Céréales : Choix
du cultivar
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la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures
Table des matières
Les principes qui régissent le choix d'un bon cultivar ne varient
pas beaucoup d'une culture à l'autre. La sélection des cultivars
de blé est compliquée par les facteurs de qualité
des produits finaux et leurs effets sur les prix et les rendements. On
cultive davantage de types de blé en Ontario que dans toute autre
région du nord-est de l'Amérique du Nord. Les marchés
de la meunerie et de l'avoine pour chevaux ont aussi des critères
de qualité qui leur sont propres, tout comme ceux de l'orge destinée
à la consommation humaine ou à la brasserie.
Critères habituels de sélection
des cultivars
- Choisir les cultivars en fonction des conditions de croissance locales
et de l'utilisation finale prévue. Comparer les cultivars du
point de vue de leur potentiel de rendement, de leur résistance
à la verse, de leur tolérance aux maladies et des autres
facteurs agronomiques. Pour choisir un cultivar, il est utile de bien
connaître les limitations d'une exploitation ou d'un champ donné.
- Utiliser toutes les sources d'information disponibles. Il existe
un excellent système d'évaluation du rendement des cultures
céréalières. Chaque année, le MAAARO présente
l'information pertinente sous forme de fiches techniques que l'on peut
consulter sur son site Web, www.ontario.ca/cultures
ou sur celui du Comité des céréales de l'Ontario,
www.gocereals.ca.
- Comparer le rendement des cultivars à partir de données
recueillies sur de longues périodes et dans un grand nombre de
sites. Des cultivars qui fournissent d'excellents résultats dans
certaines conditions environnementales peuvent s'avérer très
décevants l'année suivante. Par exemple, un cultivar d'avoine
qui excelle en l'absence de rouille peut donner la pire performance
une année où la rouille apparaît tôt en saison.
Le choix des meilleurs cultivars donnant un rendement stable doit se
fonder sur des données à long terme provenant de nombreux
sites.
- Choisir deux ou trois des meilleurs cultivars sur le marché.
Il est toujours préférable de répartir les risques.
Le choix de plusieurs cultivars réduit les risques liés
aux maladies et permet d'étaler la charge de travail au moment
des récoltes.
Tolérance à la germination
sur pied
La résistance à la germination sur pied varie
beaucoup d'un cultivar à l'autre. Plusieurs gènes définissent
le facteur de dormance du blé. L'un des plus déterminants
parmi ces gènes est lié l'encodage du blé roux ou
à la coloration rouge du son. De façon générale,
le blé roux résiste mieux à la germination sur pied
que le blé blanc, et les cultivars de blé vitreux roux y
résistent souvent mieux que ceux de blé tendre roux. Comme
les cultivars de blé blanc manquent de tolérance à
la germination sur pied, on recommande de ne pas en cultiver plus qu'on
peut récolter en deux ou trois jours. Pour assurer la qualité
de la récolte et un maximum de rentabilité, récolter
les cultivars de blé blanc en premier, aussitôt que possible,
et les faire sécher au besoin.
Ne pas confondre la tolérance à la germination
sur pied avec la germination de la culture une fois mise en terre. La
dormance dépend de la date, de la lumière et de la température.
Lorsque la céréale est semée à l'automne,
il s'est écoulé assez de temps, et le manque de lumière
et la fraîcheur du sol l'emportent sur les facteurs de dormance.
La vitesse de la levée après les semis est entièrement
liée à la vigueur de la semence du cultivar et du lot de
semence, et pas du tout à sa couleur ou à sa classe.
Tableau 4-5. Comparaison de la quantité
et de la qualité de la paille
|
Quantité de paille
(du plus au moins)
|
Qualité de la paille
(du meilleur au pire)1
|
| 1 |
blé d'automne |
1 |
orge de printemps à deux rangs |
| 2 |
orge d'automne |
2 |
orge de printemps à six rangs |
| 3 |
orge de printemps à deux rangs |
3 |
céréales mélangées |
| 4 |
céréales mélangées |
4 |
avoine de printemps |
| 5 |
avoine de printemps |
5 |
orge d'automne |
| 6 |
orge de printemps à six rangs |
6 |
blé de printemps |
| 7 |
blé de printemps |
7 |
blé d'automne |
1 Qualité de la paille d'après
les préférences du bétail pour la litière.
