Cultures fourragères :
Gestion de la fertilisation
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811F : Guide agronomique des grandes cultures > Cultures
fourragères > Gestion de la fertilisation
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Table des matières
Azote
Les peuplements de cultures fourragères qui contiennent
plus de 50 % de légumineuses n'ont pas besoin d'engrais azotés.
Pour les quantités d'azote recommandées, voir le
tableau 3-5, Doses d'azote recommandées sur les cultures fourragères
vivaces, et le tableau 3-6, Recommandations
relatives aux apports d'azote pour pâturages ou prairies de fauche
améliorés.
Les peuplements de graminées contenant moins de un
tiers de légumineuses exigent de grandes quantités d'azote
pour donner un rendement optimal. Si les conditions le permettent, il
est généralement plus rentable de resemer un mélange
contenant des légumineuses. Il peut cependant être profitable
d'ajouter de l'azote à des peuplements de graminées composés
d'espèces productives comme le brome, le dactyle pelotonné
ou la fléole, ce qui permet d'accroître également
la teneur en protéines du fourrage. Les doses recommandées
pour les graminées ont été calculées à
partir du prix de l'azote et de la valeur du foin voir le tableau
3-6. Pour le foin ou les pâturages, faire la première
application aussitôt que possible au printemps, puis une deuxième
après la première coupe et une troisième après
la deuxième coupe.
Tableau 3-6.Recommandations relatives
aux apports d'azote pour
pâturages ou prairies de fauche améliorés
| Application no1 |
Rapport coût de l'azote/prix du foin |
| 10 |
15 |
20 |
25 |
30 |
|
N nécessaire2 (kg/ha)
|
|
1
|
140
|
120
|
100
|
80
|
70
|
|
2
|
110
|
90
|
70
|
50
|
30
|
|
3
|
90
|
75
|
60
|
45
|
30
|
100 kg/ha = 90 lb/ac
1 Effectuer une première application avant le 10 mai
et une deuxième après la première coupe. Effectuer
une troisième application après la deuxième coupe,
mais seulement si l'on compte faire une troisième coupe.
2 Pour les fourrages à entreposer : si on utilise du
fumier, réduire la dose d'engrais selon le type et la dose de fumier
épandu voir Fumier.
Pour les pâturages : réduire toutes les doses du tiers en
raison de l'apport en urine et en fumier du bétail.
Pour éviter les risques de toxicité par les
nitrates, ne pas épandre plus de 170 kg d'azote/ha (150 lb/ac)
à la fois.
Les signes de carence en azote dans les fourrages sont le
jaunissement généralisé et le rabougrissement des
plants. Ces symptômes peuvent apparaître d'abord sur les parties
basses des plants. Chez les légumineuses, la carence en azote résulte
généralement d'une mauvaise nodulation ou du faible pH du
sol, ou des deux.
Rapport coût de l'azote/prix du foin
Le calcul de la dose d'engrais azoté la plus profitable
dépend aussi de la relation entre le prix du foin et le coût
de l'azote, ou rapport des prix azote/foin. On calcule cette valeur en
divisant le coût de la fertilisation azotée (en dollars par
kilogramme d'azote élémentaire) par le prix du foin (en
dollars par kilogramme).
- Pour calculer le coût de fertilisation par kilogramme
d'azote élémentaire, diviser le prix d'une tonne d'engrais
par 10 fois la concentration d'azote (exprimée en pourcentage)
de l'engrais, et ajouter les frais d'épandage.
Coût de l'engrais =Coût de l'engrais azoté par tonne
azoté ($/kg) 10 x (pourcentage d'azote dans l'engrais)
- Pour calculer la valeur du foin par kilogramme, diviser la valeur
d'une tonne par 1 000. La valeur du foin peut être son prix de
vente prévu, ou bien le prix de son remplacement par d'autres
fourrages dans les rations.
- Pour calculer le rapport de prix azote/foin, diviser le prix d'un
kilogramme d'azote par la valeur d'un kilogramme de foin.
