Dans cette section

Dépistage

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 01 mars 2002
Dernière révision : 01 mars 2002

 

Les renseignements sur cette page proviennent de la version 2002 de la Publication 811F. L'édition 2009 de la Publication 811F sera disponible en Septembre 2009. Nous nous excusons de cet inconvénient. Pour tout renseignement sur ce site, veuillez vous adresser: Centre d'information agricole au ag.info.omafra@ontario.ca.

 

Extrait du Guide agronomique des grandes cultures (chapitre 1)

Pour commander la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures

Table des matières

  1. Introduction
  2. Quand effectuer les opérations de dépistage
  3. Outils et techniques de dépistage
  4. Nombre de points d'échantillonnage
  5. Schéma de dépistage
  6. Déterminer la densité de peuplement de la culture et les niveaux d'infestation des ravageurs
  7. Dossier des observations sur le terrain
  8. Manutention des échantillons et soumission pour identification ou diagnostic
  9. Mises à jour sur le dépistage
  10. Liens connexes...

 

Introduction

Le dépistage consiste à effectuer régulièrement de l'observation sur le terrain afin de définir avec exactitude quels facteurs nuisent au rendement durant la saison de croissance. Au moyen du dépistage, on obtient une image objective de l'état de la culture et de la présence d'organismes nuisibles dans un champ. Souvent, les éléments qui nuisent à la productivité d'un champ surviennent à l'improviste et le problème doit être corrigé rapidement si l'on veut préserver le plein potentiel de la culture.

Il faut au début de chaque saison consigner sur un formulaire, des renseignements importants relatifs à la fertilité du sol et aux diverses opérations culturales. Cette information, conjuguée à l'observation périodique sur le terrain, à l'identification et au diagnostic des problèmes, ainsi qu'à la conservation de ces observations en dossier concourent au succès du programme de surveillance. Voir le formulaire de dépistage. Les renseignements obtenus grâce au dépistage serviront à déterminer toute intervention nécessaire dans l'immédiat. L'information consignée permet également d'éliminer des problèmes dans les années à venir. Par exemple, une maladie, comme celle qu'apporte le nématode à kyste du soya, influe à la fois sur la rotation des cultures et le choix d'un cultivar lorsque l'on produit à nouveau du soya dans le même champ. Des dossiers exacts permettront de prendre les décisions nécessaires en présence de cette maladie.


Quand effectuer les opérations de dépistage

C'est en détectant rapidement les ennemis des cultures et en les éliminant que l'on réduit au minimum leur incidence économique sur la récolte. Dans cette publication, les chapitres consacrés aux différentes cultures donnent des calendriers de dépistage et indiquent la période de l'année associée aux ennemis des cultures les plus répandus en Ontario. L'observation sur le terrain doit se faire fréquemment et de façon suivie, car les dynamiques liées aux ravageurs peuvent changer rapidement pendant la saison. Comme il faut une densité de peuplement optimale pour obtenir de bons rendements, procéder à une évaluation de la densité de peuplement en deçà de 1-2 semaines de la levée. Tôt en saison, effectuer le dépistage chaque semaine. Dès que l'on s'approche d'un seuil d'intervention nécessitant, par exemple, un traitement de fongicides ou d'herbicides de postlevée, il faudra peut-être effectuer un dépistage chaque jour. Plus tard en saison, un dépistage aux deux semaines est généralement suffisant. Il faut se rappeler que certains insectes et certaines maladies se répandent plus tard en saison et peuvent atteindre des seuils d'intervention en quelques jours. Parmi ces ennemis des cultures, il faut noter la légionnaire, la sauterelle et les pourritures de la tige. Lorsque les conditions et le terrain favorisent ces ennemis de fin de saison, il faut continuer le dépistage de façon hebdomadaire.

