Cultures fourragères :
Récolte et entreposage
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fourragères | |Céréales|
Haricots secs comestibles
|Canola de printemps et canola
d'automne|
|Autres cultures ||Gestion
des sols||Fertilité
et éléments nutritifs|
|Dépistage| |Gestion
des grains stockés à la ferme|
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l Déprédateurs
des grandes cultures|
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fourragères > Récolte et entreposage
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Table des matières
Gestion des pâtures
Un pâturage bien géré fournit un fourrage
abondant à faible coût. Pour optimiser la quantité
de fourrage et le rendement du bétail, employer un système
de rotation. Idéalement, dans un pâturage, le peuplement
consommé par le bétail devrait contenir au moins 35 % de
légumineuses. Le choix des espèces de cultures fourragères
dépend en partie du drainage du sol et de sa texture. Il est souhaitable
d'épandre 50 à 75 kg d'azote/ha sur les pâturages
contenant moins de 35 % de légumineuses. L'épandage doit
coïncider avec les bonnes conditions de croissance et avec le besoin
de plus grandes quantités de pâturage. Pour dépasser
cette quantité, faire plusieurs épandages.
Pâturages tournants
Le moment de la mise à l'herbe de printemps doit
être choisi en fonction de la croissance des graminées. Faire
brouter les espèces précoces telles que le dactyle pelotonné
assez tôt pour l'empêcher d'atteindre un stade de maturité
trop avancé. Effectuer la rotation des pâturages assez rapidement.
Plus l'herbe pousse vite, plus la rotation doit être rapide. Dans
les pâturages tournants, il est important d'estimer le moment de
déplacer le bétail en fonction du dernier enclos de la rotation.
Vers le début de la saison de croissance, une rotation complète
peut durer 20 jours. Vers la fin de la saison, pour permettre une repousse
et un rétablissement suffisants, on peut devoir attendre 40 jours
ou plus avant de revenir au même enclos.
Prévention du ballonnement sur les pâturages
Les légumineuses peuvent provoquer le ballonnement
chez les ruminants; plus les plantes sont jeunes, plus le risque est élevé.
Lorsque le pâturage contient plus de 50 % de légumineuses,
il est recommandé de prendre certaines mesures pour prévenir
le ballonnement, par exemple :
- Faire en sorte que le bétail ait déjà consommé
du fourrage avant d'arriver dans le pâturage;
- Amener le bétail au pâturage lorsque celui-ci est sec
et non lorsqu'il est mouillé par la pluie ou par une rosée
abondante au début de la matinée;
- Lui offrir du foin riche en tiges pour stimuler le rumen;
- Faire brouter les légumineuses lorsqu'elles sont en fleurs;
- Penser à employer un additif pour alimentation animale;
- Faire brouter de petites superficies à la fois (l'équivalent
de la consommation d'une journée) pour inciter le bétail
à manger les tiges en même temps que les feuilles météorisantes.
Pour plus d'information sur la gestion des pâturages, voir la
publication 19F du MAAARO, La culture des pâturages, qui est affichée.
Qualité du fourrage
Pour ce qui est des espèces fourragères récoltées
pour l'entreposage, c'est le type de bétail à nourrir qui
détermine la qualité du fourrage. Celle-ci doit correspondre
aux besoins nutritionnels des animaux. Un troupeau de vaches laitières
très productives a besoin d'un fourrage de qualité, c'est-à-dire
à forte teneur en énergie et en protéines digestibles.
Les valeurs repères pour la luzerne destinée à des
vaches laitières très productives sont 20 % de protéines
brutes (PB), 30 % de fibres au détergent acide (ADF) et 40 % de
fibres au détergent neutre (NDF). Pour les vaches de boucherie,
le meilleur foin est plus avancé en maturité et d'un rendement
plus élevé et, par conséquent, il a une teneur en
protéines et une digestibilité plus faibles. Bon nombre
de propriétaires de chevaux d'équitation préfèrent
le foin à maturité plus avancée qui renferme davantage
de graminées que n'en contient normalement le foin destiné
aux vaches laitières, mais il doit absolument être exempt
de dommages dus à la pluie, de moisissures et de poussières.
Certains marchés exigent aussi que le foin ait une couleur verte
et ne contienne aucune mauvaise herbe. Plus loin dans le présent
texte, le terme " qualité alimentaire élevée
" désigne une teneur élevée en protéines
et en énergie digestibles.
Les analyses de laboratoire sur les fourrages sont indispensables pour
la mise au point d'une ration alimentaire précise. La teneur en
éléments nutritifs varie considérablement selon le
type de fourrage, le degré de maturité à la coupe
et la capacité de préservation.
Pour plus de renseignements sur l'interprétation des rapports
d'analyse de fourrages, voir la fiche technique du MAAARO intitulée
Terminologie de la fabrication des aliments pour animaux et de la nutrition
animale.
Mesure de l'énergie digestible de l'ensilage
du maïs
L'ensilage de maïs a la particularité d'allier deux composants
très différents : les grains très humides et les
épis débarrassés des grains. L'énergie digestible
doit être élevée pour réduire le besoin en
supplément de céréales. La teneur en NDF doit être
faible et la valeur de digestibilité des fibres au détergent
neutre (dNDF) doit être plus élevée pour accroître
la prise alimentaire; c'est également le cas de l'énergie.
Tableau 3-10. Digestibilité
et teneur en protéines de la luzerne
et du brome à divers stades de maturitéTableau 3-10. Digestibilité
et teneur en protéines de la luzerne
et du brome à divers stades de maturité
| Stade de maturité |
Date |
Digestibilité (%) |
Teneur en protéines brutes (%) |
| Luzerne |
Brome |
Luzerne |
Brome |
| Bouton moyen |
4 juin
|
72,6
|
73,8
|
21,5
|
13,4
|
| Début de floraison |
20 juin
|
65,2
|
67,2
|
17,0
|
10,0
|
| Floraison complète |
30 juin
|
62,1
|
60,6
|
16,2
|
6,7
|
| Premières graines |
6 juillet
|
60,9
|
59,7
|
15,6
|
5,8
|
L'énergie digestible de l'ensilage de maïs dépend
principalement des quantités relatives d'amidon et de NDF, et de
leur digestibilité. Dans le passé, on évaluait l'énergie
à partir de la ADF et la prise alimentaire à partir de la
NDF, mais à elles seules ces valeurs ne prennent pas en compte
la digestibilité. De nouvelles méthodes permettent de calculer
l'énergie digestible de l'ensilage de maïs avec plus d'exactitude
précision à partir des PB, des NDF, de la dNDF, de l'amidon,
des cendres et des lipides. Il est également possible de calculer
la digestibilité de l'amidon à partir du taux d'humidité,
des cotes de conditionnement du grain (kernel processing scores, KPS)
et d'autres tests de digestibilité effectués en laboratoire.
Période de récolte du fourrage
La période de récolte est le facteur le plus important
pour la production d'un fourrage de qualité alimentaire élevée.
