Céréales : Gestion de la fertilisation
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la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures
Table des matières
Azote
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Quantité d'azote requise1 | ||
|---|---|---|
| Culture | kg/ha | (lb/ac) |
| Orge (zones recevant 2 800 UTC ou moins) |
702
|
(63)
|
| Orge (zones recevant plus de 2 800 UTC ou moins) |
45
|
(40)
|
| Céréales servant de plantes-abri aux cultures fourragères |
15
|
(14)
|
| Céréales mélangées, triticale de printemps (sud de l'Ontario) |
45
|
(40)
|
| Céréales mélangées, triticale de printemps (nord de l'Ontario) |
70
|
(63)
|
| Avoine, seigle de printemps (sud de l'Ontario) |
35
|
(32)
|
| Avoine, seigle de printemps (nord de l'Ontario) |
55
|
(50)
|
| Blé de printemps |
70
|
(63)
|
| Orge d'automne, seigle d'automne |
903
|
(81)
|
|
Triticale d'automne |
80
|
(72)
|
| Blé d'automne |
Voir le tableau 4-14
|
|
100 kg/ha = 90 lb/ac
1 Réduire les doses d'azote dans les champs ayant reçu
du fumier ou ayant servi précédemment à la culture
d'une pelouse de légumineuses voir le tableau
9-7, Réduction des besoins en azote à la suite de l'enfouissement
d'un engrais vert de légumineuses, et le
tableau 9-8, Quantités moyennes d'azote, de phosphate et de potasse
biodisponibles selon la source d'éléments nutritifs organiques.
2 Voir Teneur du sol en azote des nitrates
pour l'orge de printemps.
3 Sauf en rotation avec le tabac.
Pour les recommandations générales sur les apports d'azote
pour les céréales, voir le tableau
4-13, Besoins en azote des cultures céréalières,
le tableau 4-14, Besoins en azote du blé
de qualité pâtissière, et le tableau
4-15, Recommandations relatives aux apports d'azote pour l'orge de printemps
selon la teneur du sol en azote des nitrates.
Les cultivars de blé vitreux roux d'automne actuellement recommandés
en Ontario ne sont pas équivalents aux blés roux de printemps
de l'Ouest canadien (CWRS), mais ce sont des cultivars de vigueur moyenne
ou intermédiaires ayant certaines propriétés de boulangerie
ou d'autres qualités qui leur sont propres. Pour répondre
aux normes de qualité, ils doivent parfois avoir une forte teneur
en protéines, ce qui peut rendre nécessaire une augmentation
de la dose d'engrais azoté. Selon des recherches limitées
effectuées sur le terrain, la dose optimale d'azote serait de 30
à 45 kg/ha (27 à 40 lb/ac) supérieure à celle
qui est recommandée pour le blé (tendre) de qualité
pâtissière. Il se peut que le fractionnement des épandages
permette d'accroître la teneur en protéines, mais la différence
est trop faible pour que cette méthode soit économique.
De nouveaux cultivars de blé roux vitreux sont constamment en cours d'évaluation. Certains d'entre eux pourraient ne pas nécessiter d'apports supplémentaires d'azote pour atteindre les teneurs en protéines qui assurent des primes maximales.
100 kg/ha = 90 lb/ac
Pour le blé tendre roux ou blanc de qualité pâtissière.
Le rapport de prix est le coût de l'azote contenu dans l'engrais
($/kg de N) divisé par le prix de vente du blé ($/kg de
blé). Voir annexe
B, Feuille de calcul des doses d'azote pour le maïs (unités
impériales) et explications détaillées. On peut épandre
jusqu'à 10 kg d'azote/ha au semis et le reste en surface, au début
du printemps.
Exemple de rapport de prix : si le prix du nitrate d'ammonium
et d'urée (NAU) est de 350 $/t, un kilogramme de N coûte
350 $ ÷ 280 = 1,25 $/kg. La valeur du blé est de 250 $/t,
ou 0,25 $/kg. Le rapport de prix est donc de 1,25 $ ÷ 0,25 = 5.
Autrement dit, il faut 5 kg de blé pour payer 1 kg d'azote.
Se renseigner auprès des fournisseurs de semences pour obtenir
des conseils sur les doses d'azote recommandées selon les cultivars.
Au cours du développement du plant, l'absorption d'azote allant
à la production de protéines dans le grain a lieu plus tard
que celle allant à l'amélioration du rendement. Les cultivars
de blé vitreux sont donc parfaitement adaptés à l'absorption
d'azote en provenance de sources qui libèrent cet élément
lentement ou de sources organiques (enfouissement de légumineuses
ou fumier de bétail). De ce fait, les teneurs en protéines
recherchées sont souvent plus faciles à atteindre sur les
fermes d'élevage.
