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Gestion du sol et usage de fertilisants :
Cultures couvre-sol

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 mars 2002
Dernière révision : 01 mars 2002

 

Les renseignements sur cette page proviennent de la version 2002 de la Publication 811F. L'édition 2009 de la Publication 811F sera disponible en Septembre 2009. Nous nous excusons de cet inconvénient. Pour tout renseignement sur ce site, veuillez vous adresser: Centre d'information agricole au ag.info.omafra@ontario.ca.

 

Extrait du Guide agronomique des grandes cultures (chapitre 2)

Pour commander la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures

Table des matières

  1. Introduction
  2. Fonctions des cultures couvre-sol
  3. Choix d'une culture couvre-sol
  4. Travail du sol après une culture couvre-sol
  5. Mises à jour sur la gestion du sol et usage de fertilisants : Cultures couvre-sol
  6. Liens connexes...

Introduction

En Ontario, les cultures couvre-sol jouent un rôle de première importance en protégeant le sol contre l'érosion et en y ajoutant de la matière organique, ce qui en améliore les propriétés. Elles peuvent aussi répondre à certaines autres fonctions.


Fonctions des cultures couvre-sol

Réduction de l'érosion du sol

Les cultures couvre-sol correspondent exactement à leur nom, elles couvrent le sol et en protège la surface des érosions éolienne et hydrique. La partie aérienne couvre la surface du sol tandis que les racines aident à stabiliser les particules du sol. Les plantes couvre-sol peuvent être semées sur tout un champ pour une meilleure protection contre l'érosion ou seulement dans les zones plus sensibles à l'érosion, comme les collines sablonneuses, afin de les protéger de l'érosion éolienne et du ruissellement de l'eau, ou dans les zones basses, afin de les protéger de l'érosion hydrique.

Ajout de matière organique

Les cultures couvre-sol enrichissent le sol de matière organique, mais la quantité varie vraiment selon l'espèce et les conditions de croissance. Le tableau 2-6, Production de matière sèche des cultures couvre-sol, donne les niveaux de matière sèche (résidus de la partie aérienne seulement) des principales cultures couvre-sol établies à la fin d'été et au début de l'automne. Ces résultats ont été recueillis de parcelles d'essai de cultures couvre-sol dans le sud-ouest de l'Ontario.

Tableau 2-6. Production de matière sèche des cultures couvre-sol
Cultures couvre-sol les plus répandues1
Production de matière sèche
kg/ha
lb/ac
Trèfle rouge (enfoui)
2,700 - 4,500
2,403 - 4,005
Avoine
1,000 - 5,500
890 - 4,895
Seigle
1,000 - 4,000
890 - 3,560
Radis oléagineux
2,000 - 7,500
1,780 - 6,675

1La production de matière sèche peut varier considérablement en fonction d'un certain nombre de facteurs de production.

Le rendement en matière organique n'est peut-être pas aussi important que celui obtenu des cultures couvre-sol aux États-Unis. Cependant, il importe de tenir compte des différences climatiques et de la façon d'incorporer la culture couvre-sol dans la rotation des cultures.


Réduction des pertes d'éléments nutritifs

Certaines cultures couvre-sol fixent l'azote, mais d'autres en ont besoin davantage pour leur croissance. Les graminées couvre-sol (p. ex., le seigle) et les crucifères (comme le radis oléagineux) sont d'excellents prédateurs de l'azote laissé par la culture principale ou l'épandage de fumier. Les cultures couvre-sol qui ont besoin d'azote peuvent réduire les pertes d'azote due au lessivage, empêchant les nitrates d'atteindre les nappes phréatiques peu profondes. Lorsque la culture couvre-sol est détruite, les éléments nutritifs contenus dans les tissus végétaux retournent dans le sol et servent à la culture suivante.