Rapport des prix azote/foin = Coût de l'azote/kg
Valeur du foin/kg
Tableau 3-7. Doses de phosphate recommandées
pour les cultures fourragères, d'après
les analyses de sol reconnues par le MAAARO
| Teneur en phosphore évaluée
au bicarbonate de sodium (ppm) |
Au semis avec ou sans
culture-abri |
Semis en bandes
sans culture-abri3 |
| Cote1 |
Quantité de phosphate2
(P2O5)
à appliquer
(kg/ha) |
Cote1 |
Quantité de phosphate2
(P2O5)
à appliquer
(kg/ha) |
|
0-3
|
RÉ
|
130
|
RÉ
|
130
|
|
4-5
|
110
|
110
|
|
6-7
|
90
|
90
|
|
8-9
|
70
|
70
|
|
10-12
|
RM
|
50
|
RM
|
50
|
|
13-15
|
30
|
40
|
|
16-20
|
20
|
30
|
|
21-25
|
20
|
20
|
|
26-30
|
RF
|
0
|
RF
|
0
|
|
31-40
|
0
|
0
|
|
41-50
|
RTF
|
0
|
20
|
|
51-60
|
0
|
RTF
|
0
|
|
61+
|
RN
|
0
|
RN
|
0
|
Tableau 3-7.Doses de phosphate recommandées pour les cultures
fourragères, d'après
les analyses de sol reconnues par le MAAARO
| Teneur en phosphore évaluée
au bicarbonate de sodium (ppm) |
Peuplements établis |
Pâturages non améliorés |
| Cote1 |
Quantité de phosphate2
(P2O5)
à appliquer
(kg/ha) |
Rating1 |
Quantité de phosphate2
(P2O5)
à appliquer
(kg/ha) |
|
0-3
|
RÉ
|
180
|
RÉ
|
70
|
|
4-5
|
120
|
60
|
|
6-7
|
90
|
50
|
|
8-9
|
60
|
30
|
|
10-12
|
RM
|
30
|
RM
|
20
|
|
13-15
|
20
|
20
|
|
16-20
|
RF
|
0
|
RF
|
0
|
|
21-25
|
0
|
0
|
|
26-30
|
RTF
|
0
|
0
|
|
31-40
|
0
|
RTF
|
0
|
|
41-50
|
0
|
0
|
|
51-60
|
0
|
0
|
|
61+
|
RN
|
0
|
RN
|
0
|
100 kg/ha = 90 lb/ac
1 RÉ, RM, RF, RTF et RN indiquent la probabilité
que la fertilisation soit rentable, à savoir respectivement : probabilité
de rentabilité élevée, moyenne, faible, très
faible et nulle. L'épandage d'éléments nutritifs
est rentable lorsque l'accroissement de la valeur de la récolte
créé par le gain de rendement ou de qualité dépasse
le coût d'application de l'élément nutritif en question.
2 Si on utilise du fumier, réduire les épandages
d'engrais en fonction de la quantité et de la qualité du
fumier voir Fumier.
3 Seulement pour les semis en bandes effectués directement
au-dessus de l'engrais enfoui.
Phosphate et potasse
Les quantités recommandées de ces
éléments sont indiquées au tableau 3-7, Doses de
phosphate recommandées pour les cultures fourragères, d'après
les analyses de sol reconnues par le MAAARO, et au tableau
3-8, Doses de potasse recommandées pour les cultures fourragères,
d'après les analyses de sol reconnues par le MAAARO. Pour plus
d'information sur la lecture de ces tableaux ou en l'absence d'une analyse
de sol reconnue par le MAAARO, voir Recommandations
d'engrais.
Dans le cas d'un semis direct sur un sol nécessitant un apport
de phosphate, l'établissement de la culture peut être amélioré
par l'épandage d'un engrais riche en cet élément
à 5 cm (2 po) sous la semence. À cette fin, on utilise un
semoir à céréales muni d'une trémie pour engrais
et d'une autre pour les semences de graminées. L'engrais est déposé
par les disques ouvreurs et les semences fourragères sont déposées
sur un sol bien ferme, juste derrière les disques ouvreurs. Habituellement,
on conseille de tasser la surface du sol immédiatement après
le semis.