Résistance à l'hiver et tolérance
au froid
À son état le plus résistant, le blé peut
supporter des froids extrêmes (-23 °C), ce qui n'est pas le
cas de l'orge d'automne (-10 °C). En Ontario, bien que le froid puisse
souvent provoquer des dommages, il cause rarement la mort des plants sauf
lorsqu'il se forme de la glace. La neige constitue un excellent isolant
alors que la glace ne protège aucunement les plants du froid. Pour
trouver plus d'information sur la tolérance au froid et la résistance
à l'hiver, voir l'ouvrage Winter Wheat Production Manual de l'Université
de la Saskatchewan, www.usask.ca/agriculture/plantsci/winter_cereals/Winter_wheat/
(chapitre 12 sur la survie à l'hiver, Winter Survival).
Facteurs propres aux cultures de céréales
Paille
Dans les régions d'élevage, la paille peut être très
en demande et avoir une grande valeur. La qualité de la paille
est donc également un facteur à prendre en compte. Sa capacité
d'absorption de l'humidité est une caractéristique recherchée
pour la plupart des litières d'animaux d'élevage. La densité
de la paille sèche non tassée est d'environ 40 kg/m3
(2,5 lb/pi3), et d'environ 80 kg/m3 (5 lb/pi3)
pour la paille en balles; sa capacité d'absorption de l'eau est
de 293 à 335 L/m3 (1,8 à 2,1 gallons impériaux/pi3).
Le marché des chevaux exige de la paille exempte de poussières.
La production de paille est l'une des principales raisons pour lesquelles
les éleveurs continuent de cultiver de l'orge plutôt que
du blé de printemps, alors que les facteurs économiques
liés à la production de grain joueraient plutôt en
faveur de ce dernier.
En général, les cultivars d'orge à deux rangs produisent
plus de paille que les cultivars à six rangs. La qualité
et la quantité de la paille d'avoine sont bonnes. La paille de
blé est moins absorbante que celle d'avoine ou d'orge, et la plupart
des cultivars de blé de printemps produisent moins de paille que
les cultivars d'orge de printemps voir le tableau
4-5, Comparaison de la quantité et de la qualité de la paille.
Les producteurs qui ont besoin de paille et qui en apprécient
les avantages peuvent aussi améliorer sa qualité en prévenant
les maladies des cultures au moyen de fongicides. Cet aspect est particulièrement
important si l'on souhaite produire une paille exempte de poussières
pour le marché des chevaux. Pour obtenir de meilleurs rendements
en paille d'orge, penser à la production d'orge d'automne dans
les régions où cette culture survit facilement à
l'hiver.
Tableau 4-6. Éléments
nutritifs de la paille
| |
kg/t (lb/t)
|
|
Élément nutritif
|
Moyenne |
Minimum |
Maximum |
| Azote |
7,0 (15,4)
|
4,2 (9,2)
|
10,7 (23,5)
|
|
Phosphore (P2O5)
|
1,6 (3,5)
|
0,9 (2,0)
|
3,0 (6,6)
|
| Potassium (K2O) |
8,4 (18,5)
|
4,0 (8,8)
|
21,2 (46,8)
|
Johnson, 2003-2004 et Falk, 2004-2005.
Valeur de la paille en $/t (P et K seulement)
= ($/t de phosphate monoammonique x 0,003) + ($/t potassium x 0,014)
Valeur de la paille en $/t (N, P et K)
= ($/t d'urée x 0,015) + (valeur ci-dessus)
Pour convertir la valeur en cents/livre, diviser par 22,05.
Valeur de la paille
La valeur de la paille est un sujet très controversé. Elle
dépend des quantités d'éléments nutritifs
prélevées dans le sol et de l'ajout de matière organique
qui y retourne. Le tableau 4-6, Éléments
nutritifs de la paille, indique les teneurs possibles de ces éléments.
Les concentrations d'éléments nutritifs sont très
variables. La paille de cultivars de blé vitreux contient généralement
moins d'azote (environ 1,25 kg/t ou 2,75 lb/tonne métrique) que
la paille de blé tendre (Falk, 2005). Les concentrations de potassium
varient aussi énormément parce que cet élément,
après le stade de maturité, est facilement entraîné
par la pluie par lessivage. Seule l'analyse permet de déterminer
avec précision la valeur nutritive du produit.