L'analyse de la teneur du sol en azote des nitrates peut servir à
prévoir les besoins en azote de l'orge de printemps dans des régions
de la province autres que l'est de l'Ontario et recevant moins de 3 000
UTC voir la figure
1-1, Unités thermiques [UTC-M1] disponibles pour le maïs.
Comme les sols ont une capacité très variable à
fournir l'azote aux plantes, les recommandations générales
présentées au tableau 4-13, Besoins
en azote des cultures céréalières, ne sont pas
nécessairement les plus rentables dans tous les cas. La quantité
d'azote des nitrates présente dans le sol près du moment
des semis peut être un indicateur utile de l'aptitude du sol à
fournir cet élément à la culture.
Prendre la recommandation fondée sur la teneur du sol en azote
des nitrates au printemps comme un indicateur utile en vue de l'élaboration
du programme de fertilisation azotée de l'orge de printemps voir
le tableau 4-15, Recommandations relatives aux
apports d'azote pour l'orge de printemps selon la teneur du sol en azote
des nitrates.
100 kg/ha = 90 lb/ac
Dans les zones situées ailleurs que dans l'est de l'Ontario qui
reçoivent moins de 3 000 UTC.
1 Teneurs du sol en azote des nitrates (à 30 cm de profondeur)
: pour convertir des ppm en kg/ha, multiplier par 4.
2 Le rapport de prix est le coût de l'azote contenu dans
l'engrais ($/kg de N) divisé par le prix de vente de l'orge ($/kg
d'orge). Voir l'annexe
B, Feuille de calcul des doses d'azote pour le maïs (unités
impériales) et explications détaillées.
Prélever les échantillons le plus près possible
du moment des semis (dans les cinq jours qui les précèdent),
ce qui laisse le temps d'expédier les échantillons à
un laboratoire accrédité, de les faire analyser et de recevoir
les résultats; s'adresser au laboratoire pour connaître les
délais à prévoir.
Prélever toutes les carottes d'un champ donné à
une profondeur de (30 cm [12 po]). Pour s'assurer que l'échantillon
est représentatif du champ, prélever le même nombre
de carottes en suivant le même schéma d'échantillonnage
que ce qui est recommandé pour
une analyse de sol ordinaire sous Prélèvement des échantillons.
Voir également l'annexe
C, Laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario.
Il faut parfois corriger les doses recommandées d'azote qui se
fondent sur les résultats des analyses de la teneur du sol en azote
des nitrates; en effet le test ne détecte pas l'azote du fumier
épandu ou des légumineuses enfouies juste avant l'échantillonnage,
qui n'a pas encore été convertie en nitrates. Les résultats
sont accompagnés d'explications sur le calcul de cette correction.
Faire preuve de prudence si une forte dose d'engrais azoté est
recommandée dans un champ où l'orge a été
touchée par la verse à des doses plus faibles. Les résultats
des analyses de la teneur du sol en azote des nitrates n'ont pas été
évalués adéquatement pour ce qui est des facteurs
suivants :
| Rendement t/ha (bo/ac) | |
|---|---|
|
Dose faible de N
|
Pleine dose de N
|
|
3,72 (55,3)
|
5,20 (77,3)
|
Source : P. Johnson, MAAARO.
D'après les résultats obtenus à deux endroits dans le comté de Middlesex, en 1998, à raison de trois répétitions à chaque endroit.
Pour obtenir un rendement maximal, épandre l'azote uniformément
sur tout le champ. L'uniformité de l'épandage est plus importante
que la forme sous laquelle l'engrais azoté se présente.
Le tableau 4-16, Pertes de rendement liées
à des schémas d'épandage de l'azote erronés,
montre les conséquences d'un mauvais calcul des quantités
d'engrais. On a constaté un écart de rendement de 1,48 t/ha
(22 bo/ac) entre les bandes ayant reçu la pleine dose d'engrais
et celles ayant une dose trop faible.
L'épandage de solution de nitrate d'ammonium et d'urée
(NAU) (28-0-0 ou 32-0-0) avec des buses à jet concentré
donne une excellente couverture uniforme d'azote qui s'accompagne d'un
petit gain de rendement (2,5 bo/ac), comme le montre le tableau
4-17, Le NAU comme support pour herbicides. L'application d'urée
ou de nitrate d'ammonium (nitrate d'ammonium et de calcium) peut aussi
se faire à l'aide d'appareils de distribution à air qui
donnent une meilleure uniformité, bien que des inégalités
puissent subsister. Les jours humides, l'urée peut s'accumuler
dans les tubes de distribution, gêner l'écoulement et nuire
à l'uniformité de la couverture. Pour obtenir un schéma
de distribution uniforme, s'assurer que le liquide circule librement dans
les tubes.