La valeur nutritive des cultures fourragères baisse au fur et à
mesure qu'elles arrivent à maturité. Après le stade
du bouton de la luzerne, la teneur en protéines diminue d'environ
0,2 % par jour et la digestibilité d'environ 0,4 % par jour voir
le tableau 3-10, Digestibilité et teneur
en protéines de la luzerne et du brome à divers stades de
maturité. Un petit retard dans la coupe du fourrage entraîne
une forte réduction de sa qualité alimentaire. Bien sûr,
les choses se compliquent lorsqu'il faut attendre une période de
temps sec.
En règle générale, pour obtenir un foin de haute
qualité, faire la première coupe entre le milieu et la fin
du stade du bouton.
La période de récolte dépend des besoins nutritionnels
du bétail. La coupe effectuée avant le stade du bouton ou
au début de celui-ci réduit les rendements et peut augmenter
les risques de perdre le peuplement. Une extrême faiblesse des teneurs
en fibres peut entraîner des problèmes nutritionnels. Pour
ce qui est des graminées, on atteint un compromis entre le rendement
et la qualité au stade où l'épi est tout juste sorti.
Le dactyle pelotonné atteint la maturité bien avant la fléole
et le brome. Les retards dans la récolte du fourrage font augmenter
le rendement et la rusticité, mais réduisent la qualité
du fourrage. Pour les grandes superficies de fourrage, il est conseillé
de commencer la coupe plus tôt pour s'assurer que ce qui est coupé
en dernier est de bonne qualité.
La deuxième et la troisième coupes de luzerne peuvent se
faire à intervalles d'environ 30 jours (milieu du stade du bouton)
à 40 jours (début de floraison) ou plus, selon que l'on
recherche une qualité élevée ou une rusticité
et un rendement optimaux voir Destruction
des cultures fourragères par l'hiver.
Prévoir la qualité de la luzerne dans une culture sur
pied
Les méthodes ci-dessous permettent de déterminer le moment
du début de la première coupe de luzerne :
- date du calendrier;
- stade de développement (milieu du stade de bouton, stade du
bouton complet, etc.);
- degrés-jours de croissance (DJC) voir Degrés-jours;
- échantillons coupés aux ciseaux;
- équations prédictives de la qualité de la luzerne
(ÉPQL).
De nombreux producteurs fondent leurs décisions relatives à
la coupe en se fondant sur la teneur en FDN comme principale variable
de qualité. Pour les vaches laitières très productives,
la teneur en FDN optimale de la luzerne pour la prise alimentaire et la
fibre alimentaire est d'environ 40 %. Par temps chaud, la teneur en FDN
peut augmenter d'environ 0,7 unité par jour, ce qui entraîne
une diminution rapide de la qualité. D'une année à
l'autre, la teneur en FDN peut accuser des écarts atteignant 10
% à la même date de coupe. La relation entre le stade phénologique
(début ou fin du stade du bouton) et la teneur en FDN n'est pas
toujours très précise. Certains laboratoires offrent des
services d'analyse d'échantillons coupés aux ciseaux avec
un temps de roulement court pour le suivi de la qualité des fourrages
sur pied.
La méthode des ÉPQL consiste à calculer la teneur
en FDN de la luzerne dans une culture sur pied à partir de la tige
la plus longue et de la tige dont la maturité est la plus avancée.
Les estimations de FDN par la méthode des ÉPQL sont inscrites
sur une baguette à mesurer facile à lire et dont on peut
se servir au champ. Cette méthode permet de prendre les décisions
pour la coupe, mais elle ne saurait remplacer l'analyse des fourrages
et l'équilibrage des rations. Pour plus de détails sur l'utilisation
de la méthode des ÉPQL, voir l'information sur les équations
prédictives, Prévision de la qualité de la luzerne
à l'aide des équations prédictives de la qualité
de la luzerne, affichée sur le site Web du MAAARO à l'adresse
www.ontario.ca/cultures.
Foin sec
On peut conserver un maximum de valeur nutritive en réduisant
autant que possible les pertes au champ et à l'entreposage. L'importance
de chacun de ces types de pertes dépend grande partie de la teneur
en eau du fourrage lorsqu'il est entreposé. L'entreposage de foin
sec s'accompagne de pertes élevées au champ, mais de pertes
relativement faibles à l'entreposage. Par contre, l'entreposage
de fourrages pour l'ensilage préfané s'accompagne de pertes
réduites au champ, mais de pertes plus importantes à l'entreposage
voir la figure 3-2, Estimation des pertes de foin
et d'ensilage préfané à la récolte et à
l'entreposage.
Figure 3-2. Estimation des pertes de foin et d'ensilage
préfané à la récolte et à l'entreposage

Adapté de Hoglund, 1964.
Le séchage rapide est l'une des clés de la production de
foin. En Ontario, les périodes sans pluie sont souvent très
courtes; il faut donc toujours soit prendre le risque d'attendre que le
foin soit assez sec pour faire les balles avant la prochaine pluie, soit
faire les balles avant qu'il soit tout à fait assez sec et risquer
d'obtenir un produit moisi et poussiéreux. Le conditionnement et
l'andainage doivent aussi être effectués de façon
à éviter une perte excessive des feuilles.
Coupe et conditionnement
Les faucheuses à disques sont plus fiables que les faucheuses
à barre de coupe lorsque le fourrage est versé ou dans des
peuplements très denses. Les faucheuses à disques sont plus
rapides et ont une plus grande capacité, mais elles coûtent
plus cher.
Les conditionneurs de fourrage broient, crêpent ou battent les
tiges et en accélèrent ainsi le séchage. Un séchage
plus rapide réduit les risques d'exposition à la pluie et
synchronise le séchage des feuilles et des tiges, ce qui peut limiter
l'effritement des feuilles. Généralement, les graminées
sèchent plus rapidement que les légumineuses. Entretenir
et régler les conditionneurs de façon à assurer un
conditionnement optimal. Voir le manuel du propriétaire.
Après la coupe, laisser des andains aussi larges que possible
pour accélérer le séchage et réduire ainsi
la perte des sucres solubles par respiration. Les andains larges sont
moins denses et moins humides, et leur surface d'évaporation exposée
au soleil est plus importante. La plupart des faucheuses-conditionneuses
permettent d'ajuster facilement leur largeur.
Pertes à la récolte
Plusieurs types de pertes sont liés à la production de
foin sec (moins de 20 % d'humidité). Comme les feuilles contiennent
environ la moitié de la matière sèche et les deux
tiers des protéines, leur perte a un effet prononcé sur
la qualité et le rendement.
Tableau 3-11. Pertes potentielles à
la fenaison
| Source des pertes |
% Pertes en matière sèche
|
| Respiration |
2-16
|
| Coupe et conditionnement |
2-5
|
| Raking |
5-25
|
| Mise en petites balles |
3-8
|
| Mise en grosses balles |
1-15
|
| Transport |
1-10
|
| Pertes potentielles totales |
10-71
|
Respiration
Même après la coupe, les fourrages continuent de respirer
et de consommer des sucres jusqu'à ce que leur teneur en eau atteigne
moins de 40 %. Lorsque les conditions permettent un séchage relativement
rapide, ces pertes peuvent être réduites au minimum, soit
2 à 8 % de la matière sèche totale. Dans le cas contraire
(température basse, humidité élevée, etc.),
les plants prennent plus de temps à atteindre une teneur en eau
de 40 % et les pertes de matière sèche peuvent atteindre
16 %.