Il y a aussi un désaccord sur la pertinence de l'inclusion de
l'azote dans le calcul de la valeur de la paille. Comme le rapport carbone/azote
est très élevé (80/1), il faut un supplément
d'azote pour faciliter la dégradation par les organismes du sol.
C'est la raison pour laquelle de nombreux producteurs n'incluent pas l'azote
dans le calcul de la valeur de la paille. Les formules de calcul des concentrations
moyennes d'éléments nutritifs sont présentées
au tableau 4-6.
Il est beaucoup plus difficile de quantifier la valeur de la matière
organique qui retourne dans le sol avec la paille, bien que son importance
ne fasse aucun doute. Les estimations varient : cette valeur pourrait
être au moins égale à celle des éléments
nutritifs prélevés, ou bien le prélèvement
de quatre récoltes de paille à haut rendement pourrait avoir
pour effet de réduire la teneur du sol en matière organique
de 0,1 %. Cette quantité de matière organique pourrait retenir
jusqu'à 4,4 cm (1,75 po) d'eau pour la croissance des cultures.
Pendant une saison sèche, cette même quantité d'eau
permettrait un gain de rendement de 0,24 t/ha (3,5 bo/ac) de soya, ou
de 0,88 t/ha (14 bo/ac) de maïs. Il ne s'agit là que de simples
calculs mathématiques, mais ils mettent en évidence l'importance
du rôle de la matière organique.
Tableau 4-7. Caractéristiques
de diverses classes de céréales
| Classes |
Propriétés et usages |
Caractéristiques |
| Blé tendre blanc d'automne |
Blé de qualité pâtissière
Faible teneur en protéines
Rendement élevé |
Sensible à la germination sur pied
Ne pas épandre trop d'azote |
| Blé tendre roux d'automne |
Blé de qualité pâtissière
Faible teneur en protéines
Rendement élevé |
Ne pas épandre trop d'azote |
Blé roux d'automne de qualité non pâtissière
(blé vitreux roux d'automne) |
Mélange de blé panifiable, craquelins,
pizza, pâte
Teneur élevée en protéines souhaitable
Rendement plus faible que le blé tendre |
Besoin de plus d'azote
Qualité plus variable
Possibilité de primes |
Blé blanc d'automne de qualité non pâtissière
(blé vitreux blanc d'automne) |
Farines de grain entier
Nouilles asiatiques |
Sensible à la germination sur pied
Besoin de plus d'azote
Nouvelle classe (2008) |
| Cultivars de blé de spécialité
d'automne |
Variables |
Obligation de maintien de l'identité du cultivar |
| Cultivars de blé de meunerie de printemps |
Mélange de blé panifiable
Teneur élevée en protéines
Faible rendement |
Meilleurs résultats avec des semis précoces
Prix élevé |
| Cultivars de blé fourrager de printemps |
Teneur élevée en protéines
Rendement moyen |
Meilleurs résultats avec des semis précoces
Ne pas mélanger avec du blé de meunerie |
| Orge d'automne |
Rendement élevé
Faible résistance à l'hiver
Faible résistance à la verse |
Semer tôt
Enlèvement des barbes difficile au battage |
| Orge à six rangs |
Bonne paille
Plus grande tolérance à la chaleur
Plus grande tolérance aux semis tardifs |
Moins bonne qualité du grain
Ne pas épandre trop d'azote |
| Orge de printemps à deux rangs |
Types pour meunerie et pour brasserie
Excellente paille
Bon volume de paille |
Ne pas épandre trop d'azote
|
| Avoine |
Nécessité d'une qualité élevée
pour la meunerie et les chevaux
Bonne paille |
Bons résultats avec des semis précoces
Tolère les sols mal drainés |
Classes
Le nombre de classes de blé continue de s'accroître voir
le tableau 4-7, Caractéristiques de diverses
classes de céréales. Au milieu des années 1980,
seuls le blé de printemps destiné au bétail et le
blé tendre blanc d'automne étaient cultivés en Ontario;
depuis cette date, le nombre de classes s'est multiplié de façon
spectaculaire, et ce mouvement a de bonnes chances de se poursuivre puisque
d'autres cultivars destinés à des marchés spécifiques
sont en cours de développement. À bon nombre de ces classes
sont associés des rendements et des primes dont il faut tenir compte
au moment de choisir les cultivars. Ainsi, quand on opte pour des cultivars
de blé de qualité non pâtissière à forte
teneur en protéines, l'augmentation de la teneur en protéines
s'obtient au détriment du rendement, qui diminue alors d'environ
10 %. Cependant ces cultivars rapportent des primes. Sur les sols qui
sont déjà riches en azote (élevages produisant du
fumier ou des fourrages), il est beaucoup plus facile d'obtenir une teneur
élevée en protéines pour toucher ces primes. Sur
les terres destinées aux cultures commerciales, il faut souvent
beaucoup plus d'azote pour obtenir les teneurs en protéines optimales
dans les cultivars de blé de qualité non pâtissière
voir Blés roux
d'automne. Tous ces facteurs doivent être pris en compte au
moment du choix d'un cultivar.
