Cultures fourragères :
Espèces
| Maïs
| Soya | Cultures
fourragères | |Céréales|
Haricots secs comestibles
|Canola de printemps et canola
d'automne|
|Autres cultures ||Gestion
des sols||Fertilité
et éléments nutritifs|
|Dépistage| |Gestion
des grains stockés à la ferme|
|Lutte contre les mauvaises herbes
l Déprédateurs
des grandes cultures|
|Maladies des grandes cultures|Annexes|
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la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures
Table des matières
Légumineuses vivaces
La plupart des légumineuses cultivées pour
le fourrage ont des racines pivotantes ainsi que de larges feuilles composées
(formées de plusieurs folioles) disposées en alternance
sur la tige. Les nouvelles pousses naissent sur le collet de la plante,
et le point végétatif de chacune des pousses se trouve à
son extrémité. Dans l'ensemble, les légumineuses
ont une teneur en protéines plus élevée que les graminées.
Lorsqu'elles sont bien inoculées, les légumineuses
utilisent l'azote atmosphérique, de sorte qu'elles n'ont pas besoin
d'engrais azoté. De plus, mélangées aux graminées,
elles leur fournissent une quantité considérable de cet
élément.
Luzerne
En Ontario, la luzerne est la culture fourragère
vivace qui donne le meilleur rendement, et la légumineuse fourragère
la plus cultivée. Elle produit plus de protéines par unité
de surface que les autres légumineuses fourragères, et on
peut la cultiver seule ou avec diverses graminées. Pour que sa
persistance et son rendement soient bons, il lui faut un sol bien drainé,
un pH supérieur à 6,1, une fertilisation adéquate
et une saine gestion de la récolte. Bien géré, un
champ de luzerne peut normalement produire pendant trois ans ou plus.
Les teneurs en protéines et en énergie des fourrages à
base de luzerne varient en fonction du stade de croissance atteint au
moment de la récolte. Pour éviter sa destruction par l'hiver,
on doit respecter la période critique de récolte d'automne,
qui dure six semaines.
Lotier corniculé
Le lotier corniculé est une légumineuse non
météorisante idéale pour les pâturages permanents.
Comme il se resème spontanément, il constitue un excellent
choix pour les terrains rocailleux ou en pente qui ne peuvent être
travaillés. Bien que les plants individuels ne vivent que quelques
années, les peuplements peuvent demeurer productifs pendant dix
ans ou plus si on les laisse monter en graine. De plus, cette espèce
s'adapte bien aux sols mal drainés. Le lotier corniculé
a un potentiel de rendement inférieur à celui de la luzerne
et prend plus de temps à sécher; c'est pourquoi on le recommande
pour la production de foin uniquement dans les zones où la culture
de la luzerne est difficile. Comme les semis mettent beaucoup de temps
à s'établir, il faut attendre au moins un an avant d'avoir
un peuplement satisfaisant. Comme la luzerne, le lotier corniculé
doit également être récolté à l'automne,
la période critique commençant environ dix jours avant celle
de la luzerne.
Trèfle rouge
Le trèfle rouge est une légumineuse vivace
de courte durée. Ses rendements sont bons l'année qui suit
son établissement, mais souvent médiocres l'année
suivante, en particulier dans le sud de l'Ontario. Il peut être
semé dans les champs trop humides ou trop acides pour la luzerne.
Cultivé avec d'autres légumineuses, il peut inhiber leur
établissement. Lorsqu'on veut utiliser le trèfle rouge comme
culture fourragère, on l'entrepose le plus souvent sous forme d'ensilage
parce qu'il est difficile à sécher et produit souvent un
foin poussiéreux ou moisi.
En Ontario, on en cultive surtout deux types, le trèfle
rouge à deux coupes et le trèfle rouge à une coupe.
Le premier fleurit pendant l'année de l'établissement et
donne une repousse vigoureuse après la coupe. Le trèfle
rouge à une coupe pousse plus lentement et arrive à maturité
environ deux semaines après le trèfle rouge à deux
coupes; il ne fleurit pas pendant l'année de l'établissement
ni après la première coupe les années suivantes.
La culture du trèfle rouge comme engrais vert est
maintenant très répandue. Pour plus d'information sur la
culture du trèfle rouge et sur son utilisation comme culture-abri,
voir le chapitre 8, Gestion des
sols.
Trèfle blanc
Le trèfle blanc est surtout cultivé dans les
pâturages. Cette vivace de courte durée se resème.
Il en existe trois principaux types, le trèfle ladino, le trèfle
rampant et le trèfle blanc sauvage. Ils se ressemblent tous, mais
diffèrent par leur taille : le trèfle blanc sauvage est
le plus petit et le trèfle ladino, le plus grand. Ils ont tous
des stolons, c'est-à-dire des tiges qui rampent sur le sol et dont
les ramifications poussent bien droites ou un peu penchées. Les
racines, peu profondes et fasciculées, se développent à
partir des nodosités des stolons rampants. Le trèfle blanc
est peu résistant à la sécheresse, mais il tolère
relativement bien les broutages fréquents et a une bonne sapidité.
On peut le semer sur le sol gelé ou en semis direct dans des pâturages
de graminées existants pour améliorer la qualité
du fourrage et son rendement.
Mélilot
Le mélilot est une légumineuse bisannuelle
à croissance lente souvent utilisée pour alléger
le sol. Il ne fleurit pas pendant l'année de son établissement.
Au printemps de la deuxième année, il croît rapidement
et devient une plante haute à tige grossière. Comme il contient
de la coumarine, le bétail l'apprécie moins.
Il en existe deux espèces, le mélilot blanc
(à fleurs blanches) et le mélilot officinal (à fleurs
jaunes). Le mélilot blanc a une tige plus longue et plus grossière
que le mélilot officinal, ainsi que des racines plus profondes;
il se prête mieux à la production d'engrais vert que de fourrage.
Le mélilot officinal est meilleur au goût pour le bétail
et attire davantage les abeilles. Un foin de mélilot qui est moisi
peut contenir du dicoumarol, un anticoagulant qui peut causer la mort
du bétail par hémorragie.
Trèfle d'Alsike
Le trèfle d'Alsike est une plante vivace, souvent
traitée comme plante bisannuelle. Il peut pousser sur des sols
acides et mal drainés. Il ne donne qu'une coupe de foin par année
et il constitue rarement un premier choix comme légumineuse de
fourrage. Il peut causer la photosensibilité et des dommages au
foie chez les chevaux, ne pas l'inclure dans le foin ni dans les mélanges
de pâturage qui leur sont destinés.
Trèfle kura
Le trèfle kura est une légumineuse de pâturage
relativement nouvelle en Ontario. Il a peu de vigueur au départ
et prend du temps à s'établir. Après cela, toutefois,
il est très persistant et résistant au froid, et il peut
tolérer des conditions médiocres pour ce qui est du drainage,
de la fertilisation, de la gestion des pâturages et du pH. Il se
multiplie par ses tiges souterraines appelées rhizomes, possède
un réseau de racines étendu et devient dense avec le temps.