 

Meilleure fertilité du sol

Les légumineuses couvre-sol peuvent fixer l'azote pour une culture subséquente. Les producteurs biologiques utilisent souvent ce type de couvre-sol afin de produire de l'azote pour le reste des cultures comprises dans la rotation. Certaines espèces de couvre-sol sont reconnues pour produire davantage de phosphore assimilable par les autres cultures grâce à l'action des racines. Les couvre-sol avec un système racinaire plus profond peuvent extraire les éléments nutritifs en profondeur et ainsi enrichir le sol.

Populations réduites de ravageurs

Il y a des espèces de couvre-sol qui ne servent pas d'hôtes à certains ravageurs ou qui peuvent contenir des matières toxiques pour le ravageur ciblé. Par exemple, nombre de cultures couvre-sol courantes sont cotées en fonction de leur résistance aux nématodes des racines et autres nématodes (voir tableau 2-7, Caractéristiques des couvre-sol cultivés en Ontario). Les couvre-sol comme les tagètes et le millet perlé ne permettent pas aux nématodes de se reproduire. D'autres couvre-sol, comme certaines espèces de la famille des moutardes, surtout celles qui renferment de fortes concentrations d'acide érucique et de glucosinolate, peuvent agir comme « fumigant naturel » grâce à la dégradation chimique de ces produits. La quantité d'engrais vert qui doit être enfoui dans le sol pour ce faire est souvent difficile à obtenir dans des conditions de grande culture. Les mauvaises herbes servent souvent d'hôtes intermédiaires aux nématodes. Une bonne culture couvre-sol, une densité de peuplement adéquate et une bonne lutte contre les mauvaises herbes dans la culture couvre-sol sont d'importance primordiale pour assurer l'efficacité de ces méthodes de suppression ou de réduction des nématodes.

Tableau 2-7. Caractéristiques des couvre-sol cultivés en Ontario
EspèceÉpoque habituelle des semisTaux de semis
(kg/ha)1
Fixation
d'azote2
Survie hivernaleProblèmes d'infestation posés par la repousseHôte du nématode3
des racines céci-dogène
Graminées
Ray-grass
avril-mai ou
août et début septembre
12-18
non
survie partielle du ray-grass annuel et du ray-grass d'Italie; survie hivernale du ray-grass vivace
non
-
-
Céréales de printemps
mi-août à septembre
100-125
non
destruction par le gel intense
non
+
-
Sorgho du Soudan
juin à août
50
non
destruction par le gel
non
0
-
Millet perlé
juin à août
4
non
destruction par le gel
non
-
-
Blé d'automne
septembre à octobre
100-130
non
très bonne survie hivernale
non
+
-
Blé d'automne
septembre à octobre
100-125
non
très bonne survie hivernale
non
+4
-
Légumineuses
Vesce velue
août
20-30
oui
survie hivernale
non
++
+
Trèfle rouge
mars-avril
8-10
oui
survie hivernale
non
++
+++
Mélilot
mars-avril
8-10
oui
survie hivernale
non
-
-
Soya
août
40-50
oui
survie hivernale
non
-
-
Pois de grande culture
août
100-150
oui
destruction par le gel intense
non
-
-
Dicotylédones autres que des légumineuses
Sarrasin
juin, juillet, août
50-60
non
destruction par le premier gel
oui
+++
0
Radis oléagineux
mi-août à début septembre
10-14
non
destruction par le gel intense
oui
0
0

Cote de classement (nématodes) :

- = hôte rare ou non-hôte
+ = hôte
0 = certains cultivars ne servent pas d'hôtes

1100 kg/ha = 90 lb/ac
2Le radis oléagineux, le sarrasin et le ray-grass ne fixent pas l'azote atmosphérique mais entreposent de grandes quantités d'azote tirées du sol et du fumier épandu.
3Des différences variétales entre les espèces de cultures couvre-sol peuvent influencer la réaction des nématodes.
4Seigle : la cote de classement pour la saison entière serait plus haute (+++).