Altération dans l'andain
Sur du foin andainé, la pluie entretient la respiration et ajoute
aux pertes. Les nutriments comme les sucres simples quittent les feuilles
par lessivage et les pertes foliaires augmentent, ce qui réduit
la digestibilité du produit. Il peut y avoir une augmentation de
la concentration de protéines, mais la quantité de protéines
produites par acre diminue, ainsi que leur digestibilité. L'altération
sur pied a aussi pour effet de réduire la quantité de foin
qui sera consommée par les animaux, et les dégâts
dus à la pluie font augmenter la quantité de moisissures
dans l'andain, ce qui peut nuire à la sapidité du foin et
le rendre impropre au marché des chevaux.
Pertes d'origine mécanique
Au fur et à mesure que le fourrage sèche, les feuilles
et les petites tiges deviennent plus cassantes. Toute opération
mécanique, comme l'andainage et le fanage, effectuée sur
un produit contenant moins de 40 % d'eau, entraîne des pertes de
feuilles. Les quantités de feuilles ainsi perdues s'accroissent
au fur et à mesure que la teneur en humidité diminue. Si
possible, andainer lorsque le foin est humide. S'il contient peu d'humidité,
pour réduire les pertes de feuilles, andainer le matin pendant
qu'il y a encore de la rosée, réduire la vitesse de rotation
des râteaux et retourner les andains avec un vire-andains. Les faneuses
sont plus souvent utilisées pour les prairies de graminées
et peuvent provoquer d'importantes pertes de feuilles sur la luzerne à
faible teneur en humidité. Pour réduire les pertes qui surviennent
lors du ramassage par la presse à fourrage et dans la chambre de
mise en balles, rassembler les andains légers à une teneur
en eau plus élevée et en avançant à la vitesse
maximale.
Pertes potentielles à la fenaison
Pertes potentielles à la fenaison
Le tableau 3-11, Pertes potentielles à la
fenaison, résume les valeurs enregistrées lors de travaux
de recherche.
Tableau 3-12. Guide des teneurs en
eau à l'entreposage
| Type de balles |
Teneur en eau à l'entreposage (%) |
| Petites balles rectangulaires |
15-18
|
| Grosses balles rondes - centre moins dense |
13-16
|
| Grosses balles rondes - centre plus dense |
12-15
|
| Grosses balles rectangulaires |
12-15
|
Source : Clarke et Stone, MAAARO, 1993.
Pertes à l'entreposage
Le foin qui est assez sec et qui est entreposé sous un couvert
protecteur subit normalement un minimum de pertes à l'entreposage.
Ces pertes sont généralement liées à la manutention
des balles pendant leur déplacement.
Le foin très humide présente des risques d'altération
causée par les micro-organismes qui métabolisent les sucres
et dégagent de la chaleur. L'importance des dommages subis dépend
:
- de la teneur en eau du foin;
- de la densité des balles et de leur empilage plus ou moins
serré dans la grange;
- de la température et de l'humidité de l'air ambiant.
Le tableau 3-12, Guide des teneurs en eau à
l'entreposage, donne les valeurs à respecter pour l'entreposage
de différents types de balles.
Si on entrepose les balles à l'intérieur ou si on recouvre
les grosses balles, les pertes dues à l'altération sont
considérablement réduites. Dans une balle ronde de 1,5 m
(5 pi) de diamètre, 19 % du foin se trouve dans la couche externe
de 15 cm (6 po) et 36 %, dans la couche externe de 30 cm (12 po). L'entreposage
à l'extérieur doit se faire dans un endroit bien drainé.
Voir la fiche technique du MAAARO, Entreposage des grosses balles rondes,
commande no 89-015, ou visiter le site Web www.ontario.ca/cultures.
Pertes à l'affouragement
Les pertes de foin sec à l'affouragement peuvent être assez
importantes; elles peuvent atteindre 50 % lorsque des bovins sont affouragés
sur le sol plutôt que dans une mangeoire. Les mangeoires coniques
et circulaires produisent moins de pertes que les crèches ou les
mangeoires mobiles.
Échauffement du foin
La combustion du foin humide provoquée par son échauffement
est communément appelée combustion spontanée. Ce
phénomène survient lorsque qu'il y a suffisamment d'humidité,
d'oxygène et de matière organique pour permettre la croissance
de bactéries et de moisissures. Cette réaction peut être
autonome. Les gaz produits s'enflamment lorsqu'ils deviennent assez chauds.
Prendre soin de vérifier si le foin est assez sec pour être
mis en balles ou entreposé. La combustion spontanée du foin
survient habituellement pendant les deux premiers mois de l'entreposage.
Généralement, l'un des premiers signes d'échauffement
du foin est une odeur de tabac à pipe, et parfois un dégagement
de vapeur provenant de la grange. Pour vérifier la température
du foin, on peut y plonger une sonde pointue dans laquelle on enfonce
un thermomètre à confiserie attaché à une
corde. Ne jamais mesurer la température sans être accompagné
parce qu'il y a risque de chute dans les poches de feu qui ont pu se former.
Voici quelques repères utiles :
- 65 °C - Début de la zone dangereuse. Mesurer la température
tous les jours.
- 70 °C - Danger! Inspecter toutes les quatre heures pour voir
si la température monte.
- 80 °C - Possibilité de formation de poches de feu. Appeler
le service des incendies.
- 100 °C - Situation critique! En présence d'oxygène,
la combustion s'amorcera.
Si on n'a pas de thermomètre, on peut plonger une tige de fer
ou de cuivre profondément dans le foin pendant une heure pour avoir
une idée de sa température. Si la tige, une fois retirée,
est presque trop chaude pour être tenue à mains nues, il
y a lieu de s'inquiéter.
Voir la fiche technique du MAAARO,
Incendies de silo ou de grange à foin sur votre ferme, commande
no 93-027a, ou visiter le site Web www.ontario.ca/cultures.
Agents de conservation du foin (acide propionique)
En Ontario, les conditions météorologiques ne sont pas
toujours propices au séchage du foin au champ. Les produits de
conservation à base d'acide propionique permettent de réduire
les risques d'échauffement, de moisissures, d'altération
et de pertes de matière sèche découlant de la formation
de balles à une teneur élevée en humidité.
L'acide propionique est un acide organique qui a un effet fongicide;
il inhibe donc la croissance des micro-organismes aérobies qui
peuvent provoquer l'échauffement et la moisissure. L'acide propionique
empêche la croissance des moisissures pendant que les balles "
transpirent " et " sèchent " par dissipation et
évaporation et s'approchent de taux d'humidité sans danger.
Ne pas confondre les agents de conservation du foin à base d'acide
propionique avec les enzymes, les inoculants bactériens ou les
additifs alimentaires, qui sont différents par leur mode d'action
et leur efficacité.