La préparation du lit de semence et les méthodes des semis
ont une grande importance. Le trèfle kura doit être inoculé
avec la bonne souche de bactéries Rhizobium.
Graminées vivaces
Les graminées ont beaucoup de longues feuilles minces
portées par une tige. Elles ont des racines très fasciculées
qui retiennent le sol et empêchent l'érosion. Certaines graminées
ont des rhizomes (ou tiges souterraines) qui produisent de nouvelles pousses
à partir de chaque nud. Les graminées à rhizomes
peuvent rendre un peuplement plus dense. Les graminées sans rhizomes
sont appelées « graminées en touffe ».
Les diverses espèces de graminées exercent
une concurrence variable face aux légumineuses, ce qui se répercute
sur le ratio légumineuse-graminée de la culture établie.
Le dactyle et le ray-grass, par exemple, font souvent davantage concurrence
à la luzerne que la fléole ou le brome. Les graminées
sont moins riches en protéines que les légumineuses lorsqu'on
les récolte au même stade de croissance.
Fléole
La fléole est la graminée de fourrage la plus
cultivée en Ontario, généralement en association
avec la luzerne ou le lotier corniculé. C'est une graminée
en touffe qui se prête peu au tallage; elle ne livre donc pas une
concurrence intense aux autres espèces. Elle s'établit facilement
au début du printemps ou à la fin de l'été
et s'adapte bien aux sols lourds et à drainage variable. La fléole
a une bonne sapidité et un rendement élevé à
la première coupe. Bien que certains cultivars aient été
créés pour la repousse, après la première
coupe et à la mi-saison, ils ne produisent pas autant que le brome
ou le dactyle pelotonné.
Brome inerme
Le brome inerme est une graminée plus hâtive
et plus agressive que la fléole. Comme il résiste mieux
à la sécheresse, sa repousse est plus forte à la
deuxième coupe. Il se multiplie par des rhizomes et ses peuplements
peuvent devenir denses avec le temps. Le brome inerme a une bonne sapidité
et, à l'approche de la maturité, il conserve mieux sa valeur
nutritionnelle que la plupart des autres graminées. Son principal
défaut est la taille et la légèreté de ses
graines, qui passent mal dans les petits trous des semoirs. Le brome inerme
s'établit difficilement s'il est semé en surface ou à
plus de 5 cm (2 po) de profondeur.
Brome des prés
Le brome des prés est une espèce utile pour
les pâturages parce qu'il pousse rapidement au début du printemps
et se rétablit sans tarder après le broutage. Il est préférable
de l'inclure dans un pâturage tournant.
Dactyle pelotonné
Le dactyle pelotonné se développe plus tôt
et est beaucoup plus agressif que la fléole ou le brome. Il a bon
goût lorsqu'il est jeune, mais perd sa sapidité et sa digestibilité
plus rapidement que les autres graminées. Les sélectionneurs
de végétaux ont créé de nouveaux cultivars
qui arrivent à maturité plus tard, qui conservent leur sapidité
et leur digestibilité plus longtemps et dont l'arrivée à
maturité correspond mieux à celle des autres espèces
du mélange. Le dactyle pelotonné pousse beaucoup plus vigoureusement
à la mi-été, par temps chaud et sec, que la fléole
ou le brome, ce qui se traduit par une plus forte proportion de graminées
à la deuxième et à la troisième coupe des
mélanges luzerne-graminée. Le dactyle pelotonné ne
résiste pas aussi bien à l'hiver que la fléole ou
le brome et ne tolère pas les sols humides. Ses jeunes plants sont
agressifs et s'établissent facilement. On recommande de l'inclure
dans les pâturages intensifs ou de le cultiver pour l'ensilage préfané
très hâtif.
Alpiste roseau
L'alpiste roseau est bien connu pour sa capacité
à tolérer des sols mal drainés. Il peut toutefois
avoir un rendement élevé dans les sols bien drainés,
et un meilleur rendement que les autres espèces de graminées
en cas de sécheresse. Il se multiplie par des rhizomes; il a une
tige et des feuilles grossières et perd vite sa sapidité
et sa digestibilité après l'épiaison. Sa repousse
est purement végétative et ne produit pas de tiges porte-graines,
de sorte que la deuxième et la troisième coupes peuvent
être de très bonne qualité. Il s'établit lentement
et n'est pas compétitif pendant l'année des semis.
Dans le passé, les animaux nourris à l'alpiste
roseau donnaient un rendement médiocre en raison de certains des
alcaloïdes qu'il contenait. Cependant les cultivars actuellement
recommandés sont exempts de ces substances (tryptamine et carboline).
Certains cultivars contiennent également moins de gramines, des
alcaloïdes qui réduisent la sapidité, la prise alimentaire
et le rendement des animaux.
Fétuque élevée
La fétuque élevée est une graminée
au feuillage grossier et dense, utile dans les pâturages à
long terme et comme outil de prévention de l'érosion. Elle
s'adapte à la plupart des types de sol, tolère bien des
drainages imparfaits ainsi que le passage des animaux. Le fait qu'elle
conserve sa qualité fourragère tard à l'automne en
fait une graminée utile dans les " pâturages de réserve
" ou d'automne pour le pacage différé. La médiocrité
du rendement des animaux nourris dans les pâturages de fétuque
élevée serait due à un champignon systémique
transmis par la graine (endophyte). Une fois les graines infectées,
il devient impossible d'enrayer la propagation de cet organisme dans un
peuplement installé. Tous les cultivars recommandés en sont
exempts.
Vulpin des prés
Le vulpin des prés est une graminée vivace
de longue durée ayant sensiblement la même apparence que
la fléole et convenant bien aux pâturages intensifs. Il donne
un bon rendement dans les sols mal drainés, il a une croissance
très précoce au printemps et arrive tôt à maturité.
Pendant les périodes de sécheresse et de chaleur de la mi-été,
sa croissance peut être lente. Ses semences sont très légères
et poilues, et elles doivent être enrobées.
Fétuque rouge traçante
La fétuque rouge traçante est une graminée
gazonnante dense qui s'établit et se multiplie vigoureusement sur
la plupart des sols, y compris les sous-sols bien fertilisés. Son
système racinaire solide et ses pousses fines et denses en font
une excellente graminée à semer pour protéger les
berges et les voies d'eau engazonnées. Elle peut également
être utilisée comme graminée couvre-sol dans les pâturages
à long terme, et elle est réputée pour sa période
de croissance prolongée et sa bonne qualité alimentaire
en automne. Comme cette graminée ne pousse pas très haut,
elle est difficile à couper et convient mal à la production
de foin.
Fétuque des prés
La fétuque des prés est une graminée
rustique employée pour la production de foin et dans les mélanges
de pâturage. Elle pousse mieux dans les sols fertiles et profonds,
mais s'accommode également de sols à drainage variable et
peu fertilisés. Elle donne un bon rendement en été
et en automne et conserve sa qualité alimentaire plus tard en saison
que la plupart des autres graminées. La fétuque des prés
possède des feuilles plus effilées et un système
racinaire moins profond que la fétuque élevée; elle
est en outre plus petite que cette dernière et moins persistante.