Compactage réduit et meilleure structure du sol

Les cultures couvre-sol peuvent contribuer à réduire le compactage et à améliorer la structure du sol. L'ajout de la partie aérienne, et surtout le système racinaire, permettent une meilleure infiltration de l'eau et une meilleure capacité de retenue. Elles diminuent également la densité du sol. Des cultures couvre-sol avec système racinaire profond peuvent réduire l'incidence du compactage. Si un travail en profondeur du sol sert à combattre le compactage, la culture d'un couvre-sol permet de stabiliser les fissures et les craquelures créées dans le sol par le travail en profondeur. On améliore la structure du sol grâce aux cultures couvre-sol et à l'enfouissement des résidus.

Gestion de l'eau

Les cultures couvre-sol et les résidus peuvent servir à pailler la culture. Ils contribuent ainsi à réduire la perte d'humidité.

Fourrage en cas d'urgence

En cas de problèmes, si l'on manque de fourrage à la suite d'une sécheresse ou de la destruction par l'hiver, certaines espèces de couvre-sol peuvent fournir du foin ou des pâturages. Voir fourrage annuel.

Les renseignements sur les principaux couvre-sol utilisés sont fournis plus loin. Se référer aussi au tableau 2-7, Caractéristiques des couvre-sol cultivés en Ontario.

Choix d'une culture couvre-sol
Considération Observation
Caractéristiques de croissance

•Quels sont les besoins liés aux caractéristiques de croissance?
•Quand la croissance est-elle nécessaire, c.-à-d. croissance vigoureuse de fin d'automne ou croissance rapide de début de printemps?
•Faut-il un système racinaire profond?

Survie hivernale

•La culture couvre-sol doit-elle survivre à l'hiver?
•La culture couvre-sol convient-elle au type de sol et au calendrier de production si elle est tuée par le gel et séchée au printemps?

Possibilités de lutte

•La culture couvre-sol peut-elle se transformer en mauvaise herbe?
•Comment la maîtriser?
•Quels choix s'offrent pour la lutte?

Sensibilité aux herbicides

•La culture couvre-sol est-elle sensible aux résidus d'herbicides appliqués sur les autres cultures comprises dans la rotation?

Coût et disponibilité de la semence

•Quel est le coût de la semence?
•Est-il facile de se la procurer dans la région?

Établissement

•Quelle est la meilleure façon d'effectuer les semis?
•Faut-il du matériel différent?
•La culture est-elle facile à implanter?
•Peut-elle créer une couverture dense? Il faut qu'elle soit bien implantée pour assurer son succès.

Gestion des éléments nutritifs

•Produit-elle de l'azote ou exige-t-elle de l'azote pour sa croissance?
•Est-elle efficace à puiser l'azote dans le sol?

Lutte contre les ravageurs

•De quelle famille de végétaux, la culture couvre-sol fait-elle partie?
•Appartient-elle à la même famille que d'autres cultures comprises dans la rotation?
•Peut-elle amener des problèmes de ravageurs?

Graminées

| Ray-grass | Céréales de printemps | Sorgho du Soudan | Millet perlé | Seigle d'automne | Blé d'automne |

Les graminées ont des racines fines et fasciculées, bien adaptées pour retenir le sol en place et pour en améliorer la structure. Les espèces de graminées qui conviennent comme culture de couverture ont une croissance rapide et sont relativement faciles à détruire, de façon chimique, de façon mécanique ou par le gel. Les graminées ne fixent pas l'azote atmosphérique mais peuvent entreposer d'importantes quantités d'azote tirées du sol.

