Soya : Récolte et entreposage
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811F : Guide agronomique des grandes cultures > Soya
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Table des matières
Limiter les pertes de récolte
Les cultures de soya sont moissonnées directement,
de préférence au moyen d'une moissonneuse-batteuse munie
d'une barre de coupe flottante flexible et d'un tablier automatique réglable.
On peut récolter le soya lorsque sa teneur en eau est inférieure
à 20 %; cependant, on ne doit l'entreposer que lorsque celle-ci
est de 14 % ou moins.
Les pertes de récolte et les dommages mécaniques
peuvent être importants si le soya est récolté à
une teneur en eau inférieure à 12 %. La perte de seulement
4 graines/900 cm2 (4 graines/pi2) représente
un total de 67 kg/ha (1 bo/ac). On peut réduire les pertes de cette
nature en maintenant la vitesse d'avancement entre 4 et 5 km/h. Régler
la vitesse du rabatteur selon l'état des cultures.
On peut se servir d'une barre de coupe flottante pour couper
les plants de soya plus près du sol. Ajuster la soufflerie pour
fournir le plus d'air possible sans envoyer les gousses dans l'élévateur
de retour ou derrière la moissonneuse-batteuse. Régler la
grille supérieure pour permettre à la soufflerie de séparer
les gousses et la paille; ajuster le crible pour ne laisser passer que
les graines de soya. Pendant toute la journée, modifier les réglages
de la grille supérieure et du crible en fonction des conditions
météorologiques et de l'état de la récolte.
L'entretien du tablier revêt une grande importance
parce que c'est là que surviennent la plupart des pertes. La barre
de coupe doit être bien affûtée et les couteaux doivent
bien entrer en contact avec les doigts pour permettre une coupe rapide
et l'entrée immédiate des parties coupées dans le
dispositif. Ajouter des courroies sur le rabatteur à battes ou
utiliser un rabatteur à soufflerie pour charger rapidement les
plants courts.
Si le tablier ne réussit pas à couper tous
les plants :
- vérifier les couteaux et les doigts;
- songer à réduire la vitesse d'avancement.
Qualité et préservation de l'identité
Avant la récolte
Si le soya est destiné à un marché à identité
préservée, prendre les dispositions nécessaires pour
éviter la perte de qualité, dont les principales causes
sont les taches et les dommages mécaniques. Ces derniers peuvent
entraîner le rejet d'un chargement complet. Les taches peuvent être
causées par des mauvaises herbes, des graines immatures, la saleté
et la poussière. Avant la récolte, nettoyer de fond en comble
les moissonneuses-batteuses, les camions, les remorques ainsi que les
silos et autres dispositifs de manutention afin de prévenir toute
contamination. Examiner les champs pour y rechercher les plants indésirables
et les repousses spontanées (p. ex. maïs), vérifier
que les rangs situés le long des clôtures et des routes ne
contiennent aucun morceau de verre, de métal, de poteau ou autre.
Pour éviter les taches vertes sur les graines, avant de récolter,
attendre que les tiges de soya et les mauvaises herbes soient tout à
fait sèches. Arracher les mauvaises herbes telles que la morelle
noire de l'Est et le raisin d'Amérique avant la récolte,
ou demander à l'opérateur de la moissonneuse-batteuse d'éviter
les zones envahies par ces espèces.
Récolte et entreposage
Pour récolter une variété à identité
préservée autre que celle qui a été récoltée
en dernier, il est préférable de nettoyer la moissonneuse-batteuse
de fond en comble pour éliminer les graines qui y sont coincées.
Une autre méthode, qui est cependant moins efficace, consiste à
récolter séparément une petite superficie de la variété
à identité préservée et de traiter le produit
comme étant rejeté. Cet échantillon peut servir à
vérifier la teneur en eau de la culture et le réglage de
la moissonneuse-batteuse. Voici quelques autres conseils concernant les
opérations de récolte :
- Superviser les moissonneurs contractuels pour s'assurer que leur
équipement est prêt.
- Conserver une copie du contrat de soya à identité préservée
afin de respecter les consignes de qualité au moment de la récolte;
commencer la récolte plus tard dans la journée et la terminer
plus tôt que pour les autres variétés, principalement
pour éviter de tacher les graines. Il est très difficile
de nettoyer une moissonneuse-batteuse qui a été contaminée.
- De préférence, récolter lorsque la teneur en
eau est d'environ 14 %, ce qui permet d'effectuer le séchage
à l'air ambiant. Faire la récolte du soya quand sa teneur
en eau est d'au moins 12 %, et le manipuler soigneusement pour empêcher
le tégument de fendiller.
- Au cours de la journée, régler la moissonneuse-batteuse
au fur et à mesure que les conditions de récolte évoluent;
les réglages effectués dans le but de réduire les
dommages mécaniques peuvent accroître la quantité
d'impuretés, mais ces pertes sont largement compensées
par les primes offertes aux producteurs.
