Céréales : Travail du sol

 

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Publication 811F : Guide agronomique des grandes cultures > Céréales > Travail du sol

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Table des matières

 

Méthodes de travail du sol


Les céréales sont peu sensibles au choix de la méthode de travail du sol. Dans une recherche effectuée à cet effet sur le blé d'automne, on n'a pu démontrer aucun écart de rendement entre le labour à la charrue à socs, le travail réduit et le semis direct voir le tableau 4-1, Écartement des rangs de blé d'automne. Les rendements dépendent peu de la méthode de travail du sol, mais un bon contact sol-semence et le taux d'humidité du sol sont essentiels à la germination.

Le choix de la méthode de travail du sol a des répercussions sur d'autres aspects du système cultural. Pour que les cultures puissent donner des rendements élevés et être rentables, tenir compte des facteurs tels que la fertilité du sol, la pression exercée par les insectes, l'incidence de la maladie et la lutte contre les mauvaises herbes. Les risques accrus de déchaussement par le gel et de moisissure des neiges comptent parmi les inconvénients associés à un travail du sol plus intensif dans les cultures d'automne. L'érosion est à craindre dans toutes les cultures soumises au travail du sol.

  • Il existe d'autres options pour la mise en terre de céréales :
    semis direct;
  • méthode traditionnelle;
  • semis sur sol gelé;
  • semis aérien de céréales d'automne;
  • semis à la volée.

Semis direct

La plupart des cultures de blé d'automne sont semées par semis direct. Les rendements ainsi obtenus sont souvent équivalents à ceux des méthodes traditionnelles. Les semoirs à semis direct peuvent suivre la moissonneuse-batteuse dans le même champ, ce qui permet d'avancer les dates de semis et d'augmenter les rendements. Les plants de céréales d'automne en semis direct résistent mieux au déchaussement par le gel parce qu'ils sont ancrés dans un sol plus ferme.

Tableau 4-1.Rendement du blé d'automne selon la méthode de travail du sol
Méthode de travail du sol
Rendement comparatif1
Nbre de comparaisons

Avantage économique par rapport au travail réduit
 
t/ha
bo/ac
 
$/ac
Travail réduit du sol c. charrue à socs
5,2 c. 5,1
77,5 c. 75,4
12
15,31
Semis direct c. charrue à socs
4,8 c. 5,0
71,7 c. 74,9
36
18,85
Semis direct c. travail réduit
4,4 c. 4,3
65,0 c. 64,6
22
7,55

Source : Base de données Tillage Ontario
1 Les rendements moyens varient parce que les comparaisons sont faites en différents endroits.

Pour ce qui est du semis direct, prendre en compte la gestion des engrais, la capacité du semoir et la lutte contre les mauvaises herbes. Par comparaison avec celles qui sont cultivées par la méthode traditionnelle, les céréales soumises au semis direct réagissent mieux à l'application d'un engrais de démarrage avec les semis, notamment de phosphore.

Les cultures en semis direct sans engrais de démarrage sont souvent touchées par le « syndrome du rang de maïs » : les plants de blé qui poussent sur l'emplacement des rangs de maïs sont beaucoup plus hauts et plus vigoureux que ceux qui se trouvent dans les anciens entre-rangs. Cela s'explique principalement par la meilleure biodisponibilité du phosphore provenant de l'engrais de démarrage qui avait été épandu en bandes dans le maïs, même si cela remonte à deux ou trois ans avant la culture de blé. Dans les champs ayant reçu 58 kg de supplément de P2O5/ha (100 lb de phosphate monoammonique/ac), cette variabilité de la croissance du blé a disparu. L'ajout de faibles doses de P avec un engrais de démarrage liquide a eu pour effet d'atténuer ce phénomène sans l'éliminer voir le tableau 4-2, Syndrome du rang de maïs, et la planche 23. Le blé d'automne est l'une des cultures qui répond le mieux à l'épandage de phosphore. C'est ce qui apparaît au tableau 4-3, Effet des doses d'engrais sur le rendement, qui résume les comparaisons effectuées pendant quatre ans sur des champs de fertilité très variable.

Planche 23. Syndrome du rang de maïs dans le blé d'automne causé par la rémanence des engrais ou des pesticides dans les rangs des cultures précédentes.

Planche 23. Syndrome du rang de maïs dans le blé d'automne causé par la rémanence des engrais ou des pesticides dans les rangs des cultures précédentes.