Ray-grass (annuel, d'Italie ou vivace)

Il peut être semé soit au printemps, en sol nu ou avec une céréale de printemps, soit en sol nu du mois d'août à la mi-septembre. Le semis à la volée dans une culture de maïs en fin juin ou au début juillet donne aussi d'assez bons résultats. C'est le ray-grass annuel qui fournit le plus de rendement en vert dans l'année du semis, épiant souvent au bout de six à huit semaines après le semis. Le ray-grass d'Italie (bisannuel) ne vient pas en épi l'année du semis et produit donc beaucoup moins de feuillage cette année-là. Toutefois parmi les trois espèces, c'est le ray-grass d'Italie qui a le système racinaire le plus développé et le plus dense. Le ray-grass annuel et le ray-grass d'Italie subissent habituellement beaucoup de destruction par l'hiver bien qu'à l'occasion, une partie du peuplement puisse survivre. Le ray-grass vivace, appelé aussi ray-grass anglais, survit habituellement bien à l'hiver.

Mise en garde : L'établissement et la croissance du ray-grass peuvent être insatisfaisantes par temps très chaud et très sec. Par ailleurs, le travail du sol au cultivateur ou au pulvériseur à disques n'est généralement pas suffisant pour détruire une prairie de ray-grass. L'azote immobilisé dans le ray-grass se dégage plus lentement que celui qui est immobilisé dans d'autres cultures de couverture. Ainsi, le maïs après le ray-grass a souvent besoin d'un supplément de 20 à 30 kg d'azote/ha (18-27 lb/ac).

Céréales de printemps

Les céréales de printemps sont habituellement cultivées pour être enfouies. Les plants qui ont été partis entre la mi-août et la mi-septembre auront une partie aérienne mesurant de 20 à 40 cm (8-16 po) aux premières gelées. En général, la culture est détruite par les gels tardifs et intenses.

On laisse parfois la repousse de céréales de printemps croître jusqu'aux gelées, tirant ainsi profit de leur utilité comme plantes couvre-sol. Toutefois, ces peuplements peuvent manquer d'uniformité et leur croissance aérienne peut atteindre près de 70 cm (28 po) de hauteur à l'arrivée des gelées. À cause de sa grande épaisseur, le tapis végétal laissé par la culture empêchera le sol de s'assécher le printemps suivant. Sur les collines sensibles à l'érosion, il arrive souvent que les céréales de printemps aient de la difficulté à croître. On a déjà constaté que, le printemps venu, les céréales avaient été balayées en laissant tout le champ ouvert à l'érosion.

Mise en garde : Lorsque les semis sont faits tôt, la culture a le temps de produire une masse végétale abondante avant les gelées. Laissé en surface à l'automne, ce tapis de résidus de culture entrave l'assèchement et le réchauffement du sol au printemps et peut donc causer de sérieux problèmes, en particulier où l'on pratique le semis direct.

Sorgho du Soudan

Le sorgho du Soudan est un choix excellent comme engrais vert en vue d'améliorer le sol. Il déploie un système racinaire important et sa partie aérienne est abondante. Il est recommandé d'effectuer un traitement herbicide de présemis pour favoriser l'établissement. Les semis se font après que tout danger de gel est écarté, vers la mi-juin. La culture profitera des températures chaudes du début et du milieu de l'été. Un apport de 50 kg à l'hectare (45 lb/ac) d'azote permettra à la culture de produire un maximum de tiges et de feuilles.

Mise en garde : On doit faucher le sorgho du Soudan avant qu'il n'atteigne 1 m (3,28 pi) de hauteur de façon à encourager le tallage et à s'assurer que les tiges ne deviennent pas ligneuses et se décomposent facilement.

Millet perlè

Le millet perlé est une culture couvre-sol qui présente une croissance et des caractéristiques semblables au sorgho du Soudan.

Seigle d'automne

Le seigle d'automne peut être semé depuis septembre jusqu'à la mi-octobre. Il pousse jusqu'aux gelées et reprend sa croissance vers la fin mars ou le début avril, soit un peu avant le blé d'automne. Il croît très rapidement durant le mois de mai. En général, on détruit le peuplement en fin d'avril ou début de mai par un labour avec la charrue à socs ou par un traitement herbicide.