Ce sont souvent les épandeurs rotatifs qui donnent la couverture
la moins régulière. Si on utilise quand même ces appareils,
pour compenser le manque d'uniformité, doubler le nombre de passages
(en réduisant la superficie traitée à 6 m [20 pi]
au lieu de 12 m [40 pi] de centre à centre, et en réduisant
la dose de moitié).
Les engrais à base de NAU appliqués à l'aide de buses à jet concentré brûlent peu les feuilles, sinon pas du tout. IL EST DÉCONSEILLÉ de pulvériser de l'azote 28 % (NAU) à la volée (à l'aide de buses à miroir ou de buses à jet en T) sur des cultures de céréales levées. Le tableau 4-17, montre les pertes de rendement provoquées par cette pratique. L'ajout d'azote 28 % à une application d'herbicide, en particulier s'il s'agit d'un herbicide de contact, aggrave considérablement les dommages aux feuilles et les pertes de rendement voir la planche 25.
Planche 25. Brûlure des feuilles par de
l'engrais à base de nitrate d'ammonium et d'urée (NAU) à
28 %.
La plupart des engrais azotés destinés aux céréales de printemps sont appliqués avant les semis et incorporés au sol. Cette façon de procéder permet une absorption optimale de l'engrais par la culture tout en limitant les risques de pertes par ruissellement ou par volatilisation. Le traitement en surface des céréales de printemps levées est acceptable, surtout si on a appliqué un engrais de démarrage au moment des semis.
Sikkema, Université de Guelph 2008 (CTAR), en cours.
Les céréales d'automne ne devraient recevoir qu'une faible
dose d'engrais azoté au moment des semis à cause du risque
de perte d'azote durant l'hiver. Le gros de l'azote doit être appliqué
au début du printemps, juste au moment où la culture commence
à verdir. Il n'est pas toujours avantageux de fractionner les applications
d'azote sur les céréales de printemps ni sur les blés
d'automne de qualité pâtissière.
Les recommandations pertinentes figurent au tableau
4-19, Doses de phosphate et de potasse recommandées pour les céréales
d'après les analyses reconnues par le MAAARO.
Pour plus d'information sur la lecture de ces tableaux ou en l'absence
d'une analyse de sol reconnue par le MAAARO, voir Recommandations
d'engrais.
Quand les céréales ont besoin d'un engrais phosphaté,
il vaut mieux appliquer celui-ci avec la semence. Les engrais appliqués
avec la semence peuvent comprendre une partie ou la totalité des
apports d'azote et de potasse nécessaires, selon les doses. Pour
plus d'information, voir le tableau
9-21, Doses maximales sûres des éléments fertilisants.
Pour les céréales, prélever les deux feuilles les
plus hautes au stade de l'épiaison. Cependant, échantillonner
les plants soupçonnés de souffrir d'une carence en éléments
nutritifs aussitôt que le problème se manifeste. Prélever
les plants de moins de 20 cm (8 po) de haut en entier. Si l'échantillonnage
est effectué à un autre moment qu'au stade de l'épiaison,
prélever dans les zones carencées et dans des zones saines
du champ pour permettre des comparaisons.
À l'échantillon de tissu végétal, joindre
un échantillon de sol prélevé au même endroit
et en même temps.
Les valeurs se rapportent aux deux feuilles supérieures du plant
prélevées au moment de l'épiaison.
1 Prévoir une baisse de rendement due à une carence
en un élément nutritif donné lorsque la concentration
de ce dernier tombe au niveau critique ou sous celui-ci.
2 Les concentrations maximales normales sont plus que suffisantes,
mais ne causent pas forcément de toxicité.
Pour plus de renseignements à ce sujet, voir le tableau
4-18, Interprétation des résultats d'analyse des tissus
végétaux pour les céréales, ainsi que
l'annexe I, Services de
diagnostic.
Les carences en manganèse sont fréquentes dans les cultures de blé, d'avoine ou d'orge sur des sols organiques (terres noires). Elles se produisent occasionnellement sur des sols minéraux riches en matière organique et à pH élevé, ainsi que sur des sols très sablonneux. Dans l'avoine, la carence en manganèse se traduit par l'apparition de taches ovales, grises et irrégulières sur les feuilles voir la planche 26.