Ray-grass vivace
Il s'agit d'une plante vivace de courte durée; il
existe des cultivars destinés à l'engazonnement, aux pâturages
et à la production de foin. Les cultivars destinés aux pâturages
produisent généralement des feuilles plus fines, ainsi que
des talles plus petites et plus nombreuses que les cultivars utilisés
pour la production de foin, et ils viennent à maturité plus
tard en saison. Le ray-grass vivace destiné aux gazons contient
des endophytes, de sorte qu'on ne doit pas l'employer comme fourrage.
Le ray-grass vivace est précoce et vigoureux au printemps, et il
continue de croître pendant une bonne partie de l'automne; sa croissance
s'arrête toutefois pendant les mois chauds et secs de l'été.
Dans les mélanges avec la luzerne qu'on laisse hiverner, la croissance
excessive des parties aériennes peut entraîner une destruction
au cours de l'hiver. Cette graminée résiste mal dans les
régions où le sol est couvert de glace pendant de longues
périodes et où le froid est extrême et la neige peu
abondante.
Pâturin
En Ontario, deux variétés fourragères
communes sont cultivées sur environ 400 000 ha (un million d'acres)
de pâturage permanent, soit le pâturin comprimé et
le pâturin des prés. Dans le sud, le pâturin a un système
racinaire peu profond et donne une pousse riche avec une bonne sapidité
au printemps; il est toutefois improductif pendant les mois chauds et
secs de l'été. On peut accroître son rendement de
façon importante par une bonne gestion et une fertilisation adéquate,
en particulier dans les zones fraîches du nord de l'Ontario. On
cultive ces espèces dans les pâturages comme graminées
couvre-sol pour prévenir les invasions de mauvaises herbes; elles
tolèrent le broutage à ras et le piétinement, et
elles comblent les espaces laissés vides par les autres espèces.
Tableau 3-1.-Caractéristiques
des espèces fourragères vivaces cultivées en Ontario
| Espèces |
Utilisation |
Persistance (années) |
Points forts |
Mises en garde |
|
Légumineuses
|
| Luzerne |
Fourrage entreposé |
3-4 (sud de l'Ontario)
1-4 (nord de l'Ontario)
|
Excellente qualité
Excellent rendement
|
Peut être météorisante
Faible persistance en pâturage
Faible tolérance aux sols acides ou à drainage variable
A besoin d'une période de repos automnal |
| Lotier corniculé |
Pâturage
Fourrage entreposé
|
5+
(peut se resemer)
|
Grande qualité
Non météorisant
Bonne tolérance aux sols acides et à drainage variable
|
S'établit lentement
Croissance printanière et repousse lentes
A besoin d'une période de repos automnal
Inappétent pour les chevaux |
| Trèfle rouge |
Pâturage
Fourrage entreposé
Engrais vert
|
1-3
|
Excellent rendement la première
année
S'établit facilement
Grande qualité
Tolère très bien les sols acides ou à drainage
variable
|
Difficile à sécher
pour la production de foin
Peut être météorisant
Peuplements s'éclaircissant rapidement
Peut causer une infertilité temporaire des brebis au pacage
Forte concurrence, en particulier pour les autres légumineuses |
| Trèfle blanc |
Pâturage |
5+
|
Qualité et sapidité
excellentes
Bonne tolérance au broutage à ras
|
Peut être météorisant
Faible tolérance à la sécheresse
|
| Trèfle kura |
Pâturage |
5+
|
Grande persistance
Grande qualité
|
S'établit difficilement
Peut être météorisant
|
| Trèfle d'Alsike |
Pâturage
Fourrage entreposé
|
1-2
(peut se resemer)
|
Très bonne tolérance
aux sols acides et humides
Bonne qualité
|
Rendement inférieur à
celui du trèfle rouge
Rendement de la repousse faible
Peuplements s'éclaircissant rapidement
Peut être météorisant |
| Mélilot |
Engrais vert Fourrage entreposé
|
2
|
Excellent apport aux sols
Aère le sous-sol
Excellente plante mellifère
|
Sapidité faible sauf si la
récolte est précoce
Anciens cultivars contenant de la coumarine, qui peut créer
des troubles digestifs
Une seule récolte par année |
|
Graminées
|
| Fléole |
Fourrage entreposé |
5+
|
S'établit facilement Bonne
tolérance aux variations de drainage
Semences bon marché
|
Faible production estivale
Faible persistance des cultivars tardifs si on fait trois récoltes |
| Brome inerme |
Pâturage Fourrage entreposé
|
5+
|
Excellent rendement au printemps
et à l'automne
Bonne repousse
Garde mieux sa qualité à maturité
|
Grosses graines qui peuvent compliquer
les semis |
| Brome des prés |
Pâturage Fourrage entreposé
|
5+
|
Croissance précoce au début
du printemps
Repousse rapide après broutage ou coupe
Bonne résistance à l'hiver
Bonne sapidité
|
Grosses graines qui peuvent compliquer
les semis
Sensible aux inondations
Se multiplie moins par ses rhizomes que le brome inerme |
| Dactyle pelotonné |
Pâturage
Fourrage entreposé
|
5
|
Pâturage très hâtif
Excellente repousse
Bonne tolérance à la sécheresse
Bonne tolérance au broutage à ras
Fortement stimulé par l'azote
|
Perd rapidement sa sapidité
et sa qualité à maturité
Forte concurrence avec les autres espèces
Tolère mal les variations de drainage et la présence
de glace
|
| Alpiste roseau |
Pâturage
Fourrage entreposé
|
5+
|
Excellent rendement sur des sols
secs ou à drainage variable
Bonne repousse
Fortement stimulé par l'azote
|
S'établit lentement
Première coupe, perd rapidement sa sapidité et sa qualité
à maturité
Faible tolérance au broutage à ras et aux coupes fréquentes |
| Fétuque rouge traçante |
Pâturage
Culture herbagère
Engazonnement de berges
|
5+
|
Bonne qualité alimentaire
en automne
S'établit facilement
Tolère bien le broutage à ras et les sols acides
Bonne repousse
|
Faible rendement saisonnier
Faible sapidité
|
| Vulpin des prés |
Pâturage
Fourrage entreposé
|
5+
|
Convient mieux au pâturage
géré qu'à la production de fourrage entreposé
Pousse au début du printemps et à la fin de l'automne
Tolère bien les sols à drainage variable
Meilleure sapidité que la fétuque élevée
Prévention de l'érosion des voies d'eau
|
Semence devant être enrobée
Forte concurrence avec les autres espèces
Faible tolérance à la sécheresse
Qualité médiocre à maturité
Moins persistante et rendement moindre que la fétuque élevée
|
| Fétuque élevée |
Pâturage
Fourrage entreposé
Culture herbagère
Engazonnement de berges
|
5+
|
Haut rendement
Bonne croissance estivale
Bonne qualité alimentaire en automne pour le pâturage
des herbages mis en réserve
Tolère bien les sols acides
|
Feuillage épais et sapidité
faible
Nécessité d'utiliser des semences exemptes d'endophytes
|
| Ray-grass vivace |
Pâturage
Fourrage entreposé
|
2-3 (sud de l'Ontario)
|
Qualité et sapidité
excellentes
S'établit très rapidement
Bonne tolérance au broutage à ras
|
Tolère mal la sécheresse
et la chaleur
Tolère mal les variations de drainage
Persistance variable |
| Pâturin des prés |
Pâturage
Culture herbagère
Engazonnement de berges
|
5+
|
Bonne qualité et sapidité
Bonne tolérance au broutage à ras
|
Faible production estivale
Établissement très lent
Faible rendement saisonnier |
Le tableau 3-1, Caractéristiques
des espèces fourragères vivaces cultivées en Ontario,
résume les propriétés de ces espèces.