Le seigle d'automne peut être semé plus tard que la plupart des autres cultures couvre-sol sans pour autant être détruit par l'hiver. Pour qu'il couvre bien le sol et le protège contre l'érosion, on doit le semer au moins un mois avant le gel automnal. Le seigle d'automne est parmi les plantes couvre-sol les plus fiables, flexibles et économiques.

Mise en garde : La croissance du seigle sera très rapide sous l'effet des températures chaudes du début du printemps. Il faut surveiller la croissance de façon à tuer le plant au moment opportun. Le seigle peut épuiser l'eau du sol et rendre l'incorporation difficile si la croissance est trop vigoureuse.

Blé d'automne

Le blé d'automne peut être semé de la fin d'août jusqu'en octobre. Il est possible de le semer en d'autres temps mais, comme pour les céréales de printemps, les conditions climatiques peuvent ralentir la croissance aérienne. Le blé survivra à l'hiver et recommencera à croître en avril. Le peuplement peut être tué par travail du sol ou par pulvérisation d'herbicide. Comparativement au seigle, le blé arrête de croître plus tôt à l'automne et reprend sa croissance plus tard au printemps.

Mise en garde : En général, le blé ne produit pas autant de feuillage et n'offre pas une concurrence aussi vigoureuse aux mauvaises herbes que le seigle.

Légumineuses

| Vesce velue | Trèfle rouge | Mélilot | Soya | Pois de grande culture |

Les cultures de légumineuses peuvent fixer l'azote de l'air pour le rendre disponible aux cultures suivantes tout en protégeant le sol contre l'érosion et en ajoutant de la matière organique. La quantité d'azote fixé varie selon les espèces bien qu'elle soit en général proportionnelle à la taille de la partie aérienne. Certaines espèces de légumineuses disposent de racines pivotantes vigoureuses qui peuvent ameublir un sous-sol compacté; toutefois, pour produire cet effet, la plante doit être cultivée plus d'une année.

La quantité d'azote libéré par les légumineuses peut varier. Il est important d'en tenir compte lors des calculs des besoins en engrais.

Vesce velue

Pour qu'elle constitue un bon couvre-sol durant l'hiver, la vesce velue doit être semée au plus tard à la mi-août. Elle croît lentement jusqu'aux gelées et forme un réseau de racines fasciculées très vigoureux; sa partie aérienne est de taille moyenne. La vesce velue peut être semée dans le blé d'automne lorsque ce dernier atteint environ 20 cm (8 po) de hauteur. Semée à ce stade tardif, la vesce velue ne risque pas d'entraver la récolte du blé d'automne. Évidemment, une telle pratique permet d'obtenir, avant les gelées, une masse végétale plus abondante que si les semis avaient eu lieu au mois d'août.

Les tiges rameuses reprennent leur croissance tôt au printemps (à la même époque que le blé d'automne) et peuvent atteindre une longueur de 150 cm (60 po) si on ne les coupe pas avant la maturité. Les peuplements servant d'engrais vert sont habituellement détruits par le travail du sol ou par désherbage chimique. Le système racinaire fasciculé de cette vesce améliore la structure du sol, et la plante entière constitue une source importante de matière organique pour le sol.

Mise en garde : La concurrence exercée par la repousse de céréales peut réduire les densités de peuplement de la vesce velue. Les sols séchants sur lesquels la vesce velue continue de croître jusqu'au début de mai risquent de manquer d'eau pour la culture suivante. Le glyphosate n'est pas efficace contre la vesce velue. Si les cultures subséquentes sont sensibles aux hormones, les pulvérisations devront se faire à l'automne pour éviter tout dommage.

Trèfle rouge

Dans les champs de blé d'automne, le trèfle rouge est souvent semé à la volée, en mars ou au début d'avril, mais pour ce qui est des céréales de printemps, la mise en terre du trèfle rouge s'effectue en même temps que les céréales. On obtient les meilleurs peuplements à partir des semis qui sont faits tôt dans la saison. Le trèfle rouge à deux coupes produit une partie aérienne beaucoup plus importante que celui à une coupe, soit 60 cm contre 25, respectivement. Comme engrais vert, la semence ordinaire produit autant que la semence sélectionnée, mais elle peut contenir plus de graines de mauvaises herbes.

