Maïs : Semis

 

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Publication 811F : Guide agronomique des grandes cultures > Maïs > Semis

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Table des matières

Date de semis

On obtient habituellement les meilleurs rendements lorsqu'on sème le maïs fin avril ou dans la première quinzaine de mai, parce qu'on tire alors parti de toute la saison de croissance. Plus les semis sont précoces, plus la culture parvient à maturité tôt à l'automne, ce qui réduit le risque de dommages causés par une gelée automnale précoce ou par le mauvais temps au moment de la récolte. L'idéal est de faire les semis le 7 mai ou avant dans le sud ouest de l'Ontario, et le 10 mai ou avant dans le centre et l'est. À partir de la date optimale, tout retard des semis peut entraîner une perte de rendement moyenne d'environ 1 % par jour en mai. Après cela, les pertes de rendement sont encore plus importantes; pendant les 3 premières semaines de juin, elles sont d'environ 2 % par jour de retard dans les régions de l'Ontario ayant une saison longue (> 3 050 UTC M1) et de 3 % dans les régions à saison plus courte.

Selon le nombre de jours nécessaires pour ensemencer toute la superficie consacrée à la culture du maïs, il faut généralement commencer les semis bien avant la date optimale. Les producteurs qui veulent devancer largement la date de semis optimale (entre les 15 et 25 avril) doivent garder à l'esprit que la température du sol doit être d'au moins 10 °C pour permettre la germination et la levée. Pour évaluer la température quotidienne moyenne, faire une lecture vers 11 h 30 le matin à l'aide d'un thermomètre de sol de 10 cm (4 po). Si le sol est à une température moyenne de 10 °C ou plus, qu'il est en bon état et que la météo prévoit des températures égales ou supérieures à la moyenne, on recommande des semis hâtifs sur au moins une partie de la superficie. Après le 26 avril (le 1er mai dans les zones recevant moins de 3 000 UTC M1), de façon générale, accorder moins d'importance à la température du sol et semer quand l'humidité de celui-ci le permet. Globalement, du point de vue du rendement, une avance de deux à trois semaines par rapport à la date optimale des semis représente moins de risques qu'un retard de deux à trois semaines.

Densité de peuplement

Les densités dont il est question ici sont les valeurs finales recommandées voir tableau 1-16, Densité de peuplement selon l'espacement des semences. Puisque certaines semences ne lèvent pas, il faut prévoir des doses de semis un peu plus élevées. Lorsque les semis sont faits tôt dans la saison ou que le sol est encore froid, calculer 10 % de plus que la densité de peuplement finale visée. Dès que le sol s'est réchauffé, il suffit de 5 % de plus.

Tableau 1-16. Densité de peuplement selon l'espacement des semences
Nbre final de plants/ha Nbre final de plants/ac
Écartement des rangs en centimètres (en pouces)
38
(15)
51
(20)
56
(22)
71
Espacement des plants dans le même rang en centimètres (en pouces)
54 300
22 000
48
(19,0)
36
(14,3)
33
(13,0)
26
59 300
24 000
44
(17,4)
33
(13,1)
30
(11,9)
24
64 200
26 000
41
(16,1)
31
(12,1)
28
(11,0)
22
69 200
28 000
38
(14,9)
29
(11,2)
26
(10,2)
20
74 100
30 000
35
(13,9)
27
(10,5)
24
(9,5)
19
79 000
32 000
33
(13,1)
25
(9,8)
23
(8,9)
18
84 000
34 000
31
(12,3)
23
(9,2)
21
(8,4)
17
1 ha = 2,47 ac; 1 cm = 0,39 po

 

Tableau 1-16. Densité de peuplement selon l'espacement des semences
Nbre final de plants/ha Nbre final de plants/ac
Écartement des rangs en centimètres (en pouces)
(28)
76
(30)
91
(36)
97
(38)
Espacement des plants dans le même rang en centimètres (en pouces)
54 300
22 000
(10,2)
24
(9,5)
20
(7,9)
19
(7,5)
59 300
24 000
(9,3)
22
(8,7)
18
(7,2)
18
(6,9)
64 200
26 000
(8,6)
20
(8,1)
17
(6,7)
16
(6,4)
69 200
28 000
(8,0)
19
(7,5)
16
(6,2)
15
(5,9)
74 100
30 000
(7,5)
18
(7,0)
15
(5,8)
14
(5,5)
79 000
32 000
(7,0)
17
(6,6)
14
(5,4)
13
(5,2)
84 000
34 000
(6,6)
16
(6,1)
13
(5,1)
12
(4,9)

1 ha = 2,47 ac; 1 cm = 0,39 po

 

