Cultures fourragères : Autres problèmes liés aux cultures

 

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Table des matières

 

Insectes et maladies

Après des infections et des infestations graves d'insectes qui nuisent à la vigueur du peuplement, font diminuer les réserves racinaires et ralentissent la repousse, les chances de survie à l'hiver sont réduites. La lutte contre la cicadelle de la pomme de terre peut contribuer de façon importante à la réduction des dommages dus à l'hiver, en particulier l'année des semis voir Cicadelle de la pomme de terre.

La figure 3-3, Calendrier de dépistage des ennemis des cultures fourragères, indique les maladies et les insectes qui peuvent causer les symptômes observés dans le champ. Les descriptions de chacun des déprédateurs et maladies et des stratégies de dépistage et de prévention se trouvent au chapitre 13, Déprédateurs des grandes cultures, et au chapitre 14, Maladies des grandes cultures.

Les traitements recommandés pour la lutte contre les insectes, les ravageurs et les maladies sont présentés dans la publication 812F du MAAARO, Guide de protection des grandes cultures.

Figure 3-3. Calendrier de dépistage des ennemis des cultures fourragères


Figure 3-3, Calendrier de dépistage des ennemis des cultures fourragères, indique les maladies et les insectes qui peuvent causer les symptômes observés dans le champ.

 

Destruction des cultures fourragères par l'hiver

La destruction des peuplements de fourrages par l'hiver peut avoir des répercussions graves sur les exploitations d'élevage et devenir un facteur limitant pour la production de luzerne. En effet, elle peut faire diminuer la qualité des aliments pour le bétail, provoquer des pénuries, interrompre la rotation des cultures, et entraîner des coûts supplémentaires au chapitre de la reprise des semis. Dans la production de fourrages, il est parfois difficile de concilier les exigences contradictoires liées à la qualité, au rendement et à la longévité. Déterminer la longévité souhaitée des fourrages et gérer les risques en conséquence.

Voici quelques importantes causes de destruction :

  • l'étouffement dû aux inondations ou à la formation d'une couche de glace;
  • le déchaussement dû au cycle gel-dégel et à une déficience du drainage;
  • les dommages aux racines causés par le froid;
  • une fertilité médiocre;
  • une mauvaise gestion du fauchage;
  • les maladies et les insectes.

Certaines espèces de fourrage sont plus résistantes que d'autres. Les risques de destruction par l'hiver concernent surtout la luzerne. Par exemple, des légumineuses telles que le lotier corniculé, le trèfle rouge, le trèfle blanc sauvage et le trèfle d'Alsike tolèrent mieux les conditions hivernales que la luzerne et le trèfle ladino. Les graminées telles que la fléole, l'alpiste roseau, le pâturin et le brome sont rarement détruites par l'hiver; par conséquent, l'emploi de mélanges contenant ces espèces constitue une sorte d'assurance sur le peuplement. À noter que le dactyle pelotonné et le ray-grass vivace sont plus susceptibles d'être tués par le froid ou les accumulations de glace.

L'endurcissement est le processus d'acquisition de la résistance au froid qui est provoqué par le raccourcissement des jours et la baisse des températures en automne. À ce moment-là, les plants emmagasinent des glucides dans leur collet et leur racine pivotante. L'amidon est converti en sucres et les plants perdent de l'eau cellulaire, ce qui les protège de la gelée. En automne, les longues périodes de temps frais, sec et ensoleillé sont propices à l'endurcissement des plants avant l'hiver.

Facteurs influençant la survie à l'hiver

Période critique de récolte d'automne pour la luzerne

Lorsque la récolte a lieu avant la période critique de récolte d'automne (ou période de repos automnal), elle laisse aux plants le temps de repousser et d'emmagasiner suffisamment d'énergie dans leurs racines. La luzerne a besoin de ces réserves pour résister à l'hiver, pour accroître sa longévité, ainsi que pour assurer une croissance vigoureuse au printemps et un bon rendement à la première coupe. La période critique de récolte d'automne dure environ six semaines avant la date moyenne de gel meurtrier, et elle varie d'un endroit à l'autre. Voir la figure 3-4, Début de la période critique de récolte d'automne pour la luzerne, pour connaître les dates dans chaque région. Si la récolte la luzerne a lieu au cours de cette période, elle réduit ses chances de survie à l'hiver; il faut donc évaluer ce risque en fonction des besoins immédiats en fourrage. Généralement, le rendement que l'on sacrifie en ne récoltant pas la luzerne au cours de cette période est facilement compensé par le rendement de la première coupe l'année suivante. Voir la fiche technique du MAAARO, Risques de destruction de la luzerne par l'hiver, commande no 91-071, ou visiter le site Web www.ontario.ca/cultures.