- Entreposer les soyas à identité préservée
dans des silos distincts des autres cultivars et des autres grains et
oléagineux.
Si le soya est cultivé en vertu d'un contrat signé, toutes
ces exigences sont exposées dans ce document. Avec ou sans contrat,
tout manquement peut entraîner une réduction des primes.
Séchage du soya
Séchoirs à grains
À la ferme, il existe trois principaux types de séchoirs
à grains :
- cellules sécheuses;
- séchoirs discontinus;
- séchoirs continus.
Ces trois grandes catégories de séchoirs comprennent différentes
sous-catégories. Aucun système n'est supérieur aux
autres en tout point, et le choix dépend donc des caractéristiques
recherchées : capacité de séchage, qualité
des graines, efficacité énergétique ou de séchage
(BTU/lb d'eau retirée), caractère pratique, main-d'uvre
nécessaire, possibilité de sécher divers types de
cultures, entretien nécessaire et investissement.
Tous les séchoirs font circuler, à travers la masse de
graines, de l'air chauffé qui fait évaporer l'humidité
et l'évacue. Le chauffage de l'air réduit son humidité
relative et accroît son pouvoir d'absorption de l'humidité
des graines. Les graines humides peuvent être séchées
avec de l'air plus chaud parce que l'évaporation de l'eau qu'elles
contiennent les refroidit; elles s'approchent alors graduellement de la
température de l'air de séchage. Plus les graines demeurent
longtemps en contact avec l'air chaud, plus elles deviennent sèches
et chaudes.
Séchage du soya à l'air chaud et
à l'air froid
On récolte parfois le soya à une teneur en eau plus élevée
en raison d'un temps pluvieux, ou à une date plus précoce
que d'habitude pour limiter les pertes. Il est possible d'adapter toutes
les méthodes de séchage au soya si l'on suit certaines règles
sur l'utilisation de la chaleur et les pratiques de manutention.
Faire preuve de prudence quand on utilise de l'air chaud pour sécher
du soya dont la teneur en eau est plus élevée que la valeur
recommandée pour un entreposage sûr à long terme.
Maintenir le degré d'humidité relative de l'air de séchage
au-dessus de 40 % afin d'empêcher le tégument de fendiller.
L'expérience montre que 100 % des graines se fendillent après
seulement cinq minutes d'exposition à une température trop
élevée. Dans la majorité des cas, pour le soya, on
recommande une température de séchage maximale de 55 à
60 °C. Si les conditions atmosphériques sont favorables, on
peut devoir réduire cette température pour éviter
ce phénomène. Pour évaluer l'effet du séchage,
vérifier le nombre de graines fendillées avant et après
l'opération.
Le soya de semence doit être séché à une température
inférieure à 40 °C, et l'opération ne devrait
être entreprise que par des personnes ayant plusieurs années
d'expérience. Certains fournisseurs de soya de semence désapprouvent
toute utilisation de chaleur dans le conditionnement de ce type de produit.
Communiquer avec l'entreprise qui achètera la semence pour connaître
la méthode qu'elle préconise.
Pour ce qui est des cellules sécheuses, faire preuve de prudence
si on utilise un système équipé d'un dispositif de
brassage qui fait circuler les graines dans le silo. La manutention peut
causer des dommages considérables, notamment si la teneur en eau
chute à 12 %.
Séchage à l'air ambiant
Le soya gourd peut être séché à l'air ambiant
si les conditions s'y prêtent. Le séchage à l'air
ambiant exige une gestion soignée de la part de l'opérateur
parce que le soya absorbe et perd de l'humidité facilement. Ne
faire fonctionner le ventilateur que lorsque les conditions extérieures
sont propices au séchage. Ne pas le laisser en marche 24 heures
sur 24 parce que les graines absorberaient à nouveau de l'humidité
la nuit, ce qui annulerait les progrès réalisés pendant
la journée.
Exigences minimales pour le séchage du
soya à l'air ambiant
- plancher d'aération complet dans la cellule de stockage;
- surface nivelée dans toute la cellule de stockage;
- débit d'air d'au moins 6,5 L/sec/m3 (0,5 pi3/min/bo),
ou plus de préférence;
- graines propres (sans gousses ni accumulation de particules fines);
- mesure précise de la teneur en eau des graines dans la cellule
de stockage;
- mesure précise de la température de l'air et de l'humidité
relative à l'extérieur;
- compréhension de la teneur en eau à l'équilibre
du soya;
- ventilateur commandé par un interrupteur.
Il faut un faux fond entièrement perforé pour permettre
à l'air de circuler de façon uniforme dans tout le contenu
de la cellule; avec un faux fond partiellement perforé ou un réseau
de conduits d'air, il reste des zones mortes et, éventuellement,
des risques d'altération. Les gousses, les déchets et les
accumulations de particules fines empêchent ou dévient la
circulation de l'air. L'air qui circule dans la masse de soya suit le
chemin offrant le moins de résistance.
