Céréales : Travail
du sol
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Table des matières
Méthodes de travail du sol
Les céréales sont peu sensibles au choix de la méthode
de travail du sol. Dans une recherche effectuée à cet effet
sur le blé d'automne, on n'a pu démontrer aucun écart
de rendement entre le labour à la charrue à socs, le travail
réduit et le semis direct voir le tableau
4-1, Écartement des rangs de blé d'automne. Les rendements
dépendent peu de la méthode de travail du sol, mais un bon
contact sol-semence et le taux d'humidité du sol sont essentiels
à la germination.
Le choix de la méthode de travail du sol a des répercussions
sur d'autres aspects du système cultural. Pour que les cultures
puissent donner des rendements élevés et être rentables,
tenir compte des facteurs tels que la fertilité du sol, la pression
exercée par les insectes, l'incidence de la maladie et la lutte
contre les mauvaises herbes. Les risques accrus de déchaussement
par le gel et de moisissure des neiges comptent parmi les inconvénients
associés à un travail du sol plus intensif dans les cultures
d'automne. L'érosion est à craindre dans toutes les cultures
soumises au travail du sol.
- Il existe d'autres options pour la mise en terre de céréales
:
semis direct;
- méthode traditionnelle;
- semis sur sol gelé;
- semis aérien de céréales d'automne;
- semis à la volée.
Semis direct
La plupart des cultures de blé d'automne sont semées
par semis direct. Les rendements ainsi obtenus sont souvent équivalents
à ceux des méthodes traditionnelles. Les semoirs à
semis direct peuvent suivre la moissonneuse-batteuse dans le même
champ, ce qui permet d'avancer les dates de semis et d'augmenter les rendements.
Les plants de céréales d'automne en semis direct résistent
mieux au déchaussement par le gel parce qu'ils sont ancrés
dans un sol plus ferme.
Tableau 4-1.Rendement du blé
d'automne selon la méthode de travail du sol
| Méthode de travail du sol |
Rendement comparatif1
|
Nbre de comparaisons
|
Avantage économique par rapport au travail réduit
|
| |
t/ha
|
bo/ac
|
|
$/ac
|
| Travail réduit du sol c. charrue
à socs |
5,2 c. 5,1
|
77,5 c. 75,4
|
12
|
15,31
|
| Semis direct c. charrue à socs |
4,8 c. 5,0
|
71,7 c. 74,9
|
36
|
18,85
|
| Semis direct c. travail réduit |
4,4 c. 4,3
|
65,0 c. 64,6
|
22
|
7,55
|
Source : Base de données Tillage Ontario
1 Les rendements moyens varient parce que les comparaisons
sont faites en différents endroits.
Pour ce qui est du semis direct, prendre en compte la gestion des engrais,
la capacité du semoir et la lutte contre les mauvaises herbes.
Par comparaison avec celles qui sont cultivées par la méthode
traditionnelle, les céréales soumises au semis direct réagissent
mieux à l'application d'un engrais de démarrage avec les
semis, notamment de phosphore.
Les cultures en semis direct sans engrais de démarrage sont souvent
touchées par le « syndrome du rang de maïs » :
les plants de blé qui poussent sur l'emplacement des rangs de maïs
sont beaucoup plus hauts et plus vigoureux que ceux qui se trouvent dans
les anciens entre-rangs. Cela s'explique principalement par la meilleure
biodisponibilité du phosphore provenant de l'engrais de démarrage
qui avait été épandu en bandes dans le maïs,
même si cela remonte à deux ou trois ans avant la culture
de blé. Dans les champs ayant reçu 58 kg de supplément
de P2O5/ha (100 lb de phosphate monoammonique/ac),
cette variabilité de la croissance du blé a disparu. L'ajout
de faibles doses de P avec un engrais de démarrage liquide a eu
pour effet d'atténuer ce phénomène sans l'éliminer
voir le tableau 4-2, Syndrome du rang de maïs,
et la planche 23. Le blé d'automne est
l'une des cultures qui répond le mieux à l'épandage
de phosphore. C'est ce qui apparaît au tableau
4-3, Effet des doses d'engrais sur le rendement, qui résume
les comparaisons effectuées pendant quatre ans sur des champs de
fertilité très variable.
Planche 23. Syndrome du rang
de maïs dans le blé d'automne causé par la rémanence
des engrais ou des pesticides dans les rangs des cultures précédentes.

Le contact sol-semence est essentiel à l'absorption de l'humidité.
Les semoirs de semis direct doivent pouvoir traverser les résidus
et pénétrer le sol dur pour placer les semences avec précision.