C'est depuis la récolte des céréales jusqu'aux gels intenses que se produit le plus gros de la croissance du trèfle rouge. Sa destruction peut avoir lieu en automne ou au printemps, au moyen d'un travail du sol ou avec des herbicides. À moins qu'on se serve également d'herbicides, le travail du sol avec un chisel ne réussit pas à détruire complètement la culture.

L'enfouissement du trèfle rouge améliore la structure du sol et fournit à la terre une quantité considérable de matière organique. Cette plante fixe l'azote et le libère graduellement pour la culture suivante. Le trèfle rouge constitue une excellente protection contre l'érosion s'il est laissé jusqu'au printemps ou s'il est détruit à l'automne au moyen d'un herbicide.

Mise en garde : Souvent, le glyphosate utilisé seul ne réussit pas à détruire le trèfle rouge. Si des cultures sensibles aux hormones font suite au trèfle dans la rotation, on doit pulvériser les hormones à l'automne pour écarter tout risque de dommages.

Mélilot

Le plus souvent, on met en terre le mélilot au mois de mars ou au début d'avril comme sous-semis du blé d'automne ou on le sème avec les céréales de printemps. Il existe des cultivars à fleurs jaunes et d'autres à fleurs blanches; ces derniers donnent des plantes un peu plus hautes. Le gros de la croissance se produit une fois que la récolte des céréales est terminée, jusqu'aux fortes gelées. La partie aérienne atteint habituellement une hauteur de 30 à 40 cm (12 à 16 po), mais elle n'est pas dense. Le plant est supporté par une racine pivotante très robuste, qui fait en général 30 cm de long et 1 cm de diamètre au niveau du collet. Si on laisse la culture reprendre au printemps suivant, le mélilot fleurira en juillet, s'élèvera jusqu'à 180 cm (72 po), montera à graines puis mourra. Comme engrais vert, la culture peut être détruite à l'automne ou au printemps suivant, par le travail du sol ou au moyen d'herbicides.

Mise en garde : Le mélilot est très sensible à de nombreux herbicides; il ne tolère aucun produit de type phénoxy.

Soya

Le soya peut être semé à la suite des céréales de printemps ou d'automne. Avec une humidité adéquate, sa partie aérienne atteint 20 à 40 cm (8 à 16 po) avant d'être tuée par le gel. L'inoculation ne devrait pas être nécessaire à moins que le soya ne soit semé en sol vierge.

Mise en garde : Pour germer, le soya a besoin de plus d'humidité que les cultures à plus petite semence; les résultats seraient décevants par temps sec. Puisque le soya est une culture de saison chaude, la croissance ralentit ou cesse avec le temps plus frais à l'automne.

Pois de grande culture

La partie aérienne des pois de grande culture atteint 60 à 90 cm (24 à 36 po) avant le gel s'ils sont semés après la récolte de céréales. Ils vivent dans des conditions humides et fraîches, et connaîtront une croissance vigoureuse jusque tard à l'automne. À titre de couvre-sol, ils présentent comme principal inconvénient le volume et le prix de la semence nécessaire.

Mise en garde : Une épaisse couche de résidus d'un peuplement vigoureux de pois de grande culture peut nuire à l'assèchement du sol au printemps, retardant ainsi le travail du sol ou les semis.