Détermination du débit d'air
Il faut un débit suffisant pour faire passer l'air de séchage
dans toute la masse de soya. Pour éliminer l'humidité, il
doit être au moins de 6,5 L/sec/m3 (0,5 pi3/min/bo).
Un débit inférieur à cette valeur aura un effet sur
la température et non sur la teneur en eau du soya; un débit
plus élevé, de 26 L/sec/m3 (2 pi3/min/bo)
ou plus, permet simplement d'arriver plus rapidement au résultat
souhaité. Pour calculer le débit d'air nécessaire
dans une cellule de stockage donnée en pi3/min/bo, trouver
la capacité de la cellule en boisseaux et la pression statique
qui s'oppose à l'action du ventilateur. Il suffit d'un simple manomètre
relié à la chambre de répartition d'air chaud située
sous le plancher perforé pour mesurer la pression statique en pouces
de colonne d'eau voir la figure
11-1, Manomètre de fabrication artisanale. À partir
de la courbe de rendement du ventilateur, calculer son débit à
la pression statique mesurée. Pour connaître le débit
voulu en pi3/min/bo, diviser le débit du ventilateur
en pi3/min par le nombre de boisseaux de la cellule de stockage.
Pour obtenir un débit suffisant, on peut aussi ne remplir la cellule
que partiellement; ainsi le ventilateur devra vaincre une pression statique
moins importante et donnera un débit d'air par boisseau plus élevé.
Tableau 2-18. Teneur en eau à
l'équilibre (% à l'état humide) du soya exposé
à l'air
| Température |
Humidité relative (%) |
|
(°C)
|
50
|
60
|
70
|
80
|
90
|
|
0
|
10,0
|
11,8
|
13,7
|
16,2
|
19,8
|
|
5
|
9,8
|
11,5
|
13,5
|
15,9
|
19,6
|
|
10
|
9,5
|
11,2
|
13,2
|
15,7
|
19,4
|
|
15
|
9,2
|
11,0
|
13,0
|
15,5
|
19,2
|
|
20
|
9,0
|
10,7
|
12,8
|
15,2
|
19,0
|
|
25
|
8,7
|
10,5
|
12,5
|
15,0
|
18,8
|
Teneur en eau à l'équilibre
Des chercheurs ont mis au point des tableaux qui indiquent la teneur
en eau finale des graines de soya exposées à l'air à
une température et à une humidité relative données
(voir le tableau 2-18, Teneur en eau à l'équilibre (% à
l'état humide) du soya exposé à l'air, sur cette
page). Par exemple, pour connaître la teneur en eau à l'équilibre
du soya exposé à l'air extérieur à 10 °C
et à 70 % d'humidité relative, trouver l'intersection de
la rangée et de la colonne correspondantes. La valeur indiquée
à cet endroit (13,2 %) est la teneur en humidité minimale
que le soya atteindra à terme.
Mesure du taux d'humidité relative
Il n'est pas toujours facile de mesurer avec précision le taux
d'humidité relative de l'air extérieur. Dans certains cas,
elle peut être communiquée par une station météorologique
de la région. Cependant, il est important de savoir si la mesure
publiée par cette station reflète bien les conditions qui
prévalent à l'endroit où l'on se trouve. Pour sécher
le soya à l'air, il faut connaître avec précision
le taux d'humidité relative de l'air extérieur. Pour le
séchage à l'air du soya gourd, ne pas utiliser un hygromètre
domestique, ce type d'appareil n'étant généralement
pas assez précis; à cette fin, on recommande l'achat d'un
psychromètre fronde ou un hygromètre de bonne qualité.
Mise en marche du ventilateur
La mise en marche du ventilateur ne doit pas se faire en fonction de
l'heure de la journée, mais de la température et du taux
d'humidité relative de l'air. En effet, certains jours, le séchage
peut avoir lieu entre 9 h et minuit, tandis que d'autres jours, il ne
peut se faire qu'entre 9 h et 18 h. Vérifier souvent la température
et le taux d'humidité relative de l'air au cours de la journée.
Pour que le séchage progresse, l'air extérieur doit être
plus sec que l'air intérieur. Quand la teneur en eau à l'équilibre
est inférieure à la teneur en eau des graines les plus humides,
il est possible de sécher le soya et le ventilateur devrait être
mis en marche. Il existe des humidistats qui permettent un préréglage
du taux d'humidité relative auquel le ventilateur sera mis en marche.
Les graines qui se trouvent dans le haut de la cellule de stockage sont
les dernières à sécher. Chaque jour de fonctionnement
du ventilateur, le front de séchage progresse un peu plus vers
le haut de la cellule. Il peut ne pas atteindre la surface aussi rapidement
que prévu. Prélever des échantillons à la
même profondeur chaque fois pour connaître l'évolution
de la teneur en eau à cet endroit. Les graines qui sèchent
dans un silo muni d'un dispositif de brassage devraient avoir une teneur
en eau relativement homogène