 

Outils et techniques de dépistage

Les outils servant à surveiller les ennemis des cultures et la croissance des cultures varient selon la culture et l'ennemi en cause. Voici le matériel de base nécessaire au dépistage :

    une planchette à pinces et des formulaires de dépistage ou un calepin;

    des cartes du terrain;

    une pelle;

    un canif;

    des sacs en papier et en plastique pour y déposer des spécimens;

    une loupe simple 10X et un cadre d'échantillonnage (p. ex., un cerceau).

Parmi les autres articles utiles, il faut noter des photos aériennes, un appareil photo, des étiquettes pour l'identification, un filet fauchoir, des petits flacons et de l'isopropanol, des plaquettes adhésives ou des pièges encollés pour la détection des insectes nuisibles, un système GPS pour indiquer l'emplacement, du matériel pour le balisage, etc. Il est aussi recommandé de porter des vêtements adéquats afin de se protéger du soleil et des éléments nuisibles comme les plantes vénéneuses et les maringouins. Il faut être prudent s'il y a eu récemment des traitements de pesticides sur le terrain et se conformer aux délais indiqués sur les étiquettes des produits avant de circuler dans le champ.

Si l'on tente de dépister des insectes se déplaçant trop rapidement dans le feuillage pour être détectés au premier coup d'oeil, il faut utiliser le filet fauchoir ou une toile. On peut étendre la toile sur le sol entre deux rangs, saisir la culture pour la ramener au-dessus de la toile et la secouer vigoureusement afin que tous les insectes de la plante se retrouvent sur la toile. Les insectes sont alors facilement identifiés et dénombrés.

Le filet fauchoir constitue la meilleure méthode de dépistage à utiliser dans une culture dense comme celles de la luzerne et du soya. On peut trouver des filets fauchoirs d'un diamètre de 37 cm (15 po) auprès des divers fournisseurs qui paraissent sur la liste de l'annexe A, Fournisseurs de matériel pour le dépistage d'insectes. Tout en marchant dans le feuillage, balancer le filet d'un côté à l'autre comme un pendule, au-dessus du feuillage, afin que le sommet du filet se retrouve dans la partie supérieure du feuillage. Éviter de recueillir de la saleté dans le filet en ne plantant pas ce dernier dans le sol lors du mouvement de va-et-vient. On compte un balayage lorsque le filet est basculé d'un côté puis ramené en position initiale (p. ex., un mouvement de droite à gauche, puis à droite à nouveau pour obtenir un mouvement de balayage). Après 20 balayages, refermer rapidement le sommet du filet en le saisissant juste sous l'ouverture. Ouvrir lentement le filet, en extraire tout débris de plante et dénombrer les insectes qui ont été capturés. Même si les filets ne permettent pas d'obtenir de nombre absolu, ils permettent quand même d'évaluer le nombre d'insectes, s'il faut rapidement détecter la présence d'un insecte en particulier.

 

Nombre de points d'échantillonnage

Pour faire du dépistage, il faut parcourir un champ à pied et faire quelques arrêts pour effectuer des observations sur le terrain. La taille du champ, la culture et le type d'ennemis des cultures sont autant de facteurs qui influent sur le nombre de points d'échantillonnage nécessaires. Le tableau 1-1, Nombre de points d'échantillonnage recommandés selon la taille du terrain et le ravageur, indique, de façon générale, le nombre nécessaire de points d'échantillonnage selon la taille du terrain. Aux fins du dépistage, les champs d'une superficie supérieure à 16 ha (40 acres) devraient être divisés en unités de 16 ha (40 acres) ou moins.

    Tableau 1-1. Nombre de points d'échantillonnage recommandés selon la taille du terrain et le ravageur
    Taille du terrain
    Nombre de points d'échantillonnage
    (hectares)
    (acres)
    Insectes/maladies
    Mauvaises herbes
    Jusqu'à 8
    Jusqu'à 20
    5
    10
    8 à 12
    20 à 30
    8
    15
    12 à 16
    30 à 40
    10
    15

Schéma de dépistage

Il faut tenir compte de certains facteurs pour déterminer quel schéma de dépistage adopter dans un champ.