Espèces céréalières
Orge
Tous les types d'orge ont le potentiel génétique de former
six rangs de grains par épi (orge à six rangs), mais certains
n'en ont que deux. En général, les cultivars à deux
rangs ont des grains plus gros, et leurs plants sont plus petits et résistent
mieux à la verse, à la rouille des feuilles et au mildiou.
Ils ont souvent une maturité plus tardive et un rendement moins
élevé que les cultivars à six rangs. Ces derniers
résistent habituellement mieux à la rhynchosporiose et supportent
plus facilement la chaleur et l'humidité, ce qui les rend plus
tolérants à un semis tardif. Les types à six rangs
forment un couvert plus clairsemé et entrent donc moins en concurrence
avec les sous-semis; par ailleurs, au moment d'établir un sous-semis,
prendre en compte la résistance à la verse des types à
deux rangs.
Orge d'automne
En Ontario, on cultive autant l'orge de printemps que l'orge d'automne.
L'orge d'automne doit passer par une période de températures
basses pendant laquelle elle subit une vernalisation avant la floraison
et la formation des grains. L'orge d'automne semée au printemps
ne produit pas de grains, contrairement à l'orge de printemps qui
n'a pas besoin de vernalisation.
L'orge d'automne donne un rendement beaucoup plus élevé
que l'orge de printemps, mais elle est beaucoup moins résistante
à l'hiver que le blé d'automne. Elle survit seulement dans
les zones où les hivers sont doux ou qui reçoivent une bonne
couche de neige. L'orge d'automne doit être semée plus tôt
que le blé d'automne, ce qui la rend plus vulnérable au
virus de la jaunisse nanisante de l'orge et à la moisissure des
neiges. Elle mûrit plus tôt que le blé d'automne, et
certaines années, elle permet une double récolte. Dans les
zones où la culture de l'orge d'automne est possible, elle a atteint
des rendements de 8,1 t/ha (150 bo/ac).
Orge à grains nus
L'orge couverte ou orge vêtue contient environ 10 % d'enveloppe
et de 90 % de grain. Dans l'orge à grains nus, une bonne partie
de l'enveloppe se décolle au moment de la récolte. L'orge
à grains nus a un poids spécifique plus élevé
et une teneur en fibres plus faible que l'orge vêtue. Ses grains
doivent être manipulés avec soin parce que l'embryon (germe)
est fragile. La quantité de balle qui se sépare du grain
dépend en partie des conditions climatiques au moment de la récolte.
L'orge à grains nus donne un rendement moins élevé
que les cultivars vêtus parce que les enveloppes restent au champ;
cependant elle a des teneurs en énergie et en protéines
plus élevées.
Avoine
L'avoine est une culture fourragère traditionnelle en Ontario,
notamment pour les chevaux. Son contenu en protéines est plus équilibré
et elle a une teneur en fibres plus élevée que l'orge. Choisir
des cultivars résistants à la rouille des feuilles. Le nerprun
est l'hôte intermédiaire de la rouille des feuilles de l'avoine;
dans la mesure du possible, éliminer cette espèce du pourtour
des champs.
Avoine de meunerie
Comme elle est destinée à la consommation humaine, l'avoine
de meunerie doit satisfaire à certaines exigences de qualité
: grains ventrus, poids spécifique élevé et gruau
(grain) exempt de décoloration et de corps étrangers (insectes,
graines de mauvaises herbes et d'autres espèces cultivées).
Les exigences visant l'avoine de meunerie sont affichées sur le
site www.grainscanada.gc.ca/
sous « Guides et manuels », cliquer sur « Qualité
des grains » pour voir le Guide
officiel du classement des grains.