Le semoir peut être équipé de roues plombeuses ou
de dispositifs tasseurs en plastique recourbés comme des bâtons
de hockey qui poussent les graines au fond de la raie, améliorent
le contact sol-semence et assurent une profondeur de semis plus uniforme.
Tableau 4-2.Syndrome du rang de maïs
| |
Teneur du sol en phosphore |
Taille en cm (po) |
Teneur des tissus en phosphore :
% de P (base de matière sèche) |
Yield
t/ha (bu/acre) |
| Sur le rang |
19
|
107 (42)
|
0,16
|
5,13 (76,3)
|
| Dans l'entre-rang |
9
|
89 (35)
|
0,12
|
4,51 (67,1)
|
Données recueillies par le MAAARO dans huit localités de
l'Ontario.
Dans les systèmes de semis direct, la lutte contre les mauvaises
herbes joue un rôle fondamental. Effectuer systématiquement
une destruction chimique avant les semis pour assurer une maîtrise
du pissenlit et des autres espèces annuelles d'automne. Voir la
publication 75F du MAAARO,
Guide de lutte contre les mauvaises herbes, pour connaître les
recommandations sur la destruction chimique. Pour réduire l'incidence
de la maladie, traiter les semences à l'aide d'un fongicide. Pour
plus d'information sur le traitement des semences, voir la publication
812F du MAAARO, Guide de protection des grandes cultures.
Dans les sols secs, l'ajout ou l'utilisation de coutres peut présenter
un intérêt si l'on pratique le semis direct. Dans les sols
secs et durs, un léger ameublissement facilite et accélère
le développement des racines et la croissance. Lors d'automnes
pluvieux, un léger travail du sol peut accélérer
son assèchement et permettre d'effectuer les semis dans de meilleures
conditions. Mettre en uvre ces méthodes de travail réduit
lorsque l'état du sol les rend nécessaires.
Méthode traditionnelle
Des générations de producteurs ont employé la charrue,
les disques et le cultivateur pour préparer les lits de semence
des céréales. Les céréales de printemps sont
encore souvent cultivées selon ces méthodes traditionnelles.
Bien que celles-ci donnent de bons résultats, les problèmes
d'érosion, le prix du carburant et l'effet limité du travail
du sol sur les rendements incitent de plus en plus de producteurs à
se tourner vers le travail réduit. En ce qui concerne méthodes
traditionnelles, les recommandations ayant trait au contact sol-semence,
à la mise en place des semences dans un milieu humide et à
la précision de la profondeur des semis sont celles qui sont indiquées
sous Semis direct, mais le travail du sol remplace la destruction chimique
des mauvaises herbes.
Semis de céréales de printemps sur
sol gelé
Semis des céréales de printemps sur un sol gelé
permet d'avancer considérablement les dates de semis et d'accroître
les rendements.
La technique consiste à effectuer un semis direct sur le sol légèrement
gelé, au début du printemps. Une fois que la neige a fondu
et que le sol n'est plus gelé en profondeur, il reste encore souvent
plusieurs nuits froides où les températures tombent sous
le point de congélation. Il est possible de semer dans cette mince
couche de gel qui supporte le poids du tracteur, ce qui évite le
compactage ou l'orniérage. Il n'est pas essentiel de refermer la
raie dans ce cas puisque la terre retombe naturellement en place et couvre
la semence dès que le sol dégèle. Il suffit de régler
le semoir pour qu'il trace une raie peu profonde (de 2,5 cm ou 1 po) et
pousse la graine au fond de celle-ci.
Tableau 4-3. Effet des doses d'engrais
sur le rendement
| Mise en place |
|
Semence mise en place
|
Semis
à la volée |
| Source |
Aucun engrais
|
6-24-6 |
Phosphate monoammonique
|
Dose de P2O5
kg/ha (lb/ac) |
0
(0)
|
17.6
(16)
|
29
(26)
|
58
(52)
|
117
(104)
|
117
(104)
|
Rendement moyen :
t/ha (bo/ac) |
5,13
(76,3)
|
5,39
(80,1)
|
5,57
(82,8)
|
5,64
(83,9)
|
5,58
(83,0)
|
5,29
(78,7)
|
Moyenne de 28 sites, 2001 à 2004.
La plage permettant cette méthode de semis est de courte durée.