Les produits à base d'acide propionique sont homologués
par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Bien lire l'étiquette
et respecter les concentrations et les doses indiquées. Les produits
actuellement vendus dans le commerce sont tamponnés à un
pH d'environ 6,0 et n'irritent pas les yeux et la peau comme le faisaient
les anciens produits. Ils peuvent aussi contenir de l'acide acétique
et citrique, des surfactants et des colorants.
Le foin traité à l'acide propionique tamponné ou
avec d'autres produits à base d'acides organiques peuvent être
donnés au bétail sans danger. Les acides propionique et
acétique sont des acides organiques également produits par
les micro-organismes du rumen (et dans le cæcum et le colon des
chevaux) pendant la digestion.
Comme la quantité d'agent de conservation à employer dépend
de la teneur en eau du foin au moment de la mise en balles, il est essentiel
de mesurer celle-ci avec précision. Les humidimètres à
main peuvent ne pas être assez précis pour permettre de calculer
convenablement la dose d'agent de conservation requise. À l'intérieur
d'un même andain, les écarts de teneur en eau atteignent
parfois 10 à 15 %, ce qui peut entraîner la formation de
poches de matière humide qui ne seront pas adéquatement
traitées. Pour calculer la fourchette de teneurs en eau, faire
quelques balles de foin et prélever des échantillons à
partir de celles-ci plutôt que de l'andain. Il y a une différence
entre la teneur en eau moyenne et la teneur en eau maximale. Ajuster la
dose d'agent de conservation en fonction de la valeur maximale et non
de la moyenne.
Pulvériser l'acide propionique sur le foin au moment où
il entre dans la presse à foin. Les systèmes de pulvérisation
simples sont constitués d'un réservoir, d'une pompe et de
buses. Il existe des systèmes informatisés comportant des
capteurs d'humidité à l'intérieur de la chambre qui
ajustent automatiquement les doses. Pratiquement toutes les grosses presses
à foin produisant des balles rectangulaires sont ainsi équipées.
Pour plus de renseignements sur l'emploi de l'acide propionique pour
la prévention de la moisissure dans le foin, voir le site Web du
MAAARO à l'adresse www.ontario.ca/cultures.
Traitement du foin de mauvaise qualité à l'ammoniac anhydre
L'ammoniac anhydre est un agent de conservation qui permet d'accroître
la teneur en protéines brutes et la digestibilité du foin
de mauvaise qualité. La dose recommandée est de 1 % du poids
du foin sec, dont la teneur en eau ne doit pas dépasser 30 %. De
plus, il faut recouvrir le foin d'un plastique pour retenir l'ammoniac,
à défaut de quoi l'effet de conservation ne sera que temporaire.
L'ammoniac anhydre n'est pas un agent de conservation aussi efficace que
l'acide propionique et ne devrait pas être employé sur du
foin de haute qualité. En effet, son utilisation sur du foin de
haute qualité a déjà provoqué l'affolement
des bovins, qui percutaient violemment des obstacles, étaient pris
de convulsions et, parfois, mouraient. Ne pas donner de foin de qualité
traité à l'ammoniac aux animaux qui ont des besoins nutritionnels
importants comme les vaches en lactation.
Séchoirs à foin en grange
Les systèmes de séchage en grange servent à la production
de foin de qualité. Bien géré, un tel système
permet de réduire la durée du préfanage au champ
et donc le risque de pertes dues à la pluie; il limite aussi la
chute des feuilles et élimine le danger d'incendie déclenché
par la combustion spontanée (voir Échauffement du foin,
page en regard). Le séchoir à foin en grange comporte un
ventilateur et des conduites qui font circuler l'air extérieur
à travers le foin partiellement séché entreposé
dans la grange; il élimine ainsi la chaleur et l'excès d'humidité
et complète le processus de fanage qui a débuté au
champ.
Foin pour chevaux
Les paramètres de qualité du foin pour chevaux ne sont
pas les mêmes que pour le bétail et les moutons. Bon nombre
de propriétaires de chevaux jugent la qualité du foin principalement
en fonction de l'absence de moisissure, de poussière et de mauvaises
herbes, et de sa couleur verte. Le foin qui n'était pas assez sec
au moment de la mise en balles moisit et devient poussiéreux, ce
qui peut provoquer des problèmes respiratoires chez les chevaux.
Le foin destiné aux chevaux ne doit pas avoir été
exposé à la pluie. La plupart des chevaux n'ont pas besoin
de foin riche en protéines, et dans de nombreux cas les chevaux
d'équitation n'ont pas de grands besoins énergétiques.
On leur donne souvent un mélange de fléole-luzerne. Le foin
pour chevaux peut être récolté plus tard dans la saison
de fenaison, à un degré de maturité plus avancé;
cela permet de disposer d'une certaine latitude pour la fenaison et de
réduire les risques d'exposition à la pluie. Il s'ensuit
un rendement accru en matière sèche, bien que le produit
obtenu soit plus pauvre en protéines et en énergie.
Il y a souvent une demande pour du foin pour chevaux en petites balles
rectangulaires parce que de nombreux propriétaires ne disposent
pas de l'équipement nécessaire à la manutention de
grosses balles. Il existe également un marché national et
d'exportation en croissance pour les grosses balles rectangulaires. Pour
plus d'information sur le foin à chevaux, voir le site Web du MAAARO
à l'adresse www.ontario.ca/cultures.
Ensilage préfané et ensilage de
maïs
L'entreposage du fourrage sous forme d'ensilage préfané
plutôt qu'en balles présente divers avantages, notamment
:
réduction des pertes à la récolte;
coûts de main-d'uvre moins élevés en raison
de la mécanisation de toutes les opérations;
réduction de la dépendance à l'égard des
bonnes conditions de séchage, ce qui permet de faucher la récolte
au degré de maturité souhaité.
L'ensilage du maïs se pratique beaucoup du fait de son rendement,
de la sapidité du produit et de sa teneur élevée
en énergie, et parce qu'il peut être récolté
en une seule fois.
Modes d'entreposage des ensilages
Voici les modes d'entreposage les plus courants pour les ensilages :
- silo vertical (silo tour)
- traditionnel (ouvert);
- hermétique (limitant l'oxygène);
- silo horizontal
- silo-couloir;
- silo-meule;
- silo-boudin;
- grosses balles d'ensilage préfané (ensilage en balles).
Moment de la récolte de l'ensilage de maïs
Pour obtenir un ensilage de maïs de qualité, le récolter
à la bonne teneur en eau. Pour le maïs plante entière,
c'est généralement à une teneur en humidité
allant de 65 et 70 % que la fermentation de l'ensilage se fait dans les
meilleures conditions et que le rendement de l'élevage est optimal.
Cette teneur convient bien aux silos horizontaux et aux silos-boudins;
cependant dans le cas des silos verticaux, l'ensilage doit être
un peu plus sec si l'on veut prévenir le suintement. Voir Maintien
de la bonne teneur en eau, page en regard.