En Ontario, les cultures de maïs ont généralement de 64 000 à 74 000 plants/ha (26 000 à 30 000 plants/ac). Cette densité peut mener à de bons rendements dans un grand éventail de conditions de croissance sans que la verse pose trop de difficultés. Depuis quelques années, on a créé des hybrides qui tolèrent mieux les fortes densités de peuplement sans subir de verse ni souffrir d'infertilité aiguë. Des recherches ont montré que lorsque des hybrides anciens et nouveaux sont cultivés côte à côte à des densités de peuplement très faibles, ils ont des rendements presque identiques. Cependant les nouveaux hybrides donnent de meilleurs rendements s'ils sont cultivés à des densités plus importantes. Ces améliorations découlent pour la plupart de la mise au point d'hybrides qui excellent à des densités de peuplement élevées. Certains des plus récents donnent un maximum de rendement économique à des densités allant de 74 000 à 86 000 plants/ha (30 000 à 35 000 plants/ac). Consulter les données des fournisseurs de semences pour calculer la meilleure densité de peuplement pour l'hybride utilisé.

Dans les champs sujets à la sécheresse où le facteur limitant du rendement est presque toujours la disponibilité de l'eau et non l'interception de la lumière, le gain de rendement obtenu avec des densités de semis plus élevées ne permet pas toujours de couvrir les coûts qui en découlent. Dans de tels cas, la réduction des densités permet même parfois certaines économies. Selon des études effectuées aux États Unis, dans le Corn Belt du Midwest, la densité de peuplement finale optimale est de 67 000 plants/ha (27 160 plants/ac). D'après ces mêmes recherches, pour une augmentation de 0,94 t/ha (15 bo/ac) du potentiel de rendement d'un champ (ou d'une partie d'un champ), la densité de peuplement économiquement optimale augmente de 1 112 plants/ha (450plants/ac).

En Ontario, on vise souvent des densités de peuplement finales moyennes plus élevées que dans le Midwest américain. Les champs les plus productifs devraient supporter des densités voisines des valeurs maximales pour l'hybride choisi. Dans les régions de la province où la saison de croissance est plus courte et où l'on cultive des hybrides de plus petite taille, on peut avoir encore plus de raisons de maintenir des densités de peuplement élevées afin de maximiser l'interception de la lumière et d'optimiser les rendements. En général, c'est dans les régions les plus chaudes de l'Ontario (plus de 3 200 UTC-M1) que l'augmentation des densités a produit les gains de rendement les plus faibles.

Dans les champs de maïs destiné à l'ensilage plante entière, comme la verse pose moins de problèmes, on recommande souvent des densités de peuplement plus élevées (de 10 %) que pour le maïs-grain. Des recherches menées à la Cornell University indiquent que pour les producteurs d'ensilage qui adoptent des densités extrêmement élevées, soit de 111 200 à 123 500 plants/ha (45 000 à 50 000 plants/ac), les peuplements de plus de 86 500 plants/ha (35 000 plants/ac) ne sont avantageux pour aucun des hybrides testés. Ces travaux montrent que plus les densités augmentent, plus la digestibilité de l'ensilage décroît. Cependant les hybrides à ensilage présentent une diversité génétique croissante, ce qui permet de penser que les densités de peuplement optimales peuvent varier de l'un à l'autre.

Profondeur de semis

En ce qui a trait à la profondeur des semis de maïs, la première règle à observer est de déposer la semence dans une couche humide. Il y a également d'autres points à prendre en considération au moment de déterminer la profondeur des semis. S'ils sont trop superficiels, (à moins de 3 cm [11/4 po] de profondeur), même dans un sol humide, il peut y avoir un mauvais positionnement du point végétatif et des premières racines coronales. Dans certains cas, cela peut provoquer le syndrome de l'absence de racines et exposer davantage la semence aux dommages dus aux herbicides. Dans les sols à texture grossière qui s'assèchent rapidement en surface, les racines ont par ailleurs plus de mal à s'établir si les semences ont été enfouies peu profondément.


En ce qui a trait à la profondeur de semis, la règle générale est qu'il faut semer à une profondeur de 3,75 cm (1,5 po) tout en s'assurant que cette couche de terre est humide.


Par contre, si les semences sont placées plus profondément, à 5 à 8 cm (2 à 3 po), surtout au début de la saison des semailles lorsque les sols sont froids, la levée peut accuser un important retard par rapport aux semis effectués à des profondeurs de 3 à 5 cm (1 1/4 à 2 po). Lorsque le sol est relativement froid (p. ex. début de saison, saison fraîche, champs soumis au semis direct) et assez humide, viser une profondeur d'environ 3,75 cm (1 1/2 po). Au fur et à mesure que la saison des semis avance et que les sols se réchauffent et s'assèchent, veiller à ce que la semence de maïs soit mise en contact étroit avec du sol humide. Lorsque les semis sont prolongés et dans les sols secs, il est souvent moins risqué d'enfouir la semence à des profondeurs de 7,5 cm (3 po) pour la mettre en contact avec la terre humide que de semer trop près de la surface en espérant qu'il pleuvra.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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