleurs résultats avec des semis précoces
Prix élevé
Cultivars de blé fourrager de printemps Teneur élevée en protéines
Rendement moyen
Meilleurs résultats avec des semis précoces
Ne pas mélanger avec du blé de meunerie
Orge d'automne Rendement élevé
Faible résistance à l'hiver
Faible résistance à la verse
Semer tôt
Enlèvement des barbes difficile au battage
Orge à six rangs Bonne paille
Plus grande tolérance à la chaleur
Plus grande tolérance aux semis tardifs
Moins bonne qualité du grain
Ne pas épandre trop d'azote
Orge de printemps à deux rangs Types pour meunerie et pour brasserie
Excellente paille
Bon volume de paille
Ne pas épandre trop d'azote
Avoine Nécessité d'une qualité élevée pour la meunerie et les chevaux
Bonne paille
Bons résultats avec des semis précoces
Tolère les sols mal drainés


Classes

Le nombre de classes de blé continue de s'accroître voir le tableau 4-7, Caractéristiques de diverses classes de céréales. Au milieu des années 1980, seuls le blé de printemps destiné au bétail et le blé tendre blanc d'automne étaient cultivés en Ontario; depuis cette date, le nombre de classes s'est multiplié de façon spectaculaire, et ce mouvement a de bonnes chances de se poursuivre puisque d'autres cultivars destinés à des marchés spécifiques sont en cours de développement. À bon nombre de ces classes sont associés des rendements et des primes dont il faut tenir compte au moment de choisir les cultivars. Ainsi, quand on opte pour des cultivars de blé de qualité non pâtissière à forte teneur en protéines, l'augmentation de la teneur en protéines s'obtient au détriment du rendement, qui diminue alors d'environ 10 %. Cependant ces cultivars rapportent des primes. Sur les sols qui sont déjà riches en azote (élevages produisant du fumier ou des fourrages), il est beaucoup plus facile d'obtenir une teneur élevée en protéines pour toucher ces primes. Sur les terres destinées aux cultures commerciales, il faut souvent beaucoup plus d'azote pour obtenir les teneurs en protéines optimales dans les cultivars de blé de qualité non pâtissière voir Blés roux d'automne. Tous ces facteurs doivent être pris en compte au moment du choix d'un cultivar.

Espèces céréalières

Orge

Tous les types d'orge ont le potentiel génétique de former six rangs de grains par épi (orge à six rangs), mais certains n'en ont que deux. En général, les cultivars à deux rangs ont des grains plus gros, et leurs plants sont plus petits et résistent mieux à la verse, à la rouille des feuilles et au mildiou. Ils ont souvent une maturité plus tardive et un rendement moins élevé que les cultivars à six rangs. Ces derniers résistent habituellement mieux à la rhynchosporiose et supportent plus facilement la chaleur et l'humidité, ce qui les rend plus tolérants à un semis tardif. Les types à six rangs forment un couvert plus clairsemé et entrent donc moins en concurrence avec les sous-semis; par ailleurs, au moment d'établir un sous-semis, prendre en compte la résistance à la verse des types à deux rangs.

Orge d'automne

En Ontario, on cultive autant l'orge de printemps que l'orge d'automne. L'orge d'automne doit passer par une période de températures basses pendant laquelle elle subit une vernalisation avant la floraison et la formation des grains. L'orge d'automne semée au printemps ne produit pas de grains, contrairement à l'orge de printemps qui n'a pas besoin de vernalisation.

L'orge d'automne donne un rendement beaucoup plus élevé que l'orge de printemps, mais elle est beaucoup moins résistante à l'hiver que le blé d'automne. Elle survit seulement dans les zones où les hivers sont doux ou qui reçoivent une bonne couche de neige. L'orge d'automne doit être semée plus tôt que le blé d'automne, ce qui la rend plus vulnérable au virus de la jaunisse nanisante de l'orge et à la moisissure des neiges. Elle mûrit plus tôt que le blé d'automne, et certaines années, elle permet une double récolte. Dans les zones où la culture de l'orge d'automne est possible, elle a atteint des rendements de 8,1 t/ha (150 bo/ac).

Orge à grains nus

L'orge couverte ou orge vêtue contient environ 10 % d'enveloppe et de 90 % de grain. Dans l'orge à grains nus, une bonne partie de l'enveloppe se décolle au moment de la récolte. L'orge à grains nus a un poids spécifique plus élevé et une teneur en fibres plus faible que l'orge vêtue. Ses grains doivent être manipulés avec soin parce que l'embryon (germe) est fragile. La quantité de balle qui se sépare du grain dépend en partie des conditions climatiques au moment de la récolte. L'orge à grains nus donne un rendement moins élevé que les cultivars vêtus parce que les enveloppes restent au champ; cependant elle a des teneurs en énergie et en protéines plus élevées.