Ligne d'amidon
On se fonde souvent sur la " ligne d'amidon " des grains (ou
" ligne de maturité ") pour évaluer le moment
où il faut récolter le maïs à ensilage, mais
cette méthode a certaines limites. Pour ce faire, casser un épi
en deux et examiner les grains. Dès l'apparition de la dent (ligne
d'amidon à 0 % de la hauteur du grain), il apparaît sur le
grain une ligne blanchâtre qui constitue la démarcation entre
la zone laiteuse et la zone pâteuse. Elle se déplace du sommet
du grain vers sa base au fur et à mesure que celui-ci approche
de la maturité et s'assèche. Lorsqu'elle atteint la base
(ligne d'amidon à 100 % de la hauteur du grain), un point noir
apparaît. La recommandation habituelle est de récolter le
maïs quand la ligne d'amidon se situe entre la moitié et les
deux tiers de la hauteur du grain.
La correspondance entre le pourcentage indiqué par la hauteur
de la ligne d'amidon et la teneur en eau de la plante entière est
extrêmement variable. En effet, quand la ligne d'amidon est à
la moitié de la hauteur du grain, la teneur en eau de la plante
entière peut être, selon le cas, trop élevée
ou beaucoup trop faible. Lorsque le temps est relativement sec, la teneur
en eau de la plante entière peut être plus basse que prévu
pour une hauteur donnée de la ligne d'amidon. De plus, la ligne
d'amidon diffère d'un hybride à l'autre selon le caractère
" tenue en vert ". En effet, une cote élevée pour
ce caractère signifie que les grains sèchent plus rapidement
que les cannes. C'est souhaitable chez les hybrides de maïs-grain
parce que, à mesure que le grain sèche, les tiges restent
vertes et saines et elles sont moins vulnérables aux cassures et
à la verse en fin de saison. Bon nombre d'hybrides destinés
uniquement à l'ensilage ont une faible cote " tenue en vert
", de sorte que le grain a une teneur relativement élevée
en humidité par rapport à la plante entière. Le maïs
à ensilage est moins touché par la verse parce qu'il est
récolté plus tôt et que le grain a une teneur en eau
plus élevée, ce qui accroît la digestibilité
de l'amidon. Les hybrides dont la cote " tenue en vert " est
élevée peuvent présenter une ligne d'amidon plus
avancée par rapport à la teneur en eau de la plante entière.
Par contre, les hybrides destinés à l'ensilage seulement
qui ont une cote " tenue en vert " faible seront prêts
à la récolte même si leur ligne d'amidon est moins
avancée. S'adresser à un représentant d'un fournisseur
de semences pour lui demander quelles sont les recommandations d'usage
relatives à la ligne d'amidon pour un hybride donné.
Mesure de la teneur en eau
La méthode la plus précise pour déterminer le moment
de la récolte du maïs à ensilage consiste à
mesurer sa teneur en eau.
- Prélever au moins dix plants du champ en évitant les
tournières. Se méfier de la variabilité de l'humidité
dans un même champ.
- Hacher un échantillon au moyen d'une récolteuse ou d'une
déchiqueteuse mobile. Plus l'échantillon est haché
finement, plus il sèche facilement et plus le résultat
est précis.
- Utiliser un doseur d'humidité commercial pour fourrages et
un four à micro-ondes ou faire appel à un laboratoire
pour déterminer le pourcentage de matière sèche.
Il se peut que les doseurs et les fours à micro-ondes n'enlèvent
pas toute l'humidité résiduelle de l'échantillon,
et ils peuvent même mener à une sous-estimation de la teneur
d'environ 3 %.
Peu après l'apparition de la dent, lorsque la ligne d'amidon est
à environ 20 %, il est possible de calculer la teneur en eau de
la plante entière. Au cours d'une année normale, à
ce stade, le maïs à ensilage perd environ 0,5 % d'humidité
par jour. Ainsi, si l'échantillon a une teneur en eau de 70 % et
que valeur cible est de 65 %, il faut récolter le maïs environ
dix jours après l'échantillonnage. Le séchage est
plus rapide les années sèches et que les années humides.
Au besoin, vérifier la teneur en eau à nouveau avant la
récolte.
Fermentation de l'ensilage
Lorsqu'on met des fourrages dans un silo, le milieu est aérobie
(l'ensilage contient de l'oxygène). Les bactéries aérobies
dégradent les glucides et les sucres en dioxyde de carbone et en
eau tout en produisant de la chaleur et en consommant l'oxygène
piégé.
Une fois que l'oxygène est épuisé, l'ensilage devient
anaérobie et propice à la croissance de bactéries
anaérobies. Ces organismes transforment les glucides et les sucres
en acides organiques qui permettent la conservation de l'ensilage. Ils
dégradent aussi une certaine quantité de protéines
en acides aminés, en ammoniac et en d'autres composés azotés
non protéiques. Pendant ce processus, les acides font diminuer
le pH, alors que la production d'ammoniac tend à le faire augmenter.
La production d'ammoniac fait que le pH atteint une valeur stable au bout
d'un délai plus long.
En deux ou trois semaines, il se stabilise entre 4,0 et 5,0, et toute
activité bactérienne et enzymatique cesse. Une fois le pH
stabilisé, il n'y a plus aucun risque de dégradation des
éléments nutritifs ou d'altération, de sorte que
l'ensilage peut se conserver pendant de longues périodes à
condition que l'air n'y pénètre pas.
Pertes d'ensilage liées à l'entreposage
La plupart des pertes d'ensilage liées à l'entreposage
sont dues à une exposition à l'oxygène.
Pertes dues à la respiration
Au moment de la récolte et de l'ensilage des plants, les cellules
végétales continuent de respirer, ce qui entraîne
une dégradation des sucres et autres glucides.
Pertes dues à la fermentation
La fermentation primaire et secondaire provoque des pertes d'importance
variable. Une période de fermentation prolongée peut entraîner
une dégradation excessive des sucres. Certains types de bactéries
sont moins efficaces que d'autres. À des teneurs en eau supérieures
à 70 %, il peut y avoir une fermentation clostridiale qui produit
de grandes quantités d'acide butyrique.
Pertes par suintement
Lorsqu'on met du fourrage trop humide dans un silo, sous l'effet du poids
de l'ensilage, un liquide peut s'en échapper et s'accumuler au
fond du silo. Ces effluents entraînent des sucres et d'autres éléments
nutritifs. De plus, ils peuvent provoquer une corrosion excessive des
parois du silo et des tiges d'armature, et même causer l'effondrement
du silo. Les effluents d'ensilage peuvent aussi tuer les poissons s'ils
s'écoulent dans un cours d'eau. Consulter la fiche technique du
MAAARO, Le stockage des effluents d'ensilage, commande no 04-032, ou visiter
le site Web www.ontario.ca/cultures.
Échauffement
L'échauffement des plantes provoque la combinaison des sucres
et des protéines en composés indigestibles; il en résulte
une " torréfaction " (brunissement de l'ensilage) et
une réduction de la digestibilité des protéines.
Dans des cas extrêmes, quand l'ensilage est trop sec ou que de l'air
y pénètre continuellement, il y a risque d'incendie provoqué
par une combustion spontanée. De tels incendies peuvent se déclarer
à n'importe quel moment de l'année et sont pratiquement
impossibles à éteindre.