    Il faut un schéma de dépistage qui tienne compte des changements de cultivars ou d'hybrides, du type de sol, des cultures antérieures, de l'application de fumier ou d'engrais et de tout autre facteur influant sur la croissance végétale. Il faut s'assurer que le schéma couvre toutes les parties du terrain et il convient de le modifier à chaque opération de dépistage. Voir figure 1-1, Schémas de dépistage.

    Les points d'échantillonnage doivent être choisis au hasard toujours selon un schéma aléatoire prédéterminé, par opposition à des facteurs comme l'apparence des cultures.

    Commencer le dépistage au moins 20 m (66 pi) à l'intérieur du périmètre du champ. Le schéma de dépistage ne devrait pas toucher les rangs en bordure et les tournières du champ à moins d'avoir une raison précise d'échantillonner ces secteurs.

 

Figure 1-1.
Schémas de dépistage

Ravageurs uniformément disséminés sur le terrain

Ravageurs uniformément disséminés sur le terrain

S'il s'agit de détecter des ravageurs ou des problèmes que l'on soupçonne d'être uniformément distribués ou dont le schéma de distribution est inconnu, répartir les points d'échantillonnage uniformément tel qu'il est illustré plus haut. Ce schéma vaut aussi pour les points d'échantillonnage du sol.

Ce schéma de dépistage s'applique aux ennemis des cultures dont la chrysomèle des racines du maïs, la pyrale du maïs et les pourritures de la tige.

Ravageurs présents dans les tournières et les rangs extérieurs

Ravageurs présents dans les tournières et les rangs extérieurs

S'il s'agit de détecter des ravageurs ou des problèmes soupçonnés de se manifester dans les tournières ou les rangs extérieurs, répartir les points d'échantillonnage uniformément autour du champ, tel qu'il est illustré plus haut.

Parmi les ennemis des cultures et les problèmes auxquels ce schéma de dépistage convient, il faut noter la légionnaire, les tétranyques et le compactage du sol.

Dépistage des ravageurs dans des zones spécifiques du terrain

Dépistage des ravageurs dans des zones spécifiques du terrain

Si l'on recherche des ravageurs ou des problèmes soupçonnés de se situer dans certaines portions du terrain, il faut concentrer les points d'échantillonnage dans ces secteurs, tel qu'il est illustré ci-dessus.
Parmi les ennemis des cultures auxquels ce schéma de dépistage convient, il faut noter le pourridié phytophthoréen dans les sols argileux humides et la noctuelle ipsilon dans les zones herbeuses.

Déterminer la densité de peuplement de la culture et les niveaux d'infestation des ravageurs

On peut déterminer la densité de peuplement de la culture et certains niveaux d'infestation en effectuant un décompte dans un secteur d'une dimension donnée puis en multipliant ce nombre par un facteur pour obtenir la population par acre. Pour les cultures en rangs, on peut calculer la densité de peuplement en comptant le nombre de plants dans un millième d'un acre, puis en multipliant le résultat par 1 000 pour obtenir le nombre de plants par acre. Le tableau 1-2, Longueur de rang nécessaire pour obtenir un millième de un acre selon la largeur des rangs, donne la longueur de rang qui équivaut à un millième de un acre selon les diverses largeurs de rangs.

    Tableau 1-2. Longueur de rang nécessaire pour obtenir un millième de un acre selon la largeur des rangs
    Largeur des rangs
    Longueur de rang
    équivalant à 1/1 000 acre
    centimètres
    pouces
    mètres
    pieds
    38
    15
    10,6
    34 pi 10 po
    51
    20
    8,0
    26 pi 1 po
    56
    22
    7,3
    23 pi 10 po
    71
    28
    5,7
    18 pi 8 po
    76
    30
    5,3
    17 pi 5 po
    81
    32
    5,0
    16 pi 4 po
    86
    34
    4,7
    15 pi 5 po
    91
    36
    4,4
    14 pi 6 po
    97
    38
    4,2
    13 pi 9 po

1Pour obtenir le nombre de plants par hectare, multiplier le nombre de plants à l'acre par 2 470.
*Voir la section de mises à jour ci-dessous.