Avoine

L'avoine est une culture fourragère traditionnelle en Ontario, notamment pour les chevaux. Son contenu en protéines est plus équilibré et elle a une teneur en fibres plus élevée que l'orge. Choisir des cultivars résistants à la rouille des feuilles. Le nerprun est l'hôte intermédiaire de la rouille des feuilles de l'avoine; dans la mesure du possible, éliminer cette espèce du pourtour des champs.

Avoine de meunerie

Comme elle est destinée à la consommation humaine, l'avoine de meunerie doit satisfaire à certaines exigences de qualité : grains ventrus, poids spécifique élevé et gruau (grain) exempt de décoloration et de corps étrangers (insectes, graines de mauvaises herbes et d'autres espèces cultivées). Les exigences visant l'avoine de meunerie sont affichées sur le site www.grainscanada.gc.ca/ sous « Guides et manuels », cliquer sur « Qualité des grains » pour voir le Guide officiel du classement des grains.

Avoine nue

L'avoine nue peut intéresser les éleveurs de porcs et de volaille parce que son grain (gruau) contient sensiblement la même quantité d'énergie métabolisable que le maïs. Elle a également une teneur élevée en protéines de bonne qualité (14 à 20 %). Il est possible de formuler des rations où l'avoine nue constitue la principale source d'énergie; il suffit d'y ajouter de faibles quantités de tourteau de soya, de tourteau de canola ou de lysine (un acide aminé) pour obtenir un rendement comparable à celui du tourteau de soya-maïs.

L'avoine nue devient du gruau au battage. Les fines enveloppes restent dans le champ sous forme de balle, ce qui fait perdre aux grains d'avoine de 25 à 30 % de leur poids par rapport aux cultivars ordinaires qui conservent leur enveloppe. Le gruau des cultivars actuels est recouvert d'une couche de poils fins qui l'empêchent de s'écouler librement et qui causent des démangeaisons, ce qui rend l'avoine désagréable à manipuler. Il y a eu de grandes améliorations à ce chapitre avec l'introduction de cultivars récents.

Porter une attention particulière aux étapes du semis, de la récolte, de la manutention et de l'entreposage de l'avoine nue. Comme le grain n'est pas protégé par l'enveloppe, son pouvoir germinatif est facilement réduit. Prendre également des précautions au moment des semis. La récolte et la manipulation peuvent endommager l'embryon. Par ailleurs la grande quantité d'huile qui se trouve à la surface du grain attire les insectes des entrepôts. Maintenir le taux d'humidité au-dessous de 10 % pour que le grain conserve sa qualité pendant l'entreposage.

Mélanges de céréales

Les mélanges de céréales occupent une superficie importante en Ontario. Il s'agit le plus souvent d'avoine et d'orge, mais certains mélanges contiennent du blé de printemps ou des pois de grande culture. Les mélanges de céréales sont destinés uniquement à l'alimentation animale.

On ne peut formuler de recommandations quant aux meilleurs mélanges. En général, les cultivars d'avoine et d'orge qui donnent les meilleurs rendements lorsqu'ils sont semés en peuplements purs font de même dans les mélanges, mais les cotes de maturité des éléments d'un même mélange doivent être compatibles. L'ajout de blé ou de pois augmente les teneurs en énergie et en protéines du grain, mais il entraîne une réduction des rendements.

Les maladies des feuilles et des épis sont habituellement beaucoup moins graves dans les cultures de mélanges de céréales que dans les peuplements purs d'avoine ou d'orge. Les cultures d'avoine et d'orge mélangées tolèrent mieux les conditions de drainage irrégulières; ainsi, la composante qui devient prédominante est l'orge dans les zones plus sèches du champ et l'avoine dans les zones mal drainées.

Blé d'automne

Le blé d'automne est la culture céréalière qui occupe la plus grande superficie en Ontario, et il est produit dans la plus grande partie de la province. Tout comme l'orge d'automne et le seigle d'automne, il doit subir une vernalisation, c'est-à-dire d'une période froide (0 à 5 °C) qui le fait passer du stade végétatif au stade reproductif. Pour le blé, le meilleur stade pour la vernalisation est celui de cinq feuilles, mais elle peut avoir lieu dès le début de la germination. Ainsi le blé d'automne peut être semé à n'importe quel moment de l'automne jusqu'aux gelées et avoir une épiaison normale l'année suivante. Le blé d'automne semé au printemps n'a pas subi de vernalisation et n'atteint donc jamais le stade reproductif. On sème parfois le blé d'automne au printemps pour donner une pelouse qui n'a presque jamais besoin d'être coupée.