Fourrages annuels
La principale culture fourragère annuelle est le maïs, qu'on
récolte pour l'ensilage. Voir Choix
des hybrides destinés à l'ensilage.
Il existe plusieurs autres types de cultures fourragères annuelles
qui peuvent être intégrées dans l'assolement régulier
de l'exploitation ou utilisées en cas d'urgence, quand les fourrages
vivaces ont été détruits par l'hiver ou deviennent
rares sur le marché. Les fourrages annuels constituent une source
précieuse de foin, de pâturage, d'ensilage ou de fourrage
vert.
Céréales d'automne (seigle, triticale,
blé)
Les céréales d'automne (seigle, triticale et blé)
produisent des pâturages pour l'automne et le début de printemps.
Une bonne fertilisation azotée au printemps suffit à assurer
de bons rendements en fourrage entreposé dès la fin mai.
Les céréales d'automne perdent rapidement de leur qualité
comme fourrage lorsqu'elles approchent de la maturité. S'il a été
semé entre le 15 et le 31 août, le seigle d'automne peut
être brouté sept semaines plus tard. Il produit un plus grand
volume de fourrage de printemps que le triticale d'automne ou le blé
d'automne. Ajouter au seigle devant être brouté au printemps
de 50 à 80 kg d'azote/ha (45 à 70 lb/ac) juste avant qu'il
reverdisse. L'épiaison commence après la mi-mai si le pâturage
n'a pas été brouté trop ras.
La semence de triticale d'automne peut être difficile à
trouver. Semer à raison de 100 à 125 kg/ha (90 à
110 lb/ac) à peu près au même moment que le blé
d'automne; tôt au printemps, épandre 80 kg d'azote/ha (70
lb/ac) pour le pâturage de printemps ou la production de fourrage
entreposé. Le triticale d'automne donne un pâturage de début
de printemps comparable à celui du seigle d'automne.
Céréales de printemps (avoine,
orge, triticale)
Les céréales de printemps se prêtent très
bien à production de fourrage sous forme de foin, d'ensilage ou
de pâturages. L'avoine et l'orge sont très employées
comme plantes-abris dans les semis de plantes fourragères vivaces;
pour améliorer l'établissement de ces derniers, on récolte
généralement l'avoine et l'orge pour l'ensilage.
Semer les céréales à n'importe quel moment de la
saison. Pour maximiser la production et le rendement, semer au début
du printemps. Comme un apport d'azote stimule la croissance végétative,
on recommande d'épandre 30 à 50 kg d'azote/ha (27 à
45 lb/ac). La fauche ou le broutage peut généralement commencer
de six à huit semaines après les semis. Comme la qualité
fourragère baisse rapidement après l'épiaison, récolter
à la fin du stade de gonflement ou au début de l'épiaison.
Le rendement de matière sèche augmente à mesure que
le plant approche de la maturité, mais sa qualité fourragère
diminue énormément. Pour l'ensilage, le fourrage doit être
ramené à 50 à 65 % d'humidité.
Les ensilages de céréales sont plus riches en protéines
que ceux de maïs, mais ils sont généralement plus pauvres
qu'un bon ensilage préfané de luzerne. Leur valeur énergétique
est plus basse que celle de l'ensilage de maïs et souvent comparable
à celle de l'ensilage préfané de luzerne.
On préfère l'avoine à l'orge pour la production
de foin ou de pâturage, en raison de sa plus grande sapidité.
Comme fourrage, on peut aussi utiliser des céréales mélangées
et du blé de printemps.
Pour plus de renseignements sur les mélanges de céréales
de printemps, voir la fiche technique du MAAARO, Production
de fourrage à partir de céréales de printemps et
de mélanges céréales-pois, commande no 98-042,
ou consulter le site Web www.ontario.ca/cultures.
Mélanges céréales-pois
Les pois de grande culture, en association avec des céréales,
améliorent la valeur alimentaire du mélange; ils permettent
d'en accroître la teneur en protéines et la digestibilité
s'ils représentent au moins 50 % (en poids) du total. Cependant
l'ajout de pois augmente le coût des semences; choisir de préférence
des cultivars de pois fourragers. Pour maximiser le rendement en feuilles,
éviter de choisir un cultivar de pois semi-aphylle (dont les folioles
sont transformées en vrilles). Le mélange avoine-pois peut
être utilisé comme culture-abri pour la luzerne et devrait
être récolté pour l'ensilage. Faucher lorsque l'avoine
commence à épier, alors que le pois commence à peine
à faire ses gousses. Ce stade de croissance se produit habituellement
vers la dernière semaine de juin.
Un mélange de triticale de printemps et de pois peut servir de
culture fourragère. La densité du semis et la gestion des
cultures sont semblables à celles du mélange avoine et pois.
À la récolte, les pois sont habituellement plus abondants
lorsqu'ils sont mélangés avec le triticale qu'avec l'avoine.
Le produit obtenu est de meilleure qualité, mais le préfanage
des plants est plus long et le temps de fanage avant l'ensilage doit être
prolongé.
Soya destiné au fourrage
Bien qu'en Ontario on cultive surtout le soya pour son huile, il peut
aussi donner un fourrage de haute qualité comme culture annuelle.
Le soya plante entière qui a un bon nombre de gousses a des teneurs
en protéines et un taux de digestibilité comparables à
ceux de la luzerne. Le soya peut se récolter sous forme d'ensilage
ou de foin, mais il est difficile à sécher dans ce dernier
cas.
Lors du choix du cultivar, tenir compte de la hauteur de la plante et
de son degré de ramification. On a développé des
cultivars de soya destinés au fourrage. Un semis dense au semoir
à céréales, à raison de 80 à 100 kg/ha
(70 à 90 lb/ac), donne une couverture productive pour le fourrage.
Sur les étiquettes d'herbicides, lire les restrictions relatives
aux usages homologués. Récolter quand les feuilles du bas
commencent à jaunir, c'est-à-dire vers la première
semaine de septembre en Ontario. N'effectuer qu'une seule coupe par saison.
Graminées annuelles de saison chaude
Les membres de la famille du sorgho, de l'herbe du Soudan et du millet
sont des graminées annuelles tropicales, de saison chaude, qui
poussent dans des zones semi-arides. On utilise souvent les graminées
annuelles de saison chaude comme fourrage dans les situations d'urgence
lorsque la luzerne a été détruite par l'hiver ou
lorsque les semis sont retardés. Elles présentent des avantages
par rapport à l'ensilage de maïs, parce qu'elles permettent
l'emploi du matériel de semis et de récolte traditionnel.