Figure 3-4. Début de la période critique de récolte d'automne pour la luzerne

Figure 3-4. Début de la période critique de récolte d'automne pour la luzerne.


Avant de récolter la luzerne au cours des six semaines qui suivent la date indiquée sur la carte pour la région, évaluer les risques connexes liés à la longévité et aux rendements futurs.


Cultivars de luzerne tolérants à l'hiver

Voir le rapport intitulé Plantes fourragères - Comportement des variétés recommandées disponible dans les centres de ressources du MAAARO et affiché sur le Web (en anglais) à www.uoguelph.ca/plant/performance_recommendations/ofcc/ofcc.htm. Pour la luzerne, des indices de rendement élevés à la troisième et la quatrième années reflètent une longévité relative élevée. Il s'agit d'une évaluation composite de plusieurs caractéristiques de production, notamment le rendement et la résistance à l'hiver, au froid et à la maladie. En général, les cultivars cotés résistants ou très résistants à la maladie sont moins vulnérables à la destruction par l'hiver.

Couverture de neige

Une couverture de neige suffisante, c'est-à-dire d'au moins 15 cm (6 po), isole le collet et les racines de la luzerne aux températures modérées. Lorsqu'il n'y a pas suffisamment de neige, le collet de la luzerne peut être exposé à des températures inférieures à -15 °C; les cellules végétatives sont alors endommagées et les plants finissent par mourir. L'effet isolant de la neige réduit également les fluctuations de température et les risques de déchaussement. L'hiver, en l'absence d'une couverture de neige, ces fluctuations (températures minimales sous le point de congélation et températures maximales supérieures à 5 °C) peuvent interrompre la dormance et rendre les plants encore plus vulnérables à la gelée.

Couche de glace

La fonte rapide des neiges suivie de températures froides peut entraîner la formation de couches de glace qui étouffent les plants en les privant d'oxygène. Comme elle est peu isolante, la glace ne protège pas les collets de la luzerne, qui peuvent alors être endommagés par le gel.

Repousse d'automne

Après une forte gelée d'automne, on peut faucher la luzerne sans que cela ait une incidence sur les réserves racinaires, mais cela comporte des inconvénients. Si la repousse d'automne n'est pas fauchée, elle retient la neige qui isole le sol du froid. Le chaume perce aussi la glace et protège ainsi les plants de luzerne en facilitant la circulation de l'air et la respiration. La repousse d'automne de la luzerne ne cause pas l'étouffement comme le font les couches de glace; cependant ce n'est pas le cas pour les graminées.

Drainage du sol

Le drainage du sol, tant superficiel que souterrain, est indispensable à la survie de la luzerne à l'hiver. Un déchaussement peut se produire dans les sols lourds mal drainés où la répétition du cycle gel-dégel soulève la racine pivotante voir planche 22. Les plants qui ont été déchaussés de plus de 2,5 cm (1 po) sèchent, leur racine pivotante et leurs radicelles cassent, et leur collet est surélevé. À la longue, ils meurent ou sont gravement rabougris. Le drainage superficiel revêt plus d'importance quand le terrain est plat; en effet, quand le sol est gelé, l'eau ne s'écoule pas et forme des couches de glace.

Planche 22. Le déchaussement des plants de luzerne est causé par les cycles de gel et de dégel du début du printemps, qui ont pour effet de soulever le collet.

Planche 22. Le déchaussement des plants de luzerne est causé par les cycles de gel et de dégel du début du printemps, qui ont pour effet de soulever le collet.

Gestion du fauchage

Les fauches fréquentes et rapprochées stressent la luzerne et, par le fait même, réduisent ses chances de survie à l'hiver et son potentiel de rendement à la première coupe de l'année suivante. À l'inverse, si les fauches sont très espacées, les plants peuvent reconstituer leurs réserves et ont de meilleures chances de survivre à l'hiver. Certains producteurs mettent l'accent sur des peuplements à rendement élevé, fauchés fréquemment, de qualité supérieure et qui durent trois ans, et ils accordent moins d'importance à la longévité de la luzerne. Si les coupes sont espacées de moins de 35 jours, les risques de destruction par l'hiver sont plus importants. Pour rechercher un compromis entre la qualité de la luzerne et sa survie à l'hiver, on peut laisser le peuplement fleurir un peu avant la dernière coupe afin de permettre l'accumulation de réserves racinaires suffisantes.