Blé de printemps

Blé fourrager

Le blé fourrager est une source de protéines et d'énergie plus concentrée que l'orge ou l'avoine. Limiter la quantité de blé fourrager dans la ration alimentaire des non-ruminants pour éviter les problèmes digestifs. En général, le blé ne doit pas dépasser 25 % de la ration totale. Pour plus d'information, consulter un nutritionniste.

Certains cultivars de blé fourrager peuvent donner des rendements semblables à ceux de l'avoine et de l'orge de qualité fourragère. Parfois, ils peuvent atteindre une qualité qui les rend propres au marché du blé de meunerie. Pour savoir si un cultivar donné est habituellement de qualité meunière ou fourragère, s'adresser à un fournisseur de céréales ou à la Commission ontarienne de commercialisation du blé. Lorsque des cultivars de blé fourrager donnent un produit de qualité meunière, c'est une bonne nouvelle, mais il ne faut pas en faire une attente.

Blé de meunerie

Pour que le produit soit accepté sur le marché, il faut miser sur sa qualité et accorder l'attention voulue aux facteurs tels que le choix du cultivar, la précocité des semis et la lutte contre les mauvaises herbes. Les cultivars de blé de printemps donnent habituellement un couvert très clairsemé, d'où l'importance accrue de la lutte contre les mauvaises herbes. Ces cultivars constituent donc une culture de couverture idéale pour un sous-semis de luzerne ou de foin.

Seigle

Les types de seigle de printemps et d'automne sont cultivés et disponibles en Ontario. Généralement, on sème le seigle d'automne dans les sols sableux légers où l'on produit du tabac et des cultures maraîchères, pour prévenir l'érosion éolienne et enrichir le sol en matière organique. Le seigle de printemps est parfois cultivé comme plante fourragère annuelle. Contrairement aux autres cultures céréalières, le seigle est assez sensible à l'ergot, ce qui nuit à son utilisation comme aliment destiné aux animaux ou aux humains.

Parmi les céréales d'automne, c'est le seigle qui résiste le mieux à l'hiver. Il est extrêmement précoce et vient à maturité bien avant le blé ou l'orge d'automne. Par contre, étant donné qu'il est difficile à battre, et en dépit de sa maturité précoce, on ne le récolte que longtemps après le blé ou l'orge pour laisser le temps à la paille de se détériorer et faciliter ainsi le battage.

Certains producteurs souhaitant obtenir un supplément de fourrage ont entrepris de semer du seigle d'automne après la récolte du maïs. Ce seigle commence à épier au printemps suivant, vers la mi-mai; il est alors coupé et envoyé à l'ensilage préfané ou à l'ensilage en balles. Les haricots secs comestibles ou le soya sont alors semés sans que le retard des semis ait de répercussions significatives sur les rendements. Cette pratique comporte cependant certains risques dont les effets allélopathiques (toxicité des résidus de seigle en décomposition pendant la croissance de la nouvelle culture) et la possibilité d'une repousse de seigle dans les cultures de blé des années suivantes.

Triticale et épeautre

Le triticale et l'épeautre sont cultivés à petite échelle en Ontario. On ne cultive le triticale, un croisement de blé et de seigle, que comme fourrage d'urgence lorsque les prairies de fauche sont détruites par l'hiver, le plus souvent en même temps que des pois voir Graminées annuelles de saison chaude. L'épeautre, un précurseur du blé moderne, est cultivée principalement pour le marché des produits biologiques. Entre l'épeautre et le blé, il n'y a presque aucune différence génétique si ce n'est le codage de la « balle » : celle du blé se détache facilement alors que celle de l'épeautre adhère au grain.

Biotechnologie

La plupart des plantes cultivées sont diploïdes, c'est-à-dire que leurs chromosomes sont par paires; c'est le cas de l'orge et de l'avoine. Chez le blé dur, les chromosomes vont par quatre (doubles paires), et la plante est donc tétraploïde. Tous les autres blés cultivés en Ontario sont hexaploïdes, c'est-à-dire que leurs chromosomes vont par six (paires triples). Cela complique le transfert de gènes dans le blé. Aussi, la marge de profit liée à la production de semences et à l'amélioration génétique est beaucoup moins importante que pour bien d'autres espèces cultivées. De plus, chez les consommateurs, le degré d'acceptation du blé génétiquement modifié est très faible, de sorte que les investissements en biotechnologie sont moindres pour cette espèce. C'est pourquoi la mise au point de cultivars de céréales ayant des caractéristiques particulières à l'aide de la technologie de transfert génique est au point mort.

Cette situation est appelée à changer. Encore faudra-t-il une évolution de l'attitude de l'industrie et des consommateurs à l'égard de ces changements. Les producteurs doivent être au fait des progrès à ce chapitre ainsi que des exigences de maintien et de séparation de l'identité qui peuvent en découler.

 

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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