Détérioration superficielle
L'ensilage non couvert et peu compacté se gâte parce que
l'exposition à l'oxygène provoque la croissance de micro-organismes
aérobies (levures, moisissures et bactéries).
Pertes liées à l'affouragement
La qualité de l'ensilage peut également diminuer lorsqu'on
ouvre le silo pour servir le produit aux animaux. Ces pertes sont dues
aux levures et aux moisissures qui s'activent quand l'ensilage est de
nouveau exposé à l'oxygène. Des pertes secondaires
peuvent survenir sur la surface exposée de l'ensilage ou lors de
l'affouragement.
Pratiques recommandées en matière d'ensilage
Maintien de la bonne teneur en eau
- silo vertical traditionnel : 60 % à 65 % ;
- silo horizontal : 60 % à 70 %;
- silo hermétique : 50 % à 60 %;
- silo-boudin : 60 % à 70 %;
- grosses balles d'ensilage préfané enveloppées
: 40 % à 60 %.
Si l'ensilage est trop sec, il se tasse mal, l'air y pénètre,
la fermentation se fait mal et il chauffe. Si l'ensilage préfané
est devenu trop sec, couper des fourrages frais et continuer de remplir
le silo en alternant les charges fraîches et sèches. L'arrosage
ne permet pas d'accroître la teneur en humidité de l'ensilage
parce que celui-ci n'absorbe pas l'eau, qui s'écoule facilement;
de plus, un boyau d'arrosage ne fournit pas assez d'eau pour permettre
une amélioration significative. Le produit récolté
à une teneur en eau supérieure à 70 % peut donner
lieu à un suintement et à une fermentation clostridiale
indésirable qui produit de l'acide butyrique et provoque d'importantes
pertes de matière sèche; il en résulte également
une dégradation de la valeur alimentaire, de la sapidité
et de la prise alimentaire.
Longueurs de coupe conseillées
Le hachage fin facilite le tassement et l'expulsion de l'air, mais l'ensilage
ne doit pas être trop fin parce que cela nuirait au fonctionnement
du rumen. La longueur réelle des particules diffère de la
longueur de coupe théorique (LCT); elle peut être vérifiée
au moyen d'un séparateur.
De façon générale, la LCT de l'ensilage préfané
doit être de 10 mm (7/16 po). Par contre, un ensilage à faible
teneur en eau pourrait nécessiter une LCT plus courte (6 mm ou
1/4 po) pour permettre un tassement adéquat. Bien qu'elle joue
un rôle important dans le cas des silos verticaux et hermétiques,
la longueur de coupe revêt probablement une importance encore plus
grande dans les silos horizontaux. Les lames des récolteuses doivent
être bien aiguisées et réglées convenablement.
Il n'est pas conseillé de hacher plus fin que 6 mm (1/4 po); cela
n'améliore pas le tassement et nécessite plus d'énergie
mécanique, et il peut en résulter des problèmes nutritionnels.
Les " éclateurs de grain " d'ensilage de maïs sont
munis de rouleaux qui brisent les épis, ouvrent les grains et hachent
les tiges. Avec les conditionneurs, la LCT recommandée est de 19
mm (3/4 po), tandis que sans conditionneur, elle est de 10 mm (7/16 po).
En effet, il est peut-être préférable d'utiliser un
éclateur de grain si le maïs est relativement sec, dur et
texturé.
Mise en silo rapide
Remplir le silo le plus rapidement possible afin d'accélérer
la fermentation et de limiter l'altération.
Si le remplissage est retardé de quelques jours, couvrir l'ensilage
de plastique afin de réduire les risques de détérioration.
Dans un silo vertical, l'ensilage ne se tasse que lorsqu'il atteint une
certaine hauteur. La couche supérieure est moins dense et contient
davantage d'air, ce qui peut provoquer un échauffement et une diminution
de la qualité.
Tassement dans les silos horizontaux
Remplir les silos horizontaux en allant de l'arrière vers l'avant
et en formant un " coin avançant ", et non de bas en
haut. Au fur et à mesure du remplissage, tasser l'ensilage en couches
relativement minces (15 cm ou 6 po) pour bien en expulser l'air. Il est
essentiel de prendre le temps de tasser l'ensilage et d'utiliser un tracteur
assez lourd. Il faudra peut-être utiliser plusieurs tracteurs afin
d'augmenter le temps de tassement par tonne.
Entretien des silos verticaux
Un silo vertical peut agir comme une cheminée; si l'air y pénètre,
il est aspiré vers le haut à travers l'ensilage, ce qui
peut entraîner la détérioration ou l'échauffement
de celui-ci et, dans des cas extrêmes, provoquer un incendie. S'il
y a des fissures dans les parois ou des interstices autour des portes
des silos, les calfeutrer ou les remettre en état afin de prévenir
les entrées d'air. Si le fourrage est mal réparti, ses éléments
légers s'accumulent le long de la paroi, ce qui empêche un
bon tassement.
Herméticité
- Il est crucial de couvrir hermétiquement un silo horizontal
avec une toile de plastique opaque aux rayons UV de six mils pour ensilage,
qui doit être solidement maintenue en place. On peut obtenir de
très bons résultats avec de vieux pneus découpés
et rapprochés les uns des autres, ou d'autres produits commerciaux.
Si le plastique flotte au vent, il agit comme un soufflet et pousse
l'air dans l'ensilage plutôt que de l'en exclure. Placer la toile
de façon à éloigner l'eau de pluie de l'ensilage
et pour l'empêcher de couler le long des parois et de s'accumuler
au fond.
- Dans les silos verticaux traditionnels, la couche supérieure
de l'ensilage est de faible densité et l'air peut y pénétrer.
Pour réduire le risque de détérioration en attendant
que la fermentation soit complète, couvrir l'ensilage de plastique
lesté de quelques centimètres d'ensilage. Prendre les
précautions nécessaires pour éviter la formation
de gaz d'ensilage (voir Gaz d'ensilage, page en regard).
- Pour ce qui est des silos hermétiques, fermer les portes la
nuit et durant les pauses de remplissage. Une fois le silo rempli, fermer
immédiatement les portes.
Fermentation complète
La fermentation de l'ensilage peut durer jusqu'à 21 jours. Pour
garantir la stabilité de l'ensilage et maximiser la durée
de conservation pour l'alimentation du bétail, ne pas prélever
le contenu du silo avant que la fermentation soit achevée.
Enlèvement rapide pour limiter la détérioration
La nouvelle exposition de l'ensilage à l'air lors de l'affouragement
peut provoquer la croissance de moisissures, levures et bactéries
aérobies. Si le débit d'approvisionnement est lent, les
risques d'altération due aux organismes aérobies sont accrus.
Par temps chaud et humide, il faut des débits d'approvisionnement
plus grands pour éviter l'altération. Calculer la taille
des silos en conséquence. Vider les silos verticaux à raison
d'au moins 5 cm (2 po) par jour en hiver et de 7 à 10 cm (23/4
à 4 po) par jour en été. Les silos horizontaux doivent
être vidés d'au moins 10 à 15 cm (4 à 6 po)
par jour selon la saison. L'affouragement d'ensilage moisi n'est pas recommandé
parce qu'il réduit la prise alimentaire et peut causer des problèmes
nutritionnels.