Fertilité et pH du sol

La faible teneur du sol en potassium est l'un des principaux facteurs de réduction des peuplements de luzerne, en particulier de ceux semés dans des loams et des loams sableux. En présence d'un taux de potassium suffisant dans le sol, la luzerne peut emmagasiner dans ses racines suffisamment de glucides qui la protègent contre le froid, et qui constituent également une réserve d'énergie permettant une croissance vigoureuse au printemps. Échantillonner régulièrement le sol des champs de fourrages et le fertiliser conformément aux recommandations. Appliquer le fertilisant avant le début de la période critique de récolte d'automne afin de permettre aux plants d'absorber ce dont ils ont besoin.

Toutefois, une concentration de potassium élevée peut entraîner l'absorption de quantités excessives de cet élément par la luzerne et, subséquemment, des problèmes nutritionnels lorsque le fourrage sera servi aux vaches laitières avant la mise bas. Dans les sols dont la teneur est supérieure à 150 ppm, l'application de potassium n'est pas recommandée parce qu'elle n'améliore pas significativement la résistance de la luzerne à l'hiver.

Tableau 3-14. Densités souhaitables des peuplements de luzerne
  Nombre de plants
Plants par m2 Plants par pi2
Nouveau semis
215
20 +
1re année
129-215
12-20
2e année
86-129
8-12
3e année et plus
54
5

 

Une carence en bore peut également mener au rabougrissement de la luzerne pendant les sécheresses de la mi-été, de sorte que les plants sont moins résistants au début de l'hiver. Quant aux sols dont le pH est faible, ajouter de la chaux l'année précédant le semis voir Gestion de la fertilisation.

Évaluation des chances de survie à l'hiver d'un peuplement de luzerne

Bien qu'il soit possible d'évaluer le rendement potentiel en comptant les plants ou les tiges par mètre carré, il est extrêmement important de prendre en compte la santé du collet et des racines. Les comptes de tiges sont plus précis que les comptes de plants, mais au début du printemps, il n'est parfois possible que de compter les collets. Se préparer à remplacer un vieux peuplement s'il contient moins de 43 plants/m2 (4 plants/pi2). Voir le tableau 3-14, Densités souhaitables des peuplements de luzerne.

Déterrer plusieurs plants afin d'évaluer la santé du collet et des racines. Les collets sains sont gros et symétriques et portent de nombreuses pousses. Ouvrir une racine en la coupant dans le sens de la longueur. Les racines saines sont blanches ou crème à l'intérieur, et elles sont fermes et dures à peler quand on les gratte avec l'ongle. Les racines et le collet des plants mourants sont décolorés et leur texture est spongieuse. Vérifier la vigueur des nouvelles pousses ou des bourgeons. Les plants dont la racine pivotante a été cassée par le déchaussement peuvent verdir, mais ils finiront par mourir. Ceux qui sont légèrement déchaussés peuvent survivre, mais leur longévité et leur productivité seront réduites.

Figure 3-5.Rendement potentiel de la luzerne selon le nombre de tiges par unité de surface.

Figure 3-5.Rendement potentiel de la luzerne selon le nombre de tiges par unité de surface.

Source : Undersander et Cosgrove, University of Wisconsin, 1992.

Quand la luzerne mesure environ 15 cm (6 po) de hauteur, on peut mesurer la densité du peuplement en nombre de tiges par mètre carré (ou par pied carré). Une densité de 590 tiges/m2 (55 tiges/pi2 présente un bon potentiel de rendement voir la figure 3-5, Rendement potentiel de la luzerne selon le nombre de tiges par unité de surface. Il pourrait y avoir des pertes de rendement si la densité des tiges se situait entre 431 et 539/m2 (de 40 à 50/pi2).


Penser à remplacer le peuplement s'il y a moins de 430 tiges/m2 (40 tiges/pi2) et si la santé du collet et des racines est médiocre.


Parmi les autres éléments à prendre en compte en ce qui concerne le maintien ou le remplacement d'un peuplement fourrager, citons les besoins et les inventaires de fourrages, les semis d'autres types de fourrages, la quantité d'herbe laissée dans le peuplement, les exigences liées à la rotation et la pression exercée par les mauvaises herbes.

 

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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