Le contact sol-semence est essentiel à l'absorption de l'humidité. Les semoirs de semis direct doivent pouvoir traverser les résidus et pénétrer le sol dur pour placer les semences avec précision. Le semoir peut être équipé de roues plombeuses ou de dispositifs tasseurs en plastique recourbés comme des bâtons de hockey qui poussent les graines au fond de la raie, améliorent le contact sol-semence et assurent une profondeur de semis plus uniforme.

Tableau 4-2.Syndrome du rang de maïs
  Teneur du sol en phosphore Taille en cm (po) Teneur des tissus en phosphore :
% de P (base de matière sèche)
Yield
t/ha (bu/acre)
Sur le rang
19
107 (42)
0,16
5,13 (76,3)
Dans l'entre-rang
9
89 (35)
0,12
4,51 (67,1)

Données recueillies par le MAAARO dans huit localités de l'Ontario.

 

Dans les systèmes de semis direct, la lutte contre les mauvaises herbes joue un rôle fondamental. Effectuer systématiquement une destruction chimique avant les semis pour assurer une maîtrise du pissenlit et des autres espèces annuelles d'automne. Voir la publication 75F du MAAARO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes, pour connaître les recommandations sur la destruction chimique. Pour réduire l'incidence de la maladie, traiter les semences à l'aide d'un fongicide. Pour plus d'information sur le traitement des semences, voir la publication 812F du MAAARO, Guide de protection des grandes cultures.

Dans les sols secs, l'ajout ou l'utilisation de coutres peut présenter un intérêt si l'on pratique le semis direct. Dans les sols secs et durs, un léger ameublissement facilite et accélère le développement des racines et la croissance. Lors d'automnes pluvieux, un léger travail du sol peut accélérer son assèchement et permettre d'effectuer les semis dans de meilleures conditions. Mettre en œuvre ces méthodes de travail réduit lorsque l'état du sol les rend nécessaires.

Méthode traditionnelle

Des générations de producteurs ont employé la charrue, les disques et le cultivateur pour préparer les lits de semence des céréales. Les céréales de printemps sont encore souvent cultivées selon ces méthodes traditionnelles. Bien que celles-ci donnent de bons résultats, les problèmes d'érosion, le prix du carburant et l'effet limité du travail du sol sur les rendements incitent de plus en plus de producteurs à se tourner vers le travail réduit. En ce qui concerne méthodes traditionnelles, les recommandations ayant trait au contact sol-semence, à la mise en place des semences dans un milieu humide et à la précision de la profondeur des semis sont celles qui sont indiquées sous Semis direct, mais le travail du sol remplace la destruction chimique des mauvaises herbes.

Semis de céréales de printemps sur sol gelé

Semis des céréales de printemps sur un sol gelé permet d'avancer considérablement les dates de semis et d'accroître les rendements.

La technique consiste à effectuer un semis direct sur le sol légèrement gelé, au début du printemps. Une fois que la neige a fondu et que le sol n'est plus gelé en profondeur, il reste encore souvent plusieurs nuits froides où les températures tombent sous le point de congélation. Il est possible de semer dans cette mince couche de gel qui supporte le poids du tracteur, ce qui évite le compactage ou l'orniérage. Il n'est pas essentiel de refermer la raie dans ce cas puisque la terre retombe naturellement en place et couvre la semence dès que le sol dégèle. Il suffit de régler le semoir pour qu'il trace une raie peu profonde (de 2,5 cm ou 1 po) et pousse la graine au fond de celle-ci.

Tableau 4-3. Effet des doses d'engrais sur le rendement
Mise en place
 
Semence mise en place
Semis
à la volée
Source Aucun engrais 6-24-6
Phosphate monoammonique
Dose de P2O5
kg/ha (lb/ac)
0
(0)
17.6
(16)
29
(26)
58
(52)
117
(104)
117
(104)
Rendement moyen :
t/ha (bo/ac)
5,13
(76,3)
5,39
(80,1)
5,57
(82,8)
5,64
(83,9)
5,58
(83,0)
5,29
(78,7)

Moyenne de 28 sites, 2001 à 2004.