Prévention de l'altération par la gestion de la surface
de l'ensilage
La surface de l'ensilage doit rester compacte et lisse pour éviter
la pénétration de l'air. Éviter de la briser en l'attaquant
de face avec la chargeuse frontale et en soulevant. Au lieu de cela, racler
de haut en bas avec la benne pour faire tomber le fourrage sur le sol.
Il est également possible de se servir d'une tranche et d'un godet
désileur. Ne découvrir et ne décompacter que la quantité
d'ensilage nécessaire.
Inoculants bactériens pour ensilage
Les inoculants pour ensilage sont des additifs contenant des bactéries
lactiques anaérobies qui améliorent la fermentation de l'ensilage
préfané (luzerne, graminées, céréales)
et de l'ensilage de maïs. Le résultat recherché est
une fermentation plus efficace produisant plus d'acide lactique et moins
d'acide acétique, propionique et butyrique. On vise ainsi à
réduire les pertes par fermentation (tassement) et à accroître
le rendement des animaux ainsi que l'indice de conversion du fourrage.
L'augmentation de la durée de conservation de l'ensilage dépend
de son pH et de sa teneur en acide acétique.
Les bactéries lactiques les plus souvent employées dans
les inoculants commerciaux sont Lactobacillus plantarum, Enterococcus
faecium, et plusieurs autres espèces de Pediococcus et de Lactobacillus.
Ces espèces et certaines souches ont été sélectionnées
pour leur croissance rapide et efficace et parce qu'elles produisent principalement
de l'acide lactique. Elles font augmenter le taux de fermentation et provoquent
une chute plus rapide du pH, dont la valeur finale est légèrement
plus basse. Les proportions des produits de fermentation sont légèrement
modifiées, avec plus d'acide lactique et moins d'acide acétique,
d'éthanol et de dioxyde de carbone. L'acide lactique est plus fort
que l'acide acétique et contient presque autant d'énergie
que les sucres présents au départ.
Si la population naturelle de bactéries anaérobies est
nombreuse, l'inoculant a moins de chances de dominer la fermentation et
d'être efficace. La population naturelle s'accroît quand la
température de flétrissement est plus élevée
que la moyenne, quand l'ensilage prend plus de temps à flétrir,
quand il pleut pendant le flétrissement et quand la teneur en eau
est plus élevée au moment du hachage. L'application d'un
inoculant pour ensilage ne compense pas les effets d'une mauvaise gestion
de l'ensilage ou de conditions météorologiques défavorables.
Les inoculants sont plus efficaces lorsqu'on les ajoute à du fourrage
de haute qualité dans les meilleures conditions de gestion.
Les inoculants de bactéries lactiques sont habituellement moins
efficaces sur l'ensilage de maïs que sur l'ensilage préfané.
Pendant l'affouragement, l'ensilage de maïs est aussi plus susceptible
d'être touché par les moisissures et les levures secondaires,
d'où un raccourcissement de sa durée de conservation en
silo. Lorsqu'elles sont exposées à l'oxygène, les
levures préfèrent l'acide lactique alors que l'acide acétique
peut les inhiber. C'est la raison pour laquelle des inoculants contenant
Lactobacillus buchneri et des bactéries lactiques ont été
créés pour le maïs d'ensilage et le maïs à
haute teneur en humidité. Vers la fin de la fermentation, L. buchneri
transforme l'acide lactique en une certaine quantité d'acide acétique,
ce qui a pour effet de réduire la croissance des levures etl'altération
à l'affouragement.
Tous les additifs destinés à la vente au Canada, y compris
les inoculants pour ensilage, doivent être homologués par
l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Pour obtenir une homologation
permanente, les fabricants doivent fournir des résultats de recherches
à l'appui des allégations nutritionnelles figurant sur l'étiquette.
Si, toutefois, des recherches ont été effectuées
mais que leurs résultats ne sont pas concluants, les produits peuvent
être admissibles à une homologation temporaire d'une durée
maximale de trois ans, ce qui permet d'effectuer d'autres études
pour étayer une allégation nutritionnelle. Le numéro
d'homologation temporaire commence par la lettre T. Demander aux représentants
des fabricants de fournir des résultats de recherches indépendantes
pour étayer leurs allégations. Il est important que le produit
soit étiqueté en fonction de la culture à traiter
et que les instructions d'entreposage soient suivies.
Tableau 3-13.Problèmes d'ensilage
fréquents et leurs causes
|
Problème
|
Causes
|
| Ensilage chaud ou moisi |
Faible teneur en eau
Remplissage du silo trop lent
Infiltrations d'air
Mauvaise compaction
Enlèvement de l'ensilage trop lent |
Caramélisation
(couleur foncée, odeur de tabac)
|
Échauffement dû à une
faible teneur en eau ou à une mauvaise compaction |
| Ensilage gelé |
Teneur en eau trop élevée
Mauvaise fermentation |
| Odeur de vinaigre |
Excès d'acide acétique provoqué
par un faible taux de sucres dans les plantes ou une mauvaise fermentation |
| Suintement |
Teneur en eau trop élevée |
| Odeur rance |
Acide butyrique produit par une fermentation clostridiale
due à une teneur en eau trop élevée |
| Odeur d'alcool |
Fermentation par des levures due à l'enlèvement
trop lent de l'ensilage, à la présence d'oxygène
ou au manque de bactéries lactiques |
Problèmes d'ensilage fréquents et leurs causes
L'ensilage peut donner lieu à plusieurs types de problèmes.
Voir le tableau 3-13, Problèmes d'ensilage
fréquents et leurs causes, sur cette page. Pour diagnostiquer
les causes des problèmes possibles, on peut se fonder sur l'analyse
du profil de fermentation, qui indique les quantités relatives
d'acides lactique, acétique, butyrique et propionique, la teneur
en ammoniac et le pH. L'analyse du profil de fermentation reflète
la qualité du processus d'ensilage et elle permet d'améliorer
les pratiques de gestion de l'ensilage à l'avenir.
Gaz d'ensilage
Le dioxyde d'azote (NO2) est un gaz asphyxiant dangereux produit
par les réactions chimiques qui débutent presque immédiatement
après la mise en place des végétaux dans le silo.
Même une exposition de courte durée peut provoquer une mort
subite chez l'humain. Le dioxyde d'azote a une odeur caractéristique
d'eau de Javel et peut être visible sous la forme d'un brouillard
brun rougeâtre. Comme il est plus lourd que l'air, il tend à
stagner juste au-dessus de l'ensilage, il peut aussi descendre dans la
chute du silo et se répandre dans la salle de préparation
des aliments.
Les conditions météorologiques et les pratiques culturales
ont une incidence sur la teneur en nitrates des matières végétales,
qui détermine à son tour la production de NO2
dans le silo. Par exemple, lorsqu'une pluie abondante succède à
une période de sécheresse pendant la saison de croissance,
le maïs sur pied a tendance à absorber de grandes quantités
de nitrates dissous. S'il est récolté avant la transformation
des nitrates en protéines, l'ensilage dégage de l'oxyde
nitreux (N2O) et de l'oxyde nitrique (NO). Le NO est instable
et se combine avec l'oxygène pour former du dioxyde d'azote, un
gaz mortel.