Pour déterminer la densité de peuplement des cultures à rangs étroits ou le degré d'infestation par les mauvaises herbes, il faut déposer un cadre d'échantillonnage sur le sol pour effectuer le dénombrement. On peut utiliser un cadre carré (p. ex., 50 cm x 50 cm = 0,25 m2) ou un cadre circulaire (p. ex., un cerceau). La méthode du « cerceau » est illustrée au tableau 1-3, Détermination de la densité de peuplement de la culture et des populations de ravageurs à l'aide d'un « cerceau ». Au moyen de ce tableau, on peut déterminer le nombre de plants/hectare (plants/acre) en mesurant le diamètre du cerceau, en comptant le nombre de plants qui s'y trouvent et en multipliant par le facteur donné pour le diamètre interne du cerceau.

    Tableau 1-3. Détermination de la densité de peuplement de la culture et des populations de ravageurs à l'aide d'un « cerceau »
    Diamètre intérieur du cerceau en centimètres (pouces)
    Superficie
    en m2 (pi 2)
    Facteur par lequel multiplier le nombre de plants à l'intérieur du cerceau pour obtenir le :
    Nombre de plants
    par hectare
    Nombre de plants
    par acre
    91 (36)
    0,65 (7,0)
    15 385
    6 165
    84 (33)
    0,55 (6,0)
    18 182
    7 334
    76 (30)
    0,45 (4,9)
    22 222
    8 874
    69 (27)
    0,37 (4,0)
    27 027
    10 956
    61 (24)
    0,29 (3,2)
    34 483
    13 865

Bien des seuils d'intervention sont exprimés en termes de nombre moyen d'insectes par plant, par balayage, par mètre carré ou par pied linéaire de rang. Certains peuvent être basés sur le taux de défoliation ou de dommages. Indépendamment de la méthode utilisée, il faut faire au moins dix décomptes aléatoires par champ pour déterminer les populations moyennes.

Dossier des observations sur le terrain

Les résultats du dépistage sont essentiels pour déterminer le choix des méthodes de lutte à employer maintenant et plus tard. Avec un formulaire de dépistage sur le terrain, il devient facile de noter et d'uniformiser les observations. Une fois consignées, les données de dépistage peuvent être versées au dossier du champ. Il existe également un logiciel permettant de consigner et de traiter les données provenant des observations sur le terrain.

Parmi les renseignements à consigner, on note :

    emplacement du champ et date du dépistage;

    stade de croissance et état de la culture;

    cultivars et hybrides semés, et s'ils sont résistants ou transgéniques;

    dates des stades phénologiques;

    conditions météorologiques;

    conditions de sol;

    mauvaises herbes présentes, leur emplacement et leur densité de peuplement;

    maladies présentes, leur emplacement et le nombre de plants infectés;

    insectes présents, leur emplacement et leurs populations;

    dommages à la culture;

    carte du terrain;

    résultat du dépistage effectué;

    mesures correctives nécessaires.

     

Manutention des échantillons et soumission pour identification ou diagnostic

Il peut être difficile d'identifier les ennemis des cultures ou certains problèmes. Aussi, peut-on avoir besoin d'aide ou d'un diagnostic. Il s'agit alors de transmettre des échantillons à des laboratoires de diagnostic pour les faire analyser. Pour plus de renseignements sur la façon correcte de prélever les échantillons, l'endroit où se procurer les formulaires de soumission des échantillons et les frais de diagnostic, voir l'annexe L, Service de diagnostic.

 

Mises à jour sur le dépistage

Tableau 1–2, la note devient, « Pour obtenir le nombre de plants par hectare, multiplier le nombre de plants dans un millième d’un acre par 2 470. »

Guide agronomique des grandes cultures - publication 811F: Tableau de divergence

Liens connexes...

... sur la lutte intégrée contre les ennemis des cultures en général

 

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca