Maïs : Récolte et entreposage

 

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Publication 811F : Guide agronomique des grandes cultures > Maïs > Récolte et entreposage

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Table des matières

 

Récolte du maïs

La maturité physiologique (point noir) se produit lorsque la teneur en eau du grain tombe à 31-33 %. Passé ce stade, aucune matière sèche ne s'y ajoute. Le maïs-grain récolté à des teneurs en eau supérieures à 28 % est souvent considérablement endommagé, ce qui rend plus difficile sa commercialisation. Les marchés de grain de haute qualité alimentaire peuvent exiger que le maïs soit récolté à des teneurs en eau aussi basses que 20 à 22 %.

Évaluer s'il est réellement avantageux de retarder la récolte dans l'espoir d'abaisser les coûts de séchage et d'améliorer la qualité des échantillons, compte tenu des risques accrus de verse, d'affaissement des épis et de temps pluvieux. Pour déterminer s'il faut devancer les dates de récolte dans le but de prévenir les pertes de récolte, inspecter les champs et vérifier la qualité des tiges. Lorsque celle-ci laisse à désirer, le premier gros vent ou la première pluie violente risque de causer des pertes de récolte considérables. La performance de la tête de la récolteuse est également importante au moment de récolter du maïs dont la tige est peu vigoureuse. Garder la vitesse de la tête compatible avec la vitesse au sol afin d'améliorer la circulation des tiges à travers les plaques dépanouilleuses et les rouleaux preneurs. Les rapprocher au besoin.

L'action de la moissonneuse-batteuse peut avoir pour effet de réduire la qualité du grain pour les raisons suivantes :

  • vitesse de rotation du cylindre trop élevée;
  • ouverture du contre-batteur insuffisante;
  • fourrures trop nombreuses sur le contre-batteur;
  • défaut de parallélisme du contre-batteur et du cylindre.

Quand le maïs a gelé avant la maturité, l'expérience montre que généralement le meilleur moyen de maintenir la qualité du grain est de faire fonctionner le cylindre à la vitesse la plus basse possible.

Voici des indications générales pour l'évaluation des pertes de récoltes dues au fonctionnement de la moissonneuse-batteuse :

  • des pertes de 22 grains/m2 (2 grains/pi2) équivalent à environ 0,06 t/ha (1 bo/ac);
  • une perte d'un épi de taille moyenne par 1/100 d'acre (6,4 x 6,4 m [21 x 21 pi]) équivaut à une baisse de rendement de 0,06 t/ha (1 bo/ac).

Si les pertes occasionnées par la moissonneuse-batteuse dépassent 0,16 t/ha (2,5 bo/ac), effectuer les réglages pertinents.

Récolte et entreposage du maïs à ensilage

Ensilage préfané et ensilage de maïs

Entreposage du maïs

Séchage et entreposage du maïs

Les trois principaux types de séchoirs généralement utilisés sur les fermes sont les suivants :

  • cellules sécheuses;
  • séchoirs discontinus;
  • séchoirs continus.

Aucun système de séchage en particulier n'est supérieur aux autres à tous les égards. Le choix d'un séchoir à grain dépend des caractéristiques recherchées : capacité de séchage, qualité du grain, efficacité énergétique ou de séchage (BTU/kg d'eau retirée), facilité d'utilisation, main-d'œuvre nécessaire au fonctionnement, possibilité de sécher différents types de cultures, besoin d'entretien et coût des investissements.

Tous les séchoirs font passer de l'air " sec " sur le grain pour faire évaporer l'humidité qu'il contient et l'évacuer. Cet air de séchage est chauffé, ce qui réduit son humidité relative et accroît ainsi son pouvoir de séchage. On peut sécher du grain mouillé à des températures plus élevées sans l'endommager parce que l'évaporation de l'humidité le refroidit. Au fur et à mesure que le grain s'assèche, il approche de la température de l'air de séchage. Par conséquent, plus il est en contact longtemps avec l'air chauffé, plus il devient sec et chaud.

Séchage du maïs avec ou sans air chaud

Le grain de maïs sèche au fur et à mesure que l'humidité qu'il renferme s'évapore à sa périphérie. La plus grande partie de l'humidité contenue dans le grain est évacuée par la base de celui-ci. Les premiers pourcentages d'humidité sont faciles à éliminer avec relativement peu d'énergie. Les derniers pourcentages se trouvent plus profondément dans le grain. Au fur et à mesure que la périphérie s'assèche, l'humidité doit donc sortir du centre. Or ce mouvement vers la périphérie du grain n'est pas aussi rapide que l'évaporation produite par le passage de l'air sec sur sa surface, de sorte qu'il faut davantage d'énergie pour retirer les derniers pourcentages d'humidité.

Tableau 1-27.Températures maximales de l'air recommandées pour le séchage du maïs destiné à diverses utilisations
Utilisation
Température maximale de séchage (°C)
Maïs de semence
45
Fécule de maïs
70
Usages industriels, aliments pour non-ruminants
90

Aliments pour bovins
120

 

Températures de séchage

On peut sécher le maïs avec de l'air à différentes températures, mais celles-ci ne doivent pas dépasser les valeurs indiquées au tableau 1-27, Températures maximales de l'air recommandées pour le séchage du maïs destiné à diverses utilisations. Le maximum recommandé dépend de plusieurs facteurs dont l'utilisation finale du grain, sa teneur en eau initiale, le type de grain et le modèle de séchoir.

Le pouvoir germinatif est détruit lorsque la température réelle du grain dépasse environ 50 °C, et sa valeur nutritive est réduite lorsqu'il atteint 90 à 100 °C.

Qualité du grain

Pour réduire le fendillement dû au stress, sortir le grain chaud du séchoir, le laisser reposer un moment avant de le soumettre à un débit d'air minimal de 6,5 L/sec/m3 (0,5 pi3/min/bo).

Le fendillement des grains dû au stress et les autres dommages physiques qu'ils subissent dépendent de la vitesse d'élimination de l'eau, de leur température maximale ainsi que de leur vitesse de refroidissement après le séchage.

En plus de maintenir la qualité du grain, l'utilisation d'un système d'aération à l'air sec ou d'aération à l'air frais peut augmenter la capacité de fonctionnement du système de séchage. De nombreux producteurs ontariens pratiquent l'aération à l'air frais, qui consiste à retirer le maïs du séchoir pour le placer dans une cellule de stockage où il subit un refroidissement progressif. Ainsi le maïs chaud est ajouté de façon continue sur la cellule de stockage final où il refroidit lentement.

Séchage à l'air ambiant

Le séchage du maïs à l'air ambiant est possible presque partout dans le sud de l'Ontario. Cette méthode convient bien aux exploitations d'élevage où l'on souhaite produire un maïs de haute qualité qui est exempt de fissures dues au stress. Une bonne gestion du système de séchage à l'air ambiant est une condition essentielle à l'obtention de bons résultats.

Exigences minimales de séchage à l'air ambiant

  • Aménager un plancher d'aération complet dans la cellule de stockage;
  • Niveler la surface du grain sur toute la cellule de stockage;
  • Assurer un débit d'air d'au moins 26 L/sec/m3 (2 pi3/min/bo), ou plus de préférence;
  • Récolter le maïs alors qu'il contient au plus 25 % d'humidité;
  • Nettoyer le grain afin de le débarrasser des morceaux de rafles ou de particules fines;
  • Mesurer précisément la teneur en eau du maïs dans la cellule de stockage;
  • Bien lire la température de l'air et l'humidité relative à l'extérieur;
  • Bien comprendre la teneur en eau à l'équilibre du maïs;
  • Après avoir rempli la cellule de stockage, retirer un peu de grain du centre (par la vis de déchargement). Le mieux est de retirer quelques chargements de la cellule. Cela crée un couloir vertical de chute et élimine la colonne de particules fines qui a pu s'accumuler au centre. Nettoyer le grain retiré avant de le remettre dans la cellule de stockage. Même si les chargements sont replacés immédiatement dans la cellule sans nettoyage, ils offrent moins de résistance au passage de l'air que si on ne les avait pas enlevés;
  • Installer un interrupteur de commande du ventilateur.

 

Quand faire fonctionner le ventilateur

On ne fait pas fonctionner le ventilateur tout à fait de la même façon pour sécher le maïs à l'air ambiant que pour d'autres cultures. Une fois que la cellule de stockage est assez remplie pour maintenir en place le faux fond perforé, on peut mettre le ventilateur en marche. Le faire fonctionner sans interruption pendant les trois premières semaines après le remplissage de la cellule, ou tant que le premier front de séchage n'a pas atteint la surface du grain.

Le premier front de séchage a atteint la surface du grain lorsqu'il y a une baisse notable de la teneur en eau du maïs à cet endroit. Avant cela, le niveau d'humidité du maïs qui se trouve devant ce front reste le même qu'à la récolte et peut même augmenter légèrement par rapport au maïs sous-jacent. Si on éteint le ventilateur pendant une période prolongée au début du processus de séchage, on risque de stopper définitivement la progression du front de séchage, qui peut ne plus reprendre sa progression même après la remise en marche du ventilateur; du coup le maïs qui se trouve au-delà sera exposé à la détérioration.


Beau temps, mauvais temps, le ventilateur doit fonctionner tant que le premier front de séchage n'a pas atteint la surface du grain.


Une fois que le premier front de séchage a atteint la surface du grain, commencer à gérer le fonctionnement du ventilateur à l'aide du tableau 1-28, Teneur en eau à l'équilibre du maïs exposé à l'air. Laisser le ventilateur en marche tant que les conditions extérieures permettent le séchage du maïs le plus humide de la cellule. Il peut arriver que cette méthode mène à un léger accroissement de la teneur en eau du maïs situé au fond de la cellule; cependant ce phénomène contribue en fait à assécher l'air, qui assèche lui-même davantage les couches situées au-dessus.

Parfois, le maïs n'atteint pas la teneur en eau souhaitée avant les grands froids. Le séchage à l'air ambiant à des températures inférieures au point de congélation est très lent et inefficace. Alors on peut être obligé d'attendre le début du printemps pour éliminer les derniers pourcentages d'humidité. Certains éleveurs ne terminent jamais le séchage du maïs destiné au fourrage après l'hiver parce qu'il se transforme et s'entrepose bien à des teneurs en eau plus élevées.

Il existe des humidistats qui permettent un préréglage du taux d'humidité relative auquel le ventilateur sera mis en marche. Dans les cellules de stockage pourvues de dispositifs de brassage, ceux-ci maintiennent des teneurs en eau relativement uniformes.

Le grain ayant une teneur en eau de plus de 25 % peut encore être séché à l'air ambiant. Pour ce faire, remplir partiellement la cellule de stockage de façon à assurer un débit d'air de 52 à 78 L/sec/m3 (4 à 6 pi3/min/bo). Les producteurs qui ont besoin de maïs qui sera consommé comme fourrage à la fin septembre peuvent récolter les tournières et entreposer ce grain dans la cellule de stockage. Les températures douces de la fin septembre, conjuguées à un débit d'air plus élevé, permettront un séchage en quelques semaines.

Teneur en eau à l'équilibre

Des chercheurs ont mis au point des tableaux de la teneur en eau finale du maïs placé dans de l'air à une température et à une humidité relative données. Par exemple, au tableau 1-28, Teneur en eau à l'équilibre du maïs exposé à l'air, le chiffre situé dans la rangée 10 °C et dans la colonne 70 % est la teneur en eau à l'équilibre du maïs exposé à l'air extérieur à cette température et à ce taux d'humidité relative (15,4 %).

Tableau 1-28.Teneur en eau à l'équilibre du maïs exposé à l'air
Température°C
Humidité relative (% à l'état humide)
50%
60%
70%
80%
90%
0
13,7
15,1
16,6
18,4
21,3
5
13,1
14,4
15,9
17,8
20,7
10
12,5
13,8
15,4
17,3
20,2
15
11,9
13,3
14,9
16,8
19,8
20
11,5
12,8
14,4
16,4
19,4
25
11,0
12,4
14,0
16,0
19,0


 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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