Dicotylédones autres que des légumineuses

Ces cultures dicotylédones ne peuvent pas fixer l'azote de l'air mais peuvent en puiser de grandes quantités dans le sol. Ni l'une ni l'autre de ces cultures n'est rustique à l'hiver; c'est dire qu'aucune mesure de lutte additionnelle n'est nécessaire, mais il ne faut pas les laisser monter à graines étant donné que les repousses peuvent se transformer en plantes nuisibles.

| Sarrasin | Radis oléagineux |
Sarrasin

Comme plante couvre-sol, le sarrasin est semé le plus souvent entre la fin juin et le début août. Il croît très rapidement : en quelque six semaines, il parvient au stade de la floraison et s'élève alors d'environ 45 à 75 cm (18 à 30 po) au-dessus du sol. Ses racines, du type fasciculé, forment un réseau peu étendu. Le sarrasin ne survit pas aux premiers gels.

Le sarrasin couvre rapidement le sol, offre une bonne protection contre l'érosion pendant la saison de croissance, étouffe les mauvaises annuelles et détruit la partie aérienne des vivaces. Une fois enfoui comme engrais vert, il fournit au sol une quantité modérée de matière organique. Cette culture ne fixe pas l'azote.

Mise en garde : Les plants qui ont été semés à la fin de l'été sont détruits par les gelées précoces, avant même de connaître une croissance appréciable.

Radis oléagineux

Le radis oléagineux est couramment semé au mois d'août ou très tôt en septembre. Il n'est pas sensible aux gels précoces, peut croître jusqu'à une hauteur de 50 à 90 cm (20-36 po) et fleurir en octobre. La plante tient en place grâce à sa racine pivotante courte mais épaisse, dont la forme est intermédiaire entre celles de la carotte et du rutabaga. Sa longévité ne va pas au-delà des froids intenses de fin novembre ou de décembre. Le radis oléagineux forme un couvre-sol assez rapidement, offre une excellente protection contre l'érosion durant l'hiver et, comme engrais vert, fournit une quantité moyenne de matière organique. Pour connaître une bonne croissance, il doit disposer d'une grande réserve d'azote biodisponible provenant soit d'un épandage récent de fumier, soit d'une quantité d'azote inutilisée par la culture précédente.

Mise en garde : La croissance sera restreinte si la teneur en azote du sol est basse. Des plants spontanés de radis oléagineux lèvent habituellement çà et là dans les cultures suivantes.

Travail du sol après une culture couvre-sol

Les plantes couvre-sol semées entre deux cultures céréalières permettent de réduire le risque d'érosion en créant une couverture protectrice, en améliorant la structure du sol et, dans les systèmes de conservation, en augmentant la proportion de sol couverte par les résidus.

Facteurs de gestion à considérer quand on pratique le travail réduit derrière une culture couvre-sol :

  • Les plantes couvre-sol, quelles soient annuelles d'automne, bisannuelles ou vivaces, repoussent spontanément au cours de la campagne suivante. En général, les repousses ne résistent pas à un traitement herbicide normal effectué sur la culture suivante. Par ailleurs, bien maîtrisée la repousse peut, le printemps, offrir une certaine protection contre l'érosion éolienne.
  • Les premières opérations de travail réduit du sol, dans le cas des cultures couvre-sol qui résistent à l'hiver, doivent avoir lieu au moins deux semaines avant le semis pour que débute la décomposition des résidus de culture.
  • La préparation du lit de semence peut poser des difficultés lorsque la destruction des plantes couvre-sol persistantes n'est effectuée qu'au printemps et qu'on les laisse trop pousser.
  • Les plantes couvre-sol détruites par l'hiver constituent une solution valable, surtout sur les terres mal drainées ou lorsqu'on effectue les semis très tôt au printemps.
  • Avant de les retourner, il est bon de détruire chimiquement les plantes couvre-sol qui survivent à l'hiver, comme le seigle. Une application minutieuse d'herbicide au moment opportun peut aider à garder assez de résidus en surface pour empêcher les dégâts causés par le vent aux cultures sensibles, tout en permettant l'établissement des cultures en question.

     

Mises à jour sur la gestion du sol et usage de fertilisants : Cultures couvre-sol

Aucune mise à jour n'est disponible présentement.

Liens connexes...

...sur la gestion du sol

 

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