Quand il est inhalé, le NO2 se dissout au contact de
la surface interne humide du poumon, et il produit de l'acide nitrique,
un acide fort qui brûle les tissus des poumons en provoquant une
hémorragie massive et la mort. L'exposition répétée
à de faibles concentrations de NO2 cause des problèmes
respiratoires chroniques dont l'essoufflement, la toux et la présence
de liquide dans les poumons. En cas d'exposition, consulter immédiatement
un médecin.
Précautions et procédures relatives au gaz d'ensilage
- Placer un écriteau « Attention - Gaz d'ensilage »
à un endroit bien en vue à côté du silo.
- Ne pas permettre aux enfants ni aux visiteurs de s'approcher du silo
pendant les trois semaines qui suivent le remplissage.
- Demander au service local des incendies s'il possède dans
son matériel de secours un appareil respiratoire par pression
à distance. L'emploi d'un appareil autonome de plongée
(scaphandre) ne convient pas parce que les réservoirs sont trop
gros pour permettre de passer dans la chute du silo ou d'escalader la
cage-échelle extérieure.
- Ventiler suffisamment la salle de préparation des aliments
pour évacuer les gaz qui auraient pu s'y répandre à
partir du silo.
- Pendant le remplissage, régler au besoin le répartiteur
pour étaler l'ensilage de façon uniforme. Ne pas niveler
l'ensilage à la main.
- S'il faut entrer dans le silo quand le remplissage est terminé,
le faire immédiatement après la dernière charge,
le jour même. Laisser la souffleuse à ensilage en marche
quand on est à l'intérieur du silo.
- Ne pas tenter de pénétrer dans un silo sans être
muni d'une corde de sauvetage tenue par le nombre de personnes nécessaires
pour assurer sa sortie en cas de danger.
- Ne pénétrer dans un silo hermétique qu'en cas
d'absolue nécessité, et seulement avec un appareil raccordé
à une source d'air extérieure.
- La désileuse par le haut permet habituellement une bonne ventilation
du silo. Par contre, s'il devient nécessaire de la réparer,
agir comme si les gaz étaient présents. Pour évacuer
ceux-ci avant d'entrer dans le silo, fermer les portes de la chute,
ouvrir la trappe du toit et mettre en marche la souffleuse à
ensilage. Si la hauteur libre entre l'ensilage et le toit est supérieure
à 5 m (16 pi), fixer un adaptateur au conduit de la souffleuse.
Dans un silo de 7,2 m (24 pi) de diamètre où la hauteur
libre est de 5 à 10 m (16 à 33 pi), prolonger la durée
de la ventilation. Laisser fonctionner la souffleuse tant que quelqu'un
se trouve dans le silo.
- Voir la fiche technique du MAAARO, Gaz
dangereux, commande no 04-088, ou visiter le site Web www.ontario.ca/cultures.
Grosses balles d'ensilage préfané
Les grosses balles d'ensilage préfané (ensilage en balles)
sont maintenant très employées pour l'entreposage de fourrage
d'excellente qualité. La transformation de grosses balles en ensilage
préfané permet une plus grande intensité et une meilleure
régularité du calendrier de fauche, grâce à
une moins grande dépendance à l'égard des conditions
météorologiques. Certains agriculteurs en font leur principal
système d'entreposage, mais ce peut être aussi une solution
de rechange souple lorsque les silos sont pleins et que les conditions
météorologiques ne permettent pas le séchage. En
outre, ce système permet la production d'ensilage préfané
à tige longue. Pour ce faire, on utilise des sacs ou des emballages
en plastique.
La mise en balles de l'ensilage préfané se fait à
l'aide d'appareils tels que des presses à balles rondes ou rectangulaires,
facilement disponibles. L'affouragement de l'ensilage en balles peut se
faire avec le même matériel que pour les grosses balles de
foin sec. Il est ainsi possible de faire un nombre plus ou moins grand
de grosses balles selon les conditions météorologiques.
Cependant il sera peut-être nécessaire d'avoir des machines
plus lourdes et des tracteurs à quatre roues motrices pour manipuler
les balles d'ensilage, qui sont plus pesantes.
Le coût et l'élimination des pellicules de plastique sont
des sujets de préoccupation importants. Les coûts sont justifiés
si l'on considère l'amélioration de la teneur en protéines
et en énergie du fourrage entreposé, et l'importance de
la forme d'entreposage comme telle. Pour calculer les coûts et avantages
du système, il faut tenir compte de la réduction des pertes
de récolte, et de l'amélioration de la qualité du
fourrage qui est rendue possible par l'avancement de la date de récolte.
Voir la fiche technique du MAAARO, Le
recyclage des films plastiques utilisés sur la ferme, commande
no 95-020, ou visiter le site Web www.ontario.ca/cultures.
La fermentation des grosses balles d'ensilage préfané est
incomplète ou se fait moins bien, ce qui fait augmenter le pH (c'est-à-dire
que l'ensilage est moins acide) et rend cet ensilage moins stable que
l'ensilage préfané. Il faut donc accorder plus d'importance
aux bonnes techniques d'ensilage, surtout en ce qui concerne l'expulsion
de l'oxygène. Ajuster la durée de l'entreposage et la durée
de l'exposition des balles à l'oxygène avant l'affouragement
en fonction des conditions météorologiques.
Suivre les pratiques de gestion suivantes :
- Faire des balles denses, fermes et uniformes. Les grosses balles rectangulaires
sont généralement plus denses que les rondes.
- Faire les balles à un taux d'humidité de 40 à
50 %. Les taux d'humidité plus faibles peuvent donner de bons
résultats, notamment avec les grosses balles rectangulaires convenablement
enveloppées dans du plastique, mais dans ce cas les risques d'altération
sont plus grands.
- Utiliser assez de plastique. Les balles doivent être emballées
hermétiquement avec au moins 6 mils de pellicule de plastique
(6 emballages de 1 mil ou 4 emballages de 1,5 mil). Pour que la pellicule
résiste aux déchirures, il est préférable
de choisir une épaisseur de 8 mils, notamment dans le cas des
balles les plus sèches.
- Emballer les balles rondes dans les 2 heures qui suivent leur confection
par temps chaud et dans les 4 à 12 heures lorsqu'il fait plus
frais. Les grosses balles rectangulaires supportent mieux les retards
d'emballage.
- Éviter d'emballer du foin qui a été sous la pluie.
- Ne pas râtisser pour éviter la contamination par les
bactéries Clostridium. Ne pas mettre de terre dans l'andain avec
le râteau.
- Éviter les champs où l'on a étendu du fumier
depuis la coupe précédente.
- Éviter le foin mûr à faible teneur en sucres.
- Bien réparer toutes les déchirures et les perforations
du plastique.
Voir Maintenir la qualité
de l'ensilage en grosses balles, commande no 98-070, ou visiter le
site Web du MAAARO, à l'adresse www.ontario.ca/cultures.