En Ontario, on les utilise également pour l'ensilage (haché
ou en grosses balles), le fourrage vert ou le pâturage. Le sorgho
et l'herbe du Soudan ne sont pas recommandés pour la production
de foin sec parce qu'ils sont difficiles à sécher. Le millet
est souvent utilisé pour l'ensilage et même pour la production
de foin, quand les conditions de séchage sont bonnes.
Ne pas utiliser le sorgho ni l'herbe du Soudan dans l'alimentation des
chevaux parce que chez cette espèce, ils peuvent causer la cystite,
une inflammation de la vessie.
Millets
Le nom de « millet » désigne de nombreuses graminées
qui ont de petites graines comestibles. La plupart des espèces
(notamment le millet du Japon, le millet commun, le millet d'Italie, le
millet pied-de-coq, le millet kodo, le mil rouge et le teff) ont des tiges
courtes (0,3 à 1,2 m [1 à 4 pi]) et minces. Le millet à
chandelle fait exception, sa tige étant plus épaisse et
au moins deux fois plus longue (1,5 à 3 m [5 à 10 pi]).
En Ontario, les espèces les plus utilisées pour le fourrage
sont le millet à chandelle et le millet du Japon. Bien gérées,
les prairies de millet peuvent donner un fourrage de très bonne
qualité.
Le millet a une plus petite tige que le sorgho et est légèrement
plus riche en protéines et en unités nutritives totales
(UNT) que ce dernier. On le préfère souvent à certaines
variétés de sorgho pour le pâturage ou le fourrage
vert parce qu'il ne contient pas d'acide prussique. Le millet et le sorgho
sont facilement endommagés par les animaux au pâturage, et
ils doivent donc être pâturés par bandes.
Millet à chandelle
Le millet à chandelle produit une masse de talles et de racines
secondaires très fines et fasciculées. Il résiste
bien à la sécheresse et préfère un sol légèrement
sableux ou un loam sableux. On sème le millet à chandelle
lorsque les risques de gel sont passés et que la température
du sol atteint 12 °C ou plus. Le meilleur moment pour ce faire est
habituellement la dernière semaine de mai ou le début juin,
mais on peut aller jusqu'au début juillet. Semer à raison
de 8 à 10 kg/ha (7 à 9 lb/ac), à 0,5 à 1 cm
(1/4 à 1/2 po) de profondeur. Le millet à chandelle destiné
au fourrage a sensiblement le même type de croissance et le même
rendement que les hybrides sorgho-Soudan.
La qualité du fourrage et sa quantité dépendent
du stade de maturité au moment de la récolte. Pour obtenir
une qualité fourragère optimale, il faut généralement
faire la première coupe environ 55 à 60 jours après
les semis, alors que le millet est encore au stade végétatif.
La deuxième coupe se fait environ 30 à 35 jours plus tard.
Pour accélérer la repousse, laisser un chaume d'environ
10 cm (4 po), et d'environ 15 à 20 cm (6 à 8 po) pour le
broutage.
Pour produire un rendement et des teneurs en protéines élevés,
le millet à chandelle destiné au fourrage nécessite
plus d'azote que les anciens cultivars, mais on ignore quelles sont les
quantités optimales à employer. Il est probable que ce taux
général est voisin de la recommandation en azote pour les
hybrides sorgho-Soudan, la moitié étant épandue au
semis et la moitié après la première coupe si l'on
prévoit d'effectuer une seconde coupe. L'épandage d'azote
en deux fois permet d'optimiser le rendement et la qualité. Dans
les cultures de millet à chandelle, les méthodes de lutte
contre les mauvaises herbes sont limitées. La technique du sol
rassis permet d'améliorer l'établissement. Pour plus d'information,
voir la publication 75F du
MAAARO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes.
La famille du sorgho
Les membres de la famille du sorgho utilisés comme fourrage sont
notamment le sorgho fourrager, l'herbe du Soudan et divers hybrides. Les
qualités agronomiques et nutritionnelles diffèrent considérablement
entre les espèces, les hybrides et les cultivars.
Sorgho et hybride sorgho-Soudan
Le sorgho fourrager et l'hybride sorgho-Soudan produisent de grands plants
et peuvent donner un rendement élevé. Les anciens cultivars
de sorgho fourrager étaient adaptés aux récoltes
à une coupe produisant une qualité de fourrage faible, mais
un rendement élevé. Le sorgho-grain, appelé aussi
milo, n'est pas recommandé pour la production de fourrage en raison
de son faible rendement en matière sèche.
De nouveaux hybrides de sorgho ont été créés
pour les fourrages de saison courte, à deux coupes et de grande
qualité. Les racines secondaires fines et fasciculées des
hybrides de sorgho fourrager et les talles qu'ils forment leur confèrent
une meilleure tolérance à la sécheresse. Les sorghos
fourragers tolèrent mieux les sols lourds que le millet à
chandelle. Ils ont une croissance optimale dans un milieu chaud et humide.
Semer les sorghos fourragers lorsque le risque de gel est passé
et que la température du sol dépasse 12 °C, généralement
pendant la dernière semaine de mai ou au début de juin,
à raison de 10 à 30 kg/ha (9 à 27 lb/ac). On peut
réduire ces taux de semis si les conditions sont idéales
et si les rangs sont plus espacés. De façon générale,
augmenter les taux de semis si les rangs sont plus rapprochés et
si les conditions de semis sont médiocres. Pour un cultivar donné,
les fournisseurs de semences indiquent parfois la dose recommandée.
Semer à une profondeur de 0,5 à 1 cm (1/4 à 1/2 po).
Épandre du phosphore et du potassium en fonction des résultats
de l'analyse de sol. Pour l'azote, la quantité recommandée
est de 50 à 100 kg/ha (45 à 90 lb/ac). Le fractionnement
de l'application d'azote (la moitié au moment des semis et l'autre
après la première coupe) permet d'optimiser le rendement
et la qualité. Voir aussi la
publication 75F du MAAARO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes.
Le stade de maturité au moment de la coupe est le facteur le plus
déterminant en ce qui concerne la qualité et la quantité
du fourrage. En général, les sorghos fourragers se récoltent
60 à 65 jours après les semis (fin juillet ou début
août), et ils sont prêts pour une deuxième coupe 30
à 35 jours plus tard. Pour favoriser une repousse plus rapide après
la fauche, laisser au moins 10 cm (4 po) de chaume à la récolte,
ou 15 à 20 cm (6 à 8 po) pour le pâturage. Le régime
à une coupe augmente considérablement le rendement, mais
aux dépens de la qualité, et celle-ci baisse énormément
après l'épiaison. La récolte doit être fanée
et ensilée à une teneur en eau d'environ 65 %.
