Maïs : Choix des hybrides

 

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Table des matières

 

Évaluation de la maturité

La croissance du maïs est étroitement liée à la température, et ce, surtout entre les semis et l'apparition des soies. Contrairement à celle du soya, la vitesse de croissance du maïs dépend peu de la longueur du jour. Le système ontarien des unités thermiques de croissance (UTC) sert à quantifier l'effet de la température sur la croissance du maïs dans la province. On effectue ce calcul à partir des températures maximales et minimales quotidiennes, ce qui permet d'attribuer une cote numérique aux saisons de croissance, aux régions géographiques et aux hybrides de maïs. Grâce à ce système, les producteurs peuvent choisir les hybrides qui ont les meilleures chances d'atteindre la maturité avant la première gelée meurtrière.

Système modifié d'unités thermiques de croissance de l'Ontario

Le calcul du nombre d'unités thermiques de croissance se fonde sur une date de début, une formule de calcul des UTC à partir des températures journalières et une date de fin. Dans le passé, la date de début était déterminée par les 3 premiers jours consécutifs atteignant une température moyenne de 12,8 °C. À compter de 2009, l'Ontario fixe la date de début du calcul des UTC au 1er mai, quels que soient l'emplacement et les températures mesurées jusque là. Pour éviter toute confusion, on désignera ce nouveau mode de calcul sous le nom d'UTC M1. Par ailleurs, le mode de calcul restera inchangé tout comme la date de fin (moyenne journalière sur 30 ans inférieure à 12 °C ou première occurrence d'une température de -2 °C). L'autre changement est le suivant : la période de 30 ans servant au calcul des températures moyennes normales est celle qui va de 1971 à 2000, alors qu'auparavant elle allait de 1961 à 1990. Les changements numériques entre l'ancien système de calcul et le nouveau sont résumés au tableau 1-12, UTC, comparaison des anciennes et des nouvelles données pour plusieurs localités de l'Ontario, et à la figure 1-1, Unités thermiques de croissance (UTC M1) pour le maïs.

 

Tableau 1-12, UTC, comparaison des anciennes et des nouvelles données pour plusieurs localités de l'Ontario
Sites
1961-1990
UTC (à partir de 3 jours à 12,8 °C)
1971-2000
UTC M1 (à partir du 1er mai)
Ridgetown
3342
3462
London
2899
3120
Walkerton/Hanover
2680
2759
Guelph
2682
2828
Belleville
3139
3369
Ottawa
2885
3099
Thunder Bay
1789
2058
Earlton
1934
2228



La production de chaque feuille de maïs consomme environ 75 à 80 unités thermiques de croissance. S'il fait 30 °C pendant le jour et 20 °C pendant la nuit, il apparaît donc une nouvelle feuille tous les 2 ou 3 jours. De même, s'il fait 20 °C le jour et 10 °C la nuit, il apparaît une nouvelle feuille tous les 5 ou 6 jours.


Ailleurs qu'en Ontario, il existe d'autres systèmes de quantification de l'effet de la température sur la croissance du maïs et d'évaluation de la maturité des hybrides. Cependant, il est malheureusement impossible d'effectuer des conversions mathématiques d'un système à l'autre. Les données qui figurent au tableau 1-13, Équivalences approximatives entre trois systèmes de mesure de l'apport de chaleur pendant une saison de croissance, permettent de faire des comparaisons raisonnables entre les différents systèmes.

Tableau 1-13, Équivalences approximatives entre trois systèmes de mesure de l'apport de chaleur pendant une saison de croissance
Endroit Unités thermiques de croissance de l'Ontario
(UTC-M1)

Maturité relative du maïs (MRM)
Degrés-jours (base 10)
(DJ)
Walkerton 2 759 84 2 000
Guelph 2 828 84 2 012
Ottawa 3 099 91 2 174
London 3 120 92 2 203
Simcoe 3 190 94 2 268
Belleville 3 369 98 2 353
Ridgetown 3 462 104 2 511
Harrow 3 702 111 2 673

 


Les producteurs qui consignent les maximums et les minimums journaliers peuvent se servir du tableau 10-4, Accumulations quotidiennes d'unités thermiques de croissance en fonction des températures maximale et minimale, pour calculer les UTC sur leur propre ferme.


 

Figure 1-1. Unités thermiques de croissance (UTC M1) pour le maïs

Figure 1-1. Unités thermiques de croissance (UTC M1) pour le maïs

Cette carte a été établie à partir des données météorologiques recueillies de 1971 à 2000, la date de début des calculs étant le 1er mai dans toute la province.
Source : Weather Innovations Inc. (WIN).