La potasse peut améliorer davantage la longévité
des fourrages si elle est ajoutée dans les six semaines précédant
le début de la période de repos d'automne. La luzerne est
parfois touchée par des carences en potasse qui se manifestent
par l'apparition de petits points pâles sur les folioles. Ces points
peuvent se trouver n'importe où sur la foliole, mais ils sont habituellement
regroupés près des pourtours planche
20. Les graminées et les trèfles sont beaucoup moins
susceptibles de présenter des symptômes de carence en potassium.
Le phosphate, si nécessaire, peut être appliqué en
même temps que le potassium ou à un autre moment de l'année.
Les symptômes de carence en phosphate sont rares et non spécifiques
chez les cultures fourragères, mais dans le cas des légumineuses,
ce peut être un rabougrissement et une faible survie à l'hiver.
Planche 20. Carence en potassium
(K) chez la luzerne signalée par de petites ponctuations claires
près du pourtour des folioles.

Analyse des tissus végétaux
Pour l'analyse des légumineuses fourragères, échantillonner
chaque espèce séparément. Couper le plant à
la hauteur de coupe normale, à la fin du stade du bouton. Consulter
le tableau 3-9, Interprétation des résultats
d'analyse des tissus végétaux pour la luzerne suivante.
Cependant les plants soupçonnés d'avoir une carence en éléments
nutritifs devront être échantillonnés dès l'apparition
des premiers symptômes. Pour l'échantillonnage fait à
d'autres moments que l'épiaison et sur d'autres espèces
que la luzerne, prélever les échantillons à la fois
dans les zones déficientes et dans les zones saines du champ à
des fins de comparaison. Prélever également un échantillon
de sol au même endroit et au même moment que l'échantillon
de tissu végétal.
Tableau 3-8, Interprétation des
résultats d'analyse des tissus végétaux pour la luzerne
Teneur en potassium évaluée à l'acétate
d'ammonium (ppm)
|
Au semis avec ou sans culture-abri |
Applications d'automne sur nouveaux
semis et peuplements établis |
| Cote1 |
Quantité de potassium2
(K2O)2 à appliquer |
Cote1 |
Quantité de potassium2
(K2O)2 à appliquer |
|
0-15
|
RÉ
|
90
|
RÉ
|
480
|
|
16-30
|
80
|
400
|
|
31-45
|
70
|
320
|
|
46-60
|
50
|
270
|
|
61-80
|
40
|
200
|
|
81-100
|
RM
|
30
|
130
|
|
101-120
|
20
|
RM
|
70
|
|
121-150
|
20
|
20
|
|
151-180
|
RF
|
0
|
RF
|
0
|
|
181-250
|
RTF
|
0
|
RTF
|
0
|
|
251+
|
RN3
|
0
|
RN3
|
0
|
| 100 kg/ha = 90 lb/ac |
1 RÉ, RM, RF, RTF et RN indiquent la probabilité
que la fertilisation soit rentable, à savoir respectivement : probabilité
de rentabilité élevée, moyenne, faible, très
faible et nulle. L'épandage d'éléments nutritifs
est rentable lorsque l'accroissement de la valeur de la récolte
créé par le gain de rendement ou de qualité dépasse
le coût d'application de l'élément nutritif en question.
2 Si on utilise du fumier, réduire les épandages
d'engrais en fonction de la quantité et de la qualité du
fumier voir Fumier.
3 La cote RN peut correspondre à une perte de rendement
ou de qualité des cultures principalement due à une déficience
en magnésium. Les sols argileux et les loams argileux ont occasionnellement
des teneurs naturelles en potassium supérieures à 251 ppm;
cependant cela ne cause habituellement pas de problèmes parce que
les sols riches en potassium sont également riches en magnésium.
Oligo-éléments
Bore
Le bore est important pour la luzerne, mais il n'est pas nécessaire
d'en épandre sur tous les sols. La carence en bore apparaît
surtout dans les sols sableux à pH élevé. On recommande
d'épandre du bore sur tous les sols sableux, en particulier sur
les loams et les loams sableux de la région située à
l'est de l'escarpement du Niagara, jusqu'au comté de Frontenac
inclus. La carence en bore est plus fréquente en cas de sécheresse,
dans les sols qui s'assèchent rapidement.
Dans le cas de la luzerne, les premiers effets d'une carence en bore
sont d'affaiblir la floraison et de réduire la formation des graines.
À mesure que la carence s'accentue, les jeunes feuilles supérieures
commencent à jaunir ou à rougir sur différents plants
planche 21. La croissance de la luzerne peut
être gravement compromise, tout comme sa résistance à
l'hiver.
Planche 21. Carence en bore qui
se manifeste par le jaunissement ou le rougissement des feuilles du haut
et par un ralentissement de la croissance.

Tableau 3-9. Interprétation des
résultats d'analyse des tissus végétaux pour la luzerne
Élément nutritif |
Unité |
Concentration critique1 |
Concentration normale maximale2 |
| Azote (N) |
%
|
-
|
5,5
|
| Phosphore (P) |
%
|
0,20
|
0,5
|
| Potassium (K) |
%
|
1,70
|
3,5
|
| Calcium (Ca) |
%
|
-
|
4,0
|
| Magnésium (Mg) |
%
|
0,20
|
1,0
|
| Soufre (S) |
%
|
0,22
|
-
|
| Bore (B) |
ppm
|
20,0
|
90,0
|
| Cuivre (Cu) |
ppm
|
5,0
|
30,0
|
| Manganèse (Mn) |
ppm
|
20,0
|
100,0
|
| Molybdène (Mo) |
ppm
|
0,5
|
5,0
|
| Zinc (Zn) |
ppm
|
10,0
|
70,0
|
Ces valeurs se rapportent à un plant fauché à une
hauteur de coupe normale à la fin du stade du bouton.
1 Prévoir une baisse de rendement due à une carence
en un élément nutritif donné lorsque la concentration
de ce dernier tombe au niveau critique ou sous celui-ci.
2 Les concentrations maximales normales sont plus que suffisantes,
mais ne causent pas forcément de toxicité.
Il est possible de corriger la carence en bore, ou encore de la prévenir,
par un épandage annuel à la volée de 1 à 2
kg de bore/ha. Ne pas épandre le bore en bandes au semis.
Ne pas employer de mélanges engrais-herbicides en traitements
foliaires, à moins que ce soit recommandé par des autorités
compétentes. Pour plus de détails sur les carences en bore
et sur les méthodes d'épandage, voir le site Web du MAAARO,
www.ontario.ca/cultures.
Soufre
Rares sont les régions de l'Ontario où l'on a déjà
observé une carence en soufre dans les cultures fourragères.
Le soufre contenu dans les précipitations acides du nord-est et
du sud de l'Ontario suffit aux besoins des cultures. On signale quelques
cas de carence en soufre dans le nord-ouest de l'Ontario, sur les sols
sableux contenant peu de matière organique. Les signes de carence
en soufre sont semblables à ceux d'une carence en azote, soit un
jaunissement général des plants.
Autres oligo-éléments
Aucune carence en cuivre, en zinc ou en manganèse n'a jamais été
observée dans les cultures fourragères en Ontario.
Fumier
Le fumier est une excellente source d'éléments fertilisants
qui peut remplacer les engrais chimiques. C'est aussi une excellente source
d'azote pour les graminées et, lorsqu'on l'épand après
une première ou une deuxième coupe, il permet d'améliorer
le rendement et la qualité des cultures fourragères. Appliquer
du fumier liquide aussitôt que possible, après la récolte
et avant la repousse. C'est sur les vieux peuplements de graminées-luzerne
que les épandages donnent les meilleurs résultats. Ne pas
épandre de fumier sur les légumineuses fourragères
vivaces lorsqu'il y a de la neige au sol parce que la glace qui se forme
souvent sous le fumier risquerait de détruire les plants.
Chaulage
Les légumineuses ne tolèrent généralement
pas les sols acides. Ceux-ci doivent être chaulés un an avant
le semis, aux doses recommandées par les rapports d'analyse de
sol voir Acidité
du sol et chaulage. L'application de chaux sur des peuplements établis
n'est généralement pas rentable.