On a créé des cultivars de sorgho fourrager et de sorgho-Soudan
à nervure brune (BMR) dont la digestibilité des fibres (dFDN)
est accrue. La nervure brune résulte d'une mutation génétique
qui réduit la quantité de lignine présente dans la
tige, mais qui peut aussi augmenter le risque de verse.
L'herbe du Soudan
L'herbe du Soudan est utilisée pour le pâturage. Elle a
des tiges de la grosseur d'un crayon et conserve sa sapidité même
après l'épiaison. Elle ne doit pas être broutée
avant d'avoir atteint une hauteur de 45 cm (18 po). En pâturage
tournant, la culture demeure productive et succulente toute la saison.
L'herbe du Soudan tolère des sols légèrement plus
humides que les autres sorghos, mais elle préfère les endroits
assez bien drainés ou bien drainés.
Intoxication à l'acide prussique
L'intoxication à l'acide prussique (acide cyanhydrique) peut survenir
chez le bétail nourri au sorgho et à l'herbe de Soudan.
Les plants jeunes ou immatures et ceux qui ont souffert de la sécheresse
ou du gel ont une teneur en acide prussique plus élevée.
L'épandage de trop grandes quantités d'azote augmente également
les risques de toxicité. Certains nouveaux hybrides de sorgho fourrager
ont des teneurs moins élevées en acide prussique. Le millet
ne présente pas de risques d'intoxication de ce type. Voici quelques
conseils pour réduire ce type de risque :
- Ne pas pacager le sorgho ni en faire de fourrage vert avant qu'il
atteigne 45 à 60 cm (18 à 24 po) de hauteur.
- Après une gelée meurtrière, attendre au moins
3 jours avant d'ensiler le sorgho de plus de 76 cm (30 po) de hauteur
ou d'en faire du fourrage vert.
- Après une gelée meurtrière, attendre au moins
3 semaines avant de produire du fourrage vert avec du sorgho de moins
de 45 cm (18 po).
- Après une période de sécheresse, ne pas faire
brouter la repousse mouillée par la pluie.
- Utiliser des cultivars de sorgho à teneur réduite en
acide prussique.
Intoxication aux nitrates
Les fourrages ayant des teneurs anormalement élevées en
nitrates peuvent provoquer des intoxications et même la mort du
bétail et, si le fourrage est ensilé, des émanations
de gaz d'ensilage. Parmi les diverses espèces fourragères,
ce sont les hybrides sorgho-Soudan et les céréales qui accumulent
les plus fortes teneurs de nitrates; les légumineuses n'en contiennent
que peu et sont rarement source de danger, et les graminées fourragères
se situent entre ces deux groupes. Le maïs destiné à
la production de fourrage vert ou à l'ensilage peut également
provoquer une intoxication aux nitrates.
Les teneurs en nitrates ne deviennent vraiment dangereuses que dans des
conditions de croissance anormales, notamment :
- sols à très forte teneur en azote (apports excessifs
d'engrais azotés ou de fumier, ou une combinaison de ces causes,
avec l'enfouissement d'une légumineuse comme engrais vert);
- sécheresse prolongée suivie de pluie; dans ces circonstances,
attendre dix jours après la pluie avant de récolter pour
permettre la transformation des nitrates en protéines;
- toutes les circonstances naturelles entraînant la destruction
des feuilles alors que les racines et les tiges demeurent actives et
accumulent les nitrates (p. ex. gelée, grêle et parfois
sécheresse).
On peut analyser les aliments douteux pour mesurer leur teneur en nitrates,
qui est réduite par l'ensilage. À noter que l'ensilage de
fourrage à forte teneur en nitrates peut produire un gaz mortel,
le dioxyde d'azote voir Gaz
d'ensilage.
Crucifères fourragères : colza fourrager, chou fourrager
et navet fourrager
Le colza fourrager, le chou fourrager et le navet fourrager font d'excellents
pâturages de septembre à décembre. Pour plus d'information,
voir le tableau
8-10, Caractéristiques des couvre-sol cultivés en Ontario,
ou la publication 19F du MAAARO,
La culture des pâturages.
Ray-grass annuel
Le ray-grass annuel est une graminée en touffe à croissance
rapide qui convient à un vaste éventail de qualités
de sols. Il repousse continuellement tout au long de la saison et peut
être très productif s'il reçoit assez d'eau et d'azote.
Espèce intéressante pour la production de mi-saison ou de
fin de saison, le ray-grass offre cependant un rendement médiocre
par temps chaud. Pendant les périodes où la pluviosité
est insuffisante ou nulle, la croissance cesse et les plants peuvent même
mourir.
Il existe deux types de ray-grass, qui se distinguent par leur type de
croissance.
Le ray-grass d'Italie
Le ray-grass d'Italie est une plante bisannuelle ou vivace de courte
durée, mais avec les conditions hivernales qui prévalent
en Ontario, il se comporte comme une graminée annuelle. Il demeure
végétatif et ne produit pas de tige porte-graine, mais il
donne un feuillage fourni qui constitue un fourrage de qualité
élevée. Il ne dépasse généralement
pas 40 cm (16 po) et est difficile à récolter pour la production
de foin sec.
Le ray-grass de type Westerwold
Le ray-grass de type Westerwold est une vraie graminée annuelle;
il atteint 40 à 80 cm (16 à 32 po) de hauteur et convient
donc au pâturage ou à la production de foin. Les cultivars
de Westerwold atteignent une bonne hauteur et produisent des tiges, ce
qui facilite la production de foin. Faucher à l'épiaison
ou avant parce que la qualité fourragère diminue rapidement
après ce stade.
Semer au début du printemps à raison de 20 à 25
kg/ha (18 à 22 lb/ac) avec un semoir à céréales
ou un rouleau semeur (cultitasseur). Placer les semences, qui sont très
légères, à une profondeur de 1 cm (1/2 po), utiliser
un rouleau pour favoriser la levée par un bon contact avec le sol.
Figure 3-1.-Drainage du sol requis par les espèces
fourragères

Le tableau 3-2, Caractéristiques des cultures
fourragères annuelles en Ontario, résume les particularités
de toutes ces espèces.
Choix des espèces
L'état du sol est souvent ce qui détermine le choix du
mélange d'espèces à employer. Choisir les graminées
après les légumineuses parce que celles-ci sont souvent
plus sensibles au drainage et au pH. Une légumineuse qui persiste
à long terme peut être préférable sur les sols
en pente ou rocailleux. Pour trouver plus d'information sur la tolérance
des légumineuses à diverses qualités de sol, voir
Légumineuses vivaces et la
figure 3-1, Drainage du sol requis par les espèces fourragères.
On cultive généralement les légumineuses en mélange
avec au moins une graminée. Les principaux avantages d'un peuplement
de légumineuses pur sont que les teneurs en protéines et
en énergie alimentaire sont souvent plus élevées,
que la qualité décroît plus lentement à l'approche
de la maturité et qu'elle varie peu d'une coupe à l'autre.
Sans une bonne gestion, les peuplements de légumineuses purs peuvent
présenter les inconvénients suivants :
- présence accrue de mauvaises herbes;
- perte complète en cas de dommages graves causés par
l'hiver;
- séchage plus lent pendant l'andainage;
- risque accru de verse;
- dans certaines conditions, moins grande sapidité.