Texte correspondant : Figure 1-1. Unités thermiques de croissance (UTC M1) pour le maïs


Choix des hybrides les plus rentables

Le choix de l'hybride est sans doute la décision de gestion qui a le plus d'influence sur la rentabilité de la culture. Depuis 40 ans, on ne cesse de voir apparaître sur le marché des hybrides de maïs à potentiel élevé, qui ont amené des gains de rendement d'environ 1,5 % par an. Pour demeurer concurrentiels, les producteurs doivent régulièrement adopter de nouveaux hybrides. Quelques règles générales à retenir sont présentées ci dessous. Le choix final des hybrides pour une ferme donnée doit être fait en consultation avec les représentants des fournisseurs de semences.

Maturité et unités thermiques de croissance

À partir des cotes d'unités thermiques de croissance, choisir les hybrides qui parviendront à maturité (stade point noir) avant la date normale de la première gelée de fin de saison dans la région concernée. Pour connaître le total normal d'UTC dans une région donnée, voir la figure 1-1, Unités thermiques de croissance (UTC M1) pour le maïs, sur cette page, ou consulter les dossiers de l'exploitation.

Rendement le plus élevé

Dans tout essai de rendement des hybrides, il peut y avoir un écart de rendement de 1,9 à 2,5 t/ha (30 à 40 bo/ac) entre les plus et les moins performants. On voit donc qu'il faut disposer d'une information fiable sur le potentiel de rendement et l'adaptabilité des hybrides. Les producteurs doivent avoir accès à deux grandes sources d'information, soit les résultats des essais de rendement et ceux des bandes d'essais.

Chaque année, le Comité ontarien du maïs effectue dans toute la province des essais de rendement sur la majorité des hybrides offerts sur le marché. En général, ceux qui constituent une série donnée correspondant à une certaine fourchette d'unités thermiques de croissance sont mis à l'essai à trois ou quatre endroits. Ces essais sont un bon reflet du potentiel de rendement, mais comme ils sont limités à quelques localités, ils donnent peu d'indices sur la capacité d'adaptation des hybrides à des conditions très variables. À cet effet, il faut s'en remettre aux résultats des bandes d'essai qui sont situées en un plus grand nombre d'endroits présentant une large gamme de conditions. Les fournisseurs de semence offrent habituellement un sommaire des résultats ainsi obtenus.

Bien des producteurs préfèrent constituer des bandes d'essai sur leur propre exploitation; ils peuvent ainsi tester les hybrides à fort potentiel de rendement à la ferme en les comparant à ceux qui ont fait leurs preuves. Néanmoins, garder à l'esprit que le choix d'un hybride doit se fonder sur des essais effectués à plusieurs endroits, même si c'est à la ferme même. Avant de choisir des hybrides pour les cultiver sur une grande superficie, consulter les résultats obtenus sur de nombreux sites (idéalement plus de 30) pendant 2 saisons.



Ne jamais acheter un hybride de maïs sans consulter les données sur le rendement.


Chaque année au mois de décembre, le Comité ontarien du maïs publie un rapport sur le rendement des hybrides intitulé Hybrid Performance Trial Report, qui est également affiché sur le site Web de la Ontario Corn Producers' Association.

« Chevaux de trait » et « chevaux de course »

On classe souvent les hybrides de maïs comme des « chevaux de trait » ou des « chevaux de course ». Les « chevaux de course » sont ceux qui produisent des rendements supérieurs à la moyenne dans de bonnes conditions, mais inférieurs à la moyenne quand celles ci se dégradent; les " chevaux de trait " sont ceux qui offrent des rendements relativement constants indépendamment des conditions de croissance. La plupart des hybrides qui affichent des performances variables (les « chevaux de course ») ont certains défauts qui les amènent à donner des rendements inférieurs à la moyenne lorsqu'ils sont exposés à certaines conditions. Pour éviter certains des risques associés au choix des hybrides, se renseigner le mieux possible sur leurs rendements antérieurs. Choisir ceux qui se complètent et qui n'ont pas les mêmes points faibles. Par exemple, au moment de sélectionner deux hybrides de pleine saison offrant un haut potentiel de rendement pour des semis hâtifs, ne pas en choisir deux mal cotés pour ce qui est de la vigueur de la tige.

Résistance à la verse

Rechercher des hybrides qui parviennent à maturité au bon moment et qui offrent un excellent potentiel de rendement. On recommande une autre étape de sélection pour la résistance à la verse. Ce trait est particulièrement important là où l'on risque un assèchement important. Si la ferme possède des installations de séchage et qu'il est possible de récolter le maïs alors que sa teneur en eau est relativement élevée (> 26 %), la résistance à la verse revêt une moins grande importance. Les traits liés à une meilleure résistance à la verse sont la résistance à la pourriture de la tige et aux brûlures des feuilles, la vigueur génétique de la tige (écorce épaisse), la faible hauteur du plant, la position basse des épis sur le plant et le fort pourcentage de plants sains en fin de saison.

En ce qui concerne la résistance à la verse, l'un des progrès les plus remarquables a été l'introduction des hybrides Bt qui sont résistants à la pyrale du maïs. Dans l'ensemble de la province, les hybrides Bt procurent, par rapport aux autres hybrides, des gains de rendement moyens qui compensent le prix plus élevé de leurs semences. Dans les régions où la pression exercée par la pyrale du maïs est généralement élevée, et là où le maïs est semé plus tôt ou plus tard que la majorité de cette culture dans les environs, il est souvent très avantageux de choisir des hybrides dotés du gène Bt.

Pour plus d'information sur la lutte contre la pyrale du maïs à l'aide d'hybrides Bt, voir Pyrale du maïs.

Teneurs en eau à la récolte et coûts de séchage

Le choix des hybrides peut également dépendre des teneurs en eau souhaitées à la récolte. Lorsqu'on entrepose le maïs comme céréale à haute teneur en eau (p. ex. 28 %), on a de meilleures chances de maximiser les bénéfices en optant pour des hybrides de pleine saison très performants. Lorsque le maïs à entreposer est séché, les producteurs doivent évaluer l'effet des fortes teneurs en eau à la récolte sur le bénéfice net. Par exemple, pour un hybride ayant un rendement de 0,31 t/ha (5 bo/ac) de plus qu'un autre, comparer le gain net ainsi produit aux coûts supplémentaires de séchage. Les essais de rendement effectués par le Comité ontarien du maïs montrent que lorsqu'ils sont semés tôt, les hybrides sélectionnés selon les critères les plus exigeants (de pleine saison et extrêmement tardif) donnent souvent de meilleurs rendements que les hybrides de saison plus courte, ce qui compense largement les coûts supplémentaires liés au séchage.

Choix des hybrides destinés à l'ensilage

En ce qui concerne la production destinée spécifiquement à l'ensilage plante entière, on obtient généralement de meilleurs rendements avec des hybrides cotés de 100 à 200 UTC de plus que ceux qui sont destinés à la production de grain. Sélectionner des hybrides à haut rendement pour l'ensilage et ayant une énergie digestible élevée. Il existe sur le marché des hybrides destinés uniquement à l'ensilage, et d'autres à double usage. Ces derniers peuvent offrir une certaine souplesse lorsqu'on doit se réserver la possibilité de récolter le grain, par exemple lorsque le silo est plein.

En l'absence de données indépendantes, il est très difficile de comparer les hybrides de maïs à ensilage offerts par les différents fournisseurs et de faire un choix. Rechercher des hybrides ayant les meilleures cotes de rendement et de qualité pour l'ensilage. Il existe plusieurs modèles de comparaison de la valeur économique des hybrides de maïs à ensilage. Le modèle Milk 2006 de la University of Wisconsin inclut des calculs de « lait par acre » et de « lait par tonne » qui combinent les caractéristiques de rendement à l'ensilage, de digestibilité, de teneurs en fibres, en amidon et en protéines brutes, et de potentiel de prise alimentaire. La quantité de « lait par tonne » est un indice de qualité, tandis que la quantité de « lait par acre » reflète à la fois le rendement et la qualité.

Passage à des hybrides à cycle plus court

Selon l'état du champ, il peut être nécessaire de retarder les semis et de choisir des hybrides qui arrivent plus rapidement à maturité. Dans ce cas, tenir compte du potentiel de rendement des hybrides à cycle plus court, de leur poids spécifique, des coûts de séchage et des capacités de récolte en fin de saison.

Le maïs-grain atteint 90 % de son poids total lorsque la ligne de maturité arrive à la moitié de la hauteur du grain, un stade que même les hybrides de pleine saison semés tard atteignent la plupart des années. Le passage à des hybrides à cycle plus court peut être une solution de rechange valable du point de vue du rendement en grain, dans la mesure où ils offrent au moins 90 % du rendement des hybrides de pleine saison. De façon générale, c'est la meilleure option dans les régions où la saison est plus longue.

Là où les hybrides de 3 000 UTC M1 constituent l'option de pleine saison, on peut passer à d'autres qui exigent de 100 à 150 UTC de moins sans trop sacrifier les rendements. Par contre, si l'on cultive des hybrides de pleine saison exigeant 2 800 UTC M1 environ, il est probable que le passage à un autre ayant besoin de 100 UTC de moins se soldera par une baisse de rendement de plus de 10 %.