 

La plage permettant cette méthode de semis est de courte durée. Ne pas tenter le semis sur sol gelé lorsque la température de l'air tombe sous -8 °C. Le sol serait alors assez dur pour endommager le semoir de semis direct, et les semences resteraient à la surface, ce qui n'est pas souhaitable. On obtient généralement les meilleurs résultats lorsque le gel commence à faire durcir le sol, à -3 ou -4 °C, souvent vers minuit. Il faut absolument s'arrêter dès que le soleil matinal commence à ramollir la terre parce que celle-ci collerait et pourrait encrasser le semoir sur une distance de seulement 15 m (50 pi).

Bien que cette fenêtre puisse ne pas se produire tous les ans, il n'en reste pas moins que cette forme de semis hâtifs peut donner des augmentations de rendement atteignant 25 %. Le tableau 4-4, Comparaison des semis de céréales de printemps sur sol gelé et sur sol sec, montre les gains de rendement et de qualité obtenus avec les semis sur sol gelé. Le semis sur sol gelé de céréales d'automne effectué à la fin de l'automne ou au début de l'hiver a également donné de bons résultats. Cependant, dans ces cas, il faut absolument placer les semences à au moins 2,5 cm (1 po) de profondeur et d'avoir des attentes réalistes.

Semis aérien du blé d'automne

Le semis aérien donne les meilleurs résultats s'il est effectué avant que les plants de soya aient perdu 10 % de leurs feuilles. Les feuilles de soya couvriront ainsi les semences et retiendront l'humidité avant la germination du blé.

Les semis aériens donnent des résultats variables. La semence est extrêmement vulnérable aux dommages dus aux limaces. En effet, celles-ci se nourrissent du germe du grain, et elles peuvent réduire gravement le peuplement ou le détruire, surtout dans les tournières. À première vue, la graine semble reposer normalement à la surface du sol, prête à germer, mais un examen plus attentif montre qu'elle a été endommagée. Il est possible de remédier à ce problème en réensemençant les tournières après la récolte du soya.

Tableau 4-4. Comparaison des semis de céréales de printemps
sur sol gelé et sur sol sec
Méthode de travail du sol1
Rendement
t/ha (bo/ac)
Poids spécifique,
kg/hL (lb/bo)
 
Sol gelé
Sol sec
Sol gelé
Sol sec
Avoine
5,3 (140,3)
4,6 (120,6)
46,5 (37,3)
44,6 (35,8)
Blé de printemps après du soya
4,6 (67,7)
3,9 (57,5)
75,9 (60,9)
73,7 (59,1)
Blé de printemps après du maïs
4,1 (60,5)
2,6 (39,4)
74,6 (57,9)
64,8 (52,0)

Johnson, MAAARO, Thorndale, 2006-2007.

1 Chaque traitement représente la moyenne de trois populations de 2, 3 et 4 millions de semences/ha (0,8, 1,2 et 1,6 million/ac) pour l'avoine, et de 3, 4 et 5 millions de semences/ha (1,2, 1,6 et 2,0 millions/ac) pour le blé de printemps.

Les semis aériens donnent un système racinaire superficiel, donc plus vulnérable au déchaussement et aux dommages causés par le vent voir Profondeur de semis. Au printemps, les plants de blé sont reliés au sol par un seul poil absorbant. Si celui-ci casse sous l'effet des mouvements de torsion imposés par le vent, le plant meurt.

Selon les données provenant d'essais à petite échelle effectués à la ferme, compte tenu de ces risques inhérents, les rendements du blé après un semis aérien sont souvent de 10 % inférieurs à ceux obtenus avec un semoir à céréales. Les semis aériens ne sont donc pas très employés. Lorsqu'on opte pour cette méthode, on devrait porter le taux de semis à 5,0 millions de graines/ha (2 millions de graines/ac) pour compenser la diminution de la densité de peuplement.

Semis à la volée

Le semis à la volée permet une mise en terre beaucoup plus rapide. Il est par contre important d'assurer un bon contact sol-semence et l'uniformité du taux de semis sur toute la superficie ensemencée et entre les passages de l'épandeur.

Les appareils de distribution à air donnent un semis uniforme. Travailler le champ à faible profondeur (7,5 cm ou 3 po), par deux passages perpendiculaires, puis effectuer un passage des rouleaux pour éviter les irrégularités du semis et améliorer le contact semence-sol.

Cette méthode ne donne pas une profondeur de semis uniforme et elle crée donc souvent des écarts de maturité avec une réduction du rendement de 5 à 10 %. Si l'on effectue les semis à la volée, augmenter les taux de semis de 10 % pour compenser les risques de variabilité.

 

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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