Tableau 3-2.-Caractéristiques
des cultures fourragères annuelles en Ontario
| Culture annuelle |
Utilisation |
Date de semis |
Taux de semis
(kg/ha) |
Dose d'azote
(kg/ha) |
Rendement
moyen (t de MS/ha) |
Récolte |
| Avoine |
Pâturage
Fourrage vert
Foin
Ensilage
|
D'avril à août
|
80-100
|
30-50
|
2,5-4,5
5,5-8,5
|
De fin montaison à début épiaison
D'épiaison à grain pâteux mou |
| Orge |
Fourrage vert
Ensilage |
D'avril à juin
|
100-125
|
40-70
|
2,5-5,5
5,5-9,5
|
De fin montaison à début épiaison
D'épiaison à grain pâteux mou |
Avoine + pois
ou
triticale + pois |
Ensilage |
D'avril à juin
|
Avoine ou triticale : 80-100 pois : 50-75
|
20-30
|
2,5-5,0
6,0-9,0
|
De fin montaison à début épiaison
D'épiaison à grain pâteux mou |
| Seigle d'automne |
Pâturage |
Du 15 au 31 août
|
150
|
50-80
au printemps
|
1,0-1,5
|
Faire brouter 7 semaines après semis ou en début de
printemps |
| Triticale d'automne |
Pâturage |
Du 25 août au 10 septembre
|
100-125
|
80
au printemps
|
1,0-1,25
|
Faire brouter 7 semaines après semis ou en début de
printemps |
| Soya |
Ensilage |
Du 20 mai au 10 juin
|
80-100
|
Aucune
|
6,0-9,0
|
Jaunissement des feuilles du bas |
| Luzerne annuelle |
Foin
Ensilage |
Fin avril 13
|
13
|
Aucune
|
6,0-12,0
|
Fin du bourgeonnement, 5-6 semaines après coupe |
| Herbe du Soudan |
Pâturage |
Du 1er au 15 juin
|
15-20
|
30-50
|
5,0-7,0
|
45 cm de hauteur |
Hybrides sorgho-Soudan
|
Pâturage
Fourrage vert
|
Du 1er au 15 juin
|
15-20
|
50-100
|
8,0-12,0
|
Montaison ou début épiaison |
| Sorgho fourrager |
Ensilage
Pâturage
Fourrage vert
|
Du 1er au 15 juin
|
14-15 (une coupe, rangs espacés)
10-30 (plusieurs coupes, rangs rapprochés)
|
100
|
7,0-9,0
|
Montaison ou début épiaison |
| Millet |
Ensilage
Pâturage
Fourrage vert
Foin
|
Du 1er au 15 juin5
|
14-20
|
35-55
|
4,0-6,0
|
Montaison ou début épiaison |
| Millet à chandelle |
Ensilage
Pâturage
Fourrage vert
Foin
|
Du 1er au 15 juin
|
9-20
|
|
4,0-12,0
|
Montaison ou début épiaison |
| Colza fourrager |
Pâturage
Fourrage vert
|
Du 1er au 15 juillet
|
2-6
|
45-70
|
7,0-9,0
|
10-12 semaines après semis |
| Chou fourrager |
Pâturage
Fourrage vert
|
Juin et juillet
|
2-6
|
45-70
|
9,0-12,0
|
10-15 semaines après semis |
| Navet fourrager |
Pâturage |
Du 1er au 15 juillet
|
2-6
|
80-100
|
6,0-9,0
|
10-12 semaines après semis |
| Seigle annuel |
Pâturage
Fourrage vert
Foin
Ensilage
|
Avril et mai
|
20-30
|
Utiliser les doses du tableau 3-6, p. 66
|
8,0-12,0
|
Faucher ou faire brouter 6 -8 semaines après semis |
Choix des mélanges d'espèces
Maturité des graminées pour la récolte
Dans le choix d'une graminée, le moment de la maturité
est un facteur très important. Pour les espèces qui ont
une épiaison précoce comme le dactyle pelotonné et
l'alpiste roseau, récolter tôt, sinon la sapidité
et la qualité du produit en souffriront. Si la récolte doit
se faire plus tard, choisir plutôt une graminée à
maturité plus tardive telle que la fléole. Ne pas oublier
que le moment de la maturité diffère souvent beaucoup parmi
les cultivars de la même espèce.
Ratio légumineuse-graminée
Prendre en compte le ratio graminée-légumineuse souhaité
dans le mélange. Si l'on peut accepter une teneur en protéines
plus faible, comme dans les fourrages destinés à des bovins
de boucherie ou à des veaux, opter pour une proportion de graminées
plus élevée. Les mélanges contenant une plus forte
proportion de graminées résistent généralement
mieux aux invasions de mauvaises herbes, surtout de pissenlits. Si les
conditions sont peu favorables à la survie des légumineuses,
utiliser une plus grande proportion de graminées pour garantir
le peuplement. Les espèces les plus envahissantes, comme le dactyle
pelotonné, donnent une plus grande proportion de graminées,
même si leur part est à peu près égale dans
le mélange de semences.
Nombre de coupes
La fléole n'envahit pas la luzerne; dans un régime à
trois coupes, elle perd souvent de l'importance dans le peuplement et
fournit très peu de fourrage à la deuxième et à
la troisième coupes. Mélangé à la luzerne,
le dactyle pelotonné produit plus à la mi-été
que la fléole. Pour obtenir une forte proportion de graminées
dans le mélange, surtout aux deuxième et troisième
coupes, opter pour le dactyle pelotonné, une graminée agressive
qui envahit la luzerne à mesure que le peuplement vieillit. Pour
ce qui est de l'agressivité, le brome et l'alpiste roseau occupent
une place intermédiaire entre la fléole et le dactyle pelotonné.
Récolte précoce ou tardive
Le mode de gestion a un effet sur la concurrence entre les graminées
et les légumineuses. Une récolte tardive, effectuée
au moment de la floraison des graminées, favorise celles-ci par
rapport aux légumineuses, notamment dans le cas de l'alpiste roseau.
Coupé en fin de montaison, l'alpiste roseau n'envahit pas les légumineuses.
Cependant, si on le laisse avoir une épiaison complète,
il domine rapidement le peuplement. Cet aspect revêt une importance
particulière dans les mélanges de lotier corniculé
et de brome ou d'alpiste roseau; par conséquent, récolter
dès le stade de montaison des graminées. Si cela n'est pas
possible ou pratique, comme graminée, la fléole constitue
un meilleur choix.
Peuplement constitué uniquement de graminées
On ne cultive généralement pas les graminées en
peuplements purs parce que leur rendement est faible en l'absence d'importants
apports d'azote. Voir Gestion
de la fertilisation. Même avec une fertilisation adéquate,
certaines espèces de graminées donnent un faible rendement
si le milieu de l'été est chaud et sec. Toutefois, si l'état
du sol (p. ex. mauvais drainage) empêche la culture de mélanges
contenant des légumineuses, les peuplements de graminées
purs peuvent être très productifs à condition que
l'on choisisse les espèces et les programmes de fertilisation appropriés.