Avoine nue
L'avoine nue peut intéresser les éleveurs de porcs et de
volaille parce que son grain (gruau) contient sensiblement la même
quantité d'énergie métabolisable que le maïs.
Elle a également une teneur élevée en protéines
de bonne qualité (14 à 20 %). Il est possible de formuler
des rations où l'avoine nue constitue la principale source d'énergie;
il suffit d'y ajouter de faibles quantités de tourteau de soya,
de tourteau de canola ou de lysine (un acide aminé) pour obtenir
un rendement comparable à celui du tourteau de soya-maïs.
L'avoine nue devient du gruau au battage. Les fines enveloppes restent
dans le champ sous forme de balle, ce qui fait perdre aux grains d'avoine
de 25 à 30 % de leur poids par rapport aux cultivars ordinaires
qui conservent leur enveloppe. Le gruau des cultivars actuels est recouvert
d'une couche de poils fins qui l'empêchent de s'écouler librement
et qui causent des démangeaisons, ce qui rend l'avoine désagréable
à manipuler. Il y a eu de grandes améliorations à
ce chapitre avec l'introduction de cultivars récents.
Porter une attention particulière aux étapes du semis,
de la récolte, de la manutention et de l'entreposage de l'avoine
nue. Comme le grain n'est pas protégé par l'enveloppe, son
pouvoir germinatif est facilement réduit. Prendre également
des précautions au moment des semis. La récolte et la manipulation
peuvent endommager l'embryon. Par ailleurs la grande quantité d'huile
qui se trouve à la surface du grain attire les insectes des entrepôts.
Maintenir le taux d'humidité au-dessous de 10 % pour que le grain
conserve sa qualité pendant l'entreposage.
Mélanges de céréales
Les mélanges de céréales occupent une superficie
importante en Ontario. Il s'agit le plus souvent d'avoine et d'orge, mais
certains mélanges contiennent du blé de printemps ou des
pois de grande culture. Les mélanges de céréales
sont destinés uniquement à l'alimentation animale.
On ne peut formuler de recommandations quant aux meilleurs mélanges.
En général, les cultivars d'avoine et d'orge qui donnent
les meilleurs rendements lorsqu'ils sont semés en peuplements purs
font de même dans les mélanges, mais les cotes de maturité
des éléments d'un même mélange doivent être
compatibles. L'ajout de blé ou de pois augmente les teneurs en
énergie et en protéines du grain, mais il entraîne
une réduction des rendements.
Les maladies des feuilles et des épis sont habituellement beaucoup
moins graves dans les cultures de mélanges de céréales
que dans les peuplements purs d'avoine ou d'orge. Les cultures d'avoine
et d'orge mélangées tolèrent mieux les conditions
de drainage irrégulières; ainsi, la composante qui devient
prédominante est l'orge dans les zones plus sèches du champ
et l'avoine dans les zones mal drainées.
Blé d'automne
Le blé d'automne est la culture céréalière
qui occupe la plus grande superficie en Ontario, et il est produit dans
la plus grande partie de la province. Tout comme l'orge d'automne et le
seigle d'automne, il doit subir une vernalisation, c'est-à-dire
d'une période froide (0 à 5 °C) qui le fait passer du
stade végétatif au stade reproductif. Pour le blé,
le meilleur stade pour la vernalisation est celui de cinq feuilles, mais
elle peut avoir lieu dès le début de la germination. Ainsi
le blé d'automne peut être semé à n'importe
quel moment de l'automne jusqu'aux gelées et avoir une épiaison
normale l'année suivante. Le blé d'automne semé au
printemps n'a pas subi de vernalisation et n'atteint donc jamais le stade
reproductif. On sème parfois le blé d'automne au printemps
pour donner une pelouse qui n'a presque jamais besoin d'être coupée.
Blé de printemps
Blé fourrager
Le blé fourrager est une source de protéines et d'énergie
plus concentrée que l'orge ou l'avoine. Limiter la quantité
de blé fourrager dans la ration alimentaire des non-ruminants pour
éviter les problèmes digestifs. En général,
le blé ne doit pas dépasser 25 % de la ration totale. Pour
plus d'information, consulter un nutritionniste.
Certains cultivars de blé fourrager peuvent donner des rendements
semblables à ceux de l'avoine et de l'orge de qualité fourragère.