Tableau 1-14, Dates recommandées pour cesser de semer des hybrides de pleine saison dans différentes zones d'unités thermiques de croissance
Zone d'unités thermiques de croissance (UTC M1) Date de transition
> 3 200+
30 mai début juin
2 800-3
200 20-25 mai
< 2 800
15-20 mai

Source : Adapté de R. Iragavarapu. Basing Hybrid Maturity on Long-Term Data. Pioneer Hi-Bred Ltd.

Des recherches à grande échelle effectuées dans tout le nord du Corn Belt ont permis de déterminer les dates optimales de passage aux hybrides autres que de pleine saison. Le tableau 1-14, Dates recommandées pour cesser de semer des hybrides de pleine saison dans différentes zones d'unités thermiques de croissance, résume quelques unes des conclusions de cette étude. Les nombreuses données à long terme colligées lors de ces travaux reflètent les rendements des hybrides ayant différentes cotes de maturité ainsi que les déductions à faire pour tenir compte du poids spécifique et des coûts de séchage. La date de transition est celle à partir de laquelle les semis d'hybrides à cycle plus court produisent un meilleur bénéfice net que les hybrides de pleine saison (le bénéfice net est le produit brut moins les déductions à faire pour les coûts de séchage et le poids spécifique).

La culture d'hybrides ayant des dates de maturité différentes offre une certaine protection contre les stress au moment de l'apparition des soies et les risques de fin de saison. Toutefois, on peut passer systématiquement à des hybrides à cycle plus court à partir du 30 mai ou du 1er juin dans le sud-ouest de l'Ontario (> 3 200 UTC M1), à partir du 20 ou du 25 mai dans les régions où l'on cultive des hybrides de mi saison (2 800-3 200 UTC-M1) et à partir du 15 ou du 20 mai dans les zones de culture de maïs à cycle encore plus court (< 2 800 UTC M1).


La règle générale à observer est d'opter pour un hybride exigeant 100 UTC de moins pour chaque semaine de retard des semis à partir de la date limite prévue pour les hybrides de pleine saison.


Poids spécifique

Les poids spécifiques peuvent être plus faibles si les gelées de fin de saison surviennent avant la maturité du maïs semé tard (point noir). Au moment de choisir les hybrides destinés à être semés à la fin du printemps, tenir compte du potentiel de poids spécifique. Le tableau 1-15, Poids spécifique du maïs-grain et probabilités d'impuretés, présente les probabilités d'impuretés dans un maïs de poids spécifique plus faible livré à un silo-élévateur ou à un utilisateur final.

Tableau 1-15, Poids spécifique du maïs-grain et probabilités d'impuretés
Grade1 Poids spécifique minimal
(kg/ha)
Poids spécifique minimal
(lb/bo)
Probabilité d'impuretés
($/t)
1
68,0
55,6
0,00
2
66,0
54,1
0,00
3
64,0
52,6
0,79
4
62,0
51,0
3,94
5
58,0
47,7
7,88

1D'après les données du marché de 2001.
Les probabilités d'impuretés peuvent varier considérablement selon l'année et l'endroit.

Dans les exploitations où toute la production de maïs est utilisée à la ferme et donnée aux animaux, le poids spécifique peut n'avoir aucun effet, et il est parfois possible de s'en tenir aux hybrides de pleine saison pendant une plus grande partie de la saison de croissance. L'expérience acquise en 1992 et en 2000 ainsi que les recherches menées ces mêmes années indiquent qu'il y a peu de corrélation ou même aucune entre le poids spécifique et la valeur nutritive du maïs consommé par le bétail. Les producteurs qui livrent tout leur maïs à des silos élévateurs ou à des transformateurs peuvent pour leur part être tentés d'opter pour des hybrides à cycle plus court pour accroître les chances d'obtenir des poids spécifiques convenables à la récolte. Dans les zones à cycle plus court, si l'on craint que le passage à des hybrides à cycle plus court ne s'accompagne de pertes de rendement importantes, on peut envisager de s'en tenir aux hybrides de pleine saison, mais en choisissant ceux qui offrent des poids spécifiques plus élevés.

Récolte

La culture continue d'hybrides à haut rendement et à cycle plus long peut soulever certains problèmes de logistique à la récolte. Les champs ensemencés d'hybrides qui risquent d'arriver à maturité tardivement doivent être bien drainés et en mesure de supporter les charges imposées par le passage de la machinerie, ce qui facilitera la récolte si les conditions ne sont pas idéales en fin de saison. Éviter de semer des hybrides à cycle plus long dans les régions de la province qui risquent le plus de recevoir de la neige en novembre. La neige qui couvre les plants de maïs adhère aux feuilles et aux spathes et rend la récolte impossible tant qu'elle n'a pas fondu.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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