Les peuplements constitués uniquement de graminées peuvent
être plus productifs que les mélanges graminée-légumineuse
dans certaines régions du nord l'Ontario.
Pour les aliments entreposés, on recommande habituellement d'utiliser
une seule espèce de graminées. Lorsqu'on mélange
deux ou trois espèces, il est pratiquement impossible qu'elles
soient toutes prêtes en même temps pour la coupe. On mélange
souvent la fléole avec des graminées qui s'établissent
lentement, comme le brome et l'alpiste roseau.
Choix des cultivars
Les cultivars de fourrage sont évalués chaque année
à partir d'essais effectués dans différentes régions
de l'Ontario. Les résultats sont publiés dans le rapport
intitulé Plantes fourragères - Comportement des variétés
recommandées, disponible dans les centres de ressources du MAAARO
et affiché sur le site Web du Comité ontarien des cultures
fourragères, www.plant.uoguelph.ca/performance_recommendations/ofcc/ofcc.htm.
Ce document présente des informations sur le rendement de cultivars
recommandés par rapport à des valeurs de référence,
ainsi que d'autres paramètres tels que la persistance, la résistance
aux maladies et aux insectes, la maturité et le taux de repousse.
Le tableau 3-3, Mélanges recommandés
pour le fourrage entreposé et le pâturage, résume
les caractéristiques des espèces de fourrage vivaces et
des mélanges cultivés en Ontario.
Toutes les semences fourragères vendues sous un nom de cultivar
doivent être certifiées et porter l'étiquette bleue
attestant le nom du cultivar. Les semences certifiées doivent répondre
à certaines exigences concernant leur pouvoir germinatif et leur
contenu en mauvaises herbes.
Sur le marché, certaines semences fourragères sont vendues
sans nom et d'autres sous une marque de commerce. Il peut s'agir de mélanges
de lots différents. Elles doivent aussi répondre à
des exigences relatives au pouvoir germinatif et à la teneur en
graines de mauvaises herbes, ces exigences étant cependant moins
rigoureuses que pour les semences certifiées. Les semences sans
nom ne font l'objet d'aucune garantie sur la résistance aux maladies
et la persistance. Le rendement des peuplements établis à
partir de semences vendues sans nom ou sous une simple marque de commerce
est donc imprévisible et varie souvent d'une année à
l'autre. Par conséquent, on recommande fortement l'utilisation
de semences certifiées, la seule option qui garantisse le rendement,
la persistance, la résistance aux maladies et le délai de
maturité voulus.
Tableau 3-3. Mélanges recommandés
pour le fourrage entreposé et le pâturage
| Components |
Taux de semis1 (kg/ha) |
Recommandé pour
|
Recommandations
particulières |
| Fourrage entreposé |
Pâturage |
Pâturage intensif |
| 1. Luzerne |
13
|
x
|
|
|
Dans les sols bien drainés seulement. Plus facile à
sécher comme ensilage que comme foin. Récolter au
stade du bouton pour obtenir une meilleure valeur alimentaire.
|
| 2. Luzerne, fléole |
13
1
|
x
|
|
|
Augmenter la quantité de semences de fléole jusqu'à
4 kg/ha pour obtenir une plus grande proportion de graminées
et un meilleur séchage. La fléole assure la survie
du peuplement là où la luzerne est vulnérable
à la destruction par l'hiver. Récolter lorsque la
fléole est au stade de montaison pour obtenir une qualité
alimentaire élevée. Dans les régions qui reçoivent
plus de 3 100 UTC et sur les sols exposés à une forte
sécheresse, le brome est préférable à
la fléole.
|
3. Luzerne, brome
|
11
9
|
x
|
|
|
Production de mi-été quelque peu supérieure
à celle du mélange luzerne-fléole. Conserve
mieux sa qualité à maturité que les mélanges
contenant du dactyle pelotonné ou de la fléole. En
raison de ses rhizomes, le peuplement de brome peut devenir plus
dense avec le temps.
|
| 4. Luzerne, dactyle pelotonné |
11
2
|
x
|
|
x
|
Choisir des cultivars tardifs de dactyle et des cultivars précoces
de luzerne. Couper ou faire brouter tôt pour maintenir la
qualité et la sapidité. Dans toutes les coupes, donne
un pourcentage de graminées plus élevé que
les mélanges à base de fléole ou de brome.
|
5. Luzerne, dactyle pelotonné
et trèfle blanc
|
9
2
2
|
x
|
|
x
|
Comme au point 4. Pour une production optimale, il faut une bonne
fertilisation et une bonne gestion du pâturage. La luzerne
constitue une garantie contre la sécheresse prononcée,
mais elle a besoin de plus longues périodes de repousse pour
survivre.
|
6. Luzerne, fléole,
brome et trèfle blanc
|
9
4
9
2
|
x
|
|
x
|
Convient bien aux combinaisons
foin-pâturage. |
7. Lotier corniculé,
fléole
|
9
2
|
x
|
x
|
|
Utiliser de la fléole
à maturité tardive. |
8. Lotier corniculé,
brome
|
9
4
|
x
|
x
|
|
Pour des peuplements de longue durée et une production précoce.
Faire brouter tôt pour réduire la concurrence du brome.
Bonne croissance du brome à l'automne.
|
9. Lotier corniculé,
dactyle pelotonné
|
8
4
|
|
|
x
|
Bonne production précoce et en mi-saison. Faire brouter
le dactyle pour réduire sa concurrence avec le lotier corniculé.
De préférence, opter pour les cultivars de dactyle
à maturité tardive.
|
10. Lotier corniculé,
fétuque élevée2
|
8
10
|
x
|
x
|
x
|
Bonne production tout au long de la saison. Bonne croissance et
bonne qualité de la fétuque élevée en
automne.
|
11. Lotier corniculé,
fétuque rouge traçante
|
8
6
|
|
x
|
|
Bonne production estivale
et automnale. Excellente qualité en automne. |
| 12. Trèfle rouge |
11
|
x
|
|
|
Production à court
terme d'ensilage préfané ou d'engrais vert à
enfouir. |
13. Trèfle rouge,
fléole
|
7
6
|
x
|
|
|
Production d'ensilage préfané à court terme.
Quand le trèfle disparaît, labourer ou fertiliser à
l'azote pour maintenir la production.
|
14. Trèfle blanc,
dactyle pelotonné
|
2
9
|
|
|
x
|
À utiliser pour les pâturages convenant au trèfle
blanc. Pour une production optimale, il faut une bonne fertilisation,
une humidité adéquate et une bonne gestion du pâturage.
Dans les régions sèches, ajouter de la luzerne (voir
le point 5 ci-dessus).
|
1 kg/ha = 0,9 lb/ac
1Pour un semis précoce dans un lit de semence ferme
et à texture fine, ces taux peuvent être réduits de
25 %, sauf quand on emploie des semences enrobées.
2 Utiliser des semences exemptes d'endophytes.