Parfois, ils peuvent atteindre une qualité qui les rend propres
au marché du blé de meunerie. Pour savoir si un cultivar
donné est habituellement de qualité meunière ou fourragère,
s'adresser à un fournisseur de céréales ou à
la Commission ontarienne de commercialisation du blé. Lorsque des
cultivars de blé fourrager donnent un produit de qualité
meunière, c'est une bonne nouvelle, mais il ne faut pas en faire
une attente.
Blé de meunerie
Pour que le produit soit accepté sur le marché, il faut
miser sur sa qualité et accorder l'attention voulue aux facteurs
tels que le choix du cultivar, la précocité des semis et
la lutte contre les mauvaises herbes. Les cultivars de blé de printemps
donnent habituellement un couvert très clairsemé, d'où
l'importance accrue de la lutte contre les mauvaises herbes. Ces cultivars
constituent donc une culture de couverture idéale pour un sous-semis
de luzerne ou de foin.
Seigle
Les types de seigle de printemps et d'automne sont cultivés et
disponibles en Ontario. Généralement, on sème le
seigle d'automne dans les sols sableux légers où l'on produit
du tabac et des cultures maraîchères, pour prévenir
l'érosion éolienne et enrichir le sol en matière
organique. Le seigle de printemps est parfois cultivé comme plante
fourragère annuelle. Contrairement aux autres cultures céréalières,
le seigle est assez sensible à l'ergot, ce qui nuit à son
utilisation comme aliment destiné aux animaux ou aux humains.
Parmi les céréales d'automne, c'est le seigle qui résiste
le mieux à l'hiver. Il est extrêmement précoce et
vient à maturité bien avant le blé ou l'orge d'automne.
Par contre, étant donné qu'il est difficile à battre,
et en dépit de sa maturité précoce, on ne le récolte
que longtemps après le blé ou l'orge pour laisser le temps
à la paille de se détériorer et faciliter ainsi le
battage.
Certains producteurs souhaitant obtenir un supplément de fourrage
ont entrepris de semer du seigle d'automne après la récolte
du maïs. Ce seigle commence à épier au printemps suivant,
vers la mi-mai; il est alors coupé et envoyé à l'ensilage
préfané ou à l'ensilage en balles. Les haricots secs
comestibles ou le soya sont alors semés sans que le retard des
semis ait de répercussions significatives sur les rendements. Cette
pratique comporte cependant certains risques dont les effets allélopathiques
(toxicité des résidus de seigle en décomposition
pendant la croissance de la nouvelle culture) et la possibilité
d'une repousse de seigle dans les cultures de blé des années
suivantes.
Triticale et épeautre
Le triticale et l'épeautre sont cultivés à petite
échelle en Ontario. On ne cultive le triticale, un croisement de
blé et de seigle, que comme fourrage d'urgence lorsque les prairies
de fauche sont détruites par l'hiver, le plus souvent en même
temps que des pois voir Graminées
annuelles de saison chaude. L'épeautre, un précurseur
du blé moderne, est cultivée principalement pour le marché
des produits biologiques. Entre l'épeautre et le blé, il
n'y a presque aucune différence génétique si ce n'est
le codage de la « balle » : celle du blé se détache
facilement alors que celle de l'épeautre adhère au grain.
Biotechnologie
La plupart des plantes cultivées sont diploïdes, c'est-à-dire
que leurs chromosomes sont par paires; c'est le cas de l'orge et de l'avoine.
Chez le blé dur, les chromosomes vont par quatre (doubles paires),
et la plante est donc tétraploïde. Tous les autres blés
cultivés en Ontario sont hexaploïdes, c'est-à-dire
que leurs chromosomes vont par six (paires triples). Cela complique le
transfert de gènes dans le blé. Aussi, la marge de profit
liée à la production de semences et à l'amélioration
génétique est beaucoup moins importante que pour bien d'autres
espèces cultivées. De plus, chez les consommateurs, le degré
d'acceptation du blé génétiquement modifié
est très faible, de sorte que les investissements en biotechnologie
sont moindres pour cette espèce. C'est pourquoi la mise au point
de cultivars de céréales ayant des caractéristiques
particulières à l'aide de la technologie de transfert génique
est au point mort.
Cette situation est appelée à changer. Encore faudra-t-il
une évolution de l'attitude de l'industrie et des consommateurs
à l'égard de ces changements. Les producteurs doivent être
au fait des progrès à ce chapitre ainsi que des exigences
de maintien et de séparation de l'identité qui peuvent en
découler.