Planche 26. Dans l'avoine, une carence en manganèse se manifeste par des taches ovales, grises et irrégulières sur les feuilles.

Dans l'orge et le blé, elle se manifeste le plus souvent par des stries jaune clair sur le limbe, alors que les nervures restent d'un vert un peu plus foncé voir la planche 27. Les analyses de sol et de tissus sont utiles pour trouver les endroits où des carences en manganèse sont susceptibles de se produire. Les laboratoires d'analyse de sol accrédités par le MAAARO offrent ces deux types de tests.
Planche 27. Dans le blé d'automne, les carences en manganèse (stries jaune pâle entre les nervures) se produisent surtout dans les sols sableux au pH élevé ou dans les terres noires.

Aussitôt que la carence est détectée, la corriger
en pulvérisant sur le feuillage 2 kg/ha de manganèse (8
kg/ha de sulfate de manganèse) dans 200 L d'eau. Ajouter un mouillant-adhésif
à la bouillie. En cas de carence prononcée, une deuxième
pulvérisation peut être souhaitable. Dans les zones présentant
des carences graves en manganèse, il peut être nécessaire
de faire une application en automne pour assurer la survie hivernale des
céréales d'automne.
100 kg/ha = 90 lb/ac
100 kg/ha = 90 lb/ac
100 kg/ha = 90 lb/ac
100 kg/ha = 90 lb/ac
1 RÉ, RM, RF, RTF et RN indiquent la probabilité
que la fertilisation soit rentable, à savoir respectivement : probabilité
de rentabilité élevée, moyenne, faible, très
faible et nulle. L'épandage d'éléments nutritifs
est rentable lorsque l'accroissement de la valeur de la récolte
créé par le gain de rendement ou de qualité dépasse
le coût d'application de l'élément nutritif en question.
2 Si on utilise du fumier, réduire les épandages
d'engrais en fonction de la quantité et de la qualité du
fumier voir Gestion
des fumiers. Pour l'orge de printemps cultivée dans des endroits
recevant moins de 2 800 UTC, les besoins en azote s'élèvent
à 70 kg/ha voir le tableau 4-13, Besoins
en azote des cultures céréalières, lorsqu'on
n'a pas épandu de fumier et qu'aucune légumineuse n'a été
cultivée précédemment. Si l'analyse montre une teneur
de 11 ppm en phosphore et de 48 ppm en potassium, épandre 50 kg
de phosphate et 50 kg de potasse/ha. On peut répondre à
ces besoins de phosphore et de potassium en enfouissant 250 kg (50 ÷
20 x 100) de 5-20-20/ha; la quantité recommandée d'azote
sera fournie par un épandage à la volée de 170 kg
de 34-0-0 ou 130 kg de 45-0-0/ha.
3 La cote RN peut correspondre à une perte de rendement
ou à un déséquilibre des éléments nutritifs
dans la culture.
4 La cote RN peut correspondre à une perte de rendement
ou de qualité principalement due à une carence en magnésium.
Les sols argileux ou les loams argileux non fertilisés ont parfois
des teneurs supérieures à 250 ppm, ce qui ne pose habituellement
aucun problème parce qu'ils sont aussi souvent naturellement riches
en magnésium.
L'épandage de manganèse sur le sol n'est pas recommandé,
quelle qu'en soit la source, parce qu'il en faudrait de très grandes
quantités. La plupart du temps, les carences qui touchent les plants
sont causées par une faible biodisponibilité du manganèse
plutôt que par un manque de cet élément dans le sol.
Il est peu fréquent qu'un apport de manganèse au sol permette
de corriger la situation.
Des carences en cuivre sont susceptibles de se produire dans les sols
organiques (terres noires); on en soupçonne l'existence en de rares
occasions sur des sols très sablonneux. Le symptôme le plus
fréquent est le dépérissement de la pointe de la
feuille, souvent accompagné du vrillage des feuilles supérieures.
Pour plus d'information sur la correction des carences en cuivre, voir
Oligo-éléments, p. 161.
Aucune carence en bore n'a été diagnostiquée dans
les céréales. Un apport de cet élément peut
même être toxique et provoquer le blanchiment des tissus foliaires
des plantules.
Il ne semble pas y avoir de carences en zinc dans les céréales.
Ne pas employer de mélanges engrais-herbicides en traitements foliaires,
à moins que ce soit recommandé par des autorités
compétentes. Toujours consulter l'étiquette des herbicides.
| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
|---|---|
| Date de création : | 20 août 2009 |
| Dernière révision : | 20 août 2009 |