Ne pas tenter le semis sur sol gelé lorsque la température
de l'air tombe sous -8 °C. Le sol serait alors assez dur pour endommager
le semoir de semis direct, et les semences resteraient à la surface,
ce qui n'est pas souhaitable. On obtient généralement les
meilleurs résultats lorsque le gel commence à faire durcir
le sol, à -3 ou -4 °C, souvent vers minuit. Il faut absolument
s'arrêter dès que le soleil matinal commence à ramollir
la terre parce que celle-ci collerait et pourrait encrasser le semoir
sur une distance de seulement 15 m (50 pi).
Bien que cette fenêtre puisse ne pas se produire tous les ans,
il n'en reste pas moins que cette forme de semis hâtifs peut donner
des augmentations de rendement atteignant 25 %. Le
tableau 4-4, Comparaison des semis de céréales de printemps
sur sol gelé et sur sol sec, montre les gains de rendement
et de qualité obtenus avec les semis sur sol gelé. Le semis
sur sol gelé de céréales d'automne effectué
à la fin de l'automne ou au début de l'hiver a également
donné de bons résultats. Cependant, dans ces cas, il faut
absolument placer les semences à au moins 2,5 cm (1 po) de profondeur
et d'avoir des attentes réalistes.
Semis aérien du blé d'automne
Le semis aérien donne les meilleurs résultats s'il est
effectué avant que les plants de soya aient perdu 10 % de leurs
feuilles. Les feuilles de soya couvriront ainsi les semences et retiendront
l'humidité avant la germination du blé.
Les semis aériens donnent des résultats variables. La semence
est extrêmement vulnérable aux dommages dus aux limaces.
En effet, celles-ci se nourrissent du germe du grain, et elles peuvent
réduire gravement le peuplement ou le détruire, surtout
dans les tournières. À première vue, la graine semble
reposer normalement à la surface du sol, prête à germer,
mais un examen plus attentif montre qu'elle a été endommagée.
Il est possible de remédier à ce problème en réensemençant
les tournières après la récolte du soya.
Tableau 4-4. Comparaison des semis de
céréales de printemps
sur sol gelé et sur sol sec
| Méthode de travail du sol1 |
Rendement
t/ha (bo/ac)
|
Poids spécifique,
kg/hL (lb/bo) |
| |
Sol gelé
|
Sol sec
|
Sol gelé
|
Sol sec
|
| Avoine |
5,3 (140,3)
|
4,6 (120,6)
|
46,5 (37,3)
|
44,6 (35,8)
|
| Blé de printemps après
du soya |
4,6 (67,7)
|
3,9 (57,5)
|
75,9 (60,9)
|
73,7 (59,1)
|
| Blé de printemps après
du maïs |
4,1 (60,5)
|
2,6 (39,4)
|
74,6 (57,9)
|
64,8 (52,0)
|
Johnson, MAAARO, Thorndale, 2006-2007.
1 Chaque traitement représente la moyenne de trois populations
de 2, 3 et 4 millions de semences/ha (0,8, 1,2 et 1,6 million/ac) pour
l'avoine, et de 3, 4 et 5 millions de semences/ha (1,2, 1,6 et 2,0 millions/ac)
pour le blé de printemps.
Les semis aériens donnent un système racinaire superficiel,
donc plus vulnérable au déchaussement et aux dommages causés
par le vent voir Profondeur
de semis. Au printemps, les plants de blé sont reliés
au sol par un seul poil absorbant. Si celui-ci casse sous l'effet des
mouvements de torsion imposés par le vent, le plant meurt.
Selon les données provenant d'essais à petite échelle
effectués à la ferme, compte tenu de ces risques inhérents,
les rendements du blé après un semis aérien sont
souvent de 10 % inférieurs à ceux obtenus avec un semoir
à céréales. Les semis aériens ne sont donc
pas très employés. Lorsqu'on opte pour cette méthode,
on devrait porter le taux de semis à 5,0 millions de graines/ha
(2 millions de graines/ac) pour compenser la diminution de la densité
de peuplement.
Semis à la volée
Le semis à la volée permet une mise en terre beaucoup plus
rapide. Il est par contre important d'assurer un bon contact sol-semence
et l'uniformité du taux de semis sur toute la superficie ensemencée
et entre les passages de l'épandeur.
Les appareils de distribution à air donnent un semis uniforme.
Travailler le champ à faible profondeur (7,5 cm ou 3 po), par deux
passages perpendiculaires, puis effectuer un passage des rouleaux pour
éviter les irrégularités du semis et améliorer
le contact semence-sol.
Cette méthode ne donne pas une profondeur de semis uniforme et
elle crée donc souvent des écarts de maturité avec
une réduction du rendement de 5 à 10 %. Si l'on effectue
les semis à la volée, augmenter les taux de semis de 10
% pour compenser les risques de variabilité.